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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Loire-France et Sourou-Burkina Faso, une identité commune ?

26 Décembre 2008, 16:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est beaucoup dire mais il y a des points de convergences. Le premier est le plus grand fleuve de France, ce dont nous ne sommes pas peu fiers, nous autres Ligériens. Le Sourou, je suis sûr que vous ne connaissez pas. A part Yamboani bien sûr, que vous avez découvert sur mon blog par la photo de groupe du ‘Panel Estuaire’, réuni à l’initiative de la Région.  Yamboani, français, originaire du Mali, est très intéressé par l’eau et on le comprend.

 

C’est grâce à lui que j’ai découvert le Sourou. Ah le drôle de fleuve ! Il a tout pour intriguer quelqu’un qui vit au bord de la Loire. D’abord il ne fait que 120km de long. On ose à peine en parler comme d’un fleuve. Certains parlent de rivière. Ah la déchéance !

 

En plus, le plus souvent il est à sec. On n’en voit que le lit. Des lits, il en a plusieurs. Ah, ça vous rappelle la Loire bien sûr.

 

Mais il y a mieux. Quand il est en eau en période humide, ses eaux sont capturées par le Mouhoun (ancienne Volta). A ce moment là, il fait très fort ce Sourou. Imaginez qu’il coule alors, non pas d’amont vers l’aval, comme tout fleuve qui se respecte, mais d’aval vers l’amont. Il change de sens. Qui dit mieux ? Ca, ça me fait penser à la Loire au temps de la navigation fluviale qui était parcourue simultanément par des gabarres qui descendaient la Loire avec le courant et d’autres qui remontaient le fleuve pour rejoindre le canal de Briare pour rejoindre la seine puis Paris grâce au vent d’Ouest.

 

Attendez, ce n’est pas fini. Comme la Loire, mais plus tardivement, après l’indépendance, un canal a été creusé à grand frais le long du fleuve pour piéger l’eau et permettre l’irrigation. Différence avec la Loire, il n’a pas été conçu pour le transport. Pendant les quatre mois de la saison humide, un grand lac d’irrigation se forme  à la frontière entre le Mali et le Burkina. Un barrage fut même construit en 1983 pour doubler le temps de présence de l’eau et mettre en place l’irrigation des terres. Ces grands travaux furent un échec patent, à l’exception du succès à l’exportation en Europe et surtout en France de la filière burkinaise du haricot vert.

 

Malgré cela, le territoire a continué à attirer et fixer les populations, sans initiative des pouvoirs publics ces fois-ci, grâce au travail de la terre dans des conditions adaptées  et respectueuses de l’environnement mises au point par les habitants eux-même pour accroître les rendements.  

Oui, il y a des points de convergence, toujours le fleuve attire qu'il soit au bord de la mer ou à l'intérieur des terres, en Europe ou en Afrique et l'eau est un trésor à utiliser à bon escient. 
 

 

Pour suivre le chemin

. Photos extraites de l’étude,  faite antérieurement à l’ouvrage mentionnée ci-dessous,  sous la coordination de P. Faggi, de l’Université de Padoue (Italie), « Ricerche geomofologiche e geoambientati nella Vallee del Sourou (Burkina Faso) », avec mes remerciements.

. Recherchez sur ce blog la très belle photo d'un chêne s'admirant dans l'eau de la prairie près de la Loire au sud d'Angers, parue il y a peu de temps sous le titre: A Denée, devant, derrière, dessus, dessous...l'eau 
. Ce billet doit beaucoup aux travaux de recherche de Jacques Bethemont, professeur émérite de l’Université jean Monnet de Saint-Etienne, auteur d’une étude sur ‘La vallée du Sourou, genèse d’un territoire hydraulique dans l’Afrique soudano-sahélienne, L’Harmattan 2003’ , avec P. Faggi et T.P. Zoungrana.

. Il y a 15 ans à Paris,  le kilo de haricot vert frais extra-fin en provenance du Burkina Faso coûtait au moment de Noël dans les épiceries de luxe le même prix que celui en boîte de conserve !  Il était vendu 15 EUR arrivée Rungis après un transport aérien pour un coût départ EXW de 0,15 EUR. Le surgelé et le Net ont tari la filière. On trouve actuellement des haricots verts fins et frais (pas extra-fins) à 3,50 E en provenance du Maroc (www.telemarket.fr) 

        

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