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Le Blog d'Elisabeth Poulain

L'image des Vins de Loire par le salon du même nom

16 Février 2009, 12:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette image est forcément plurielle, changeante selon les appellations et les millésimes et très difficile à dégager du fait de la multitude des intérêts à concilier. Comment faire alors ? La première chose   est d’abord de rappeler ce qu’il ne faut pas faire. C’est essentiel dans une région viti-vinicole qui est la plus vaste de France, avec ses quelques 70 appellations, ses vins de pays, ses vins de cépages et ses ‘nouveaux vins de table’ (NVT) qui n’en surtout pas, puisque parfois leurs auteurs sont plus exigeants que le plus contraignant des règlements d’appellations. 

Ière règle : ne pas valoriser une région plus qu’une autre

Cela consiste à ne jamais donner suffisamment d’indications pour que le lieu, l’appellation ou la région soit identifiable. Les paysages doivent donc être soigneusement choisis. La Loire oui, avec quelques arbres sur les deux rives, oui. Un village trop reconnaissable pourrait poser problèmes à moins d’avoir des circonstances, non pas atténuantes, mais explicatives.  


L’exception

C’est le cas avec Candes Saint-Martin que l’on reconnaît sur le catalogue des exposants au Salon des Vins de Loire-édition 2001. Il faut dire que personne n’a contesté ce choix. La justification vis à vis de la profession est triple. En premier lieu, le village porte le nom du saint patron  des vignerons, Martin, ce qui est déjà très valorisant du fait de la légitimité que confère cet ancrage religieux de plusieurs siècles dans le passé. La seconde raison est que ce village, classé au titre des plus beaux villages de France, a une forte connotation symbolique. On voit sur la photo le village, déployé en ruban autour de l’église, qui se reflète dans l’eau de la Loire. La troisième raison tient en l’existence d’un pont sur la Loire juste avant le village qui permet de faire de très belles photos. Sur son parapet, coté Candes Saint-Martin, sont posés quatre verres à pied, le Ier à gauche pour le rosé, le 2è pour le rouge, le 3è pour les bulles et le dernier pour le vin blanc. A chaque fois, le paysage figure en inversé dans le verre. Ce qui évidemment impossible.

 

2ème  règle : ne jamais utiliser la bouteille

En effet la bouteille qui est sans conteste la première représentation du vin ne peut pas être utilisée pour les mêmes raisons d’évidence que celles que j’ai énoncées en 1. S’il fallait choisir une bouteille, laquelle faudrait-il prendre, la vague du Muscadet, l’écussonnée angevine, la fleur de lys unique Val de Loire, la bouteille à bulles, sans parler de la vogue récente de la bourguignonne ou moins développée de  la flutte alsacienne… et sans oublier les modèles personnalisées de certaines grosses maisons.

 

Exit donc la bouteille. Que reste-t-il alors ? Le verre, comme le montre déjà le catalogue de 2001. Ces verres ont ceci de remarquable qu’ils portent attachés à leur pied une feuille de vigne de verre. Le résultat est un peu curieux. C’est certainement une des raisons qui expliquent les modifications ultérieures qui ont transformé ce visuel un peu statique.

 

3è règle : renforcer le lien avec la nature  

C’est ce qui s’est passé pour le visuel suivant qui a été utilisé trois ans de suite (2002-2003-2004). Le village s’estompe dans le lointain et prend un caractère onirique. Le pont est supprimé et la vision se prend selon une diagonale inversée, de gauche vers la droite, en remontant le courant (et non plus de gauche vers la droite, en descendant le courant). Les quatre verres ont cette fois-ci la vedette. Le paysage projeté dans le vin est supprimé. La couleur du vin prend plus d’importance, du fait d’un éclairage qui semble venir de l’intérieur. Les verres ne se présentent plus en une tenue droite, figée. Ils sont inclinés de façon souple. Leur tige est cette fois-ci une simple tige d’herbe avec des feuilles.

 

4éme règle : montrer la dimension aérienne de la Loire

C’est le choix qui a été fait les deux années qui ont suivi (2005-2006). Garder le même visuel trois ans de suite ne semble plus convenir en ces temps où la vie change vite. La couleur dominante du catalogue change. De bleu ciel pendant les trois années précédentes, il est maintenant bleu foncé en 2005 et bleu et marron foncé en 2006. On voit toujours la Loire, cette fois-ci, vue du ciel. C’est une Loire d’été. On aperçoit deux bancs de sable au milieu du lit principal et les rives dégagées d’une île de la Loire, sans identification possible. On ne voit plus que de l’eau bleue, du sable blond et le vert des arbres. Se détachent dans le ciel au dessus du fleuve quatre montgolfières, une jaune, une rouge, une orangée et une jaune plus claire. Seule la rouge est de grosse taille.  2006 a marqué le 20è anniversaire du Salon. Pierre Aguilas, président du salon, se félicitait du « chemin parcouru depuis sa première édition ».

 

Le salon a trouvé son logo, une signature enlevée  suivie de quatre verres au pied légèrement incurvé et sa couleur de fond, le bleu foncé en 2005, qu’il perd un an, avant de le retrouver en 2007. 

 

5ème règle : ne pas perdre le lien avec le vin

Montrer des montgolfières, l’image est jolie mais un peu dangereuse. Ne risque-t-on  d’oublier que le salon est LE salon des VINS de LOIRE. C’est la raison pour laquelle les montgolfières se transforment en femmes qui font tourner leur robe lestée pour avoir un meilleur tombé grâce à la force centrifuge (2007-2008). Pour être sûr que les visiteurs comprennent bien ce visuel, un petit commentaire conseille : «  rencontrez toutes les robes des vins du Val de Loire ». Ouf, si non certains auraient eu du mal à faire le lien entre ces femmes-derviches-tourneurs et les vins de Loire. Il ne s’agissait pas de parler des femmes mais de la robe des vins.

 

2008 marque une avancée notable. Désormais le catalogue est édité en cahier spiralé, ce qui le rend nettement plus pratique à manipuler.

 

6ème règle : savoir se renouveler

C’est le cas en 2009 avec le dernier salon qui vient de fermer ses portes (2,3, et 4 février). Un choc ou plutôt plusieurs à la fois. Les quatre verres qui constituaient l’essentiel de la signature graphique du salon des vins de Loire ont disparu au profit maintenant de quatre plumes qui sont placées au-dessus du ‘des’ dans ‘Salon des Vins de Loire’.

 

L’autre nouveauté est que maintenant les verres ont envahi le ciel, perchés sur des pieux de bois qui jaillissent de l’eau et qui se reflètent dans l’eau. 12 verres en tout, avec la volonté de mettre en avant 1 grand verre de vin rouge très rouge, + 2 petits verre d’un rouge aussi foncé. Le rosé, qui a du mal à ne pas se prendre pour un rouge, remplit 4 verres. Les blancs sont au nombre de 2. Ils doivent se sentir un peu seuls, d’autant que les bulles remplissent 3 verres.

 

Le plus étonnant est le choix des couleurs. Celles qui dominent sont le rouge, le brun et le noir. Le résultat donne une ambiance de grand soleil africain à la tombée du soleil. C’est d’autant plus fort et incroyable qu’on a tous vu des photos de lacs africains noyés d’eau qui ont gardé, en témoin d’un temps révolu, des troncs et des branches d’arbres morts qui jaillissent de l’eau.  C’est vrai que le Val de Loire, comme les autres régions viti-vinicoles, commence à subir les effets du  réchauffement climatique. A ce point là, cela interroge : sommes nous toujours en Loire ?

 

7ème règle : savoir être patient et attendre la prochaine édition (2010)

 

Pour suivre le chemin

www.salondesvinsdeloire.com

Photos EP 

 

 

                   

       

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