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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Joseph Paillé, vigneron en Anjou, négociant-éleveur de vins de Loire

27 Février 2009, 11:25am

Publié par Elisabeth Poulain

On pourrait dire de lui qu’il est un enfant de la balle si ses parents travaillaient dans le monde du cirque. Il serait plutôt un enfant du vin, à ceci près qu’il n’est plus un enfant et qu’il a un âge où tout lui est possible. Et comme il le sait depuis longtemps, il a déjà commencé à tailler sa route. Le mot route n’est pas innocent. Joseph Paillé est un routard du vin qui vient de se poser, ici, en Anjou, pour être vigneron à son compte. Certainement pas par hasard. Sur son site, Joseph rappelle qu’à 5 ans déjà, il se voyait vigneron parce qu’il savait ce que c’était. Il en a 23 maintenant. Entre les deux, il dessiné une carte de France, avec un centre, la Vallée du Layon élargie au Val de Loire, à l’Est la Bourgogne, au Sud le Roussillon. Puis il a franchi l’océan atlantique et a poussé au Nord au Canada et au Sud aux Etats unis en Virginie.  

 

A 13 ans, Joseph a commencé à apprendre la langue du vin. Le régime était tracé avec 15 jours de stage sur le terrain suivis d’une semaine de cours. Puis il a naturellement enchaîné chez Jo Pithon. Il a travaillé aussi chez Charles Beduneau, un vigneron traditionnel sympa à Saint-Lambert du Lattay, chez Victor Lebreton, au Château La Fresnaye chez Philippe Baudin, puis chez Jean-Pierre Chevalier au Château de Villeneuve…La fin des études ne signifie pas pour lui la fin de l’apprentissage au contraire. Après son bac pro, il a continué la route. Il est allé en Bourgogne travailler chez Nicolas Potel, négociant-éleveur à Nuits Saint Georges puis a poussé jusqu’au Canada ou il a exercé six mois comme maître de chai. Quand il a estimé qu’il avait appris ce qu’il avait à apprendre, il a franchi l’Atlantique dans l’autre sens  cette fois-ci pour découvrir les vins du Sud en Roussillon  chez Olivier Pithon. 

 

L’étape suivante se passe aux Etats-Unis où Joseph a voulu aller plein sud. Il s’est rendu en Virginie dans le sud de l’Etat, près de Charlottesville, une région où il y a beaucoup de Français. « C’était un petit domaine de 6 hectares où j’ai travaillé à tous les postes et fait un bon nombre de ce qui ne doit pas se faire, que ce soit à la vigne ou au chai en matière de vinification. C’a a été une expérience intéressante en ce qu’elle m’a permis aussi de me positionner en contre. Riche aussi parce que c’est là que j’ai rencontré Wendy Wilson qui était la gérante du domaine. Elle est originaire d’Afrique du Sud. Quand je suis parti, elle m’a rejoint et est maintenant ma compagne ici en Anjou. Nous travaillons ensemble. J’ai beaucoup de plaisir à parler l’anglais !» dit-il en riant.

 

Born and raised in the heart of Kwa-Zulu Natal, Wendy discovered her passion for wine with her first visit to Cape Town. She pursued her interest by working as a sommelier in top restaurants in Pretoria, the capital city of South Africa. From there she relocated to Virginia, United States. Surrounded by almost 120 wineries it was inevitable that she continued growing in the wine industry. This was where she met Joseph and decided to move to France to be with him and grow with the new business. 
 

C’est avec elle que Joseph a conçu le projet de se mettre à son compte en devenant vigneron-négociant éleveur. Vigneron pour la volonté de faire son vin du début jusqu’à la fin, négociant pour avoir une gamme équilibrée et éleveur pour traduire la qualité du raisin jusque dans le verre à la dégustation pendant la délicate période de l’élevage. 


Ce projet a été mené à bien en un temps record. Il faut dire que de leur côté, Jo, le beau-père de Joseph et Isabelle, la mère de Joseph, une maîtresse femme qui est aussi l’épouse de Jo Pithon – un vigneron dont le nom est une référence en matière d’expression de qualité des vins -, avaient comme projet de leur coté de relancer une nouvelle structure dans le vin. Jo Pithon avait en effet cette idée,  qui lui trottait dans la tête depuis quelques temps, de créer un négoce de qualité à partir du Chenin et du Cabernet Franc, les deux cépages les plus qualitatifs de la Loire, le premier en blanc et le second en rouge.

 

Les deux équipes se sont réunies pour n’en faire plus qu’une.  La société Pithon-Paillé est une affaire où chacun-e trouve sa place, avec un domaine gardé en propre « Les Treilles » qui apporte ses raisins à la société de négoce : 

-        Jo trouve les raisins après avoir sélectionné des vignerons partenaires et établi avec eux des liens de confiance, quand il ne les connaît pas déjà,

-     Joseph est le responsable du vignoble « Les Treilles »,  

-     Wendy travaille en tandem avec Jo à la vigne et au chai,

-        Jo et Joseph assurent la vinification et l’élevage en barrique pendant les 10 à 18 mois,

-        Jo, Isabelle et Wendy ont en charge la promotion des vins, la prospection et les ventes

-        Isabelle est responsable de l’administration des ventes France,

-        Wendy assure le développement des ventes à l’export,

-        Wendy est chargée de communication et en particulier du site Internet :

       www.pithon-paille.com 

 

Le domaine « Les Treilles » compte un peu plus de 5 hectares qui viennent en partie de l’ancien domaine de Jo Pithon. 5 ha qui se répartissent en 2,70 ha pour Les Treilles à Saint Lambert du Lattay,  2,20 ha pour La Fresnaye (qui s’appelait avant le Clos des Bois quand le château La Fresnaye possédait la parcelle) et 0 25 ha à Savennières. Un des projets de Jo Pithon est  d’agrandir de 2 à 3 ha pour développer sur Savennières, Saint Lambert du Lattay où est situé Les Treilles et replanter un peu Les Treilles

   

La bande des 4, Jo, Isabelle, Joseph et Wendy, a fait au complet son premier salon des Vins de Loire cette année 2009. Ils ont présenté leurs Ier millésimes, le 2008. En appellation, ils ont présenté des Anjou, un Saumur , un Chinon, un Bourgueil et un Vouvray et en vin de cépage, le Groslolo, un Groslot rouge. Jo, dans un entretien avec Jim Budd, résume tout ça en disant qu’un tiers est constitué de ses vins, 1/3 d’Anjou Blanc en vin de négoce et le dernier tiers en cuvées de Loire. C’est d’autant plus extraordinaire que le raisin a manqué cette année 2008, mais la solidarité a joué et a permis à l’équipe de présenter ses vins un peu plus de six mois après avoir créé officiellement la société.

    

Pour suivre le chemin

. Sur la nouvelle société, voir www.pithon-paille.com   contact@pithon-paille.com

. Last news: "We have been spending a lot of time in the vineyard pruning as is custom of this time of the year. We are also happy to announce that Joseph and I also got married on the 21st of February. Best regards", Wendy Paillé 
=
mes meilleurs voeux de bonheur,Wendy et Joseph de la part d'Elisabeth

.
Sur les grand vins de Jo Piton, lire en particulier, dans La pipette aux quatre vins, un billet sur « le plus rhodanien des Coteaux de l’Anjou »,  http://pipette.canalblog.com

. Une très bonne interview de Jo Pithon par Jim Budd – un journaliste anglais très sympathique qui a reçu le prix du meilleur blog étrangers de vin- faite au Salon des Vins 2009, sur http://jimsloire.blogspot.com

. Photos EP prises au Salon des Vins de Loire 2009

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