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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les valeurs de la pub

4 Mars 2009, 10:02am

Publié par Elisabeth Poulain

Bien sûr ce n'est qu'un exemple. Toutes les pubs ne sont pas pareils, toutes ne portent pas sur l'univers du luxe, toutes ne sont pas sulfureuses. Mais il en est quand m^me certaines qui passent la ligne et qui dérangent.  C'est une pub Dolce & Gabbana pour des costumes pour homme parue dans le Monde  du 27.02.2009.  

Imaginez une publicité en faux noir et blanc (1/2 page); seuls ressortent un peu de blanc pour les chemises et surtout la couleur chair, celle de la peau bien huilée, d’un athlète à genoux, torse dénudé, mains jointes tête baissée, doigts croisés comme s’il était en attente, le regard à terre ; c’est lui qu’on voit en Ier, il est en second plan. A sa droite, tout au coin gauche en bas de la scène, au Ier plan pour nous, un autre homme  en train d’attendre, les mains posés en boule l’une sur l’autre, le regard à terre.

 

Au milieu de la scène (en 3è plan), se trouve le maître, un homme assis dans un grand fauteuil de cuir noir bien sûr avec un bandeau noir sur l’œil gauche, un lévrier de bronze noir huilé posé près de sa main droite. Il est las, méprisant, saturé ; il a tout vu, tout fait. Toute la scène s’articule autour de lui. Tout converge vers lui. Le 4è homme est face à nous à droite, il est à genoux, les mains placés l’ une sur l’autre, sans avoir les doigts croisés, à côté de l’homme assis. Il nous regarde dans les yeux. Son visage n’exprime rien. Par derrière lui au fond en 5è plan, légèrement décalé vers le fauteuil se trouve un homme jambes écartées qui surveille la scène, un garde du corps peut être. Il manque le dernier homme à gauche en 4è plan, c’est un cameraman asiatique, dont on ne voit pas les yeux, il est en train de filmer une scène à terre situé en partie gauche hors du champ de la pub. La caméra voit et pas lui. C'est là où on comprend le double ou triple jeu des publicitaires: la scène est censée  être conçu pour le tournage d'un film. On peut tout se permettre au nom de la culture, n'est-ce pas?   

 

Tout est noir, gris, beige sale pour les murs, le décor est luxueux, la promiscuité grande. L’atmosphère est si étouffante et glauque qu’elle donne la chair de poule. On évoque l’Italie de Mussolini, les chemises brunes, la décadence, des jeux dangereux pour les hommes en attente… Cette mise en scène focalisée sur les besoins d’un pervers, avec un suppliant torse dénudé et deux autres hommes tous à genoux devant lui, auxquels s’ajoutent un homme prêt à dégainer et un caméraman avec un bandeau sur les yeux. La caméra voit et pas lui. Ca fait vraiment froid dans le dos. Et tout ça pour valoriser la vente de costumes.


Pour suivre le chemin
. Photos EP, Collection Emmaus 

 

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David Loftus - E-VITI 04/03/2009 17:50

Bonjour Madame Poulain, Ancien élève de votre DA à l'ESA (promo 98) je suis tombé par hasard sur votre blog.Sachez que j'ai ouvert récemment le site www.e-viti.com, et que je blogue moi aussi à l'adresse suivante: http://e-viti.typepad.fr. J'espère vous compter parmi mes prochains visiteurs! Bien cordialement,David Loftus 

Elisabeth Poulain 05/03/2009 09:39


Bonjour David,
Merci de me donner de vos nouvelles. Je vais voir votre site d'un clic juste après. Il faudra que vous m'expliquiez votre parcours. Elisabeth Poulain