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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le Banc de Bilho (Loire) et les Séquoias de Yosémite (Californie)

3 Avril 2009, 10:14am

Publié par Elisabeth Poulain

ou > L’eau > Le sable > La vase > L’humus > Le feu > L’homme > La nature > > et on recommence la ronde avec de nouveaux éléments >. C’est mon second choix de titre pour ce billet. Vous allez comprendre tout de suite pourquoi. L’idée de ce petit billet m’est venue  lors du vote par le CESR des Pays de Loire le 30 mars 2009 en présence de Jacques Auxiette, le président des Pays de Loire.

 

Lors de sa prise de parole, Joël Batteux,  le maire de Saint-Nazaire et vice-président du Conseil régional des Pays de Loire, a rappelé la réaction très négative des écologiques lors de la  création de l’îlot artificiel de Bilho dans l’estuaire face au port de Donges. Cet îlot est né de la nécessité de stocker le sable issu du dragage du lit du chenal près de la rive droite de l’estuaire pour faciliter l’accostage des navires au port de Saint-Nazaire ou leur passage vers Nantes (voir carte Gip estuaire ci-contre).

 

Le Banc de Bilho

10 ans après la création de ce banc de sable,  « cette île de Loire artificielle conquise sur le fleuve » selon GIP Loire Estuaire, les oiseaux avaient déjà pris possession de ce nouvel espace et en ont fait maintenant 30 ans après une véritable réserve naturelle.  « Elle est devenue l’île aux oiseaux et leur refuge à marée haute. Les tadornes de belon autrefois appelés canards royaux conduisent leurs canetons se nourrir sur les riches vasières qui bordent ce confortable reposoir. » Vasières qui s’enrichissent des débris végétaux issus de la décomposition naturelle à la base de l’humus (voir iconographie Gip-Estuaire ci-dessus).

 

Le Parc de Yosémite 

Quels points communs peuvent avoir ce minuscule banc de Bilho situé dans l’estuaire de la Loire et les séquoias qu’on trouve à Yosémite, le 3è plus grand parc naturel de Californie ? Les clés nous sont données par Michael Crichton, l’auteur de thrillers bien connu, dans son roman « State of Fear » paru en 2004 (« Etat d’urgence » en français). Il nous raconte une très vilaine entourloupe mortelle sur fond de développement durable et de hausse du niveau des océans. Ce récit repose, comme toujours chez l’auteur, sur une base scientifique solide. Il a consacré 3 ans à faire des recherches pour ce roman publié en 2004.  

 

Les séquoias

Michael Crichton met en scène un dialogue entre un citadin, amoureux des séquoias, dont la force et la vigueur sont révérées telles des divinités de notre Mère Terre aux Etats-Unis et une scientifique qui comme l’auteur connaît bien les sources scientifiques de l’évolution du revêtement végétal depuis plusieurs milliers d’années.

 

L’évolution végétale

L’histoire commence il y a 20 000 ans à la fonte des glaciers de la Vallée du Yosémite lors du réchauffement climatique. En se retirant, les glaciers laissent un sol de sable nu gorgée d’eau. Au fil des milliers d’années, une toundra se fixe et  commence à abriter des colonies de petits animaux, écureuils et souris, que les chasseurs apprennent vite à capturer pour se nourrir. Le réchauffement se poursuit. Le permafrost s’enfonce de plus en plus profondément dans le sol au fur et à mesure de l’élévation du niveau et du type de végétaux à la surface grâce à l’humus en décomposition qui garde la chaleur.

 

Il y a 14 000 ans, le Ier arbre a été le pin qui pousse comme de la mauvaise herbe, puis ont suivi l’épicéa, le sapin du Canada et l’aulne, ce grand buveur d’eau, qui se sont fixés pendant 4 000 ans. Le changement climatique qui avait fait fondre les glaces au début de l’histoire, s’est poursuivi. Sous l’effet de la chaleur et de la prolifération des incendies, un nouveau couvert végétal apparaît, des feuillus, en particulier des chênes. Puis il y a 6 000 ans, encore un changement, le climat devient plus humide et le pin de Douglas, le sapin et le cèdre se développent. Les glaciers reviennent mais évidemment pas les mêmes, ni de la même façon puisque tout avait changé.

 

Les Indiens Miwoks

Apparaît maintenant le facteur humain. Les premiers chasseurs ont formé des colonies d’Indiens qui de temps en temps mettent le feu à certaines parties de la forêt pour fournir de l’engrais et rajeunir le reboisement. Les Miwoks pratiquent l’écobuage près des chênes noirs qui ont besoin de beaucoup de clarté. En un mot, ils savent déjà gérer de façon très subtile la forêt par espèce et par lot de façon à bénéficier des avantages du capital qui leur offrent le gîte, le couvert et la survie à condition de ne pas faire n’importe quoi. Les séquoias aussi bénéficient de cette maîtrise du feu. Les graines des séquoias sont si dures qu’elles se ramollissent sous l’effet du feu et peuvent ainsi plus facilement germer et prendre racine.

 

La nature et l’homme

Que se passe-t-il maintenant ? Sur le Banc de Bilho, les Tadorne de Belon s’épanouissent, protégés par leur frontières d’eau et nul ne va leur chercher noise et certainement pas les navires du port. A Yosémite, depuis les années 70 aussi, les agences en charge de la gestion des parcs appliquent de façon très sélective des incendies contrôlés de façon à régénérer l’éco-système et nettoyer les bois morts sans attendre que la foudre déclenche des départs incontrôlés de feu.

 

Et le dernier mot appartient aux séquoias ; leur écorce est si épaisse qu’elle supporte le feu. Et c’est ainsi que ces arbres magnifiques peuvent vivre heureux pendant plusieurs centaines d’années, admirés  par des amoureux des arbres qui s’émerveillent devant la force de la nature naturelle, sans savoir que ce capital, qui fait parties des trésors du monde, est le fait de l’homme!  

 

 

. L’eau est celle de la Loire et celle de Yosémite utilisée contre les incendies naturelles,

 

. Le sable et la vase sont des constituants naturels de nos sols, enrichis par l’humus

issu de la décomposition des végétaux,

 

. Le feu est celui de la foudre et celui que l’homme utilise pour protéger et enrichir la forêt,

 

. L’homme est au centre de cet univers, il lui appartient d’en faire le meilleur usage,

 

. La nature est notre mère à tous.             

 


Pour suivre le chemin

. CESR, voir l’avis sur l’industrialisation et l’équilibre écologique de l’estuaire sur ce blog

. Michael Crichton, Etat d’urgence, Thriller Pocket, 2006

. Alston Chase, In a Dark Wood, p. 157 et s., p. 404 et s, ouvrage cité par l’auteur

. Parc de Yosemite à voir :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_de_Yosemite

. Voir les séquoias sur :        http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre

 

. Photos

Banc de Bilho, Photos GIP Estuaire « Battements d’Estuaire GIP Loire Estuaire », « La Loire de la Maine à la mer » la carte de GIP

Séquoias, Wikipédia

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