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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Massages ayurvédiques à Anneville, Sassetôt le Mauconduit, Normandie

15 Avril 2009, 11:06am

Publié par Elisabeth Poulain

Encore un titre trop long. Pour être précise et ne pas tromper, je précise qu'Anneville est un hameau de quelques feux situés au sud-est de Sassetôt.  

 

 

Dans votre bol, vous mettez une grande louche d’air de Normandie. Sassetôt le Mauconduit se trouve au-dessus de Fécamp très près des hautes falaises de craie qui dominent La Manche. Il y fait en cette période de l’année une fraîcheur revigorante surtout sur le plateau où souffle le vent du Nord . Une belle fraîcheur, un ciel d’une limpidité à faire mal aux yeux et cette lumière de métal brillant qui est un enchantement à elle seule, à rêver d’être dans une chaise longue à la regarder le ciel.

 

Le bol, la bolée d’air et de lumière. Ce n’est que le début. La Normandie, ce sont aussi les verts pâturages avec des vaches bien grasses et l’oeil luisant de belle santé, un œil intéressé par le passage de ces humains qui marchent sur la route, pour les plus courageux, entre le Hameau d’Anneville et les Petites Dalles, un petit village cette fois-ci au bord de la mer, à mi-distance entre Saint-Valéry en Caux et Fécamp. Il est important de vous parler des vaches dés le début de ce conte, non pas pour la viande mais pour le très bon lait de Normandie, à cause de la richesse de la terre près de la mer.

 

Le bol, l’air, la terre, le lait, la mer. On avance. A Anneville, on se doute qu’il y a eu des ânes. Je n’en ai pas vu pour ma part, les vaches oui, vous le savez et surtout des promeneurs qui viennent à Anneville pour s’y faire masser. C’est drôle on parle toujours des masseurs, mais jamais des massés. Ces gens, qui marchent dans les rues de Sassetôt, sont le plus souvent des ‘Tapovan’, par un raccourci de langage qui consiste à assimiler le contenu aux contenants.

 

Le bol, l’air, le lait, les promeneurs, les massages. A ne parler que des massages,

 

 

on oublie toujours de citer la seconde composante de la cure, qui est la dimension ayurvédique de la relation au corps et de l’alimentation. Il y a une 3ème composante pré-existante à ces deux pointes d’icebergs. C’est le yoga. Quand vous voyez des gens à partir d’une petite cinquantaine, ce sont des ‘curistes’ ;  un terme qui n’est pas employé parce qu’il sous-entendrait qu’on est malade. Quand ils ont aux alentours de 20-25 ans, ce sont des stagiaires qui suivent ou terminent leur formation sur place. Le centre assure en effet la formation à la qualification de formateur et masseur ayurvédique au niveau européen. Une grande différence entre les deux groupes est que le curiste dort dans un lit et le stagiaire sur une natte.

 

L’Ayurveda, le bol, le lait, des curistes d’un nouveau type, des gens qui viennent de toute la France et du nord de l’Europe, à cause d’un très bon ratio qualité/prix. Tout ça pour vous dire qu’on ne vient pas par hasard à Sassetôt. On n’a pas besoin non plus d’être un connaisseur ou un praticien du Yoga. Ni d’être végétarien. Par contre avoir déjà une certaine hygiène de vie vous aide à avancer dans la voie du mieux être. Dans les semaines qui précèdent votre arrivée, il vous est vivement conseillé d’arrêter de manger les produits qui élèvent l’acide urique (viande rouge, œufs, fromages gras), du pain blanc et les excitants habituels (alcool, tabac et café). Le soir selon l’adage bien connu, vous mangez comme un mendiant et vous serez content. Une soupe de légumes vous conviendra très bien, surtout si vous complétez par des tisanes après le repas.

 

Le bol, de nouvelles façons de s’alimenter et de nouveaux rythmes, des gens en recherche. S’alimenter autrement est déjà une riche expérience. Rien de tel que de commencer le matin par un bol de potage au soja ayurvédique. C’est doux, goûteux et parfaitement  nourrissant. Au début bien sûr, vous  essayez de ne pas trop penser à vos tartines grillées et à votre thé vert. A la place, vous avez de l’eau tiède, de l’eau cuivrée ou avec du fenugrec qui donne un peu de goût. Après le petit déj, vous repartez avec votre thermos d’eau tiède à boire dans la journée. Même chose le soir, pour la nuit. Inutile de vous dire que vous vous levez 3 ou 4 fois la nuit pour éliminer.

 

 

 

L’eau, le thermos, le temps, les rythmes de la cure, la marche et l’espace. Vous n’arrêtez pas, c’est au moins le sentiment que j’ai eu. Vous vous levez la nuit autant de fois que nécessaire. Vous n’arrêtez pas de dormir, de vous lever de votre lit de repos quand on vient vous chercher pour votre massage. Parfois vous vous rendormez entre deux, auquel cas chacun respecte votre sommeil, sauf à la fin quand il ne reste plus que vous à masser. Et chacun des 14/16 participants de la demi-journée d’enchaîner les 4 massages de la demi-journée. Le reste, libre. Dans le groupe, plusieurs profils se dessinent, ceux qui sont déjà venus et qui ont déjà leurs habitudes, ceux qui découvrent le site, ceux qui viennent seul, ceux qui à deux ou plus, les ‘timides’ en retrait d’un côté et les ‘groupes’ qui s’agrègent en plus ou moins petites entités. La table est une des unités de mesure fondamentale de la cure, avec la grande salle de repos et de massage. Vous choisissez votre lit de cure avec les voisins qui vont avec.    

 

Le bol, l’eau, le temps, la ½ journée, le groupe, soi avec soi. Avec des alternances de temps forts extériorisés que sont les repas et des temps de repli où on se retrouve à se faire masser des mains très chaudes de jeunes, femmes et hommes, qui vous font découvrir des parties de votre corps que vous ignoriez avec un dédain hallucinant jusqu’alors. Et pourtant on vit ensemble, eux et moi depuis un bout de temps. C’est drôle.

 

Le bol, les massages, le beurre, le pied. Je ne blague pas. Un des moments qui a le

plus surpris mes  voisines de lit de repos dans la grande salle, l’ancienne écurie de ce qui a été une grande exploitation agricole, celle du château à côté peut être, ça a été le massage des pieds pendant 40 minutes (pour les deux, je précise, on m’a déjà demandé si c’était chaque, pourquoi pas, ce serait possible) avec un tout petit bol de massage en métal, le Kansu, que l’on passe sur toutes les parties de vos pieds, en position incurvée, avec du beurre clarifié. Les pieds sont une zone réflexe si sensible qu’il faut éviter de les masser à la main. Cette fois-là, vous restez dans votre lit et c’est la masseur qui vient à vos pieds avec son petit bol spécial pied et le beurre clarifié. Vous vous continuez à somnoler, détendue. 

 

Le corps qui se délie, les repas, la découverte des 2 règles de 3, le feu. La première porte sur le dosha (type) auquel vous appartenez (vata, pitta, kapha) et le second porte sur l’équilibre nutritionnel. Chaque repas comporte au moins un féculent, une légumineuse et un légume poussant dans la terre avec par exemple du couscous, des pois chiches  et des carottes. Avec cette composition tripartite, vous ne ressentez absolument pas le besoin de viande ou de poisson d’ailleurs et vous digérez très bien grâce au feu de la digestion.

 

 

Soi, la découverte de l’espace proche, l’eau, l’arbre et Valmont. Vous avez vraiment envie de voir des arbres et de l’eau. Pour les arbres, j’ai commencé par faire le tour des vieux fruitiers du jardin. Ils sont chouchoutés avec beaucoup d’amour par le Chef Jardinier, qui, j’en suis sûre, refuserait le terme de chef et accepterait comme un honneur celui de jardinier. Ce monsieur est formateur au Centre ; c’est lui par exemple qui encadre les stagiaires accueillis au Centre en formations ayurvédiques dans leur pratique quotidienne des soins à donner à la terre. J’ai trouvé des hêtres de très grande taille à la source du Valmont, un petit ruisseau qui donne son nom au village éponyme à quelques kilomètres au sud de Sassetôt. Un bassin a été aménagé il y a des siècles pour faire un vivier de façon à satisfaire les besoins du châtelain de Valmont en poissons d’eau douce.  

 

La tablée, le jardin, les plantes, les fleurs et la pierre marquent la fin du séjour.

 

 

Avec trois autres personnes de ma tablée, nous avons ré-aménagé un petit jardin près du pavillon d’accueil du Centre, le jeudi juste après le dîner qui se prend tôt à Sassetôt. Il faisait beau et chaud. Nous avons beaucoup ri et notre humeur joyeuse nous a vraiment réjoui, tout comme le Chef Jardinier à qui j’avais demandé l’autorisation de mettre un peu de désordre dans son ordre. Il a accepté en souriant, « voyons voir » a-t-il dit. Curieux, il est venu nous voir à l’œuvre. Puis il est resté avec nous, nous a donné des fleurs et des plantes qu’il avait en réserve et nous a autorisé à rechercher des plantes venant d’autres endroits du jardin. Et nous avons cherché du bois et des pierres pour parachever notre création.

 

L'équipe, le jardin, le plaisir, l'avancée et le sel de la vie. Son plaisir a renforcé le nôtre, tout comme la question d’une stagiaire qui m’a demandé si nous faisions cela dans le cadre de notre examen pour devenir formateur ! Eux-mêmes étaient en train de passer le leur à ce moment là. Un vrai plaisir pour le prof que je suis de se voir questionner par des jeunes, du genre « vous aussi vous passez l’examen ?». Oui, moi aussi, les autres aussi. Cela, on le découvre au fil du temps. On avance toujours. C’est le sel de la vie. 

 

Pour suivre le chemin

. Tapovan Normandie, Hameau d’Anneville, 76540 Sassetôt le Mauconduit, 02 35 29 20 21, tapovan.normandie@wanadoo.fr        www.tapovan.fr              

. Voir aussi sur ce blog «  un petit jardin secret à Sassetôt le Mauconduit, Normandie »

http://www.elisabethpoulain.com/article-21224698.html   

Photos Elisabeth Poulain              

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