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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Iris de Lisson, deux ou trois choses que je sais d'elle...

9 Juillet 2009, 07:48am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Iris Rutz-Rudell est certainement la seule femme du vin avec laquelle j’ai échangé par mail, sur un sujet concernant l’une de nous deux ou les deux. Elle est la vigneronne du Domaine de Lisson et est à la source de trois blogs. Allemande de naissance, elle est en effet trilingue (allemand + français + anglais) et déjà pour ça, je suis pleine d’admiration. Elle est de ces personnes qui ont la capacité à comprendre un autre univers que le leur et qui ont pouvoir s’exprimer dans une autre langue que leur langue natale, leur Mutter Sprache, ce qui veut dire la langue de leur mère, une expression qui est autrement plus profonde et jolie que de parler de la langue de naissance. Déduisez de cette entrée en matière, qu’Iris est fine et subtile. 

 

Elle a en outre une énergie véritable, de celle qui s’enrichit dans l’action, l’innovation et la prise de risques. L’action, c’est en particulier de quitter l’Allemagne, où notamment elle  enseignait en anglais la linguistique des textes à la fac. Je suis sûre qu’elle a eu de nombreuses activités, en parallèle, en recherche de ce qu’elle voulait vraiment faire. Elle a trouvé, vigneronne en France, dans un endroit rude, aux paysages fabuleux tels qu’on peut les rêver d’Allemagne, dans des endroits encore un peu sauvages, sans ou avec très peu  de pollution.

 

Pour pouvoir vivre une vraie vie de productrice, qui travaille sa terre, soigne sa vigne, récolte le raisin et vinifie son raisin. De la terre au plant en arrivant au vin dans le verre. Mais comme cette unité ‘raisin-vin’ ne saurait être complet sans la distribution, la vente et la communication, elle a choisi de faire la suite aussi jusqu’à l’acheteur et de faire ça bien. On se demande comment elle trouve le temps, mais ça, mystère ??

 

Quant à l’innovation, elle me semble permanente. Quitte à vivre dans un nouvel endroit, en refaisant tout du sol au plafond d’une vieille maison paysanne, quitte à apprendre des tas de nouveaux métiers, groupés sous le vocable de ‘petit vigneron’ (= celui qui sait tout faire), Iris a choisi aussi de cultiver son raisin en bio, of course . Tellement évident que c’était à peine nécessaire de le dire. Mieux vaut quand même. J’en connais 'des qui' lisent un peu trop vite. Elle apprend en faisant et ça, j’adore. 

 

Et elle parle, elle écrit beaucoup. Iris est une grande bavarde, même si bien sûr, elle parle surtout de ce qui peut intéresser un amateur de vins naturels et de ce qu’elle a envie de dire, elle, contre les pesticides et la pesanteur d’un univers réglementaire oppressant pour les petits vignerons. La France ne se rend pas compte de la chance qu’elle a d’avoir autant de vignerons qui s’engagent personnellement dans leur terre, comme ils portent leurs vins, comme ils créent une valeur ajoutée à nulle autre pareille : le vin est vivant et veut vivre. Les vignerons aussi. C’est ce qu’Iris vous fait comprendre, à sa façon de vigneron et de blogueur. Elle a par exemple beaucoup lutté pour conserver le droit de parler de ses vins sur ses blogs. Si elle n’en parle pas, qui le fera aussi bien à sa place ?     

 

Dans ses dernières innovations, Iris s’est lancée dans une grande aventure, aller se frotter à la grande nébuleuse de Bordeaux, à sa façon, avec les off. Et puis, tant qu’à se lancer, elle a fait route avec un nouveau copain, un autre vigneron off, pour diminuer dit-elle la production de CO2 et découvrir le couchsurfing. Gageons qu’elle a eu autant de plaisir à faire goûter ses vins qu’à dormir sur le canapé de  ceux qui l’ont accueilli pour un soir.

 

Nous avons Iris et moi, en commun, un élément important dans notre stratégie de vie. Nous croyons fermement   que « Small is beautifull ». C’est le titre d’un ouvrage paru en 1979 d’un grand chercheur d’origine allemande,  E.F. Schumacher. Il dénonçait les dangers de la mondialisation et prédisait une grande partie des maux qui accablent notre planète au moment où jamais celle-ci n’a été aussi riche tout en créant autant de pauvreté et de détresses. Un monde d’une violence incroyable qui exige de ceux qui le veulent et/ou le peuvent une autre façon de vivre, plus ouverte, plus solidaire, plus simple aussi. Quand on est ‘small’, comme l’est un petit domaine, une petite entreprise ou un blog, il est possible de faire de bonnes choses, des bons vins, des bons billets, sans faire courir aux autres des ‘grands’ risques. C’est au moins mon souhait et je gage, celui d’Iris. 

 

Pour suivre le chemin

. Pour joindre Iris et prendre rendez-vous, vous voyez ses coordonnées sur l'étiquette juste au dessus de cette ligne. Rendez-vous aussi sur une des blogs d’Iris Rutz-Rudell: http://lisson.over-blog.com/ 

. Dessin d’Iris et photos de quelques-unes de ses étiquettes. Voir les fiches techniques sur son blog.

      

 

Commenter cet article

Iris 09/07/2009 15:05

Quelle surprise, Elisabeth, de me voir le sujet d'ub de vos articles de Blog... et cela le lendemain d'une volée de bois peu mérité d'un Monsieur bien connu dans le monde du vin déposé en commentaire sur mon blog... C'est vrai, je suis bavarde, mais je vais me retenir de commenter trop long votre artcle, qui me touche, tant il relève des choses, qui me sont chères:-).Juste quelques rectifications: Non, je n'ai pas encore traduit "du vin" avant de venir en France, j'étais trop loin de cet univers - j'enseignais la linguistic des textes en fac... en anglais:-), j'étais donc même fonctionnaire...Et non, je ne suis pas en "bio" - au moins pas en boi certifié - j'ai toujours eu du mal, à prendre "une carte", donc je travail comme eux, mais selon les normes Francaises, je n'ai pas le droit, d'utiliser ce mot, qui est devenue une espèce de "trade mark" de ceux, qui se font contrôler par l'état - moi, je me fais contrôller par mes clients et dois miser sur la transparence de mes actes et mes mots et leur confiance - je préfère donc parler de méthodes, qui respectent la nature et le raisin, à la vigne et à la cave...Et non, le dessin sur l'étiquette n'est pas de moi - celui du bel hazard est de mon copin Klaus, qui est fort aussi sur l'ordinateur, l'autre est une caricature du couple Claude et Iris Rutz-Rudel fait par Paul Driessen, auteur de déssins animés canadien. J'en avais raconté l'histoire au début de mon blog en 2005.Et je ne serais pas là, où je me trouve, sans les rencontres avec les personnes, qui m'ont enrichi tout le longue de mon parcours, par le partage de leur savoir, leur générosité, leur ouverture à l'échange, leur exemple...

Elisabeth Poulain 09/07/2009 16:22


C'est tout bon, je rectifie les imprécisions et j'envoie. Elisabeth