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Le Blog d'Elisabeth Poulain

WBW34 > Les Habits des Vins d’Emotion > La fascination par le chiffre

5 Août 2009, 11:17am

Publié par Elisabeth Poulain

Le chiffre, le parfum et le vin

C’est Coco Chanel qui a lancé cette mode avec le 5 de Chanel, un parfum mythique qui date de l’été 1921 et qui n’a pas changé depuis. Cet attrait pour les chiffres est renforcé par l’influence américaine qui a une tendance naturelle à quantifier dans le cadre d’une communication explicite. En numérologie, le 5 par exemple correspondrait à la liberté, au changement et à la découverte.

 

En Loire, la mode récente du chiffre en choix du nom de cuvée commence à être utilisée, avec un précurseur :

 

731. One de Louis Métaireau du Domaine de Grand Mouton pour un Muscadet de Grand Mouton dont l’étiquette ressemble à un médaillon d’empereur romain entouré d’une guirlande de lauriers. Pour les Romains, le laurier était symbole d’éternité et de gloire.  Cette étiquette est collée à la main d’un seul point de colle sur une cravate passée autour du col de la bouteille de ce vin particulièrement apprécié sur le marché américain.

 

Les tendances actuelles

Il est toujours possible d’évoquer d’autres idées à partir d’un chiffre :

- une touche de poésie bien réfléchie pour Mark Angeli avec Rosé d’un jour,

- la compétition nautique avec Vendée One du nom de la course en mer pour un vin de pays de Vendée de la Maison Jard,

- Premium, un Saint-Nicolas de Bourgueil 1999 de Sébastien David,  un mot latin à prendre dans le sens de Premier avec un jeu de mot sur le fait que ce terme utilisé par les Américains désigne le prix du vin en fonction de sa qualité : premium, super premium, ultra premium.

- Première Vendange, un Touraine, qu’Henry Marionnet décrit comme étant l’expression bien réelle d’un vin totalement pur de tout apport souffré, un vin des premiers jours de l’humanité quand l’homme a découvert comment transformer le jus de fruit en vin.

 

732. l’humour avec ‘1 un grain’ de David Lecomte pour un vin à boire la nuit, au retour d’une danse,

- 2, un Saumur du Domaine de La Paleine qui se présente comme un second vin d’usage régulier par rapport au haut de gamme,

 

733. Les 3 Demoiselles, en Coteaux de L’Aubance du Domaine Richou avec effet de loupe sur le 3 inscrit dans un cercle, 



- 10,5 en nom de cuvée pour indiquer le degré d’alcool de ce Muscadet Grand Mouton Louis Métaireau de Marie Luce Métaireau, 

 

734. Le 20 pour un Coteaux du Layon 1998 pour les 20 ans du Domaine Philippe Delesveaux, « pour ce vin récolté grain à grain, botrytisés à 100%, fermentés et élevés en barrique pendant 18 mois mettant en valeur le formidable potentiel du Chenin. Trie du 10.10.1998-23,5° potentiel. Le tirage de cette bouteille est limitée à 900 bouteilles », 

 




735. Les Vingt Lieux-Dits, un Bourgueil du Domaine de Bel Air à Benais, parce que le vin est un assemblage de vingt parcelles du domaine, de Pierre, Catherine et Rodolphe Gauthier,

- sous le même nom de cuvée, un Saint-Nicolas de Bourgueil  du Domaine Olivier pour un Saint-Nicolas de Bourgueil avec un rameau d’olivier en or à chaud, 

 

736. Les Vingt Poinçons de Blois, un Touraine Mesland du Clos de la Briderie, Vincent Girault,

 

- 53 de Marc Houtin de La grange aux belles (sans majuscules) pour rendre

 hommage à l’âge de ses vignes,

 




737. 100 pour les initiales de Bruno Cormerais pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie,  car ses initiales stylisées dessinent le chiffre cent,

 



738. Cent visages pour un Touraine Côt de Jean-François Mériau dont l’étiquette est une œuvre de Madlen Herrstrom. 

Madlen Herrstrom, peintre, Paris, Seuilly, France, Suède

« J’aime les grands espaces, les grandes toiles où je peux m’exprimer. En ce moment je travaille sur le lien, celui qui sert à unir plus qu’à fermer d’ailleurs, que ce soit dans la matière comme la roche, le fleuve, le bois ou un serpent... J’aime aussi me surprendre, aller à la découverte. La vie est affaire de rencontres. C’est comme celle qui est intervenue avec Jean-François Mériau. Je connais bien la Touraine, sa Touraine. Il m’a fait confiance et moi j’ai avancé comme je le sens, comme on sent un vin. Ceux de Touraine peuvent être forts et fins. Ça m’intéresse.

 

Faire une étiquette, ça peut être un plaisir, comme pour ‘la Diablesse’, un Chinon de Pascale et Etienne de Bonnaventure de Beaumont en Véron. J’aime aussi les projets en profondeur quand on me donne carte blanche. C’est ce qui s’est passée avec Jean-François Mériau. Au début, rien n’était défini. Il a passé une partie d’une journée dans mon atelier, à l’écoute pour comprendre qui je suis. Moi, je suis venue au chai, j’ai senti, goûté et ça m’a plu. Et puis ensuite, j’ai avancé. Je propose et si cela ne plait pas, j’arrête. C’est la même chose de son côté. Parfois aussi j’ai travaillé le nom de la cuvée : Le Fleuve Blanc. (…) Quand ce n’est pas beau, ça me fait mal aux yeux, comme si j’avais du sable dedans. Il faut que les choses soient justes, précises, sans fioritures, fortes. Dans le vin, il y a en plus un côté magique qui oblige à encore plus de rigueur. Oui ça me fait plaisir de voir que les gens sont sensibles à ce que j’ai fait. C’est bien, surtout quand on pense que j’aime les grands espaces ».

 

Prochain billet

Le prochain billet sera consacré au passage du temps.

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