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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Levez les yeux au ciel et cherchez les poteaux

3 Septembre 2009, 11:26am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Mon souci, présentement, comme dirait un ami du Mali, est de déterminer ex abrupto et d’emblée si je dois dire ‘du’ poteau’ ou viser ‘les’ poteaux. On en discutera tout à l’heure, l’important est d’aller voir le ou les poteaux de près.

 

L’approche du poteau. Le dictionnaire me dit que c’est une pièce de charpente. Je ne suis pas contre, bien sûr. Je dirais plus simplement qu’au départ c’est une grande tige de bois, solidement fichée en terre et dressée verticalement. L’idée la plus simple étant visualisée par un tronc d’arbre dépouillé de ses branches latérales que vous calez en terre suffisamment profondément pour qu’il tienne. Vous pourriez aussi bien parler d’un mât. Le dico, encore lui, d’une longue pièce plantée dans le sol au sommet duquel on hisse des drapeaux ou des signaux. C’est une mention intéressante parce que le poteau n’a d’utilité que parce qu’on peut accrocher quelque choses en haut. Ceux-là sont les poteaux qui m’intéressent.

 

Les autres poteaux. Je ne vous parlerai pas des petits poteaux de trottoir pour empêcher les voitures de se garer, ni des poteaux de vigne, les échalas comme on dit dans le métier. En ville, on en voit peu, sauf parfois dans des ronds points végétalisés. Je vous parlerai très peu des poteaux d’éclairages ou des poteaux porteurs des panneaux de signalétiques qui fleurissent dans nos villes, uniquement pour vous dire qu’à trop planter de poteaux, se crée de facto une guerre des poteaux, entre les poteaux, à savoir qui aura la prééminence.           

 

Des poteaux joyeux. Mais avant je tiens absolument à vous parler de poteaux à valeur positive. Au cours des siècles passés dans les villages, le poteau était synonyme de fêtes. Lors des fêtes villageoises, on y accrochait le drapeau français, des gerbes de blé en symbole d’abondance des moissons et on dansait sous les guirlandes qui y étaient accrochées le soir du 14 juillet. Le poteau donnait lieu aussi à des joutes sportives. Pour l’occasion, il prenait un autre nom, le mat de cocagne. L’homme, qui arrivait à décrocher l’objet fiché en haut du poteau rendu glissant avec de la cire ou du savon, était déclaré vainqueur pour l’année en cours. Il recevait en cadeau les lots accrochés au poteau, qu’on appelait alors un mât pour l’anoblir, comme on le voit sur la photo du Figaro au cours d'une fête qui se déroule en Indonésie .

 

Des poteaux facteurs de progrès . Plus tard au cours du XXè siècle, le poteau devient symbole de modernité. C’est grâce à lui que les campagnes purent recevoir l’électricité et le téléphone plus tard. On en voit encore sur les petites routes de campagne

 

Une véritable forêt de poteaux. Pour l’instant, je sais seulement, que des poteaux, il y en a plein, partout et tous différents, même si on peut déjà distinguer entre le poteau de ville et le poteau des champs, au fait, oui  les rats savent monter au poteau- mais ne nous égarons pas. Il y a bien aussi des poteaux anciens et les contemporains, les poteaux de base ou de style, il y a les solitaires ou les groupés, les bois ou les bétons...

 

Dans certaines rues seulement. Quand on commence à lever les yeux au ciel pour regarder les poteaux ou plutôt à chercher les poteaux, on en découvre dans certaines rues et pas dans d’autres. Seules les petites rues ont encore la joie d’avoir des poteaux. D’autres rues même passantes, ont parfois encore des tronçons avec poteaux bien visibles. La seule certitude, c’est que les rues du centre des villes, les rues représentatives de l’image de la ville ont toutes fait disparaître les poteaux. Par contre les petites rues situées près de l’extérieur des quartiers périphériques, sans construction d’un lotissement récent, ont le privilège très daté des années 50 de garder les leurs.   

 

Avec une très grande hétérogénéité. Surtout on s’aperçoit de la grande diversité de ces poteaux. Aujourd’hui, le passage de l’électricité  n’est plus visible. Mais les câbles de téléphone le sont encore en ville.  Des poteaux comme ceux-là, on croirait à juste titre ne plus en voir en ville, surtout dans une ville chic, comme Angers, très soucieuse d’élégance, surtout dans des quartiers où il n’est pas possible de construire sans l’avis de l’architecte en chef des monuments historiques.  La nostalgie a ses limites. Clairement, je n’ai rencontré personne se plaindre de la disparition des bons vieux poteaux d’antan et par contre j’en ai rencontré beaucoup  demander quand ‘on’ se décidera à supprimer enfin ces poteaux de fil de téléphone cinquante ans après la fin de l’après-guerre.

 

Mes poteaux préférés. Ce sont les poteaux en bois penchés avec un gros paquet de câbles en l’air. Ils sont si emblématiques d’une époque bien révolue que je propose de lancer un concours du plus beau poteau.   

 

Pour suivre le chemin

. Commencez par repérer sur une carte les quartiers susceptibles de trouver ces BPB (Beau Poteau en Bois), trouvez les rues en sélectionnant celles sans lotissement et sans construction récente, vous avez alors de bonnes chances d’en trouver.

. Munis de bonnes chaussures de marche, regardez d’abord à terre sur le trottoir puis levez lentement les yeux pour découvrir ces BPB.

. Faites une photo, puis marquez l’emplacement sur votre carte. Et attendez ce qui va se passer…
. Photos EP, sauf la photo d'un jeu qui se passe au cours d'une fête en Indonésie, parue sur le site du Figaro, sélection 'Photos', et que j'ai reprise en fond d'écran, avec mes remerciements.

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