En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 12:03

C’est, disons-le d’emblée, un peintre très peu connu en France. Ce peintre expressionniste flamand l’est évidemment plus en Belgique où il a toujours vécu, sans vouloir d’ailleurs voyager ou voir les autres. Son parcours est étonnant. D’abord très inséré dans la vie culturelle et politique, il décide à 30 ans de se consacrer à la peinture, celle de l’attente. Et c’est peut être cette attente, cette quasi-évanescence, qui marque aussi sa notoriété. Il est à ce point si peu visible, que Wikipedia cite sous ce même nom un homonyme musicien.


Ses territoires de recherche 

Jef van Hoof ne s’égarait pas à peindre le joli ou l’anecdotique. Très schématiquement, on peut distinguer chez lui trois espaces,

. la campagne, où le paysage tient une grande place avec un tronc d’ arbre modelé par le vent, un cheval de trait qui tire la lourde terre flamande,

. l’eau ensuite, celle des fleuves comme l’Escault l’hiver quand la lumière jaune vert mouillée efface les distances et les frontières entre terre et eau,

. le bistrot habité par des vieux, figés dans une solitude aussi épaisse qu’un tronc d’arbre mort, face à un verre vide. Ces bistrots sont les derniers endroits de vie .


Les esquisses 

Si l’attente était au cœur même de sa démarche de vie, c’était une attente active pendant laquelle il réfléchissait et travaillait beaucoup. Il préparait aussi beaucoup ces peintures en gestation. Jef van Hoof habitait ce temps en exécutant des dessins au fusain avec beaucoup de détermination et de rapidité, sans hésitation. Sa recherche est celle du trait juste de l’esquisse ou du croquis d’un homme à la fenêtre, d’un lourd percheron qui laboure dans la plénitude de sa fonction ou d’un chat si présent chez les peintres flamands.

 
L'attente du déclic 

Les choix de Jef van Hoof le conduisent à atteindre la plus grande minimalité ou des personnages sans quasiment de décor tout comme ses peintures d’eau sans navire ni mouvement. Ce sont les pigments de la couleur, la recherche de la lumière et le moment qui le guident, sans objet précis au départ. Il commence, avance et attend que ce qu’il a fait prenne vie et se sépare de lui. Ces toiles, à l’état de devenir, restaient ainsi pendant des années parfois en attente du déclic de l’avancée. Comme cet homme au café devant son verre, la bouteille et la cruche, avec un cheval sur le mur ou cette bouteille noire haute et droite dont l’équilibre tient en la présence sur les murs d’une esquisse d’un cavalier à la lance.

 

La polyvalence
Enfant, cet homme si discret avait commencé par le dessin. Comme beaucoup de personnes
très douées, il mit du temps à trouver sa voie. Il fit d’abord des études de médecine, puis des études d’histoire de l’art et d’archéologie. Il en sort licencié en philosophie et lettres de l’Université et caricaturiste déjà reconnu par la presse. Il devient alors réalisateur pour la télévision belge en théâtre, arts plastiques et musique. C’est alors qu’à 30 ans qu’il décide d'arrêter et de se consacrer entièrement à la peinture pour ne pas se perdre.

 

Pour suivre le chemin

. Edouard Roditi, Jef van Hoof, Les Editions d’Art Associés, 1989.

. Outre ses dessins de jeunesse ou les esquisses qui sont remarquables de force et ses peintures que je qualifierai de ‘flamandes hivernales’, l’auteur de cet ouvrage montre aussi la troisième dimension du travail du peintre. C’est la dernière partie de l’oeuvre  dont je choisis de ne pas parler. Ces toiles sont des peintures du soleil, quasiment provençales, qui ne me parlent pas du tout, du tout.
. Merci à Oxfam, la librairie de livres d'occasion qui sont vendus au profit des missions de l'association, Chaussée d'Ixelles, près de la Place Flagey, en remontant côté droit. Ce sont les bénévoles qui sont de permanence qui m'ont fait connaître cet artiste. Ils ont été choqués que je ne le connaisse pas! Et oui, nobody is perfect.      
Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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