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Le Blog d'Elisabeth Poulain

A quoi sert l'export

20 Janvier 2007, 17:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

"Froh wie Gott in Frankreich », Heureux comme Dieu en France, c’est ce que déclare un célèbre dicton allemand pour vanter la douceur de vivre en France. C’est  particulièrement vrai en Val de Loire qui s’appelle lui-même le Jardin de la France, quand il n’évoque pas la Loire des châteaux. Il y fait si bon vivre que l’ouverture des frontières en 1993 a provoqué la réaction inverse à celle qui était escomptée de la part des petites entreprises, le repli sur la vente directe et la baisse des efforts à l’exportation.

Un article de Capital (octobre 2005) pointe du doigt les mauvais chiffres à l’export en commençant, noblesse oblige, par la baisse de moins 20% des ventes de vins à l’étranger en 7 ans. Au delà des chiffres, la journaliste conclut par le déficit de culture de l’exportation existant dans les entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes espagnoles et allemandes. En soulignant que celles-ci reçoivent plus de subventions que leurs homologues françaises comme si les aides  sont de nature à inciter à l’export. Or rien n’est plus faux.

En effet, presque 60 ans de politique de soutien à l’export montre qu’il faut d’abord ressentir une ardente obligation pour se lancer à l’export. Pour les petites exploitations,  la démarche d’exportation ne se fait que si c’est absolument nécessaire.   Au fur et à mesure que la pratique se  développe et que l’entreprise prend confiance, les bienfaits de la vente à l’étranger commencent à apparaître.  Citons :

- le développement du chiffre d’affaires et la possibilité, si le marché le permet, d’augmenter ses prix, ce qui est appréciable, à l’heure où les entreprises françaises ont du mal à stabiliser leur CA;

- la meilleure perception des modes de consommation de par le monde, qui permet de comprendre nos nouvelles façons de déguster le vin, particulièrement celles des jeunes et des femmes. Les études de marché montrent qu’il existe de nombreux pays où la demande augmente;

- la répartition du risque sur plusieurs marchés, au lieu de la dépendance à l’égard d’un seul –la France-, avec les contraintes qui découlent notamment de la réglementation restrictive de la publicité et de l’étiquetage;

- la capacité à s’adapter à de nouvelles cultures, tout en renforçant sa propre identité culturelle. On est encore plus français et ligérien  quand on vend en dehors de nos frontières ;

- et surtout la force de contrer la concurrence pour limiter sa puissance d’expansion. Apprendre à vivre avec la concurrence de collègues d’Europe ou d’ailleurs, c’est d’abord vouloir l’affronter de façon directe sur leur propre territoire mais aussi sur les marchés d’exportation qui sont aussi les nôtres. L’objectif est de leur barrer la route.

Face à une demande en évolution constante et hyper-rapide sur des marchés sans visibilité, la seule façon d’arriver à survivre et à se développer est de repartir à l’attaque pour conquérir ou reconquérir des parts de marché. Avec un avantage en retour intéressant : la présence à l’étranger devient une preuve supplémentaire de son savoir-faire.

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