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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Styles de vie, Styles de pub (2)

11 Mars 2007, 09:21am

Publié par Elisabeth Poulain

Styles de Vie, Styles de Pub

 

 

Quelle semaine ! Traumatisée je suis. Tout ça c’est de la faute de la Journée de la Femme et du Journal le Monde. Pour la Femme, j’ai commencé par me tromper de jour. Les autres années, souvent soit je n’y pensais même pas soit ça me venait après. Mais jamais au bon moment. Il doit y avoir du blocage me suis-je dit finement. Cette année en plus il y a eu comme un manque. Quoi ma grande surface préférée ne me donne pas ma rose. Hum les budgets doivent être serrés. On fait des éconocrocs sur les relations publiques ?! Mais non c’était le lendemain. Comment croire à  1/365. Une solution : la garder pour les années bi sextiles. 

 

Le Monde, entre lui et moi, cela a été une longue histoire que j’ai interrompue après quelques 20 ans de bonnes relations. Et puis l’ennui est venu, Je n’avais plus le cœur à ça. Il ne me parlait plus alors on a stoppé. Par le remplacer non pas vraiment. La Presse régionale me parlait si peu de région et encore moins de presse que j’en arrivais à ne lire quasiment plus que la page agricole et encore. Le cours du bœuf ne me passionne guère même si j’ai assuré un cours de marketing international Lait et Viande. Intéressant en particulier à cause de la symbolique. Je n’oublie pas ces discussions enflammées avec des étudiants à qui je venais d’affirmer haut et fort la liberté du consommateur (en particulier pour les végétariens). Rien de tel qu’un peu de provoc pour stimuler l’imagination ! Mais bon, en ces temps troublés, m’est revenu le désir de relire Le Monde. 

 

De là vient mon grand traumatisme : les hommes oui les hommes, plutôt le supplément Homme du Monde. Leur étrangeté me fascine.  Commençons par le commencement. La semaine dernière, j’ai parlé des femmes. Réaction immédiate: et nous, on a pas le droit d’être là, qu’on parle de nous ? Evidemment si, c’est bien pour ça que j’écris ce papier le jour de la femme.  Parler des hommes le jour de la femme me parait une bonne chose, même s’ils sont particulièrement doués pour parler deux 365 sur 365 jours. Ceux qui n’ont pas compris qu’on marche ensemble n’ont rien pigé. Ceci dit c’est plus la vision de l’homme qui se dégage de la pub pour homme qui m’interpelle. Cet homme là est un drôle d’oiseau. 

 

Mais il faut que je commence par le commencement. Pour démarrer la recette, il vous faut Le Monde d’un coté, un crayon et une feuille de papier de l’autre. Vous commencez par dessiner un bonhomme : un rond pour la t^te, un trait pour le corps, deux baguettes pour les bras et deux brindilles pour les gambettes. Vous pouvez ajouter des petits traits en bas pour le faire tenir en équilibre.  Vous saisissez Le Monde de l’autre main. C’est bon, on y va. La tête reste ronde et vide. Nul sourire sur les lèvres, pas de clin d’œil dans le regard. Mais pas trop de coté glauque non plus, du genre poisson pas frais ou œil poché qu’on voit sur certaines nanas en pub féminine. On passe. Le torse s’habille d’une veste cintrée, galbée, serrée près du corps pour coincer, comme s’il fallait une armature. Brrh, ça rappelle le corset des femmes d’il il y a quoi déjà, 2 siècles ? Couleur foncée pour le sérieux façon auss, fin du XIXè siècle. Chemise et tout et tout. Le pantalon maintenant. Surprise, il est blanc et s’arrête aux genoux. Qu’est-ce qu’on peut admirer alors ? Les genoux et les mollets ; comme les pauvres n’ont jamais du faire de sport, ce sont, osons le dire, des mollets de poulet, j’exagère un peu. Et on nous la rejoue Gainsbarre, quelques décades plus tard, sans chaussettes of course. Si non ça aurait l’air un peu Officier de l’armée des Indes. 

 

Le pied est nu (si, si,) dans une chaussure qui ressemble à un gant de pied.  Ah l’impression ! Pour le savoir il faut que vous fassiez le test, comme mes filles l’ont fait (involontairement) avec moi. Vous achetez des chaussettes-gants à orteil individualisé. Si, si, ça existe et ça vient forcement du Japon, ce haut lieu de la « branchtude » (= branchitude pour ceux qui n’y comprennent rien). Avec ça vous enfilez des moufles à pied (= avec le pouce individualisé) et vous voila partis. Oh le glauque que ça fait, tellement glauque que je n’ai jamais osé faire le test moi-même. Il faut dire aussi que je n’ai pas la patience, pour les pouces ça va mais les 8 orteils c’est de trop. Bon allez, on avance !  

Si on comprend bien,  pour les femmes on enlève le haut, pour les hommes le bas ; on garde au milieu et ça nous fait une société équilibrée. Oui c’est une façon de le dire. Mais ce qui m’interpelle le plus ce n’est pas ça. Si ces hommes paraissent aussi bizarres, objectisés en quelque sorte, comment notre œil est-il habitué à ce point à accepter les femmes de la pub qui doivent être tout aussi bizarres à un œil neuf. Et là c’est grave, mes sœurs. C’est de nous dont il s’agit. Il va falloir réviser nos leçons de parité.

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