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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Un petit tour au salon du livre 1/2

26 Mars 2007, 08:40am

Publié par Elisabeth Poulain

Tranches de vie n°1/2

Métro, Timbres, Lacet droit, Sérail, Tour Eiffel, Perse, Turquie, Etats-Unis, Porte de Versailles, Théâtre, Vins de Loire,

Serail Auteur = Serial …  

C’était histoire de venir dire bonjour à mon éditeur au stand du salon Porte de Versailles Hall 1. Le premier jour d’ouverture, le vendredi,  ressemble au printemps quand on se retrouve après l’hiver. On pointe son nez hors de terre; là il faisait encore un peu frisquet avec quelques gouttes de pluie. On s’en fiche. Ca sent le renouveau. Je ne vais plus au cocktail monstre du jeudi soir. On s’y marche sur les pieds et on ne voit pas les livres. Normal, ce sont les invités qui sont là pour se montrer, entre people !

Aller à la rencontre du livre, c’est toujours magique ; d’ailleurs ça a commencé  dans le métro. A peine assise, vient s’installer devant moi un monsieur concentré. De sa sacoche bien calée sur ses genoux, il sort un classeur d’écolier avec des post it à certains feuillets, il vérifie que tout était en ordre.  Comme on s’examine devant un  miroir avant d’aller à un entretien d’embauche, pour voir si la cravate est bien mise, le cheveu bien plaqué... Oui les timbres  sont là, ils ne sont pas décollés pendant la nuit ; les tampons sont bien en place. Une fois, deux fois, il touche chacune des pages marquées. Sa tension créée une fusion avec le timbre. Un peu plus loin, debout cette fois-ci, un homme de grande taille, belle tête, bel imper, belles chaussures, bug : un de ses lacets s’est défait. Il me voit le voir et il tire la boucle de façon à rectifier l’ordre. Sortie, bousculade, chacun s’en va. 

Quelques centaines de mètres  après, je vise la porte du « Sérail » réservée aux auteurs qui viennent faire des signatures sur le stand de leur éditeur. Le sérail, ça trouble. Un mot qui vient du persan pour désigner au choix  le palais du sultan d’Istanbul, le harem ou l’entourage d’une personnalité ou se noue des intrigues, comme les people du début. J’ai beau vérifié, rien ne colle pour moi mais bon, je n’ai pas voix au chapitre. Je mets mon badge « Serail Auteur ». En attendant d’entrer après vérification des noms sur le listing, nous nous retrouvons tous les trois, le Grand au lacet droit dénoué devant et le Numismate derrière. Et moi  de dire : J’aurais du me douter que vous aviez des têtes d’auteurs, Vous êtes le monsieur aux timbres. Vous vous déplacez avec vos trésors? Il venait présenter les originaux sur un stand. En quelques minutes, il nous raconte sa vie. Enfant de l’assistance avec ses deux frères, il a, jeune homme, fait la rencontre de sa vie, la Tour Eiffel et depuis lors il lui a consacré tout son temps libre avec une collection de timbres de toutes les Tour Eiffel du monde. Et entre deux Tours Eiffel, il fait une collection de timbres premier jour oblitérés avec le tampon du bureau émetteur sur toute la France. Un de ses frères est mort, il n’a pas supporté l’Assistance, l’autre est grabataire. Et lui comme il était garçon de salle à l’hôpital il va une semaine sur deux aider ceux qui s’occupe de son frèr

Je demande au Grand ce qu’il fait : il écrit des pièces de théâtre et nous reprenons le fil de l’assistance. Le monsieur aux timbres  nous remercie de ce que la Société a fait pour lui et ses deux frères. Parce que nous dit-il la société c’est vous. Le Grand prononce quelques mots de partage d’émotion en notre nom à tous les deux; après vérification de son nom, il nous salue et part. A mon tour de passer. C’est au tour du Monsieur de l’Assistance. Son nom n’est pas sur la liste. Il craignait de ne pas pouvoir entrer. Il avait raison, il repart et va devoir payer à une autre porte. Et aucun des deux ne m’a demandé ce que je faisais là. C’était pourtant court à dire: moi c’est le vin de Loire.  Je dois être parmi les rares auteurs du salon à avoir pu déguster du Saumur Champigny Cuvée Cheminements à 15h heures et du Crémant de Loire Ivoire à 17 heures. Moi, qu’on a par trois fois appelée une serial …auter mais sans prononcer le mot de  killer quand même. Et voila comment, grâce au livre, on va de la Perse à la Turquie, aux Etats-Unis, en passant par Paris-Porte de Versailles, la Tour Eiffel et l’Assistance, sans oublier le théâtre ni le vin de Loire.      

 

 

 

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