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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Chococube, Hasquin à Mortains, Vin, D Day et Boutros Boutros Ghali

14 Juin 2007, 14:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

dsc01690.jpgAccrochez-vous; il va falloir suivre. Il y aura de tout mais pas forcément dans le bon ordre. Du vin évidemment puisque je pense qu'il est un des miroirs de notre société. J'essaye de repérer les traces du vin, de vin de Loire. Du vin, il y en a eu forcément à l'Abbaye de Mortains après l'inauguration de l'exposition de Marcel Hasquin mais je ne suis pas restée jusque là. J'ai toujours eu peu ou pas de plaisir à peopoler. Ce n'est pas mon truc; à la place, j'ai été voir la grande cascade tout à coté. J'ai reconnu là le bon goût d'Adeline et de son frère qui ont fondé l'abbaye en 1100 et quelques. Un site en hauteur, des bois, de l'eau et de la pierre pour monter les murs du cloître.

 

Ldsc01684.jpg'exposition a lieu tout à coté dans un hangar repeint en blanc pour l'occasion, avec des verrières incluses dans le toit qui donne une superbe lumière. Et là, cela a été mon premier choc. L'écart qu'il y avait entre le monde selon Marcel Hasquin et le monde réel qui défilait devant les oeuvres. Il faut vraiment être seul pour voir de telles toiles blanches et noires, aussi fortes, dénudées, qui représentent une humanité dont il ne resterait que la spiritualité. Je ne sais pas pourquoi, je pense à un gant qu'on retournerait à l'envers. Ce jour là, il y avait des photographes, le préfet certainement et dsc01686.jpgsurtout, surtout mais j'en parlerai après, M. Boutros Boutros Ghali, ancien Secrétaire général de l'Onu. Beaucoup de gens, plus de 600 personnes. Le peintre s’est montré mais n’a pas accompagné le cortège. Cela aurait été de trop.

   

Ensuite direction la mer, forcément. J'aime l'eau. C'est une des raisons qui m'ont fait venir en Loire, près de la Loire. J'habite tout près d'un lac, creusé par des moines pour édifier une abbaye, une autre. Dans mon jardin, j'ai posé des pierres sur une ligne qui rejoint la mer. Il y a aussi l'eau du lac traversé par un tout petit ruisseau , qui se jette dans La Maine, qui rejoint la Loire, qui se jette dans une mer moi qui me parle, moi qui suis née à La Baule, une autre mer, un autre style. Ce jour là, il s'agissait de la Manche. Et là, choc n° 2, un petit.

   

Restaurant le soir forcément, moyenne d'âge élevé des clients en contraste avec la toute jeune fille qui nous servait. Ce devait être ses premiers services en salle. Une carte des vins d'une tristesse infinie. Un seul vin de Loire, un Muscadet avec pour seules indications, la contenance -75 et 35cl- et le prix, 13 EUR pour la 35. Je lui demande d'où vient le Muscadet. Elle ne savait pas et a été demandé, très gentiment. Elle m'annonce au retour: de Sèvres et Maine sur .... elle n'a pas su comment terminer. Moi, non non, j'aimerai savoir de chez qui, d'où il vient. Sa seconde réponse à son retour, fièrement: de Mouzillon. Heureusement, les huîtres et le poisson étaient bons. Je n’ai pas su d’où venait le vin. Les autres fois, il n’y a pas eu de vins de Loire marqués sur la carte ou un qui n’a fait envie à personne. L’export commence en effet à la porte du chai (voir Sam le vigneron et l’export, moi et la simplicité).

   

Le lendemain matin, poursuite de la balade, par un bonne marche le long de la côte, avec d'un côté une mer odorante, moitié eau, moitié algue et moitié mousse (je sais que ça fait beaucoup). Une aussi vraie mer que celle des cartes postales et dans laquelle je me suis trempée un peu plus loin, tellement il faisait beau. Et de l'autre côté, je sais bien que vous voulez savoir ce qu'il y avait de l'autre coté. Suspense, des campings. Camping force 4, c'est-à-dire qu’il y avait tous les modes de camping (en camping municipal, en camping-car, bientôt en résidence de loisir et en aire naturelle) sauf celle citée par tous les Français et qui n’existe plus, le camping sauvage.

   

Après la promenade, la découverte en voiture. Nous étions le D Day, ce qui se traduit visuellement par quelques efforts d'embellissement des villages et des drapeaux français, américains, canadiens... Des cars, tous anglais, remplis d'américains de tous âges, jeunes surtout, difficiles à croiser le long de la route du bord de mer. Une scène émouvante quand huit cars se sont arrêtées en front de mer à Omaha Beach et que plusieurs centaines de personnes se sont assises groupées sur le pan incliné qui protège le remblai. Beaucoup d'entre elles photographiaient la mer, l'eau bleue, le dos tourné contre les collines où il y avait eu tant de morts. Et puis le troisième choc, fort et dérangeant celui-là. Et les Français là dedans? Des civils étaient déguisés en soldats américains, comme s'ils étaient dans des jeux de rôles. Pour la vérité, j'ai vu aussi des américains dans des jeeps d'époque. L'armée française avait déployé du matériel avec d'un coté du matériel de la guerre de 40 et de l'autre des engins modernes. Mais vraiment très peu de monde.

   

L'allocution de la veille de M. Boutros Boutros Ghalli à l’Abbaye de Mortains prenait alors tout son sens. Il a parlé de la paix à sauvegarder entre les nations et de la culture à laisser s'épanouir comme le  moyen de favoriser le développement de  l'humanité. Entendez bien : pas un des moyens mais LE moyen. Des paroles fortes dans la bouche de celui qui a été pendant le temps de son mandat le garant de la paix dans le monde. Des paroles à mettre en situation avec ce qui s’est passé il y a quelques décades où on comptait en centaines de morts pour une petite colline. Qui raisonnaient particulièrement à mes oreilles, moi qui ai eu la chance d'avoir ce grand personnage comme professeur de droit international public lors de mes études à l'Institut des Hautes Etudes internationales à la Faculté de Droit de Paris, Place du Panthéon.

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