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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Au Château de Gaillon, La Tour de la Sirène, Sa pièce de Charpente neuve

4 Juillet 2013, 08:59am

Publié par Elisabeth Poulain


Le titre avec des explications tout de
suite. Il cible les trois éléments d’une lourde opération de rénovation de la pièce centrale de la charpente de la plus haute
tour du Château de Gaillon, celle qui porte le si joli nom de la Tour de la Sirène, au cours de la Semaine européenne de la Charpente. L’opération de rénovation ne concerne donc pas toute la
charpente de la Tour, ce qui aurait nécessité plus d’une semaine de travail à l’équipe des 40 charpentiers mais de la pièce centrale ronde posée horizontalement à la base de la toiture sur les
murs et qui porte littéralement toute le reste de la charpente. 





Le Château de Gaillon. Ce bâtiment classé appartenant à l’Etat a une longue histoire  depuis que le site de Gaillon fut dévolu à la
couronne de France en 1194.  Depuis plusieurs années maintenant, il fait l’objet d’importants chantiers de restauration de la part de l’Etat afin
de  conserver cet important patrimoine de l’histoire de France. Il a été remanié, agrandi, embelli au cours de l’histoire, ce qui fait de lui un des
symboles forts de l’art de vivre de la Renaissance. Après des siècles de grandeur et un long endormissement, il a aussi connu le déclin, un déclin accru au XIXe et au XXe siècle au cours desquels
il a vécu plusieurs périodes troublées en servant plusieurs fois  de prison. 





La Tour de la Sirène. On la voit très bien quand on contemple le château situé en dehors de l’enceinte au pied de la face Est de l’ensemble, en bas dans la ville de Gaillon,
près de ce qui était l’ancien lavoir, situé sur la Place de l’Abreuvoir.  La Tour rend compte de la vocation défensive du château lors des longues
guerres franco-anglaises. Elle est d’autant plus impressionnante à voir que ses murs bas qui sont des vrais remparts sont visibles à partir de la sente du château qui longe les douves de
l’extérieur. La Tour double alors de hauteur, sans compter le toit qui chapeaute l’ensemble et les parties souterraines de ses murs non visibles de l’extérieur qui ont plusieurs fois servi de
cachot dont on ne sortait plus dans les siècles derniers.





 Les murs  s’élèvent à plus de 20 mètres entre la partie
visible à partir du bas des douves et le début du toit qui lui-même mesure une dizaine de mètres de haut. C’est la partie la plus massive et à l’œil la plus ancienne de l’ensemble du Château
de Gaillon. Elle a gardé son aspect moyenâgeux défensif alors que la Galerie sur le Val juste à côté fleure bon l’art de vivre de la Renaissance.      


C’est au cours de  la semaine européenne de la charpente que s’est déroulé le chantier
dont la phase terminale de sciage, de façonnage des troncs d’arbre, d’assemblage des différentes pièces et de pose finale a constitué le point d’orgue. Cette opération qui a pour principaux
objectifs de permettre à des charpentiers venant d’une dizaine de pays de l’Union européenne et du Canada de se rencontrer, outils à la main, pour travailler ensemble à la réalisation d’une
charpente à l’ancienne, représentative d’un savoir-faire séculaire. Celui-ci résulte de pratiques où est fait à la main et qui se transmettent par le travail partagé en commun au cours d’une
période de temps passé ensemble. Comme au théâtre, il y a unité d’acteurs, unité de lieu et unité de temps : ce sont des charpentiers volontaires, hommes et femmes, qui ont œuvré au Château
de Gaillon au façonnage et à la mise en place de la principale pièce de la charpente de la Tour de la Sirène. 





 Les phases du chantier. Il s’est agi d’abord de tailler les troncs de chênes pour obtenir des poutres qui, une fois assemblées selon le plan préalablement fait, ont formé
 la pièce maîtresse, celle qui a la forme ronde et qui porte le terme technique d’enrayure basse dans lequel on retrouve le terme de rayon. Cet énorme assemblage en forme de roue posé horizontalement constitue l’assise de base de toute la structure du toit de la
Tour. Cette portance permet de répartir le poids régulièrement pour éviter la déformation des murs hauts sous la pression du toit vers l’extérieur. Il avait déjà fallu faire des opérations de
conservation dans la Tour en 2009, en mettant des tirants intérieurs, pour répartir et soulager la pression qui pesait sur les murs en les poussant vers l’extérieur et qui provenait du mauvais
état de cette pièce fondamentale de la charpente.  





Les hommes et la femme qui ont réalisé cet
exploit.  Ils ont été 40 charpentiers européens et d’un charpentier canadien  à avoir réalisé cet exploit où tout a été fait à la main selon la tradition transmise de siècle en siècle. L’équipe a regroupé des hommes et une femme de
métier aguerris. Leurs particularités communes sont d’être des passionné-e-s par leur métier et qui entendent pratiquer et conserver les techniques anciennes de la charpente médiévale, quand tout
se fait à la main, avec l’aide de compagnons venus en nombre et des lourds chevaux de trait, pour effectuer le débardage et la traction des fûts.    





Les chevaux de trait. Ils sont déjà intervenus pendant l’hiver pour acheminer les troncs de chêne du lieu d’abattage en pleine forêt située juste au-dessus du  chantier situé dans le château au plus près du lieu de pose de la charpente dans la Tour de la Sirène. Ils sont intervenus à nouveau, cette fois-ci, pendant le
chantier pour tracter les grosses poutres taillées à partir des fûts en haut par les charpentiers jusqu’en bas près du camion grue pour permettre au grutier qui officiait au pied  de la Tour dans les douves avec sa grue de 60 tonnes, afin de les saisir plus facilement et de les porter dans l’ouverture de la toiture de la Tour. Quant aux
plus petits éléments restés en haut, ils ont été portés deux par deux par quatre charpentiers pour les placer à l’aplomb de la grue.    





Les étapes du chantier. Il a commencé six mois plus tôt en plein hiver quand il a fallu sélectionner, abattre et débarber les 10 chênes dans la forêt du Parc de Gaillon Le choix
s’est fait en fonction de l’âge du chêne, de la forme, des particularités de son fût et de l’absence de certains vices rédhibitoires susceptibles de porter tort à l’usage ultérieur tels que des
blessures, des trous de vers…Par contre un fût qui ne serait pas parfaitement droit peut-être justement intéressant à cause de cela dans certains assemblages. Cela a été le cas
ici.  


 


Une des conséquences est que l’étude et le plan de
l’enrayure nouvelle à poser ont précédé l’abattage ; l’étude de l’opération elle-même a commencé beaucoup plus tôt. Dans le
cas de la Tour de la Sirène, elle a été facilitée par le fait que les pièces étaient encore là même si elles étaient en très mauvais état. Les relevés sur place, avec des photos et sur documents
ont permis de réaliser le plan puis la maquette pour mieux visualiser les points sensibles, les dimensions et les appariements des différentes pièces...et de concevoir le plan de travail et la
répartition des rôles.Pour les charpentiers présents, une visite du château en deux groupes a permis à tous de comprendre le lieu où ils ont été invités à opérer.


 


Le chantier au Château de Gaillon. Il s’est tenu dans un site
emblématique, au troisième niveau du château en partant de l’entrée, après l’Avant-Cour et la Cour d’Honneur. Cette
Cour de l’Orangerie est située  entre la face nord du château proprement dit et le pavillon
Colbert dans le fond, avec la forêt au-dessus. Ce grand quadrilatère de la Cour de l’Orangerie s’ouvre à l’Est sur la ville et la vallée ; à l’Ouest, il est surmonté par le haut mur en
arrière duquel se tenait l’ancien prieuré et où ont été érigés des bâtiments  qui accueillent maintenant en particulier l’Ecole de Musique de la ville
de Gaillon.


 


C’est d’en bas, au pied de ce haut mur, que nous avons pu découvrir en fin de la première soirée les
charpentiers nous regardant eux d’en haut au Prieuré sur ce qui forme le 4e niveau du château, accoudés au muret de séparation, avec beaucoup de curiosité de part et d’autre. C’est là
au soleil couchant que s’est faite la rencontre lors d’un verre de l’amitié offert par la mairie, au son des violons de deux musiciens passionnés de musique ancienne dont l’un est professeur de
musique à l’école toute proche. Il y a eu un vrai moment de partage en cet endroit marqué par l’histoire, en cette fin de journée, sur le site où s’est tenu un ancien prieuré, qui dominait le
site du château d’où on voyait la Tour de la Sirène, avec non loin  les tours pointues du Logis d’accueil du Château à droite et à gauche en bas en
3e niveau le long bâtiment Colbert qui a lui aussi servi de prison.





L’avancée des travaux au jour le jour.
Un plan au sol a été tracé sous forme d’une étoile en ficelle en dimensions précises qui a matérialisé sur l’herbe l’emplacement exact où devait
se placer chacune des pièces de l’enrayure basse, le fil  se situant exactement au milieu de chacun des éléments constitutifs de la pièce. C’est là
qu’il a été prévu de procéder à l’assemblage de l’enrayure. Interdiction a été faite de marcher sur ce lieu, tant que l’opération finale n’a pas terminée.  


 Pour le grand public, l’affichage du plan ainsi que la
maquette  ont  joué un grand rôle dans la compréhension du chantier au jour le jour. Il pouvait ainsi
suivre l’évolution des différentes phases, en respectant les différentes zones de sécurité. Aux yeux des néophytes venus admirer le travail, les choses n’étaient pas évidentes à comprendre. On
pouvait voir les professionnels tailler, scier, ajuster, taper, mesurer, regarder, cligner de l’œil pour mieux voir…Travailler seul, en binôme ou à plusieurs, toujours occupés à des tâches dont
l’importance nous échappait. Chacun avait apporté ses outils et en prenait soin. Comme dans un film sans paroles où l’on voit des gens s’affairer pendant des temps longs. Au fil des venues, on
avait pu repérer des visages, des silhouettes, des tenues, des façons de faire…  


 


Le temps. Il est temps d’en parler dans toutes ses déclinaisons de sens. D’abord le temps pris au sens de climat. Il a fait un temps de charpentier au travail, ni
trop chaud ni trop froid même s’il  y a eu un peu de vent à certains moments, mais surtout sans pluie. Le travail a pu se poursuivre en continu, sans
la survenue de l’aléa climatique. Il y a bien eu aussi une progressivité dans le travail qui a commencé par le lourd quand les copeaux de bois tombés au sol  étaient encore gros et devenaient de plus en plus fins au fur et  à mesure de l’avancée et de la proximité du
rendez-vous avec le grutier et la mise en place  des différentes pièces de l’enrayure. Il y  a eu aussi
l’attente de l’évènement mystère connu des seuls initiés qui devait avoir lieu un soir.


 


Chaque jour, le travail avançait, chaque jour
différent avec chaque matin des  copeaux regroupés en tas, qui dessinaient au sol
sur l’herbe le travail sur le bois de la journée précédente. Sur cet espace toujours très ordonné, il y avait les tentes blanches disposées surtout près du Pavillon Colbert. A chacune le soin
d’indiquer un métier, une activité et/ou une passion. La plus grande était celle des charpentiers eux-mêmes, avec une grande table avec un banc de chaque côté, une fontaine à eau proche, des
documents de travail affichés sur des chevalets. Parfois un invité s’y est assis, comme Philippe Gibaux, luthier et musicien qui suit les
chantiers de la charpente depuis 2002 et qui était accueilli sur le chantier mais hors zone de travail, pour y jouer sur son violon traditionnel de la musique ancienne, qui a un rendu très
particulier dans ce cadre qui fait enceinte. Il était un des deux musiciens qui nous avait enchantés le premier soir.


Le chantier a aussi accueilli d’autres passionnés, maîtres en leur savoir-faire, artisans ou amateur de vieux
outils qui ont animé la vie du chantier en projetant un éclairage sur des métiers liés au bois, au métal ou aux outils.


 . Pour le bois, c’est Philippe Jousseaume,
fabricant de bardeaux de chêne, qui est venu faire des démonstrations de son métier. Il était auparavant fabricant de douelles pour les tonneaux. Sur le chantier, il a pu renseigner des
visiteurs intéressés par la construction en bois et plus particulièrement par les murs ou les toits recouverts de bardeaux.  


 


. Pour les métiers du fer, la star incontestée des artisans d’art a sans conteste été le forgeron, l’homme
qui danse auprès de son feu, Ludovic Marsille, qui exerce le métier  de serrurier clefetier. Il
a réellement fasciné aussi bien les charpentiers, dont certains sont venus l’assister au moment de leur pose, que le public et aussi et surtout les enfants venus le rencontrer.
 


 


. Le troisième homme est Jean Vilpoux, un passionné d’outils
anciens en usage dans les métiers de la charpente. Pour la semaine européenne de la charpente, il a fait une sélection étonnante de plus de 100 outils à main. Il s’y et
intéressé  à l’âge de 14 ans avec une herminette et a commencé à récupérer tout ce qui était jeté. Cette passion ne s’est jamais démentie depuis lors.
C’est un voisin de Gaillon ; il habite en effet à Aubevoye qui possède sur son territoire le parc haut du château. 


 


La musique a été une ligne qui a rythmé le
déroulé du temps du chantier. Présente dès le pot d’accueil, il y eut pendant le chantier et juste pour le plaisir des moments de
musique de Philippe Gibaux, le luthier, musicien de violon traditionnel venu de Bretagne. On a pu aussi entendre aussi les exercices
réalisés par un élève de l’Ecole de Musique située juste au-dessus le samedi matin dans un ciel très pur, avec un son qui portait, amplifié par les bâtiments de la Cour de l’Orangerie plus bas
qui faisaient caisse de résonnance.


 


Il y eut aussi  et
surtout la soirée du jeudi qui fut le moment le plus fort, hors chantier bien sûr. Elle eut lieu dans l’ancien réfectoire qui put
accueillir le nombre de chaises prévues sur un sol tout neuf prévu pour ces occasions. Après les discours des officiels, la soirée se poursuivit avec un concert donné par les chœurs  de la Communauté de Commune. Ce fut ensuite le moment de goûter les délicieuses mises en bouche préparées par le traiteur choisi par la mairie de Gaillon,
suivies de vraies tartines de baguette fraîche avec du foie gras étalé devant nos yeux. Tout était délicieux et très fin.


 


Mais cette soirée de jeudi n’était pas finie.
A un moment quand la nuit est tombée sur Gaillon et la Galerie sur le Val, un bruit a couru. Les charpentiers avaient commencé à chanter une
chanson des charpentiers dans le cellier et dans le noir. Seul un panneau éclairait la paroi où ils avaient apposé le texte de la chanson en anglais qu’ils savaient pour certains et appris pour
les autres. Ce chant a cappella porté par des voix d’homme dans la longue salle basse semi-enterrée placée sous la Galerie du Val a fait courir des frissons, la magie de la nuit aussi faisant
vibrer le gros cœur la lumière rouge de la descente de l’escalier.  


Cette accélération du temps signait l’avancement des travaux. Cela aurait pu durer longtemps comme ça, les uns travaillant et nous autres regardant et prenant beaucoup de photos pour
certains et certaines, avec l’équipe de FR3 présent pour réaliser plusieurs reportages pendant trois jours. Et puis en un moment très court, le sentiment est venu que le travail allait bientôt
aboutir. Un des signes a été que des charpentiers ont investi le pavillon Colbert pour y faire des travaux de finition à hauteur de personne dans un endroit ouvert à tous les vents sur trois
côtés mais préservé de la pluie annoncée mais qui heureusement n’est pas venue.





Pendant ce temps de montée en puissance, on a pu enfin voir chaque pièce posée à son emplacement sur l’épure
en ficelle et la minutie des dernières finitions pour que les emboîtages soient parfaits sans avoir jamais à forcer sur le bois, chaque élément devant trouver naturellement sa juste place au
juste endroit. Ce travail s’est déroulé, comme le reste du chantier,  dans un très grand calme qui révélait une implication totale de l’homme
ou  de la femme dans ce qu’il faisait, chacun faisant ce qu’il avait à faire, avec à la manœuvre un des grands chefs charpentiers suédois de l’équipe.
C’est lui qui a donné l’accord final. 


 


L’autre signe fort en fin de semaine a été l’arrivée du camion
grue de la société qui avait échafaudé au préalable sur 25 mètres de hauteur la Tour pour permettre l’acheminement des
différentes pièces de l’enrayure basse sur le lieu de pose dans la Tour au niveau bas du toit, juste à la hauteur des gros murs de la Tour. Pour cela, il avait aussi fallu préalablement ouvrir le
toit à l’endroit le plus adapté pour le grutier situé tout en bas de la Tour dans les douves et non pas en haut dans la Cour de l’Orangerie.








Une fois le calage du camion assuré, la grue a attendu de se déployer au top départ du déplacement des pièces
au sol vers le lieu de pose après un court transport aérien, en espérant qu’il n’y aurait pas de vent. Ce fut heureusement le cas et permit de tenir les délais très courts sans trop de fatigue
pour l’équipe. Le choix d’une grue a été dicté également pour des raisons techniques d’accessibilité des pièces à l’endroit précis où elles devaient être montées.





     


Samedi matin, il a fait beau, avec un temps clair, sous la belle lumière de Normandie. Des équipes étaient dans la Tour pour finir
le travail de pose. Le chantier au sol s’est vidé, comme une outre pleine devenu soudainement vide. Un élève s’exerce à l’Ecole de Musique. Il a tout l’espace pour lui. Certains charpentiers
s’affairent encore dans la tour, d’autres ont déjà dû partir, appelés par le travail la semaine suivante. Le château retrouve petit à petit son calme. Il restera à nettoyer le chantier, déjà
certains commencent dans un coin…La semaine internationale de la charpente est finie pour cette année. Le prochain rendez-vous se fera dans deux ans dans un lieu qui n’est pas encore
déterminé.  


   


Les déchets de bois n’ont ce matin pas étaient refait en
tas. Pourtant on les perçoit encore clairement. A bien les regarder, on peut s’étonner de voir qu’ils sont fait du même bois que
les grosses poutres. Chacun des petits morceaux est la résultante d’un geste de charpentier. Plus le travail avançait, plus le morceau devenait petit, à une exception notable quand il a fallu à
la fin scier les grosses poutres pour leur donner leurs dimensions finales, une fois placées sur l’épure, la forme en ficelle. On voit des morceaux de grosses poutres qui ont servi à
l’enrayure.





Pour la photo et le plaisir en forme d’hommage, je me suis
amusée à dégager l’épure cachée sous les petits morceaux de bois. Chacun de ces petits morceaux de chêne, ces écailles plus ou
moins grosses, certaines avec encore l’écorce de l‘arbre, résulte d’un geste de charpentier, de milliers de milliers de gestes... Cette idée seule est fascinante, tout en sachant que les gestes
les plus lourds en termes d’effort et impactant comme le sciage au long qui ne produit que de la sciure. Ma semaine de présence irrégulière mais renouvelée chaque jour au château de Gaillon s’est
terminée sur cette pensée qu’un jour, dans des centaines d’années, un spécialiste pourrait retrouver les gestes du charpentier et les outils qui leur ont donné
naissance ! 


 Un grand merci à tous ces charpentiers qui ont donné,
en plus de leur savoir-faire, plus d’une semaine de leur temps , en payant eux-mêmes le voyage depuis leur pays de vie jusqu’à Gaillon et qui ont
réalisé un chantier complexe dans un temps très court dans un lieu très sensible et fragile, tout en échangeant leur savoir-faire dans une vraie bonne humeur, avec des échanges
chaleureux comme celui que j’ai eu avec un des charpentiers, Mathieu Peeters, un jeune spécialiste belge de la charpente japonaise
traditionnelle originaire d’Anvers et qui vient de rentrer en Europe après cinq ans passées à travailler sur des chantiers en Californie. Pour lui « être charpentier, c’est  pouvoir créer,  pouvoir choisir sa vie et
être vrai. »      


Cette biennale d’importance vient de se dérouler en Normandie dans le département de l’Eure avec François Calame (DRAC) ethnologue qui est le concepteur de l’opération, Florian
Carpentier aux commandes techniques de charpentier et France Poulain (DRAC) au titre d’Architecte des Bâtiments de France qui compte le Château de Gaillon au titre des Monuments d’Etat dont elle
a la charge. L'opération a en outre bénéficié de l’aide de différents sponsors, dont la ville de Gaillon et l’AMSE, l’Association des monuments et sites de l’Oise. En 2011, le chantier avait
refait une partie de la charpente de la Grange dîmière de Daubeuf la Campagne (Eure). 


Pour suivre le chemin


. Retrouver le billet sur la rénovation d’une partie de la charpente de la grange dîmière  de Daubeuf la Campagne en 2011  sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/article-la-grange-dimiere-daubeuf-la-campagne-fran-ois-calame-eure-91667790.html  


. Lire l’histoire très chahutée du Château de
Gaillon et les opérations lourdes de conservation effectuées par l’Etat, dans la fiche « Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France - Les Essentiels –Information – n° 11, 30.04.2012, par France Poulain », Service
territorial  de l’Architecture et du Patrimoine 27 –STAP27 (DRAC Haute-Normandie) sur http://www.haute-normandie.culture.gouv.fr/pages/rubrique_3/telechargement/ESSENTIEL_INFO_11_chateau_gaillon_historique.pdf





. Retrouver toutes « les Dire de l’Architecte des
Bâtiments de France » de France Poulain  - Connaissance – Information –Conseil – sur
http://www.eure.pref.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/La-doctrine-du-STAP-Les-Essentiels/Connaissance


. Le site des Charpentiers d’Europe et d’Ailleurs sur 
http://www.charpentiers.culture.fr/





. Voir le reportage en cinq séquences de Sylvain Chemin et Philippe Taddéi pour France 3
Haute-Normandie  http://haute-normandie.france3.fr/2013/06/18/eure-quarante-charpentiers-restaurent-l-ancienne-le-chateau-de-gaillon-272365.html


. Voir les éléments constitutifs de base d’une charpente du XIe au XVIe siècle selon Violet-Le-Duc
sur http://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Charpente


. Des précisions sur les jeunes stagiaires français ciblés pour l’opération d’abattage des chênes pendant
l’hiver par des jeunes (phase 1 du chantier) sur  http://www.eure-en-ligne.fr/cg27/accueil_eure_en_ligne?id=19901 « d'une classe de bac professionnel ‘construction bois’ du lycée
professionnel Augustin Hébert d'Evreux, et d'un groupe d'élèves de l'Institut National du Patrimoine réunis en séminaire sur l'histoire et le renouveau des techniques de charpente à la main. Le
travail avait démarré en décembre dernier par l'abattage à la main de dix chênes en forêt de Gaillon, débardés à l'aide de chevaux et acheminés sur le chantier.  L'opération, encadrée par la DRAC, a bénéficié du financement de cette dernière, ainsi que de la Ville de Gaillon, de la Fondation-Musée Schlumberger de
Crèvecoeur-en-Auge. Elle était placée sous le haut-patronage de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, dans le cadre du réseau mis en place depuis 1992 pour développer l'échange
transnational et trans-générationnel autour des savoir-faire de la construction traditionnelle en bois.


. Découvrir l’Association des Monuments et Sites de l’Eure
–l’AMSE- un des partenaires de l’opération effectuée sous l’égide de la DRAC sur http://www.amse.asso.fr/


. Visualiser Dicobat, le lexique des termes techniques de la
charpente sur  http://books.google.be/books?id=D8R1X963wbgC&lpg=PA160&dq=dicobat&hl=fr&pg=PA160#v=onepage&q=dicobat&f=false


. Pour avoir des informations sur le bardeau de bois que fabrique Philippe Jousseaume,  http://www.maison-paysanne-de-touraine.com/upload/news/20091207-123856-54189.pdf . Ses coordonnées, La Charterie, 41800 Saint Arnoult, 02 54 85 05 00 et 06 83 78 09 54



. Ludovic Marsille – Au Gilet rouge- est serrurier clefetier à Paimpont dans le Finistère. Il est très connu dans les métiers du fer
pour les couteaux à façon qu’il fabriquait. On peut le joindre au  (35), 02 99 07 81 71, ludovic.marsille@wanadoo.fr

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