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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Balade à Bernay > Une ville d'art, d'histoire et d'eau > Eure

5 Août 2011, 09:55am

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont les Romains qui ont conquis ce petit village en –58 av JC fondé par les Gaulois, par lesquels  commence l’histoire officielle de cette petite ville. Elle compte aujourd’hui 11 000 habitants, dans une vallée, bien irriguée par l’eau de la rivière La Charentonne qui se divise en plusieurs bras et que rejoint son petit affluent au cours rapide, le Cosnier.  Au point de jonction dans la vallée, à l’endroit le plus resserré, là où se trouvait le gué,  se situe Bernay la bien nommée. Son nom d’origine celte signifie en effet « passage sur le marais, la prairie humide ». Une eau qui est à la fois un lien entre les gens au cours des siècles et une frontière. Il est frappant aussi, à regarder les cartes, de voir combien la ville ressemble à un îlot dans une campagne environnante dénuée d’autres villes capables de lui faire concurrence dans ce bas du département de l’Eure.  

 Bernay, Carte du Centre

Un lieu choisi

Dans la ville, il est d’autres frontières, comme celles que marque depuis le XIXè siècle le chemin de fer dont l’empreinte est très forte. La gare se trouve au sud de la vieille ville. L’emprise ferroviaire forme une véritable barrière qui masque le développement de la ville au sud. Coté centre ville, un large boulevard, qui longe le chemin de fer, donne une empreinte urbaine bourgeoise là où vraisemblablement il devait y avoir des fortifications accordées par décision du roi François Ier en 1540.  

 

Ce centre très resserré garde de sa longue histoire  une forte imbrication. Tout est près de tout, avec une grande mixité fonctionnelle, sociétale et sociale. Les maisons se mettent près des monuments, là où il y a de la place. La ville du Moyen-Age était déjà une ville dense où l’espace était rare. La particularité de Bernay porte en effet sur une très forte proximité entre les différents types d’édifices. On reconnaît par exemple la partie de la ville retravaillée lors de l’arrivée du chemin de fer à son caractère ‘bourgeois’. Les monuments historiques, très nombreux, sont de grand développement, qui dépassent fortement la taille de la ville d’aujourd’hui. Ce sont des bâtiments d’importance destinés à des puissants de haut niveau, au nombre desquels l’Eglise tenait une très grande place. En histoire, il ne saurait y avoir de hasard.

 Bernay, Place de la République, Abbaye

La concentration

C’est la première chose qui frappe celui qui arrive à Bernay, cette concentration héritée de l’histoire d’une ville ancienne en un lieu très contraint par la nature. La seconde est l’importance de l’Eglise en lien avec la Noblesse. Six monuments religieux d’importance s’offrent à la visite.   Le troisième élément qui surprend vraiment porte sur la vitalité des commerces du centre-ville, qui est une des facettes de la vitalité économique de la ville. On y compte environ 300 commerces, 150 artisans et 200 PME-PMI et tout ça, à 150 kilomètres de Paris. Bernay est  suffisamment proche de la capitale pour attirer les Parisiens et suffisamment lointaine pour éviter la cannibalisation totale.

Bernay, Rue Gambetta, Musée 

Les rues de Bernay

Dans le centre ancien (en rose sur la carte), il existe un véritable maillage entre les différents bras d’eau  qui adoptent des cours parallèles avec des coudes brusques à 90° et le jeu des rues qui filent globalement du sud-ouest vers le nord-est avec des rues qui les croisent pour joindre les deux coteaux. Rien, sauf exception, ni les rives, ni les rues bien sûr ne sont vraiment droites ni continues. Il n’y a pas eu ici de Baron Haussmann, même si l’urbanisme rationaliste du XIXè siècle a permis de fluidifier la circulation des fiacres et des transports hippomobiles dans les rues passantes. On repère vite très vite celles-ci, non à leur largeur mais à leur dynamisme commercial actuel et au nombre de voitures dont les conducteurs cherchent une place de stationnement juste devant le magasin où ils veulent aller.

 

Parmi les voies positionnées d’Ouest en Est, la rue du Général de Gaule est prolongée par la rue Thiers pour prendre le nom du Général Leclerc enfin. Au sud de cette longue rue, parmi les rues transversales mais pas forcément traversantes, il convient de citer la rue Auguste Le Prévost, la rue de la Victoire, la rue Gambetta  et la rue Lobrot qui permettent de rejoindre le centre du centre. Seuls deux « civils » ont l’honneur de donner leur nom à une rue, Auguste Le Prévost et (Eugène Edouard) Lobrott qui a la plus longue des rues. Par contre, au-dessus des rues De Gaulle-Thiers-Leclerc, le schéma des rues semble plus ancien, moins retravaillé au XIXè siècle. Les rues portent presque toutes des noms de personnes du lieu.  

 Bernay, Rue Thiers

Visiblement le long passé historique de Bernay ne se reflète pas dans le nom des rues très passantes du centre, à quelques exceptions telles que la rue de la Geole (la prison), le Passage de la Cohue pour aller au tribunal, la rue Judith de Bretagne ou la rue Guillaume le Conquérant... L’accent est mis sur le XIXè et le XXè siècle et la célébration des victoires alors que le paysage urbain parle lui de vieilles maisons à ossature bois dont certaines ont plusieurs siècles et de grands édifices dont certains ont plus de 1 000 ans, particulièrement les abbayes et leurs dépendances.

 

La présence religieuse

Son importance est impressionnante au point que lorsque le pouvoir civil cherche à loger ses différents services, il utilise des anciens édifices religieux, tels que le l’Abbaye de Bernay (XVIIè) pour la Mairie et le Tribunal, le Logis abbatial (XVIè) pour le Musée municipal…

 

Le monument le plus prestigieux est l’Eglise abbatiale Notre-Dame fondée au XIè siècle  sur l’ordre de Judith de Bretagne, l’épouse de Richard II, Duc de Normandie.  C’est à partir de cette époque que date vraiment l’essor de la ville. L’Eglise Sainte-Croix du XIVè et XVè siècle offre aussi la particularité de présenter des éléments religieux (maître-hôtel, pierres tombales, statues des apôtres…) qui appartenaient  avant la Révolution de 1789 à la prestigieuse Abbaye du Bec Hellouin proche. A voir également le Couvent des Cordeliers.

 Berbay, Gaston Folloppe,

L’essor économique

Les moines bénédictins, qui fondèrent l’abbaye, impulsèrent le développement économique, avec de grands travaux hydrauliques pour réguler les cours d’eau, construire des moulins, aménager des pêcheries, favoriser le travail de la terre et a mise en exploitation de ses productions. Grâce à la paix rétablie, ils favorisèrent l’essor de la production agricole dans les nombreux domaines qu’ils possédaient dans les des 21 paroisses  rattachées à l’abbaye. L’artisanat se développa en lien avec l’essor des foires et des marchés qui attiraient les marchands de toutes sortes.  L’abbaye et ses nombreuses dépendances s’enrichirent d’autant.  Bien calée dans la paix, protégé par les moines, Bernay sut développer sa dimension industrieuse, particulièrement dans les produits de cette terre très riche, le blé, le  drap, le cuir…Au cours des siècles suivants, la ville connut par contre, comme beaucoup d’autres, des périodes très troublées telles que la Guerre de 100 ans, la rivalité entre les couronnes d’Angleterre et la France, plusieurs épisodes de la peste noire et bien sûr l’occupation allemande lors de la seconde guerre mondiale.

 Bernay, le Cosnier, rive et lavoir

Les maisons

C’est au brouillard que la ville doit d’avoir pu conserver en son centre historique un riche patrimoine des maisons anciennes à pans de bois lors des bombardements canadiens qui permirent de libérer la Normandie. Ces maisons souvent petites se pressent les unes contre les autres pour être au plus près de la lumière et de l’eau. Elles font montre d’une diversité et d’une inventivité étonnante tout en présentant des caractères communs. Elles font le bonheur des amoureux des vieilles pierres qui s’attachent à leur redonner belle apparence. Elles se serrent tellement qu’elles couvrent les passages étroits pour joindre les maisons construites en arrière des rues. C’est ainsi que j’ai vu pour la première fois de ma vie un passage public doté d’un parquet à larges lames de bois bien cirées, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une entrée de maison. La différence est que la porte reste ouverte, au moins le jour, et que tout le monde peut y entrer.

Bernay, le Cosnier, promenade 

L’accès à l’eau

D’autres passages étroits , telles que l’Allée Badin et l’Allée Gertrude, permettent de rejoindre l’eau vive du Cosnier qui le rend si attirant. C’était l’objectif de ma ballade : chercher l’eau pour voir comment se fait la rencontre entre la terre et l’eau de deux rivières. Le résultat est franchement réussi. C’est un plaisir que de se balader le long du ruisseau ou de regarder du haut des ponts pour mieux l’admirer. Une promenade aménagée le long de la Charentonne en plein centre permet de voir d’anciens lavoirs proches de l’eau.

Bernay, Ruelle aux Près, La Charentonne, lavoir

Près du Cosnier, des jeunes discutaient musique. Une vieille dame m’a dit combien elle appréciait la promenade le long des rives et les points de vue aménagés près du pont rue Gaston Follope. Des jeunes filles plus en aval déjeunaient au bord de la rivière joliment aménagée en square pendant que des lycéens mangeaient un sandwich  Place Haslemere du nom de la ville anglaise fondée en 1221 dans le Surrey avec laquelle Bernay est jumelée.  On retrouve l’Angleterre. 

 

Un vrai plaisir que cette belle ballade dans l’histoire, près de l'eau du Cosnier surtout et des gens d'aujourd'hui. Pour ne pas éveiller la jalousie de la Charentonne, la dernière photo sera pour elle!   

Bernay, La Charentonne, vue du pont de la rue de la Charentonne

 

Pour suivre le chemin

. Découvrir l’histoire si chahutée de Bernay sur un site intéressant

http://www.bernay.net/berhis.htm

. La ville est maintenant « ville d’art et d’histoire » sur

http://haute-normandie.france3.fr/info/bernay-devient-ville-d-art-et-d-histoire-69488811.html 

. L’histoire de la ville en version courte telle qu’elle est transmise maintenant

http://www.tourisme.fr/office-de-tourisme/bernay.htm?item_sommaire=3

http://www.france-horizons.com/Normandie/27-Eure/Bernay/fr/histoire-bernay.html

. Le grand savant, historien et député de l’Eure, Auguste Le Prévost, voir

http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Le_Pr%C3%A9vost

. Photos EP; découvrir d'autres photos de la ville dans l'album "Villes moyennes et petites" sur ce blog. 

 

Un blogueur de Bernay, "Le Citadin" me signale trois blogs sur Bernay. Voir son commentaire ci dessous. Ce sont 

http://jetecrisdebernay.blogspot.com  

http://bernay-ici-et-la-over-blog.com

et son propre blog http://unevillemaville.blogspot.com

 

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Le citadin 08/08/2011 03:26


Bonjour, madame. Belle page que vous consacrez à notre ville de Bernay, merci. Je me permets toutefois en toute sympathie de vous signaler qu'ils existent, outre les références webistiques que vous
signifiiez en pied de votre article, deux ou trois blogs sur la ville qui sont autant de regards alternatifs intéressent. Ceux-là pour moi et s'en doutes vos lecteurs ne sont pas dénuées d'intérêts
face à ceux plus officiels que vous cité. 1 - Un sur la vie de la paroisse locale. http://jetecrisdebernay-suite.blogspot.com/ 2 - Un second sur la vie dans notre cité.
http://bernay-ici-et-la.over-blog.com/ 3 - Puis enfin le mien (humble) qui œuvre depuis 6ans maintenant et traite tout azimut de notre ville sous toutes ses coutures.
http://unevillemaville2.blogspot.com/ Donc, je crois madame qu'il serait bien pour parfaire votre portrait de notre citée que vous usiez la sympathie de les cités. Amitié à vous madame, et merci
encore pour votre page, le citadin….


Elisabeth Poulain 08/08/2011 11:23



sur les recommandation d'un blogueur citadin de Bernay, à consulter aussi trois autres blogs...