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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Chez Tardivo peintre, il y a les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons,

31 Octobre 2011, 17:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vous avez  bien sûr besoin de traduction. Je vous comprends,  mon titre est particulièrement abscons, mais il est juste, enfin au plus juste de ce que j’ai envie de dire sur la nouvelle cuvée de Jean-Claude Tardivo, qui signe simplement Tardivo ses peintures. Le millésime 2011 est particulièrement réussi, non pas que les autres ne le soient pas. Quand on est originaire de Touraine, comme lui, on connaît les bons vins. Mais son dernier millésime a quelque chose de nouveau. Il une forte typicité comme on dit d’un vin que les amateurs savent distinguer d’un autre. Il y a la patte Tardivo, son empreinte qui sait se faire reconnaître. Il y a toujours eu chez lui beaucoup d’humour, de finesse et de couleurs. Et cette année tout particulièrement, une vitalité fascinante renouvelée.  

Tardivo 2011, Il va bien falloir,

Ce sont ses titres qui donnent le ton. « Il va bien falloir », « La roue tourne », « Un petit bout de chemin », « C’est toujours la fête », « Tous des marionnettes », « Salida » qui suit « Un instant de recul » ou « Ca ira mieux demain », mais aussi « Bouge de là », « Laissez-nous exister » ou « Montmartre 18 mars 1871 ». Comme un dialogue que Tardivo aurait avec Jean-Claude et tous les membres de sa nombreuse famille.   

 

Il est temps que je vous présente la famille justement. Ce sont eux que l’on voit sur ces toiles toujours carrées, en signe de force. Il y a les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons et ceux dont je n’ai pas pu citer dans le titre, les Tardivo-Totos. Je suis sûre qu’avec votre finesse alliée à un brin de malice, vous avez déjà compris que les Tines sont les filles-femmes, les Tons les garçons-hommes et les Totos, les enfants.

 Tardivo 2011, Ca ira mieux demain

La frontière est plus que difficile à trancher entre les filles et les garçons tant leur parure est pareillement colorée et chatoyante. Pour les distinguer des enfants, c’est plus facile. Ils sont plus petits que les grands. Pour les grands, un signe lumineux comme deux feux verts éclairent la poitrine plate des filles. Ce sont leurs nénés verts très développement durable. A mieux regarder, ils ne sont pas tous verts avec de gros tétons au bout; il y en a des bleus, des rouges et même des

blancs pour montrer la véritable audace. 

 

Tous les Tardivo-Tines, les Tardivo-Tons et les Tardivo-Totos ont en commun d’avoir un habillement à la fois simple et très recherché. Pas de jupe ou de pantalon, non une sorte caleçon-couche enveloppant suffit pour tous. Le haut est toujours assorti au bas, soit en complémentaire, soit en opposition, soit  autrement. Cherchez bien, Tardivo fait preuve d’une imagination sans limite. Parce qu’il ne faut pas croire que la tenue des ses héros se limite à la décence. Souvent, parfois, leur T’shirt n’a qu’une seule manche mais pas assortie au reste. Le col est souvent souligné d’une bordure de couleur vive qui joue le contraste. La culotte n’a pas de bas ou parfois sur une seule jambe. 

Tardivo 2011, Moi JCT au pluriel 

Du même côté que le bras ? La réponse est « ça dépend ». « Ca dépend de quoi ? » demandez-vous. Réponse : ça dépend de l’humeur du peintre.  

 

L’humeur du chef, vous la trouvez sur le couvre-chef  qui couvre toutes les têtes. Il se décline en des tas de variantes, casquette, foulard noué, chapeau cloche mou, avec des superpositions qui font penser à des gâteaux, parce qu’il y a toujours beaucoup de choses à voir sur une toile de Tardivo.  Les animaux à quatre pattes ne sont pas absents, qui vont du chien rouge au bonnet vert rayé de blanc et vert foncé, au chien blanc avec un gros collier noir autour du cou. Par un anthropomorphisme délicieux, leurs pattes de devant ressemblent comme des sœurs aux mains des membres de la famille. Ils ont eux, par contre, la chance d’avoir des vrais pieds arrière, contrairement à leurs maîtres qui ont, en guise de pieds, des mains toujours à trois doigts. C’est un autre des signes tardiviens.   

 

Mais la grande novation de cette série est que le peintre choisit de présenter ses personnages seuls sur un fond blanc. Il n’y a plus de maison dehors ou dedans, de meubles, de cheminée extérieure. Il ne reste qu’un blanc très travaillé. Comme celui que vous pouvez voir, si vous avez le bon œil, celui qui voit à travers les murs, toutes les épaisseurs de blanc qui existent depuis la nuit des temps. Parce que chacun sait que le blanc est insaisissable. Il est comme la vie, on la cherche toujours, tout le temps et comme lui, elle change. La vie est couleur parce qu’il y a le blanc, comme le temps et Tardivo nous le rappelle à sa façon joyeuse, sans cesse nouvelle et  profonde. Parce que vous avez bien compris que toutes ces Tines, ces Tons et Totos sont tous des Tardivo.

 Tardivo 2011, Salida

Un millésime à suivre pour connaître ce nouveau happening à la mode tourangelle façon JCTardivo, par des œuvres présentées au cours de l’exposition  à la Fondation Taylor en octobre 2011 à Paris. 

Pour suivre le chemin

. Retrouvez Tardivo sur son site  http://www.jctardivo.com/

et sur le site de la Fondation Taylor http://www.fondationtaylor.com/ 

. Voir sur ce blog « N comme les Super-Nanas de Tardivo »

N comme Nana comme les Super-Nanas de tardivo . Découvrir ce qui s’est passé à Montmartre le 18 mars 1871, il y a 140 ans  http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_18_mars_1871

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