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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Démocratie concertative > Conseil de Développement > Place du Citoyen

7 Juillet 2011, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il s’agit dans ce second billet consacré à la démocratie concertative de mettre en lumière la légitimité de la présence du citoyen au sein d’un Conseil de Développement. Cette personne physique  est aussi acheteur-consommateur et acteur européen.  

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Un rappel des fondamentaux

La démocratie ne saurait se découper, ni se diluer par des effets de mode dans le grand gloubi-boulga sémantique du « Vivre ensemble ». Pour ça, on n’a pas trouvé mieux que la démocratie qui sait pourtant s’adapter. La multitude des adjectifs qui s’y associent en témoigne. La démocratie de proximité est un bon exemple de cette vitalité qui montre que la démocratie est toujours à atteindre. La diversité des formes choisies par les différents territoires montre aussi que rien n’est figé en la matière, en particulier dans la façon dont sont organisés la vie des quartiers et le développement de l’ensemble. Le système est vivant et comme tel a toujours besoin d’être amélioré, perfectionné, enrichi… 

La légitimité du citoyen au sein du Conseil de Développement

Certaines collectivités font nettement la distinction entre d’une part le conseil de quartier qui accueille les habitants ainsi que les représentants des associations et d’autre part le conseil de développement qui accueille les entreprises, les institutions, les associations et des personnalités qualifiées, sans rattachement au quartier.  D’autres collectivités par contre inscrivent directement le conseil de développement dans le cadre de la citoyenneté pour bien mettre en lumière son rattachement à la démocratie. Dans celles qui recherchent le plus d’ouverture à la société civile incluant le citoyen, comme à Nantes, une cinquième catégorie de membres de droit existe, ce sont les citoyens volontaires.  

 

En effet ne pas admettre cette dernière catégorie reviendrait à opposer au sein du conseil de développement la non-représentativité d’un citoyen par rapport à la représentativité, acceptée celle-là, des représentants d’une association regroupant quelques personnes. Il y a là un double chaînon manquant, celui du citoyen sans lequel il n’y a pas de démocratie  et celui de l’acteur économique d’une collectivité qu’est le citoyen qui ne pourrait pas s’exprimer individuellement dans les domaines de compétence du conseil de développement et qui ne peut pas le faire non plus en tant qu’acteur du développement au sein de son conseil de quartier.  

Anne Marie Donnaint Bonnave, Bol

La légitimité de l’acteur économique qu’est l’acheteur-consommateur

Au sein d’une filière quelque qu’elle soit, l’acheteur final, qui est souvent le consommateur du produit ou qui achète pour le compte de ceux qui vont consommer le produit, constitue le dernier maillon de la filière, celui dont l’action impacte tout ce qui se passe en amont. Or cet acteur fondamental n’a pas sa place, en tant que personne physique, au sein de certains conseils de développement. Des associations de consommateurs sont bien présentes au sein d’un conseil de développement en raison de leur forme juridique. Des groupements de fait également. La vocation d’expression d’une association prise au sens large n’est pas comparable à la parole d’une personne qui, en tant que telle, peut ressentir le besoin de s’impliquer en tant qu’acheteur-consommateur très en amont de son achat et/ou de sa consommation et en dehors de tout litige. Il s’agit de deux sphères différentes dont l’une ne chasse pas l’autre. 

 

Ne pas clairement intégrer, en tant qu’acteur économique, l’acheteur-consommateur individuel dans la chaîne de la création et du développement de la valeur, comme il l’est au sein d’une filière, alors que tous les autres maillons sont représentés au sein d’un conseil de développement, pourrait paraître surprenant. 

La légitimité du citoyen européen, en tant acteur de la gouvernance européenne

Il est une troisième facette à voir, concernant ce citoyen, acheteur-consommateur, qui est aussi un acteur européen de premier plan. Le citoyen européen prend en effet part aux décisions de l’Union dans le cadre d’une gouvernance élargie à un territoire qui représente une grande partie de l’Europe. Sans lui, le développement durable n’a littéralement plus de sens. 

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La légitimité de l’acteur du changement

Un des points communs de ce trio d’acteurs, qui peuvent n’en faire qu’un, est qu’il est aussi à la source du changement parfois rapide qui est la marque de nos sociétés placées sous le sceau de l’Internet. Il crée et vit au quotidien le changement. Le marché a toujours été en avance sur les institutions et les représentations. Désormais avec Internet, chaque personne peut franchir la frontière entre ceux qui sont dedans (les représentants, les professionnels…) par rapport à ceux qui sont dehors (les citoyens, les habitants, les usagers…). Chacun est en même temps professionnel, représentant, personne privée… dans le même lieu apparent et en d’autres lieux. Il ne peut plus être caractérisé par une seule de ses facettes.

 

Quelques exemples parmi d’autres :

. ces entrepreneurs, ces artistes, ces formateurs qui utilisent les blogs, les sites et les réseaux pour toucher les membres de la blogosphère,

. ces politiques qui font de même pour avoir des liens autres avec ceux qui les lisent,

. ces journalistes qui ont une signature dans un journal et un blog en parallèle en dehors…

A l’autre bout du lien ou en cours de connexion, d’autres blogueurs et/ou les mêmes sont en recherche d’information pour leur vie d’acteur économique, politique, associatif ou de changement…L’Internet n’a pas seulement des effets sur le temps et sur l’espace ; il en a aussi sur nos représentations et nos façons de réfléchir ensemble au développement des territoires dans le changement. Les frontières se déplacent et créent de nouvelles zones de mixité, d'une autre zone de mixité, qui n'a pas encore de nom.

Résumé

La démocratie se vit aussi au quotidien. Elle ne saurait échapper à ceux et celles qui en sont les premiers acteurs. Ce sont eux qui fondent la démocratie dans son exercice et dans son développement. Ce sont eux aussi qui par leurs réflexions et actions quotidiennes sont à la source du changement qui accélère les mutations de la société, d’une société plus ouverte en particulier à la connexion et au changement. Leur absence dans un conseil de développement ne saurait être ni logique ni défendable. 

Pour suivre le chemin

. Voir le Ier billet sur la démocratie concertative sur ce blog: Démocratie concertative > Mots du millefeuille territorial urbain

. Photos EP, Collection Nestlé, Bol Donnaint-Bonave, Bois Nord Anjou   

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