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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

31 Mai 2010, 14:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une bien belle journée

Quelle épopée, mes amis ! Quelle aventure ! Disons le franchement, ça a été une Bordeaux-2010.05.29 170

belle journée bien chargée, comme je les aime, avec des tas de moments différents, des véritables séquences de vie, selon l’endroit où notre groupe se trouvait à un moment donné. Mais d’abord, il faut vous donner l’ambiance et commencer par vous expliquez pourquoi nous nous sommes globalement peu ou prou tous levés vers 5h un samedi matin. Ils sont fous ces Angevins. On ne savait pas qu’ils étaient comme ça.   Moi non plus.

 

Remarquez, en venant au lieu de rendez-vous Place de la Rochefoucault dans la Doutre, j’en ai vu certains qui, à leur mine pas fraîche, n’étaient, eux, pas encore couchés. C’est rare aussi, nous ne sommes pas des grands fous de la nuit, sauf les exceptions qui n’étaient certainement pas là.  

Notre groupe

Nous, c’était plutôt sac à dos, chaussures de marches, petite bouteille d’eau pour le cas où la déshydratation aurait guetté, bloc de papier avec crayon dans le sac et appareil photo à la main pour quelques fondus, dont vous connaissez au moins une personne.   Des studieux en un mot, tous prêts pour la première étape. Choisir sa place dans le car, un beau à étage, Bordeaux-2010.05.29 010un vert pour le look développement durable et se fondre dans la belle nature française qui relie la capitale de l’Anjou, Angers, à la capitale du Bordelais, Bordeaux.  

Bordeaux et Angers

On n’a que quelques points en commun, eux et nous : le vin, l’eau, les berges et encore plus de différences aussi. Leurs vins d’abord. Ils ont une notoriété mondiale, qui n’a pas d’égal dans les Grands rouges. Leur fleuve est la Garonne, nous c’est une rivière, La Maine. Bordeaux-2010.05.29 009On avait en commun, la perte d’intérêt pour l’eau. Le fleuve qui fonde la ville n’était plus accessible aux Bordelais pour cause de zone portuaire fermée par des grilles, sans mise en valeur possible.  Pour Angers, il y a longtemps que la fonction portuaire locale a cessé d’être et le grand port maritime a toujours été Nantes. Quoi qu’il en soit, dans la place disponible, dans l’un et l’autre cas, la voiture avait-a remplacé toutes les autres activités et privé les gens de leur fleuve-rivière.

 Bordeaux-2010.05.29 008

Bordeaux a été, on le sait, précurseur, dans ce domaine, grâce à une opération de très grande envergure qui a duré presque 10 ans. 1999 a marqué le top départ; 2009 a vu le début d’une nouvelle ère de réussite de reconquête d’un espace urbain remarquable classé Unesco d’une beauté inouïe et maintenant évidente tant les résultats de cette opération d’envergure sont forts.

 

Le bus vert à étage

Notre autocar vert nous a transportés d’Angers à Bordeaux et retour, avec une vitesse bridée à 100 kms. Notre chauffeur était très bien et le café-petits gâteaux prévu par Maryvonne  Fleury-Lourson, la grande organisatrice de la journée, nous a permis de mieux faire connaissance au cours de la pause.   

 

L’Hôtel de Rohan

Bordeaux-2010.05.29 080L’arrivée s’est faite à l’Hôtel de Rohan, qui abrite la mairie dont tous connaissent le nom du maire, Alain Juppé. L’ancien Premier Ministre de la France a eu la délicatesse de nous attendre pendant plus d’une demi-heure. (Il a du partir. C’est notre car qui a été retardé par la circulation.) Les organisateurs bordelais ont choisi de nous faire entrer côté parc. Je garde imprimé dans la rétine un magnifique Ginko et la gueule d’un caïman bleu-violet brillant dont surgit la flèche de la Cathédrale Saint-André. Un délicieux frisson !  

L’accueil à la bordelaise

Après une halte dans le grand salon d’apparat à droite en entrant dans le grand hall, pour nous restaurer de très belle façon en goûtant un second vin du Château Castera que nous avons savouré avec beaucoup de plaisir, tant il s’accordait bien avec notre menu, nous avons pu écouter et interroger deux des grands  acteurs de cette pari sur l’avenir, Michel Duchène, l’adjoint en charge de l’Urbanisme, et Thierry Guichard, directeur général de la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux). Ce dernier nous a fait l’après-midi le plaisir de nous faire découvrir sa ville, lui, qui est d’origine tourangelle. C’était son dernier jour d’exercice au titre de ses fonctions générales, puisque ce lundi, il commençe un nouveau projet d’importance, la construction d’un grand stade à Bordeaux.   

La promenade urbaine

Elle a véritablement commencé après. Cette fois-ci, Bordeaux-2010.05.29 133nous sommes sortis, par la Cour d’honneur, très minérale, située de l’autre côté. A commencée là, une fascinante découverte faite de marche rapide, lente, de pauses, de reprises, de découvertes à chaque instant, quelle que soit la direction du regard, avec un plaisir immense. Tous les membres du groupe ont été éblouis, attendris, interrogés... La preuve s’il en fallait : le groupe n’a pas cessé de se faire, se défaire, de se recomposer ; à chaque fois lui-même, différent, autre, avec parfois des ‘rencontres’ d’un  bref instant avec d’autres, qui n’étaient pas nous. Conscient qu’il se passait là un instant de partage de la ville, d’un enrichissement, d’un plaisir intime qu’on pouvait avoir en commun.

 

Bordeaux-2010.05.29 144Bien sûr, il y a toujours des affinités instinctives ou programmées qui se font et heureusement. L’important est ailleurs. Il s’agit de la capacité à s’aménager au cœur d’un groupe en mouvement, des petites places d'espace, des petites plages de temps,  des instants où l’on peut savourer le plaisir d’être en ville, dans une ville ouverte, qui joue constamment de sa vitalité, son énergie, sa capacité à bouger, dans une bienheureuse mixité humaine, culturelle et fonctionnelle.  

L’histoire

Elle tient forcément une grande place, sans jeu de mots. La force architecturale de ces façades qui se déploient en corolle ouverte vers le fleuve est proprement magique. Comme un lien vers l’avenir, un témoignage de confiance tangible et actuel en ses forces, comme le végétal qui forme un autre lien qui unit les générations et l’ancre à l’espace.

 

Cette triple rencontre entre le minéral blond des façades, l’espace au sol unitaire et fractionné par le végétal et les gens a rendu  possible  les multiples activités humaines, sportives et ludiques qui ont remplacé la voiture. Depuis la rénovation, le trafic automobile a baissé de 40%. A la place des voitures, camions… des gens, de l’herbe, des fleurs, des arbres… et aussi la possibilité de bouger et de s’arrêter pour regarder, réfléchir et parler avec les autres.  

Le retour

Il s’est fait sous la pluie qui a commencé alors Bordeaux-2010.05.29 189que nous étions passés de l’autre côté du fleuve pour sentir la différence. Les courageux sont partis à la découverte du nouveau jardin botanique ; les autres sont restés au chaud à l’abri. Et tous ensuite sommes revenus à Angers, après un pique-nique offert cette fois-ci par Angers, avec pour finir un délicieux crumble à la rhubarbe. 

 

C’est beau une ville qui sait faire venir ses jeunes et tous les autres, en son centre. Une ville qui bouge…  

 

Pour suivre le chemin

. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la "reconquête urbaine des berges de Maine", 

placés sous l'autorité de Chistophe Lesort, Directeur à la Ville d'Angers.   

. Des billets prochains sont programmés sur d’autres thèmes, à commencer par le partage du repas à l’Hôtel de Rohan...

. J’emploie le terme de 'gens' tout à fait volontairement. Dans ce billet, il n’y en a pas de plus approprié. C’est un mot qui a une longue histoire bien compliquée d’ailleurs, qui colle très bien avec celle des cités anciennes :

http://definition.ptidico.com/gens.html

. Photos EP, n° 1 des roses jaunes Parc Saint-Michel, 2-3-4 la pause pique nique, 5 le Caïman dans les jardins de l'Hôtel de Rohan, 6-7 la berge champêtre et détail de tresse d'osier, 8 Thierry Guichard face au nouveau pont.  

. Voir d’autres photos dans l’album photo Rives de villes.     

 

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