Partager l'article ! Elle court, elle court, la petite poule rousse...: C'est vrai, mais pendant ce temps, moi la petite poule rousse, je m’ennuie un peu. ...
C'est vrai, mais pendant ce temps, moi la petite poule rousse, je m’ennuie un peu.
Courir, c’est bien mais à la fin, c’est lassant. Toujours les mêmes murs, les mêmes voisines, les enfants qui me font cot-cot-cot en gloussant bêtement en me regardant, ou la
fermière qui me parle pour me demander de lui faire de beaux œufs.
Non, mais des fois, comme si une jeune, belle et bonne poule dans la force de son jeune âge, comme moi, pouvait avoir envie, ne serait-ce qu’un quart de seconde, de pondre des œufs moches ou pas bons. A se demander ce qu’ils ont dans la tête, ces humains. Ce doit être l’angoisse du vide sidéral qui les fait s’exprimer ainsi.
Une petite poule rousse, chouette comme moi, c’est autre chose. Je suis une super-championne, capable de s’inventer des rêves magiques en vistavision et haute qualité de couleurs.
Pour vous situer les choses, voici un portrait de moi fait par une jeune visiteuse française, une amie de la fermière. Je l’ai inspirée. C’est d’elle que vient ma renommée de petite poule rousse qui court tout le temps.
Ensuite, deux
visions de moi créées par des artistes plasticiens. Je vous donne la recette tout de suite. Vous accumulez des plastiques alimentaires de couleurs que vous torsadez très serré autour d’un fil de
fer. Vous courbez le fil, ajoutez des pattes pré-formées devant, un bec, une crête, deux yeux et les petites rouflaquettes sous le menton. Avec une paire de grands ciseaux, vous taillez de façon
à lui donner une allure de poule. Vous affinez jusqu'à que tous disent en voyant votre œuvre : « c’est elle, la petite poule rousse. Vraiment elle ! Incroyable. » Oui c’est
vrai dans cette version d’art populaire africain. Je suis unique.
Une autre représentation de moi en mère poule en paille fine venant de Chine. Ce sera plus tard, quand j’aurai un ventre un peu distendu à force d’avoir pondu tant d’oeufs. J’ai l’air sage, comme il m’arrive parfois de l’être.
Et me voilà en grand format pour une tenue de soirée. Je suis noire de noir. Je porte des chausses rayées blanches et rouges, de la même teinte que mon grand bec et ma crête, rouges bien sûr. Ma patte de droite ne ressemble pas à ma gauche et mes ailes, c’est pareil. Elles sont différentes. Vous ne voudriez quand même pas que dans cette version de papier mâché collé sur une armature de fer, je ne fasse pas le maximum.
Vous pouvez aussi me voir en vitrail, comme sanctifiée, dans une grande composition de 40 m2 au métro Madeleine à Paris, bien sûr. C’est une œuvre du maître verrier russe Ivan Loubenniko.
Si je récapitule, je suis présente partout dans le monde, même s’il manque à ce rapide portrait une version de moi venant d’Amérique. Avec mon copain, le cochon - beaucoup moins beau que moi, c’est évident -, nous sommes les deux animaux indispensables à la survie de l’espèce humaine. C'est dit en toute modestie.D'ailleurs mes filles, les mini- poulettes, sont comme moi belles comme tout.
Chez nous, tout est bon, même notre mauvais caractère parfois. "Nobody is perfect", comme disait Tony Curtis dans « Some like it hot ».
Cela méritait bien un petit billet. Vous ne trouvez pas ?
Pour suivre le chemin
. Plus d’infos sur le film, à voir dans http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=87
. Déjà quelques billets sur l’importance de la présence animale dans notre vie de tous les jours
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. Photos EP