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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Garantir la propreté des berges du Rhône à Lyon

8 Juillet 2010, 14:19pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une des bonnes retombées de cette journée de découverte de l’opération « Berges du Rhône à Lyon, dont je vous ai déjà parlé, que l’accent mis sur l’absolue nécessité de maintenir les berges du Rhône toujours propres, pour que soit conservé un état quasi-naturel de propreté, grâce à un entretien continu.

 Lyon 2010.06.12 095

M. Yvon Perez, le responsable de la subdivision du centre-est de GrandLyon à la Direction de la Propreté, a été le troisième intervenant à nous parler de l’Opération des Berges du Rhône, vue cette fois-ci sous l’angle de l’entretien du site. Rappelons que les deux intervenants précédents ont été Gilles Buna, l’élu vert en charge de l’Urbanisme de GrandLyon et Annie Tardivon, architecte-urbaniste, co-asssociée de l’Agence In Situ qui a remporté l’appel d’offres de l’aménagement des berges.  

Les problématiques

Elles sont à la fois nombreuses et hiérarchisées. Le site présente en effet un ensemble de caractéristiques qui poussent toutes à la complexité et à la difficulté de mettre en place un entretien en phase avec le lieu, sa fréquentation, l’attente des usagers et les contraintes budgétaires.

 

. Les Berges du Rhône visent des situations plurielles tenant à  la longueur du site (5 kms), son étroitesse parfois, sa largeur à certains moments, la diversité paysagère, les palettes de matériaux au sol, les usages qui en sont faits, la large ouverture horaire de fréquentation, les accès aux berges venant des voies d’accès-voiture, la nécessité de faire venir si besoin est des engins et d’approvisionner les restaurants… « Une attention particulière est portée à la différenciation à faire en matière d’entretien entre les espaces verts, l’espace minéral et les espaces de jeux et/ou de sports », selon Yvon Perez. 

 

. La fréquentation, dés le début, a été supérieure Lyon 2010.06.12 047à ce qui avait été prévue. Elle a dépassé les prévisions les plus hautes, ce qui n’est pas sans incidence sur l’entretien. Chacun sait que ce critère est très important, en raison d’un effet de seuil. Au-dessus d’un certain nombre d’usagers (comme dans une gare), la saleté se développe très vite ; en dessous, il est moins difficile d’assurer l’entretien. Une corrélation est à faire également entre fréquentation et usure des équipements, l’usure accroissant la charge d’entretien, sans pouvoir assurer la même qualité de résultat.

 

. L’amplitude des horaires de fréquentation est également un facteur à prendre en compte, la saison, le temps, la différenciation entre jour de semaine et week-end, ainsi qu’en période de vacances.

 

. L’attente des usagers est très forte. Les Berges sont un espace de liberté laissé au libre usage de ceux qui viennent s’y ressourcer, exercer une activité, déjeuner sur l’herbe ou regarder la foule. Cette liberté ne peut s’épanouir que si le site reste propre ; cette condition ne peut être remplie sans l’adhésion des utilisteurs. En ce sens, la propreté est aussi un pari sur le civisme de ceux qui se rendent sur les berges.

 

. La saleté appelle la saleté ---) La propreté pousse à la propreté

Lyon 2010.06.12 117Ce ne sont pas des dictons mais des phrases qui désignent un phénomène bien connu en matière de sociologie-psychologie de l’espace public. Toute saleté est source d’appel à l’accumulation d’autres saletés, comme s’il existait un phénomène d’attirance directement proportionnel à la durée pendant laquelle la saleté est laissée à terre. En sens inverse, un espace propre a tendance à le rester d’autant plus longtemps que l’intervention de nettoyage fait disparaître le trouble très rapidement. C’est le double phénomène de la rapidité de la réactivité face à la rapidité d’augmentation « au taux de salissement », un terme employé par le responsable en charge de l’entretien .  

 

. Les contraintes budgétaires

La liberté de venir et de s’arrêter sur les berges a une double contrepartie, la gratuité pour ceux qui se déplacent et la nécessité pour la collectivité d’assurer l’entretien nécessaire, qualitativement et quantitativement, ainsi que ce qu’il faut faire pour obtenir un aspect toujours « naturel » au site, au moment où c’est nécessaire, avec les moyens qu’il faut.  

La typologie des  entretiens

Outre la réactivité citée plus haut et ce triple aspect quantitatif, qualitatif et naturel, l’entretien doit avoir, selon Yvon Perez, trois caractères essentiels. Il doit être

. courant, c’est à dire régulier, constant, normal, comme ce qu’on fait dans son jardin ( = enlever un paquet de cigarette, une bouteille de bière jetée à terre…),

. pérenne, c’est à dire suffisamment permanent, de façon à ne pas devoir être recommencé dans l’heure (c’est déjà plus difficile. Le site doit être aménagé en ce sens afin de ne pas créer de difficultés supplémentaires d’entretien ; en un mot, il faut éviter le chi-chi…)

. et durable, en se calant dans une optique de développement durable (là aussi, c’est d’abord au stade de la conception que cela se joue ; néanmoins il est possible de jouer le jeu. L’exemple cité est que les équipes de propreté circulent à pied par deux et ne sont pas motorisées) pendant la journée.

 

Au regard des contraintes que j’ai rappelées en première partie, la Ville de Lyon a considéré que l’entretien de cet espace complexe et exigeant ne pouvait pas rentrer dans la gestion normalisée de ses espaces verts. Les Berges forment un tout, qui exige que lui soit appliquée une propreté globale, avec un seul intervenant, centralisant toute l’information et la gestion avec la réactivité exigée. 

Le choix de GrandLyon

Il s’est porté sur la conclusion d’un marché de performances avec une société privée qui s’engage sur résultats sur la base d’un taux de salissement contractuel en fonction de l’affluence. L’objectif est clair : il s’agit de relever le niveau d’exigence et cela 7 jours sur 7 de 6h du matin à 22h le soir en pleine saison, en découpant la journée selon des tranches adaptées à la saison, à la fréquentation et aux objectifs définis contractuellement  pour l’entretien.

 

Le découpage de la journée

De 6h à 10h, le matin, les moyens lourds interviennent pour assurer le travail d’entretien de fond. A 10h, commence le travail plus fin, avec interdiction d’utilisation de véhicules à moteur. L’entretien se termine à 10h du soir.  

Le coût annuel

Il s’élève à 1,3 m d’EUR par an dont 20% à la charge de Lyon et 80% pour GrandLyon.      

 

Poursuivre le chemin

. Voir les quatre autres billets sur les berges de Lyon et les six sur les quais de Bordeaux sur ce blog

. Sur le nettoyage des Berges

http://www.grandlyon.com/Berges-du-Rhone.26.0.html

 

En période estivale, 12 agents sont affectés à l’entretien des Berges du Rhône, assurant une présence continue de 5 personnes sur le terrain, et ce, 7 jours sur 7. En hiver (d’octobre à Pâques), 5 agents garantissent la propreté du site, soit au minimum, 2 agents simultanément.
Cette présence permanente permet de maintenir un niveau de propreté en continu (le propre appelle le propre), tout en offrant une réactivité à toute épreuve pour par exemple enlever rapidement un objet dangereux.
Pour rester en parfaite harmonie avec le site et ne pas déranger les usagers, les agents d’entretien effectuent leurs déplacements à pied, en tricycle avec assistance électrique, ou en véhicule électrique pouvant circuler sur les bandes cyclables. Au total, 9 véhicules, circulant à l’énergie propre sont ainsi affrétés sur les Berges du Rhône.

 

. Plus d’infos sur l’organisation du travail et la société choisie qui est Veolia Propreté 

http://lyon.france-webzine.com/news/societe/831-berges-du-rhone--un-long-fleuve-tranquille.html

. Photos EP 

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