Partager l'article ! Jouer avec la lumière et la couleur sur les quais du Rhône à Lyon: Il y a tant à voir et tant à faire sur ces berges du Rhône, que certains ...
Il y a tant à voir et tant à faire sur ces berges du Rhône, que certains de notre groupe d’Angevins, se sont dit qu’ils allaient
revenir ici, à Lyon, pour mieux voir, sentir et apprécier, un jour de semaine par exemple, ce qui se passe sur les quais, vus d’en haut et vus d’en face. Je sais bien qu’officiellement on parle
des berges, mais ici en ce plein centre ville, sur ces anciens quais, là où se garaient des milliers de voitures, on ne peut guère parler de berges, qui n’ont à mon goût pas de caractère
véritablement urbain. Les quais, oui, qui marquent la présence de l’homme et des activités humaines.
Ce sont des quais à plusieurs hauteurs traversés régulièrement ou presque par des ponts, qui coupent à peine la continuité, même quand
on passe dessous. Ils offrent l’ombre avant la résurgence de la lumière, à chaque fois différente, à chaque fois nouvelle, en fonction d’un changement de forme d’un nuage, de la largeur du pont, des
gens que l’on voit, du bruit d’en haut que l’on entend à peine ou un peu plus…et surtout du pont lui-même. Comme si c’était le pont qui prenait le pas sur l’eau, sur sa force et ses
couleurs ; comme si le pont, nous disait aussi à chaque passage « attention, sans moi, vous n’êtes que peu de choses, avec moi, tout change. On peut composer, vous et moi. L’eau
arrivera toujours à passer ; vous non ».
Sur les quais, ces ponts offrent une halte appréciée, comme autant de jalons qui permettent aux promeneurs de savoir où
ils sont.
Bien sûr un Lyonnais saura toujours se repérer grâce au paysage de le rive droite, le touriste d’un jour, non. L’étonnant dans un emploi du temps aussi chargé que l’a été le nôtre, a été de voir
ou de passer sous tous les ponts à l’exception d’un seul, auquel je n’ai pas prêté attention quand nous étions en bus, le Pont Winston Churchill au nord, en début du Parc de la Tête d’Or, qui
permet de joindre Caluire et Cuire. Quant à la passerelle piètons, je l’ai découverte sur le plan qui nous a été remis. A mon avis, soit j’étais à ce moment là en train de parler, soit trop
occupée à faire des photos.
Le Pont Poincaré a marqué pour nous au nord le début de notre balade lyonnaise. Nous l’avons aperçu, quand nous étions à l’amphithéâtre, grâce au tramway qui passe dessus. Au sud, en fin de la journée, le pont Pasteur nous a permis de franchir le Rhône pour la deuxième fois en bus, avant de repartir vers la gare. Juste avant nous avions en effet quitté la rive gauche du Rhône, emprunté le pont Gallieni, pour rejoindre la Maison de la Confluence, Cours Charlemagne, la grande dorsale qui structure la partie aval de la Confluence. Mais j’anticipe, revenons au début de la promenade.
La partie centrale faite à pied a débuté au Pont de Lattre de Tassigny, qui fait face à la rive droite du Rhône, à l’entrée du tunnel
de la
Croix-Rousse. Là commence notre histoire fluviale de lumière et de couleur des quais du Rhône, en 7 séquences.
Ce séquençage est parfois peu perceptible aux yeux du marcheur et heureusement tant les transitions sont douces, adaptées à la vitesse de la marche ou quand on est arrêté, en phase avec la vitesse du courant. C’est peut être cela la vraie bonne surprise de la journée, cette sensation très forte, d’être dans le rythme quoi que l’on fasse. Il n’y a là, ni mystère, ni magie, des mots trop employés actuellement en communication territoriale pour qu’ils soient encore crédibles. Etre en phase ou dans le rythme sont pour moi, des mots justes.
1. Notre histoire commence à la Cité Internationale, un ensemble d’immeubles oranges très sophistiqué, près d’une rive très verte, proche de l’état de nature laissé ainsi, sous une lumière très fluide et un peu froide et un soleil pas encore chaud. C’est ce qu’on appelle ici le bretillod, un ensemble fluvial de petites îles d’alluvion.
2. Après le Pont Delattre de Tassigny, nous avons rejoint la berge, dont la plantation a été enrichie de feuillus qui
aiment et supportent l’eau et l’humidité, avec parfois des plantations exotiques, comme ce magnolia à larges feuilles planté vraisemblablement par les habitants de la péniche qui jouxte la rive. C’est le
seul endroit resserré où règne une atmosphère de sous-bois, avec des arbres des deux côtés du sentier piétons et de la piste pour les vélos. Les arbres offrent aussi une protection visuelle aux
bateaux amarrés, qui sont mitraillés par les promeneurs. A Lyon, on appelle cet endroit la ripisylve amont, le terme technique pour
viser la végétation qui pousse près d’un cours d’eau.
3. Avec le passage sous le Pont Morand, arrive un espace de transition entre cette ‘forêt’ avec des arbres et la
séquence à venir ou il y aura
peu d’arbres. Cette séquence paysagère a reçu un terme très tendance d’îles-jardin, qui vont être contenues entre le mur oblique de soutènement du quai en haut, et le bord de
l’eau. Soudainement, il fait plus chaud, comme lorsqu’on revient en ville, la lumière est plus forte et le regard se porte à nouveau plus facilement vers l’eau. Le vert du végétal est moins
présent. Des péniches d’habitations accentuent le courant de l’eau, qui frottée, prend une couleur turquoise. Une couleur que l’on retrouve sur le pont qui passe au-dessus de nous, avec du rose
vieilli pour jouer l’harmonie.
4. Après le pont Lafayette, c’est la grande prairie de 6 000 m2 qui offre la fraîcheur de son unité, après l’îlotage végétal.
C’est ici que le bord de l’eau est mis en valeur. Jusqu’ici, il servait à la fois de cadre et d’ambiance, mais sans être un acteur à part entière. On va pouvoir maintenant monter à bord des
péniches pour prendre un pot, manger un plat, pour les uns, pique-niquer sur l’herbe pour d’autres.
5. La Grande Prairie se termine en ponte douce vers l’eau du fleuve, après le pont Wilson. Commencent alors le point d’orgue, considéré comme tel par les officiels de la ville mais aussi par les utilisateurs des berges, les terrasses de la Guillotière. Un endroit marqué par le minéral blanc et l’eau claire où l’on va voir pour être vu, comme sur les cartes postales, avec les ados qui font le spectacle dans l’eau du bassin.
6. Cet endroit aussi emblématique, en plein cœur de ville, marque aussi la rupture avec ce qui précède. Comme pour les
séquences précédentes, l’aménagement minéral se poursuit après le pont de la Guillotière,d’une autre façon, pour éviter une césure nette.
L’espace près du fleuve est étroite. La partie haute, sans visibilité d’en bas, est assez large pour loger « les bols à skate-board ». Tout
annonce un changement d’importance. Pour la première fois, nous allons marcher sur du bois sur l’eau. Cet estacade est monté sur pilotis, avec pour la première fois aussi la
faculté de s’accouder sur le garde-corps. De l’autre côté de ce chemin étroit revêtu de bois, derrière le mur retentissent les cris des enfants qui jouent dans l’eau de la piscine que l’on ne
voit pas.
7. Après le Pont de l’Université arrive le port de l’Université, une vaste esplanade d’autant plus grande que nous venons du chemin de bois étroit au bord de l’eau. C’est là que nous empruntons un escalier pour remonter sur les quais plantés me semble-t-il de grands platanes qui offrent un ombrage dense et pour la première fois, mangent la rive d’en face. En bas, amarrés au quai de grands bateaux de croisière rappellent la vocation maritime du port du Rhône, autrement que par ces péniches que nous avons vues, qui servent à l’habitation ou à accueillir des clients qui ont envie de se restaurer ou de prendre un pot.
Sur le quai en haut, les grands platanes, nous
cachent en grande partie, le bas, le Rhône et la rive droite plate à cet endroit. Nous sommes revenus en ville, nous voyons et entendons à nouveau les voitures, avant de remonter dans le bus qui
nous emmènent de l’autre côté à la maison de la Confluence.
. Retrouver le séquençage des berges, avec de belles photographies, sur
http://www.millenaire3.com/contenus/docs_off/plaquetteberges.pdf
. Un historique des aménagements sur
http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=402&artsuite=2
. Lire les publications à télécharger
http://www.grandlyon.com/Publications-sur-les-berges-du-Rhone.1279.0.html
. Voir les photos EP dans l’album Rives de Villes sur ce blog