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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La traque animalière > Sur les murs de la ville > Le street art

12 Août 2010, 16:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Blog-Bruxelles-2010.08.03-093.JPGAprès l’appartement dans lequel nous avons rencontré trois vaches, un chien, un cygne, un loup et un cygne – et tous ceux que j’ai laissés volontairement dans les placards -, voici quelques exemples de présence animale singulière. Ces animaux sont le plus souvent de grande taille pour être vues de loin de tout un chacun, même à ceux qui ne voient rien quand ils courent pour attraper leur bus ou leur train de banlieue. Le jeu peut consister aussi à chercher des petites représentations, comme le chien de Mimi the Clown ou les chats de l’Abbaye de la Ronceray à Angers dans la Doutre. Il faut là un œil plus aiguisé et un peu plus de temps disponible, mais vous le savez bien, « à cœur vaillant, il n’est rien d’impossible ».  

La traque animalière

Elle consiste à lever les yeux au ciel de façon à voir les murs en hauteur. Elle ne présente pas de difficultés particulières. Elle demande toutefois une certaine mobilité du cou, surtout si vous êtes dans un bus et que vous devez vous tordre le cou pour apercevoir un « Bonom » que vous ne connaissiez pas à Bruxelles. Il faut surtout de la part de ceux qui vous accompagnent une grande patience pour votre hobby du moment. Ils doivent vous attendre le temps que vous preniez une photo, puis une seconde pour être sûre d’en avoir une meilleure que l’autre...  

Sur les murs Bonom Bruxelles

Il faut faire abstraction de ce que vous voyez au sol, ce qui vous demande une certaine décontraction surtout quand vous voyez l’état de la chaussée à Bruxelles, même en centre ville. On est asse décontracté là-bas sur ce plan. Donc, vous avez des radars au bout de vos pataugas pour détecter les trous, les pierres, les saletés qui décorent le trottoir et votre objectif du jour est de trouver ces fameuses représentations animalières.  

La pêche

Elle n’est pas très abondante. Il faut l’avouer. Il faut savoir dire ce qui est. Au bout de l’objectif, un dinosaure, plusieurs poissons, un éléphant, un gros escargot et des coccinelles. Le rageant est qu’il existe une carte à acheter avec les œuvres de Bonom le plus grand des Street-Artistes de Belgique et de France. Mais depuis que j’ai l’info, je n’ai jamais eu le temps d’aller à Bozart qui la propose.  

Les peintures en noir sur blanc de Bonom

Bonom-Chaussée de Wavre-BruxellesIl aime le noir sur blanc. Un noir toujours étiré qui laisse passer la couleur du mur, de la paroi sur lequel il travaille dans l’urgence. C’est cette urgence qui explique qu’il tire le pinceau au maximum de la charge de peinture. Bonom n’a pas le temps de lécher son boulot.  C’est un peintre de l’action. Il travaille la nuit sur une échelle, le corps en extension, à bout de bras. Il doit aller vite sous peine de ne pas pouvoir faire. Comme si peindre un poisson entier ou un poisson mangé dont il ne reste que la tête et l’arrête centrale était à ce point dangereux pour l’ordre social qu’il fallait en empêcher la présence pour cause de subversion.Parfois aussi il sait prendre son temps comme sur ce squellete qui monte les marches.  

 

Le blanc est celui de la paroi sur lequel il imprime son empreinte qu’il ne signe pas. Un blanc qui prend toutes les couleurs de la vie, avec du gris au fil du temps, un peu d’ocre qui ressort du mur de briques, des traînées de fumée…Un blanc qu’on oublie tant la présence animalière est forte. Un blanc qu’on remercie parce qu’il offre la meilleure surface possible, compte tenu de tout ce que la paroi exprime. Sauf exception, Bonom choisit les murs latéraux des immeubles, ceux qui seraient normalement cachés, s’il y avait une construction jointe. L’idéal semble être pour lui d’avoir à côté un immeuble moins haut, qui permet d’accéder à celui qui servira de fond pour l’animal, comme une toile pour un peintre classique.               

Le mouvement Bonom-Bruxelles-Le renard roux

C’est d’abord ce que celui que Bonom fait pour accéder à « son » mur, celui qui réunit un maximum de conditions pour que ce sportif puisse laisser un nouveau témoignage de la présence animalière. C’est aussi celui que va faire l’animal. Il est toujours représenté en mouvement, pour montrer qu’il ne fait que passer. Avant, il n’y avait qu’un mur vide plus ou moins propre ou peint. Après, il aura disparu, sous l’usure du temps, un nouveau badigeon du propriétaire de l’immeuble ou la construction d’un autre immeuble à côté. Entre ces deux phases, l’animal sera là, jamais posé, ni en représentation traditionnelle. Le poisson vole, l’éléphanteau saute du haut d’un grand mur en fronçant le sourcil sous l’effort, le tyrannosaure grimpe l’escalier en courant, en faisant la course avec celui de l’autre côté pour savoir qui va arriver en premier. Pendant un temps non déterminé.  

L’amplitude du sujet

Dans tous les cas, l’artiste aime pouvoir s’exprimer en grandes dimensions. Ses grandes bêtes sont toujours magnifiées. Parfois aussi Bonom se lance sur des sujets en façade, avec de la couleur alors. Le renard me fait rire. Il est  vrai qu’il a eu peut être alors moins de difficulté à atteindre la surface et encore. J’attends le moment favorable pour le voir ‘en vrai’. Par contre j’aime moins, peu ou pas les monstres. C’est là pour moi, une des limites du Street Art. J’aimerais peu, si j’étais concernée par un bâtiment, qu’on le transforme en un symbole d’horreur qui fait peur, sans m’en demander l’autorisation. C’est là un vaste débat entre le pouvoir de la création en confrontation avec celui de la propriété pour lequel il n’existe évidemment pas de réponse simple, le dernier mot appartenant quand même en final au propriétaire qui peut décider de faire repeindre, à ses frais !  

Le pochoir, une autre forme de street art

Il s’agit là d’une autre démarche dont j’ai déjà parlé avec Mimi the Clown de Bambi BruxellesLille qui se définit comme un pochoiriste, un terme nouveau que j’ai découvert avec lui. L’artiste dans ce cas là appose toujours ses œuvres sur un mur ; mais cette fois-ci celles-ci sont préalablement faites chez lui au pochoir sur un papier fin. Le collage se fait aussi nuitamment ou à une heure de très faible passage au petit matin par exemple sur des murs choisis pour leur facilité d’accès à hauteur de main ou d’échelle. Le temps de la présence de cet art mural sur papier est évidemment beaucoup plus court qu’avec de la peinture acrylique faite directement sur le mur. C’est de l’art évanescent qui va durer le temps que dure le papier à condition que personne ne l’arrache. 

 

En allant vers le port de Bruxelles, j’ai ainsi découvert deux séries de Bambi qui signe ses œuvres : un escargot qui file devant, suivi par des coccinelles sages qui le laissent volontiers ouvrir la route. Les deux collages ont été faits il y a déjà un certain temps à l’abri de la pluie sous un auvent à hauteur du premier étage d’un immeuble.  

Pour suivre le chemin

. Lire sur ce blog le Ier billet sur La présence animale > Un bestiaire d'appartement  

. Lire les deux billets sur ce blog sur Bonom et Mimi the Clown

Levez les yeux au ciel et admirez le dernier Bonom

Ouf heureusement que Mimi the clown est passé par là 

  

. Voir  Bonom sur  http://www.bxlblog.be/tag/street-art/

. Photos EP à Bruxelles

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