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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le bestiaire de la ville de Nantes en publicité

15 Avril 2010, 17:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le jeu d’images

C’est un assemblage d’images sans autre plaisir que celui de jouer sur le télescopage à un moment donné. Le rapprochement de ces quelques images est du au hasard, sans volonté de prouver quelque chose. Le choix de la ville aussi est un hasard. Il me suffit d’avoir quelques images pour commencer.

 

Bestiaire de NantesS’il y a bien jeu, il y a aussi une volonté, celle de montrer la force de représentations visuelles disparates non choisies qui entrent dans notre rétine et s’y font une place, à notre insu, de notre plein gré, pour reprendre une célèbre phrase à peine modifiée de Richard Virenque en 1998.  Ces représentations visuelles entrent dans le cadre du phénomène plus général de l’imprégnation visuelle qui participe de l’image que nous nous faisons d’une ville ou d’un paysage. 

 

Mon choix est de partie de publicités distribuées à un même moment dans un lieu donné pour essayer de voir si quelque chose se dégage de leur rencontre. 

 

Le lieu, Nantes

C’est une ville qui a quelque chose de spécial. Certains citent la qualité de l’air, la couleur laiteuse de l’eau, la relation très particulière avec l’Estuaire... Tout ceci est vrai bien sûr. Pour ma part, j’y sens  de la vitalité, du mouvement, du frottement pour reprendre un terme que j’aime bien. On y sent des neurones en recherche de connexion perpétuelle. A Nantes, il y a un souffle de possible. Quand vous proposez quelque chose de nouveau, le premier réflexe est de dire « allons-y, commençons, tentons l’aventure ». C’est quelque chose d’impalpable et qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs dans les grandes villes proches de l’Ouest où le premier réflexe est de dire non.   

 

Le moment, le printemps

Il y fait beau, un ciel clair, un air venteux frais, Bestiaire de Nantesqui fait dire à une personne sur deux « ah, on irait bien à la mer, prendre une bonne bolée d’air de mer », comme d’autres se commandent une bolée de  cidre brut de Normandie pour manger leurs galettes de Sarrazin au Croisic sur le port. A Nantes, ce qui me plait, c’est qu’on y est bien tout en ayant toujours l’envie ou l’impression d’être ailleurs, plus loin, vers l’Ouest.

 

On pense aux Antilles, au Mexique depuis la dernière course à voile. Enfants, quand nous arrivions à Pornichet pour les vacances, mon père nous disait « regardez bien la mer, de l’autre côté, c’est l’Amérique ».  Et nous regardions vraiment fort. Je n’ai jamais oublié ce lien avec la mer et l’Amérique.  

 

Les publicités

Ce sont toutes les trois des A4 pliées en trois qui présentent des couvertures avec des animaux. J’ai collecté les pubs au restaurant « La Civelle » au bord de la Loire, rive sud à Trentemoult, ainsi qu’à la nouvelle Ecole d’Architecture de l’Ile de Nantes. 

 

. La première est celle des Machines de l’Ile abritées dans les deux grands ateliers dans lesquels des navires étaient fabriquées aux anciens chantiers navals. C’est le Grand Eléphant qui est la vedette des merveilleuses machines guidées par des machinistes. Le dessin fait penser aux expositions universelles du début du XXè siècle. A ses côtés, figurent la raie manta, le poisson pirate et le calamar géant.  

 

. La seconde est l’oeuvre de Fabio pour Les Zygos Bars, un festival dans les restaurants des Cultures Bars-bars. Un catcheur au faciès humanoïde caché sous une cagoule tient dans ses bras rouges une petite tête d’éléphant à longue trompe qui tient une banane et de l’autre un hybride hibou à tête ronde et bec pointu. En dessous, un œuf au regard triste en train de fumer un pétard. Les couleurs : rose, rouge et jaune, sur fond de barres d’immeubles roses et blancs.

 

.Bestiaire de Nantes Il reste la plaquette De Dannan, Celtic pub, 2 rue Kervegan, Nantes. Zak… a choisi le déjanté avec un serpent vert d’eau à deux têtes, écailles jaunes et langue rouge, qui trempe dans la mousse d’un verre de bière plein. Le tout est entouré d’une bordure jaune d’inspiration arabe dans les recoins de laquelle nichent un lapin blanc et cinq lutins verts à bonnet et chausses rouges. Yé !   

 

Le score final

A La Civelle, un resto connu qui a pris le nom du bébé anguille, que l’on ne trouve plus guère en Loire, j’ai mangé des rougets frais grillés ; à l’Ecole d’Archi, j’ai vu une grosse méduse bleue, un vestige d’Estuaire 2010. Je n’ai vu ni éléphant d’Asie ou d’Afrique, ni manta-raie, ni pirate déguisé en poisson. Le calamar géant avait du tellement rétrécir qu’il est resté caché dans un rocher. Le bigleux et le pointu devaient faire une bonne sieste post-prandiale. Quant au serpent aux deux têtes, heureusement il était déjà parti en route vers la rue Kervegan via  Irlande. Ouf !  

Pour suivre le chemin

. Pour manger, vous avez le choix entre La Civelle ou La Cigale

http://www.la-civelle.com/ ou http://www.lacigale.com/

 

. A visiter, pour plus d’informations, 

http://www.nantes.archi.fr/presentation/new_school/ENSAN_projet_newschool.cfmde Nantes

http://www.lesmachines-nantes.fr/

http://www.bar-bars.com

Pour De Dannan Celtic Pub, 02 28 20 02 38 et beaucoup d’info sur www.myspace/backdoormenband, je ne cite que le premier, il y a 12 autres groupes

 

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