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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le Monde des Murs > A Verneuil-sur-Avre, des Murs qui parlent

2 Juin 2014, 18:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Il y a mur et mur, comme partout et à Verneuil sur Avre encore plus. C’est vrai dans toutes les villes anciennes, aucun mur ne ressemblant jamais tout à fait à un autre. A Verneuil sur Avre dans cette ville du bas du département de l’Eure, qui marquait il y a bien longtemps la frontière entre la Normandie anglaise et le Royaume de France, les murs, certains d’entre eux ont eu plus d’importance que d’autres. Surtout quand on sait qu’il y a eu là plus qu’ailleurs une forte volonté de destruction de monuments emblématiques décidées par des volontés placées au sommet du pouvoir, et sans qu’il y ait eu un Baron Haussmann vernolien pour aérer le plan d’urbanisme.

La hiérarchie des murs entre eux. Certains ont eu aussi pour conséquence d’engendrer d’autres murs, qui à leur tour cohabitent plus ou moins bien avec d’autres qu’eux. C’est le cas en particulier des murs d’enceinte qui ont toujours occupé une place majeure dans l’histoire des peuples en guerre, avec parfois des retournements de situation « intéressants », l’ennemi de l’extérieur devenant à son tour l’habitant de l’intérieur qui à son tour….

 Vernueil sur Avre, l'Iton, Vue sur le Mur d'Enceinte 161

Leur objectif commun est toujours de fermer, de clore, de couper, de cacher ou plus simplement de dire « ici, je suis chez moi et l’inverse tout autant et surtout, ici vous n’êtes pas chez vous »  mais toujours avec des différenciations qui viennent des caractéristiques des murs. Celles-ci portent sur leur tracé au sol, leurs formes, leurs dimensions, leurs matériaux, leurs couleurs, leurs usages, leur évolution dans le temps, leur positionnement face au soleil et ce « je ne sais quoi qui fait leurs différences. » Et cela même  quand le mur en tant que tel n’existe plus ou du moins ne se voit plus, on en parle encore. Il a existé à un moment de l’histoire, il continue son cycle de vie autrement, dans les mémoires et les recherches des historiens.

Le mur s’ancre dans le sol. Il est fils du sol et ce lien est d’autant plus fort que le gisement de la pierre à extraire est proche de l’usage qui en est fait.  A ce titre, il modifie par trois fois l’espace, dans le sous-sol, sur le sol lui-même et dans les airs. Il est aussi enfant de la terre, de la pierre et de l’air. A ces titres multiples, il crée des modifications de l’espace dont certaines sont visibles de l’Espace avec un grand E, comme dans le cas toujours cité du Mur de Chine.

Verneuil sur Avre, Mur d'Enceinte coupé, parking CHU 141

 

Le mur est d’abord et avant tout une volonté de dire quelque chose en langage pérenne que tous vont comprendre au fil du temps, un message que tous entendront, cela quelle que soit l’époque, la langue utilisée… avec un code universel de compréhension. Plus il est long, haut et épais, plus il y a de la richesse derrière à protéger et plus le géniteur de ce mur, son chef, son propriétaire  est volontaire et puissant. 

Le mur est une création humaine. Il a aussi toujours un lien avec le temps, le temps long de l’histoire. Le bois va pourrir, être mangé par les termites ou brûler. La terre va se vider de sa substance et redevenir poussière. La pierre dure plus longtemps sous sa forme première ou déjà assemblée en mur. C’est elle qui garde le mieux la mémoire de l’histoire des Anciens.  A Verneuil-sur-Avre, celle-ci commence en 1120 par la volonté d’un homme de pouvoir, Henri Ier de Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Sa décision est de créer une ville-frontière là où la délimitation entre les deux entités n’était justement pas protégée de son côté par un mur d’enceinte, avec d’autres murs de renfort et les deux protections que constituent le talus en hauteur et le fossé  en eau en creux.

Verneuil sur Avre, Hôpital, mur d'en face 130

Ces murs protègent la création de la ville, son  peuplement et son développement économique à venir. Les remparts de Verneuil-sur-Avre érigés sur ordre du roi anglais ont littéralement créé la ville à l’intérieur, avec une forte distinction entre le vide dehors et le plein dedans. Car Il a fallu bien sûr des hommes-soldats pour garder ces murs et dissuader l’ennemi venant de France d’y rentrer. Les soldats se devaient d’habiter sur place au plus proche et donc d’être logé et nourri.  

Ces murs emblématiques porteurs de la mémoire assument diverses autres fonctions. En partant de l’extérieur du cercle protecteur de l’enceinte, on rencontre une grande variété de situations.

. Il y a la muraille, renforcée par un talus extérieur et au pied duquel coule quand c’est possible un cours d’eau.

. Toutes les adjonctions de l’enceinte vont renforcer et améliorer l’efficacité de ce  mur défensif telles que des tours, celle de la Tour grise est célèbre, et des portes à surveiller encore plus étroitement que les autres segments protégés eux par un fossé en eau et un talus.  

Verneuil sur Avre, l'Iton près du moulin, hors les murs 153

. A l’intérieur, toutes les constructions qui toutes chacune à sa façon vont utiliser le mur de pierre comme première technique.  

. Avec comme autre particularité de Verneuil-sur-Avre qu’il n’y avait pas de ville préalable dont le développement se serait fait au fil du temps  vers l’extérieur à partir du point central que constitue généralement l’église. Ici, la démarche est inverse. Henri Ier est parti de l’enveloppe extérieure pour créer de facto une ville à l’intérieur du cercle capable de faire vivre le mur, en lui fournissant les hommes et tout ce qui était nécessaire à cette mission et à leur survie, à commencer par le pain et l’eau. 

. Evoquer le pain, c’est parler de la farine et donc du grain  de blé à moudre et c’est donc encore parler de mur, dans un raisonnement incroyablement sophistiqué. Pour moudre le blé, il fallait des moulins et pour cela il fallait de l’eau. La décision du roi anglais fut de détourner le cours de l’Iton pour la faire entrer dans la ville, en surveillant bien son cours, laquelle ville était entourée d’un haut mur bien surveillé. A l’intérieur pour freiner le mouvement des gens (qui habitaient tout près des terres françaises), des murailles intérieures furent édifiées et les flux de circulation encore ralenties par les ruisseaux.

 

Verneuil sur Avre, jonction rue des Tanneries-rue des Marroniers 115

 Le mur de délimitation d’une grande propriété, ou de grand propriétaire, tel qu’une famille noble à grand nom ou de membres du haut clergé, ne ressemble pas aux autres. Il est long, haut et porte les traces des réparations cumulées au cours des siècles. Le bon entretien est un signe de la volonté d’une famille ou d’un ordre religieux de défier les siècles. C’est un mur-transmission du patrimoine.  

. Parfois, des murs anciens perdent leur  qualité de façade. Ils redeviennent des murs aveugles. Certaines ou toutes leurs ouvertures, leurs portes et/ou leurs fenêtres sont alors bouchées totalement ou partiellement sur la rue. De nombreux exemples existent à Verneuil-sur-Avre du fait de la modification des fonctionnalités intérieures du bâtiment. Exceptionnellement il est possible de repérer le bouchage fait plusieurs fois à quelques distances les uns des autres et à des époques différentes.   

    Verneuil sur Avre, rue des Tanneries, ruelle 093

. En centre-ville, des petites rues étroites ont été insérées dans le maillage existant, entre deux rues passantes, avec des conséquences différentes. D’un côté, des maisons se sont implantées transversalement avec des terrains en arrière très variés en longueur, qui prolongent la parcelle large comme la façade arrière. Le murs de ces parcelles jointives allongées parfois rencontrent les autres murs des parcelles en contre-bas.

. Les façades des maisons sont fortement habitées et l’arrière peu, du fait que ce sont des jardins ou des espaces vides, qui font face à la situation inverse en prolongement. Au fil de l’écoulement du temps, seule la destruction de quelques constructions permet d’accéder à de grands îlots centraux qui permettent l’implantation de nouvelles voies d’accès et partant de nouvelles constructions.

Verneuil sur Avre, Vue sur Mur intérieur, vieille Maison, Tour 149

. Sous l’effet de la recherche d’espace libre pour édifier des nouveaux bâtiments et surtout de nombreuses annexes, l’espace restant se restreint dans les petites parcelles initiales. Il est parfois possible d’avoir un aperçu de l’intérieur des îlots, à la faveur d’une trouée, avec des murets moins hauts à certains endroits qui permettent de distinguer un maillage extrêmement serré de constructions diverses et variées. Cette imbrication ne se perçoit pas toujours facilement vue de la rue.

« Dans les murs », la construction attire la construction à un point que l’on a peine à imaginer. C’est une des lois universelles de la tension immobilière, avec la construction d’une maison, son extension avec une terrasse, un garage couvert, un appentis, un plus petit qui s’adosse au précédent, des toilettes au XIXe siècle,  aujourd’hui une cabane de jardin, parfois une petite maison à jouer pour les enfants, une niche pour le chien... Et le tout est inséré dans un espace privatif clos de murs, lui-même serré dans les murs.   

Verneuil sur Avre, rue des Tanneries, Clôture ancienne, 098

Un mur de séparation de parcelle  par exemple dans ces vieilles villes de la France offre rarement un tracé au carré. Le dessin au sol est quasiment toujours  fortement rectangulaire. En façade dans la rue, il est étroit en largeur afin que le maximum de maisons puisse accéder à l’espace commun dans la zone protégée par le grand mur d’enceinte qui fait le tour. Il peut être très long afin que les maisons puissent bénéficier d’un jardin en arrière de la maison. Il s’ensuit deux situations. Un mur sépare le plus souvent deux propriétés voisines, sans que l’on sache souvent qui est toujours ou encore propriétaire du mur. Parfois non, on peut apercevoir aussi deux murs qui se font face dans des ruelles très étroites qui permettent juste à une personne de passer, avec une petite brouette. 

 . La façade qui redevient mur. Une attention toute particulière peut être portée aux murs restant d’une grande construction disparue qui bordait l’espace public. On garde alors le mur du fait de la construction en arrière, mais en lui bouchant ses ouvertures vers la rue.  C’est ici le cas à Verneuil pour de nombreux bâtiments, comme dans le quartier de l’ancien hôpital, des tours importantes, de nombreux moulins…Certaines petites rues proches de l’Eglise Notre-Dame toute en pierre de grison ont des façades de grison très anciennes, alors que cette pierre était peu utilisée pour les petites maisons.  

   Verneuil sur Avre, Hôpital, Mur rebouché 122       

. Le mur d’enceinte qui encercle l’espace au milieu est vivant. Prenant un autre nom pour bien montrer sa valeur défensive, il est très souvent modifié dans l’histoire. Sa fonction et partant sa forme et ses adjonctions évoluent avec le temps. En effet ce type de mur de fortification est daté dans l’histoire. Il répondait à la première époque de la guerre féodale au XIIe siècle, avant même l’utilisation du boulet de pierre lancé par de gigantesques catapultes de bois. A Verneuil-sur-Avre, ces fortifications,  dotées de tours et de portes, sont liées à la fondation de la ville pour des raisons militaires défensives (1120 env.)

La durée de vie d’un mur est donc limitée. Leurs forces créent leur propre faiblesse. Leurs masses de pierres  gênent l’extension naturelle de la cité, en suscitant une forte hausse du coût du foncier à l’intérieur des murs  et une tentation d’utiliser ses matériaux à d’autres fins. Cette situation est très visible dans l’ancien quartier de l’hôpital où le mur d’enceinte a été coupé pour laisser place à une rue passante, un parking et un nouveau parc paysagé (le parc André Faugère)  près d’un ancien moulin où coulent les eaux vives de l’Iton.

Verneuil sur Avre, Hôpital, façade chapelle 132

. Les murs religieux. Contrairement aux murs militaires et/ou défensifs, Ils ont souvent une grande pérennité du fait de la puissance du clergé au titre de grand propriétaire terrien sous l’Ancien Régime. La ville comptait sept paroisses, donc sept églises et deux monastères avec chacune leurs chapelles, sans compter d’autres chapelles au fil des siècles. Qui dit propriété religieuse pense aussi aux hauts murs qui protégeaient l’ordre à l’intérieur, comme cela a été le cas pour l’abbaye royale de Saint-Nicolas au sud de la ville où les Bénédictines surent utiliser le vieux mur d’enceinte comme mur de clôture pour protéger leurs vergers et potagers « dans les murs ».    

. Les longueurs d’un mur. Elles sont déterminées par l’usage qui en est fait. L’enceinte suivra le cercle intérieur à protéger, au moins au début. Il en ira très vite autrement avec des doubles enceintes ou plus pour protéger les premières dont on s’aperçoit vite des faiblesses. Quant aux dimensions des murs religieux et civils, elles  sont fonction de l’importance du nombre de personnes, qui y travaillaient, y habitaient et de leur statut à l’intérieur. Les neuf églises de la ville marquait une forte présence de communautés  religieuses possédant des grands domaines appartenant à l’Eglise.  

  Verneuil sur Avre, Hôpital, Porte face au mur rebouché 126 

. Les largeurs entre les murs de clôture dans un parcellaire en bandes dépendent de la date à laquelle les constructions ont été érigées. Elles peuvent être franchement étroites à nos yeux contemporains, qui font ressembler les parcelles à de longs rubans avec au fil du temps des constructions annexes en continuation de la maison, dans le fond, et ensuite  le long d’un des murs de séparation pour laisser un corridor pour rejoindre le bout. Vu d’en haut, l’espace résiduel tend à devenir une denrée franchement rare. Le phénomène de la densification de la ville est facile à constater dans la partie ancienne de Verneuil sur Avre dans la rue du Canon par exemple.      

. Les hauteurs des murs donnent beaucoup d’informations sur ceux qui habitent dans les murs.  Le mur est certainement le premier marqueur social dans l’histoire, avant même le bâtiment situé à l’intérieur dont en ville on n’aperçoit souvent que le toit. Plus il est haut et plus il dit qu’il y a un trésor à protéger à l’intérieur, de l’autre côté. On peut aussi tout autant penser que le vol était une activité trop fréquente pour être ignorée et que la nécessité de se protéger était un impératif de survie. La densité de l’habitat dans l’histoire ne suffit pas pourtant à expliquer cette confrontation de hauts murs. D’autres cultures, comme celles des Flamands prônaient au contraire l’ouverture des fenêtres à la vue pour montrer qu’on n’avait rien à cacher. 

Techniquement plus le mur est haut et plus il doit avoir une épaisseur lui permettant de se soutenir lui-même.  Il est alors un choix à faire, soit c’est un mur simple et donc pas très haut, soit ce mur devient une partie d’une construction, une façon naturelle de pousser à la construction derrière le mur. Entre les deux, une solution médiane est d’ajouter des contreforts.

Verneuil sur Avre, rue du Pont aux Chèvres 095

. Les multiples fonctions du mur. Elles sont toujours de séparer l’espace au sol selon que l’on est d’un côté ou de l’autre. Les cas les plus fréquents portent sur la distinction entre l’espace privé d’une parcelle privative et l’espace public de la rue auquel tous peuvent accéder. Le regard sur le mur va différer selon qu’il s’agit d’occulter toute perception de l’intérieur (question de la hauteur du mur), exprimer l‘appartenance à une époque (question de la légitimité historique), valoriser les matériaux anciens du mur (légitimité patrimoniale), faire preuve d’un savoir-faire régional (pierre de grison, modénature en brique, mur en bauge), traduire un métier (question de l’impact professionnel sur le paysage urbain), s’inscrire dans un paysage d’appartenance régionale (légitimité culturelle)…     

. Un vocabulaire spécifique. Intramuros, extramuros. Cette locution latine continue à être couramment employée pour preuve de la force d’impact d’un mur qui créé également une distinction forte selon que l’on est dans les murs (intramuros) ou hors les murs (extramuros). Parler de mur d’enceinte, de rempart, de tour de guet, d’attaque de l’ennemi suscitent toujours une vraie curiosité pour l’histoire médiévale qui parle si fortement à l’imaginaire. Le coût du foncier dépend directement de cette dualité et de la valeur patrimoniale du bien, avec cette conséquence que plus on est proche du centre, plus cher est le logement à acheter.

 

Verneuil sur Avre, l'Iton hors les murs, cottage 157

Le langage attractif du patrimoine. Des villes closes, comme Verneuil-sur-Avre, ont su conserver une partie significative de leur enceinte, avec leur parcellaire compliqué et la présence de vieilles maisons dont certaines à ossature bois  jouissent toujours d’un regard appréciateur de la part des personnes qui les découvrent. Les plus belles qui ont bénéficié de rénovation fine et qualitative font l’objet d’un véritable engouement. A nouveau, ces vieux murs de maison se sentent l’objet de tous les soins de leurs nouveaux propriétaires amoureux et défenseurs du patrimoine ;  ceux-là même parfois qui avaient quitté la ville pour trouver de l’espace à la campagne, sans murs visibles autres que les leurs, et qui reviennent dans la vieille ville pour retrouver le pouls de l’histoire, une histoire qui a commencé plus de 900 ans avant....

Dans le vignoble, le clos de mur est toujours signe d’une qualité spécifique de la parcelle, de sa terre de son exposition, de son histoire et de l’engagement  de ses nombreux propriétaires qui ont eu à charge de le faire fructifier pour le transmettre aux générations futures. Il en va de même en ville. Un mur qui parle, qui a une réelle force de caractère ou quelque chose qui fait sa différence sera plus remarqué qu’un autre, avec cette particularité que la ville n’a pas de « mur protégé » au titre des Monuments historiques.  

  Verneuil sur Avre, destruction avant reconstruction, Moulin, Iton 155 

. L’histoire est aussi celle des destructions des murs et pas seulement toujours celle des constructions, des rénovations, ou du toujours plus. Il est frappant de  voir par exemple combien cette ville-frontière a suscité de mesures parfois radicales de la part de ses décideurs, selon qu’elle a été anglaise ou française. Citons le château médiéval (XIIe) proche de la Tour Grise détruit sur décision de Louis XIII au XVIIe siècle. Une bonne partie des remparts au XVIIIe   fut arasée ainsi que les églises Saint-Jacques et Saint-Pierre qui furent détruites à la Révolution comme un certain nombre de biens du Clergé et les pierres bradées à des récupérateurs, comme ce  fut le cas par exemple à L’Abbaye de Bon Port qui fut vendue comme bien national. Une partie des pierres du cloître fut ainsi cédée comme matériau de base.     

. Le mur n’a pas de fidélité propre. Il a en effet cette faculté très forte de nous faire percevoir les retournements de situation. On se rend compte ainsi  que l’ennemi d’hier n’est plus celui du lendemain. Cette fameuse Tour Grise édifiée sur ordre de Philippe-Auguste en 1204, qui est devenue l’un des deux symboles de la ville, avec la Tour Madeleine construite à côté de l’église, a permis aussi en réalité de surveiller l’ennemi éventuel de l’intérieur, c’est-à-dire les habitants eux-mêmes jugés peu fiables aux yeux du roi de France. 

Verneuil sur Avre, rue des Tanneries, Clôture au lilas 110 

 Quand le mur redevient pierre. La destruction volontaires des murs, leur inadaptation au changement continu et l’usure du temps sont les trois causes majeures du changement où mur de pierres, ceux-ci redeviennent pierres au service d’autres murs dans le meilleur des cas ou de rien du tout le plus fréquemment. Les périodes révolutionnaires sont dures aux murs, qui redeviennent des tas de pierres. Leur cycle de retour à l’usage offre un grand avantage par rapport à la pierre à façonner : celles qui sont ainsi récupérées sont déjà taillées. Elles sont pour ainsi dire prêtes à l’emploi, pour combler des trous, boucher des fenêtres ou des portes, élever des petits murets de rien… Un nouveau cycle commence et l’histoire se poursuit, avec aussi le remplacment de la pierre par d'autres matériaux…    

 

Pour suivre le chemin

. Les photos qui illustrent ce billet ont été presque toutes prises dans le quartier de la Madeleine.  

. Retrouver la carte très précise de Verneuil sur Avre http://www.normandie-sud-tourisme.fr/wp-content/uploads/2013/09/Plan-de-verneuil.pdf  

. Il existe aussi une plaquette qui donne beaucoup d’informations utiles sur « Verneuil-sur-Avre, Circuit historique, Circuits des fossés, Balades au fil de l’eau, du bois et des pierres », Office de Tourisme du pays d’Avre d’Eure et d’Iton, 129 place de la Madeleine, 27130 place de la Madeleine, 27130 Verneuil-sur-Avre, 02 32 32 17 17, www.tourisme-avre-eure-iton.fr 

. Aller vous balader à Verneuil sur Avre, avec en particulier « Les Amis de Bernay » et Pierre Durand http://amis-de-bernay.pagesperso-orange.fr/03sortiesept2011verneuilavreville.html et http://pierre-durand.over-blog.com/ avec une analyse fine du rôle important de l’eau de l’Iton, un ruisseau à l’eau vive qui traverse la ville pour rejoindre la rivière l’Avre, celle de Verneuil sur Avre…

. Lire aussi une très bonne étude résumée de l’histoire forcément compliquée de la cité de Verneuil sur Avre, ville neuve du XIIe siècle  sur http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-29856.html

. Feuilleter « Le guide des 100 Plus Beaux Détours de 2014 » qui vient de sortir. C’est toujours intéressant,  à voir sur http://www.plusbeauxdetours.com/association/plus-beaux-detours.html On y découvre par exemple que les trois bourgs étaient eux-mêmes entourés de murailles intérieures, sans compter les nombreux bras de l‘Iton à franchir.

. Photos Elisabeth Poulain prises lors d’une balade très intéressante, organisée par  Pierre et Françoise Durand pour un petit groupe d’admirateurs du Patrimoine. A retrouver dans l'album-photos "Eure-Villes".

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