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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le projet Maine-Parc de LIN > Angers, Berges de Maine, 17.02.2012

23 Janvier 2012, 18:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Les architectes-urbanistes et les paysagistes sont très sensibles aux mots. Chacune des deux autres équipes a trouvé une dénomination personnalisée. Pour LIN, j’ai du chercher le nom que David Levain a donné au milieu de sa présentation du projet LIN des Berges de Maine, Maine-Parc. Comme pour les deux autres présentations faites dans les jours précédents, ce billet est une restitution des mots qui ont été prononcés et de leur enchaînement sur la base des notes que j’ai prises le mardi 17 dernier, avec des photos qui sont un peu moins approximatives du fait de l’utilisation du flash doux. J’ai indiqué en parenthèses des mots ou des petites phrases de liaison. Pour connaître le projet lui-même et « le dit exact » des intervenants, il faut se tourner vers la municipalité qui présente une exposition des projets jusqu’au 6 février au Forum du Quai, en face du Château et qui a enregistré les échanges.    Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,David Levain,Philip König 20120117

Le vocable LIN associé au projet des Berges de Maine vise deux des collaborateurs de l’agence que sont, David Levain architecte-urbaniste et Philip König architecte. Le paysagiste Michel Desvignes est en charge du paysage. Les trois sont venus à Angers pour nous parler de leur projet.  

La première partie du billet est consacrée aux grandes lignes du projet ; une seconde est dédiée au  re-façonnage de chaque site sur les berges elles-mêmes et la troisième partie rend compte des questions des Angevins présents dans la salle et les  réponses des ‘experts’ qui ont planché devant eux. Experts est le terme employé par le maire pour désigner les concepteurs du projet. 

Cette rencontre avec les professionnels s’inscrit dans le cadre de la concertation active décidée par la ville avec 90 habitants réunis en six ateliers sur trois thèmes,  l’eau, la mobilité et les formes urbaines. Ces 90 personnes très motivées travaillent depuis mars 2009  sur leurs visions de leur ville dans les 20 ans qui viennent. Après un travail préliminaire de réflexion sur les thèmes à aborder, les membres des ateliers sont allés découvrir sur le terrain les réalisations de Bordeaux et de Lyon sur ce thème. Ils ont pu déjà aussi rencontrer à trois reprises des membres de chaque équipe dans différents sites emblématiques de la ville d’Angers, l’Hôtel des Pénitentes, le Grenier Saint-Jean et  la Mairie pour échanger avec eux. Les experts des projets  ont en outre pu rencontrer des représentants des associations concernées directement ou indirectement par la rivière Maine.

Les mots de présentation du maire, Jean-Claude Antonini

Il reprend la teneur de ses propos des deux précédentes rencontres, en insistant sur cet exercice de démocratie active que constitue cette soirée entre les experts et les habitants d’Angers (références en fin de billet).

L’absence de mots de Finn Geipel

L’architecte-urbaniste n’a pas pu se déplacer pour cause de maladie, selon les mots du maire qui prie la salle de l’en excuser. (EP : La même remarque peut être faite que pour Bernard Reichen la veille. A l’heure d’Internet la salle aurait bien aimé  pouvoir entendre quelques mots de présentation de l’architecte-urbaniste qui donne son nom au projet).

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,David Levain,Philip König 20120117

Les mots de David Levain pour présenter l’équipe-projet

Elle est composée d’architectes-urbanistes, de spécialistes en mobilité, géologie fluviale, de philosophe(s)…LIN  a une agence à Berlin et à une Paris. Le projet est issu du croisement entre ces différentes disciplines (et sensibilités). Avec nous, pour ce projet, Michel Desvignes paysagiste qui a travaillé notamment pour Lyon-Confluence, sur la rive droite… Nous avons aussi rencontré les ateliers des habitants. Après cette introduction (orientée sur les personnes), vont suivre des observations sur le territoire, la stratégie, la focale sur le paysage...

Ses mots pour lancer la description 

En premier, le cadre : il s’agit de retrouver la rivière, rendue inaccessible depuis 40 ans à cause de l’autoroute urbaine. Ce retour vers l’eau est un mouvement mondial dans de nombreuses métropoles, comme  Bilbao, Hambourg, Malmö, New-York avec son East River, Seoul où un travail naturaliste a été fait... Notre projet s’inscrit dans ce cadre, d’un territoire emblématique, dédié au trafic automobile, à rendre à d’autres usages, avec un nouveau quartier.

Ensuite, le projet s’appuie sur des obstacles existants sur le territoire, qui sont rassemblés dans un atlas actif visible dans l’exposition (souligné dans mes notes), sur différents thèmes géologiques, zone inondable, histoire…

En troisième lieu, les points importants pour retrouver la Maine sont Saint-Serge, le CHU, le Centre-Ville, le Château, la Doutre, le Lac de Maine, la Baumette. Le cadre est plus large que la rivière pour situer le projet.

La structure géologique est importante aussi, avec un schéma en X ; le site se situe au croisement des couches  de schistes en sens ouest-est descendant avec l’eau de la rivière qui coule nord-sud. L’histoire de la rivière (compte aussi), c’est une mouvante, avec un paysage en construction (perpétuelle), la Place de La Rochefoucault était une île. C’est un paysage lié au vivant, le Lac de Maine n’existait pas. Une recherche a été faite sur les objets flottants, les péniches, les bateaux-lavoirs… où l’eau est très présente.

Nous avons établi une carte des zones inondables, avec les crues régulières prévisibles de la rivière. (Ici) l’eau est avant tout perçue comme une menace. (Pourtant) elle a modelé le paysage ; de  très belles cartes sont présentées à l’écran pour montrer la structure paysagère très particulière (qui retrace les chemins de l’eau) vers la rivière,  des rapports de la Maine (avec la Loire un peu plus bas).

Suit une analyse des équipements et du patrimoine (anciens et récents comme) le Quai (face au Château), la question de la complexité de la question de la mobilité (dans un espace très contraint), la logique (calée sur l’eau) d’un paysage-lignes très typique (des mots qui n’ont pas été utilisés mais qui résument bien), à voir en particulier dans un  montage photographique impressionnant que l’on peut voir dans l’exposition dans la boite de présentation du projet LIN.  (EP : j’ai noté que cette partie très dense était difficile à suivre).

Angers, Berges de Maine, Equipe Reichen,David Levain,Philip König 20120117

Les mots de David Levain pour parler de Maine-Parc

La stratégie porte sur deux points essentiels, la rivière et le temps. Il s’agit de reconquérir les rives de la Maine, une rivière à prendre au sens large, avec ses dimensions sociales, écologiques, culturelles, de Bouchemaine (confluence avec la Loire) à la confluence en haut (avec la Mayenne et la Sarthe, grossie elle-même par le Loir, un peu au-dessus d’Angers), avec des segments très diversifiés urbains, industriel, sportif comme à  La Baumette et des prairies inondables (à la Baumette aussi.)

Maine-Parc (première fois que le terme est utilisé) a pour premier objectif de rassembler la diversité de ces séquences dans un ensemble cohérent, puis en second objectif de proposer un processus de réflexion dans le temps, de façon à réfléchir à un cadre adaptable. Il ne s’agit pas de montrer un plan mais des scénarios différents, à différents moments. A l’été 2013 (c’est-à-dire demain), avec

-          le scénario 1, il est déjà possible d’installer un ponton flottant sur la Maine, au pied du Château.

-          Dans le scénario 2, c’est le centre-ville qui est visé, avec une grande terrasse en aplomb de la Maine.

-          La phase 3 du scénario prévoit d’opérer « un saut quantique » important avec (cette fois-ci) la création d’un nouveau quartier à Saint-Serge, l’aménagement de la Baumette, avec des nouveaux rapports à l’eau.

Les mots de David Levain pour le scénario 1 ---) Les actions simples, sans préalable

Il s’agit dans cette étape de mener des actions très simples comme

-          des pontons flottants entre le pont de Basse Chaîne et le pont de Haute Chaîne, avec une piscine, une auberge de jeunesse... C’est un élément très fort du paysage, comme ce qu’a fait l’agence a fait à Berlin, avec un grand succès,

-          d’une Info-Box qui se déplace sur la rivière pour annoncer le projet ;

-          dans un autre lieu magnifique, la Place de la Rochefoucault, en récupérant cet espace public, il serait possible de programmer des évènements (culturels) une fois par mois,

-          un mini-bus électrique pour desservir les 4 ponts avec 5 landmarks (repère = station ?)

-          de la micro-mobilité, avec des vélos en partage pour multiplier l’effet du tramway,

-          une navette fluviale de Bouchemaine à Ecouflant pour voir ces paysages magnifiques de prairies inondables,

-          la structure du pont de Segré à conserver

-          et plus de chemins de rivière.

Les mots de David Levain en scénario 2 sur les Berges actives, le Développement ciblé

Il s’agit d’un développement des forces vives, qui peut être mixé avec le scénario 1 , dans le cas où les voies des berges ne sont pas transformées de façon radicale, avec la construction de sites stratégiques dans la ville, la création de quartiers nouveaux, de véritables moteurs pour la ville. Ces sites stratégiques sont le Centre des Congrès à réimplanter près d’ici, la Place Molière, qui est un carrefour important (qu’il conviendrait de dynamiser) avec un immeuble haut triangulaire, un peu à la façon du Flatiron à New-York (la projection de la photo provoque des OH, OH peu enthousiastes dans la salle). L’Office de Tourisme pourrait être mis là. Ce serait un signe fort pour la ville.

La zone de Saint-Serge  est à développer en quartier mixte (habitations et activités tertiaires) en créant (au milieu) des bassins de rétention pour accueillir l’eau en cas d’inondations. Des photos sont projetées pour donner des exemples où le niveau d’eau varie en fonction de l’inondation : quand il y a de l’eau, le niveau monte ; quand l’eau baisse, il n’y a pas d’eau. Le système fonctionne comme des vases communicants.

Comme Angers a une compétence reconnu dans le domaine du végétal, le projet prévoit de mettre en place des techniques d’expérimentation écologique d’auto-nettoyage des fleuves à la Baumette, comme ce qui se fait aux Etats-Unis au MIT (Massachussetts Institute of Technologies). La forme des rives favorise aussi le nettoyage de la rivière. Un travail d’expérimentation au Lac de Maine pourrait être mis en place. L’Agence a consulté un psychologue et un hydrologue sur cette question de la pollution par les algues vertes, pour pouvoir s’y baigner l’été. (’Une amélioration serait possible avec) la réduction de la surface du lac. Ces mesures sont de nature à faire d’Angers un lieu majeur d’expérimentation du  végétal. Dans ce scénario, la voie sur berge n’est pas transformée tout de suite, on coupe l’accès au centre-ville, on aménage des terrasses le long de la Maine, avec les pontons flottants, comme à Barcelone. 

Les mots de David Levain en scénario 3 avec un boulevard urbain à développer à la place de la voie sur berge (rive gauche)

Il  s’agit de créer un nouveau quartier à Saint-Serge, tout en aménageant La Baumette. (Entre les deux,) la voie sur berge devient un boulevard urbain, avec une voie de bus dédié, avec une grande diversité de transport, en liaison nord-sud avec les deux lignes de tramway, de façon à se réapproprier l’espace des rives de la Maine. La Place Molière (près de l’eau entre les deux espaces, Saint-Serge et la Baumette) prend une forte influence.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,20120117

Les mots de Michel Desvignes sur le paysage

On regarde un paysage (pour le comprendre) et après on voit ce qu’on peut faire. Un paysage est un processus (qui se modèle) dans le temps.

Comprendre le paysage : (ce qui frappe d’abord ici) ce sont les zones inondables ; l’eau crée des structures de part et d’autres de la rivière. Il y a une grande délicatesse du paysage, un aspect géométrique, organisé, avec des perpendiculaires des fosses (qui recueillent l’eau pour l’apporter vers la rivière). Je suis très attiré par ces paysages, ces éléments de nature qui vont dans le sens de l’écoulement de l’eau.

C’est l’accumulation de ces petites choses qui crée de la beauté. C’est la musique douce d’une petite grammaire, ce n’est pas dérisoire. Des paysages très beaux en dehors d’Angers.

Dans la ville, il faut faire des cheminements le long de l’eau. Il s’agit de, changer le regard, comme ce qui a été fait pour le Louvre de Lens ou  à Bordeaux avec des plantations en rive droite. A Lens, 20 millions d’euros (ont été injectés dans) un site industriel délaissé. Ce n’est pas dérisoire. Lens est un grand projet. Même très rapidement, de nouvelles pratiques sont apparues. On prend pied.

Ouvrir  des chemins, c’est de la modestie, ce n’est pas dérisoire. On restaure ces continuités pour donner une grande place à ces paysages de chemin. (Ouvrir) 30 à 60 km de chemins, c’est considérable. Ce sont des chemins de rivière (riches de) leur flore et de leur (capital) écologique.

Dans le centre-ville, c’est plus une transformation progressive qu’il faut viser. Il s’agit de pré-figurer ces promenades en laissant la voie telle quelle est pour l’instant. Je suis sensible –dit-il- à la transformation progressive (comme un jeu d’acceptation entre le paysage, le temps et les gens).

C’est comme à la Rochefoucault, (nul besoin d’en faire beaucoup pour l’instant) une partie pourrait être tout simplement transformée en prairie. Les platanes les plus beaux restent (EP : on sait qu’un nombre significatif de ces grands arbres a une maladie, sur laquelle travaille l’INRA – Institut national de recherche agronomique d’Angers pour essayer de la combattre et/ou de la ralentir. Le phénomène est mondial. Une des raisons vient de la pollution). Par-dessous, des plantations d’arbres peuvent déjà commencer à être opérer de façon à assurer le relais progressivement au fil du temps. Un arbre a une durée de vie de 50 ans.

A Saint-Serge, il s’agit d’une structure urbaine de paysage, où il s’agirait de (revitaliser) les anciens fossés pour utiliser l’eau avec (en plus) des formes plus libres pour accompagner le dessin (schéma).    

A la Baumette, le parcellaire est à mettre en logique avec ce paysage lié à la géographie. Ce n’est pas une utopie. A Lyon-Confluence, ça fait 12 ans qu’on  travaille sur le même découpage du parcellaire (avec des retombées intéressantes). C’est nouveau en urbanisme, (surtout) en Europe. A Boston, les Américains ont fait ça.   

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes, Christophe Lesort,fin de séance

La nature nous aide à symboliser la ville-la vie. 

Les questions de la salle, les réponses des concepteurs du projet

01.  Une dame pose la question de l’accès à la Maine par les piétons pour accéder au ponton (scénario 1) et fait la remarque que l’équipe ne propose rien de nouveau pour la traversée de la Maine

DL : la transformation va se faire dans un temps long ; il va y avoir (en plus) une offre (nouvelle) de transport pour accéder en centre-ville, avec un bus à haute fréquence. La modification de l’échangeur de Saint-Serge va libérer la voie sur la berge.

02. Une dame pose deux questions sur le plan de circulation dans la ville : vous remplacez les voies supprimées par quoi ? Comment fait-on d’aller d’Angers Est à Angers-Ouest ?

DL : la circulation continue à exister.

MD : de nombreux projets ont été faits. Le projet s’inscrit dans le temps. Nous proposons la transformation de la voie sur berges. Il faut que ce soit clair. On garde une partie de la voie. Ai-je répondu à votre question ?

03. Une question d’un monsieur sur l’accès à la Maine par la voie de déserte, entre la place Molière et la pont de Verdun.

DL : il y aura aménagement du trottoir. Pour les accès verticaux, des chemins existent. Pour les pontons, il va falloir les rendre accessibles.

MD (renforce): les chemins existent mais il faut rétablir les continuités, leur donner une identité forte.

04. Un monsieur s’exprime : on est frustré. Il précise : A  l’île Saint-Aubin (au nord d’Angers, près de la confluence entre la Maine et la Mayenne), on doit y aller par le bac. Avec une allusion à Alcatraz ( ?), il pose cette question : y a-t-il quelque chose de prévu pour traverser la Mayenne (avec une passerelle au-dessus de la rivière) ?

MD : non. (D’ailleurs, une passerelle) c’est discutable.

(Il recadre le débat et précise sa pensée.) Nos propositions forment un menu. Ce n’est pas un joli plan. Qu’est-ce qu’un projet ? C’est une image pour une ville. Les images n’ont jamais été contenues (contraintes, assorties avec ?) par une succession de mesures dans le temps. On a envie que le centre-ville se développe. C’est un défi professionnel. Comment être honnête en présentant des mesures (qui devront être prises dans un temps imprécis) ; ne pas se focaliser sur des plans-masse (plan d’une construction) en mélangeant tout, le long terme, le court terme…Nous voulons donner de la cohérence. On n’est pas contre la passerelle mais on ne décide pas aujourd’hui.

---) Des personnes dans la salle applaudissent.

05.  Un monsieur fait part de son étonnement quant aux noms des équipes qui portent toutes des noms à consonance germanique. Il est sensible à l’idée de la continuité en rive gauche et l’idée du coche d’eau (bac) ainsi qu’à la poésie latine de (la vision) de Michel Desvignes.

MD (fait la moue en  répondant) : ma mère est russe, c’est pire !  ---) Rires dans la salle. (Il  reprend) Façonnez un paysage à partir d’une sensibilité, c’est assez nouveau.

Jean-Claude Antonini se lève et intervient dans le débat : je suis choqué (par les propos qui viennent d’être tenus par ce monsieur). Le choix des trois équipes par la ville est basé sur les compétences et pas sur des sous-entendus (tels qu’il vient de les entendre). L’important est que les équipes soient européennes.

06. Un monsieur s’étonne : il n’y a pas beaucoup d’aspect paysager le long des quais, à part à la Rochefoucault.

MD : Pour l’aspect paysager du centre-ville, les belles promenades plantées, je vois de la sobriété dans ces plantations. A Marseile, qui vient de faire 60 millions de travaux d’euros au port (où Michel Desvignes vient de gagner le grand prix de l’urbanisme 2011), on a fait peu de choses, des pavages, pas de décor, d’ajout. On a travaillé dans la sobriété ; avec de la pertinence, de la justesse. Le résultat,  une grande beauté. (Ici) on veut la même force, la même simplicité. Il ne faut pas mettre de la sophistication. Les places trop dessinées, c’est trop de trop 20 ans après. On vient de faire une place (à Almere au nord d’) Amsterdam, avec Rem Koolhas, on n’a fait rien du tout , 300 mètres de peupleraie face à un lac… C’est dur de dessiner le rien. ---) Rires dans la salle. Ca met la ville dans la géographie : il faut de la force, de la simplicité.  

Philippe König intervient : ce sont des choix architecturaux. Ce projet va durer, avec peu d’objets, plein de complexité, de la finesse …

Ma mère est slovène ---) Toute la salle rit franchement.

07.  Une question sur les pontons flottants qui paraissent très grands au Pont de Verdun et la construction à la Baumette (alors que ) c'est un site pollué.  

DL : un processus de dépollution est à mettre en place, avant de construire. Ce sont des  problèmes qui existent (un peu partout). Le système est à inventer. Quant aux pontons flottants, l’image exprime la structure légère qui longe la Maine. Il revient sur le marnage important au Pont de Verdun en faisant référence  à leur hydraulicien pour avoir les meilleures réponses.  

08.  Entre la rive gauche et la rive droite, quels passages avez-vous prévus ?

DL : il manque peut-être des franchissements, prévoir de rendre le Pont de Verdun aux piétons, de créer un passage ( ?) entre la cale de la Savate et l’autre côté, en rendant le Pont de Segré (un ancien pont ferroviaire très en hauteur, tout en haut au nord de la ville, au-dessus de la Maine) qui est prévu dans le scénario 1.

09. Un monsieur : les images que vous voyez, ce sont des visions (irréalistes ?): il n’y a pas de garde-corps sur le ponton, le menu n’est  pas complet. La vision est claire, ça c’est sûr…Il manque les passerelles (pour répondre) à la cohérence de notre vision (pas de la vôtre). 

10. Comment faire, demande un monsieur, au pont de Verdun pour résoudre  la question de la paroi de palplanches ?

DL : c’est un détail. On peut s’appuyer sur l’infrastructure de l ’autoroute… accrocher des terrasses vers la Maine. C’est un peu prématuré d’envisager cela maintenant.

MD : le phasage est à faire. ..La mise en place du projet avec la transformation de la berge est (liée) à la suppression de la voie rapide. Pour ce 3è scénario, on a le temps, on a de la place.

11. La mise à plat de l’autoroute urbaine sert en cas d’inondation actuellement. La simplicité (que prône Michel Desvignes) n’entraîne-telle pas pour conséquence de ne pas construire dans ces zones inondables ?

DL : c’est une des spécificités de notre atelier de construire avec l’eau. Il faut prévoir des mesures de compensations à Saint-Serge pour absorber les trop-pleins en cas d’inondations. On est très sensible  au niveau des aménagements artificiels qui causent des problèmes. C’est pourquoi, nous préférons la simplicité. Construire en zone inondable est (toujours) vu comme un interdit. On n’a pas encore imaginé des nouvelles formes pour construire des habitats adaptés pour se projeter dans le futur. Il y a (chez nous) une volonté forte  d’imaginer le paysage.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,

MD : C’est une question importante, qui ne doit pas nous paralyser, en raison du prix (de construction) en zones humides en milieu urbain. C’est nouveau ; il ne faut pas aller d’une expérience à une autre ; il faut créer des zones de compensation, comme il y a 5 ans à Rotterdam. C’est la question « comment mettre le paysage en valeur en tenant compte de l’eau » (que nous nous sommes posée à Bordeaux.) On l’a fait, ça marche.

12. Une dame parle du problème du bruit. C’est une gêne pour la promenade, le long de la 4 voies (lien avec le ponton).

DL : Il y a deux choses à savoir : le ponton est en creux, en bas. La répercussion du bruit se fait en haut.  Le bruit a un effet sonore paradoxal, un bruit sourd et faible peut être plus nuisible qu’un bruit fort.

13. Un monsieur : les villes qui ont été évoquées sont (toutes) des grandes villes. Ce ne sont pas des villes comme ici (à Angers), avec deux confluences (en plus).

MD : le thème de la confluence est très présent  à Lyon avec le Rhône, l’Ain, la Saône. Ce n’est pas si différent à Lyon (EP, avec une différence de dimension quand même).

14. Une dame revient sur l’aménagement des quais, la Place Molière, la disposition en fer à repasser… Concrètement comment faire revivre les quais ?

DL : (on en revient à) la question des programmes dans le temps. La seule réponse paysagère ne suffira pas. La programmation ne se décrète pas. La réponse est aussi évènementielle (EP : Ca dépendra de ce qui va se passer dans les 20 ans). Les programmes physiques dans des bâtiments sont très emblématiques.

MD : le signal (du départ) est très important, (dès qu’on commence) à nettoyer, enlever des rampes, créer des cheminements... Un exemple à Lyon, quand on a commencé à nettoyer la tête de l’Ile. C’était un site à l’abandon. Le chemin ne se décrète pas (EP = on ne décide pas du signe symbolique). On commence pragmatiquement. Quand le site est beau, on n’a pas besoin d’un parc d’attractions. ---) Applaudissements de la salle.

15. Qu’est-ce qu’une Info-Box, demande une dame ?

DL : c’est une boîte rouge qui contient des récits, des choses racontées dessus,  comme ce qu’on a fait à Berlin sur la Postdamer Platz. Ca a eu beaucoup de succès.

C’est la fin de la rencontre avec la troisième équipe d’architectes-urbanistes LIN avec Michel Desvignes pour le paysage.  

Pour suivre le chemin du projet ‘Berges de Maine’ à Angers, dorénavant « Angers, Rives nouvelles »

. Voir les deux autres articles sur les rencontres précédentes:

Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine     

Le projet Convivence de l'Equipe Reichen > Angers Berges de Maine

. Découvrir l’Agence LIN, composée de Finn Geipel et de Giulia Andi, avec un atelier à Berlin et un à Paris  http://www.lin-a.com/start-francais.html. L’Agence actuellement travaille par exemple sur le Grand Paris, avec des projets de grands bâtiments les pieds dans l’eau en zone inondable de la Seine.  

. David Levain architecte-urbaniste, chef du projet LIN-Berges de Maine, à retrouver sur   http://www.twarch.com.au/blog/lin-micro-mobility-macro-change/

. Philip König, architecte de l’agence LIN, a en particulier travaillé sur la Cité du Design à Saint-Etienne http://www.unregard.net/publications/MON5542P064-067.pdf

. Le Flatiron à New York, un gratte-ciel de 1902,  à admirer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Flatiron_Building.  On n’oublie pas sa silhouette une fois qu’on l’a vue.

. Voir des réalisations de Michel Desvignes, certainement le paysagiste le français le plus connu au  monde à cause de la force de son style, botaniste de formation sur http://archiguide.free.fr/AR/desvigne.htm. Il est Grand Prix de l’Urbanisme 2011.  Une présentation  biographique sur http://www.developpement-durable.gouv.fr/Michel-Desvigne-Grand-prix-de-l.html. Le portrait qui est fait de lui trace à grands traits sa spécificité : parler de géographie plus que d’histoire, mettre la fluidité, la lisibilité au cœur du paysage. Il aime approfondir  les relations entre la ville construite et la nature. « Homme de concepts », il s’appuie sur son intuition. Ce qui ressort de l’exposition du projet LIN à Angers dans la boîte de présentation dédiée, ce sont les lignes, le style  en ligne, de la nature en design ou l’inverse du design de la nature…

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvigne

.Lire une très bonne interview sur sa vision du rôle du paysagiste dans une résidence à Louvains en Belgique dans http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/adcp/documents/176_part2.pdf

Et un dossier très complet dur le paysage tel que le voit Michel Desvignes sur http://www.pavillon-arsenal.com/img/conference/210/cp/PAV_210_CP.pdf

. Une brève présentation de la Postdamer Platz sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Potsdamer_Platz

. Photos EP

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