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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les passe-partout en étiquette de vin

26 Septembre 2010, 09:12am

Publié par Elisabeth Poulain

 

A défaut d’avoir un nom un peu valorisant, les passe-partout présentent plusieurs Passe-Partout Etiquette de vin d' Anjou, annees 1970avantages. Elles ne coûtent pas chères, peuvent servir à tout ou presque et à tous et se démodent peu. Je trouve quand même que les imprimeurs qui les produisent et les vignerons qui s’en servent sont bien ingrats. On sait qu’en France, tout commence, non pas par une chanson - les temps ont changé – mais par un nom. Un truc sans nom n’est même pas un truc. Pendant la révolution française, un sans-culotte ne se baladait pas les fesses à l’air, non, ‘simplement’ le fait de ne pas porter la culotte moulante des aristocrates mais le pantalon de l’ouvrier, du manœuvre ou du paysan le désignait comme un hors-classe, un hors caste pourrais-je dire. En un mot, un pauvre non-fréquentable.

 

On retrouve quelques-uns de ces éléments dans l’étiquette passe-partout. Elle est datée historiquement, d’avant l’ère de l’explosion de la grande consommation. Elle ne coûte chère ni à faire ni à acheter, ni à se conserver. Elle ne permet pas la personnalisation du vin puisque chaque vigneron va avoir la même étiquette si non une très proche. Seul le nom apposé dessus au tampon puis à la machine permettait de les distinguer. Et pourtant elle a un certain charme car elle va à l’essentiel et continue à exercer une certaine influence dans le monde du vin, car ceux-là m^me qui rejettent la séduction par l’étiquette s’en inspirent actuellement. 

L’essentiel en étiquette Passe-Partout Etiquette de vin Gamay, années 1970

La passe-partout représente déjà une avancée par rapport au  rectangle de papier écrit à la plume ou tapé à la machine. Ses dimensions sont petites.  Son format rectangulaire est déjà contemporain. La volonté de séduire déjà présente. Les quatre, que j’ai sous les yeux, m’ont été données par un imprimeur maintenant à la retraite ; elles datent des années 1960-70 vraisemblablement. Elles n’ont que la feuille de vigne en commun.  

La rectangulaire bistre avec deux grappes et une feuille

C’est l’ancêtre car elle ne porte même pas de nom de vin. Elle peut donc servir à tous ce qui est vin rouge, car les baies du raisin dont foncées. Le dessin, qui occupe la partie gauche de l’étiquette, ne cherche en aucune façon à reproduire des grappes et des feuilles de cépages existants en Anjou. Toute la partie droite est réservée aux mentions obligatoires concernant le vin et le vigneron. 

La rectangulaire bleue ciel Gamay 1976

Passe-Partout Etiquette de vin Saint-Aubin, 1976Toujours rectangulaire, elle n’a pas les mêmes dimensions que la première. Le même dessin de grappes avec la feuille est repris en partie gauche mais en plus petit. Apparaît en partie droite, la dénomination du vin et le millésime. C’est un Gamay 1976 qui se détache sur fond bleu, étonnant pour l’époque.

La disposition de la partie de droite, qui est réservée aux mentions, est un peu curieuse car elle  laisse peu de place disponible.  

La rectangulaire bleue ciel Saint-Aubin, moelleux, 1976

Voici à  nouveau une feuille et une grappe de baies blanches. C’est normal, il s’agit d’un vin blanc moelleux de Saint Aubin. Le dessin est moins réussi graphiquement et ce qui étonne, c’est d’abord comme précédemment la difficulté que va avoir le vigneron à caser son non et celui de son vin. La seconde  remarque porte l’absence de référence à l’appellation Coteaux du Layon. En 1976, on connaissait pourtant. La reconnaissance de l’appellation date de 1950.

La rectangulaire ivoire Anjou Coteaux du Layon avec blason

C’est la plus grande des quatre. Elle est ivoire comme laPasse-Partout Etiquette de vin, Coteaux du Layon, 1976 première. Son grammage est encore plus léger que les trois autres. Par contre elle est très légèrement tramée, ce qui lui donne un  un peu de chic. Sa composition pyramidale fait ressortir le blason de l’Anjou aux trois fleurs de lys au dessin simplifié ; un large pourtour rouge renforce la présence du blason qui est épaulé par deux feuilles de vigne au dessin maladroit.

 

L’étage intermédiaire est occupé  par la mention « Anjou » en lettres légèrement gothiques pour donner un caractère ancien, en accord certainement pour l’imprimeur, avec le blason médiéval. Arrive en bas enfin la  désignation du vin. Il s’agit d’un Coteaux de l’Anjou, sans autre indication. Pour rester dans la gamme chromatique, l’imprimeur a choisi un rouge, peut être identique à celui du haut, mais sans certitude. Il paraît plus clair.

 

La première remarque porte sur la question de savoir où et comment le vigneron va positionner les mentions légales concernant le vin. La deuxième concerne le choix des couleurs : écrire Coteaux du Layon en rouge quand il s’agit d’un vin blanc, qui était déjà une appellation en 1950, c’est quand même un peu dur. 

Le désordre général des couleurs

Le vin rouge de l’étiquette n° 1 est figuré par une grappe marron sur fond beige ; l’autre vin rouge, celui du gamay, est bleu foncé sur fond bleu ciel.

Pour les deux Coteaux du Layon, l’un a une grappe bleu ciel sur fond de feuille bleu moyen, l’autre ne porte que quelques grains en décoration de soutien au blason. Dans l’étiquette n° 3, le vin est écrit en bleu moyen et dans la n°4 en rouge.  

Pour suivre le chemin

. Il existe de nombreux sites commerciaux qui vantent et vendent leurs modèles de passe-partout. A vous de choisir celui qui vous convient.

. Voir le blason de l’Anjou sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Blason_d'Anjou

. Découvrir et compléter le site de Wikipedia sur les vins de Loire sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Vignoble_du_Val_de_Loire

 

 

       

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