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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les petites maisons > La vogue des "Empilables"

13 Juin 2011, 10:08am

Publié par Elisabeth Poulain

La petite maison empilable sur une autre

 

Ne cherchez pas dans votre dictionnaire. Il ne connaît pas ce terme de maisons empilables les unes sur les autres ou juste à côté. C’est pourtant l’adjectif qui convient le mieux. LIxelles-Bruxelles, Arrière de façade, Ajoûtsa problématique est la suivante : en cette période, la notre, où le concept de densification de la ville commence réellement à percer, comment les architectes arrivent-ils à traduire cette nécessité sur le terrain, sachant que les gens adorent la maison individuelle autant que les tours les effraient ? Une des réponses est l’empilable, qui se traduit concrètement par des maisons plus ou moins petites imbriquées les unes dans et sur les autres jusqu’à constituer un ensemble.  

       

Une tendance spontanée     

En fait, cela a toujours existé d’abord à l’horizontal quand on peut. A la campagne par exemple, quand on a besoin de place, on monte un appentis qui s’adosse sur un autre qui lui-même prend appui sur un autre. J’ai trouvé des séries de 5, comme sur cette photo prise à Ixelles-Bruxelles avec la maison rose. Ce sera le thème d’un autre billet.

 

A la verticale en ville, ça existe aussi. Regardez les toits quand c’est possible et vous découvrirez comme à Bordeaux, sur les quais de la Garonne, que les propriétaires ont ajouté des sortes de gloriette pour voir le fleuve d’en haut et avoir une vue panoramique de la ville.

   

Entre les deux, il y a aussi l’utilisation intelligente Bordeaux-Petites maisons sur les toitsde la pente qui fait du toit de chaque maison la terrasse, un espace ouvert précieux aux fonctions multiples, sans laquelle  la maison du dessus ne pourrait avoir de vue. C’est ce que montre une série de photos prises en Syrie à 40km au nord-ouest de Damas par M. Ali Abarra  à Maaloua.

   

Les variations de la maison empilable

 Elles sont nombreuses. Sans aller chercher loin, citons:

. les visions si prémonitoires de la ville de grands concepteurs comme         Hundertwasser,

. l’influence du jeu Lego qui permet d’accrocher une petite maison de briques à d’autres grâce à quelques briques qui font lien,

. les plates-formes pétrolières off-shore où l’espace est si précieux qu’il faut poser des cellules de vie sur des espaces techniques d‘extraction du pétrole qui eux-même reposent sur d’autres étages qui undertwasser, Maisonreposent sur des pylônes enfoncés profondément dans le sol marin,    

. les nombreux travaux d’architectes-urbanistes dans le monde qui voient la ville de demain dans une tour ou une fusée spatiale intégrant toutes les fonctionnalités urbaines, les arbres et jardins y compris qui cherchent la lumière en façade

. et les expériences actuelles pour tenir compte de l'hypermobilité  et de la déstructurations des temps et des espaces…   

   

L’exemple de l’Hôtel Inntel de Zaandam

Un hôtel vient de s’ouvrir à Zaandam aux Pays-Bas. C’est une création de Wam Architecten.  Ses quatre façades sont constituées d’avancées de maisons traditionnelles de 1 à 2 étages. Il est dit que ce sont de vraies maisons. Je crois plus à l’idée qu’à la réalité. Je vois mal des morceaux de maisons anciennes tenir sur 12 étages. L’intéressant est la réaction de la presse qui a été enthousiaste. Le rêve de la petite maison individuelle revitalise l’intérêt pour des immeubles-tours. Mais il y a plus intéressant me semble-t-il, c’est la confusion de catégories entre les deux et la confusion de la hiérarchie des espaces entre le bas et le haut.  

  WAM-Architecten, Inntel 4-overzicht-zuid-west

 

A Zaandam, vous avez tous les cas de figures. Vous pouvez louer une chambre qui est en rez-de-chaussée d’une maison située entre le 5è et le 7è ou 8è étage. Vous vous trouvez au-dessus du toit d’une autre, en retrait ou en avancée par rapport à la façade la plus en retrait. Le concept fait tout bouger et intègre beaucoup de différences dans les couleurs, les formes de fenêtre, les pignons des maisons.  Seuls quelques éléments manquent, tels que des balcons ou des portes d’entrée qui s’ouvriraient sur le vide. Par contre quelques fausses portes-fenêtres sont présentes pour renforcer l’idée de l’empilage.  On voit même quelques avancées de toitures de briques rouges. 

   

Aquapolis, un photo-montageBlog 2011.06.132 002

Dans ce travail d’étudiant, on retrouve un certain nombre d’éléments déjà cités comme le recours à ces façades flamandes à pignons, les cubes chères à Hundertwasser,  les décrochages de masses cubiques en avancées, les arbres sur le toit et surtout la plate-forme pétrolière offshore... L’intéressant ici que le tout est accroché en une masse compacte entre ciel et métal sur une immensité d’eau. Les énergies douces sont bien présentes. Aquapolis produit son énergie éolienne, de la chaleur avec ses capteurs et capte les ondes avec ses amplificateurs. En fait ce projet s’est directement inspiré de ce qui se fait déjà dans le monde.

   

 Les îlots autonomes de vie sur plate-forme marine

De plus en plus d’architectes particulièrement en Asie travaillent sur le concept d’îlot de vie qui rassemble toutes ou presque des fonctions de la ville. Un magazine américain eVolo a ainsi permis à deux architectes malais, Hu Yee-Kee et Hur Sue-Werm, de remporter le Ier prix de la transformation en logement d’une ancienne plate-forme pétrolière off-shore dans le Golfe du Mexique. Les cellules de vie sont bien repérables empilées les unes comme les autres sur le côté droit. Ce sont plusieurs milliers de plate-forme en fin de vie en matière d’exploitation de gisements  pétroliers en mer qui sont visées surtout dans ce golfe. 

   

Les cabines empilables  comme un navire-ville

Citons aCapsule-Hotel-Wikipediaussi ces  hôtels de Tokyo, Kyoto, Osaka... où il est possible de retrouver les principales fonctionnalités de la vie sur terre, dormir, se laver, travailler, s’informer, se restaurer auprès d’automates dans des espaces de 2m de long x 1m de hauteur x 1,25m de largeur... Ces lits-cabines, posés les uns au-dessus des autres, reproduisent en perpendiculaire ce qui a toujours existé dans la marine, avec des couchettes non fermées parallèles au couloir.  Une des  différences est que ce navire-hôtel ne bouge pas ; c’est le marin qui vient s’y reposer le temps de repartir au travail le lendemain. 

   

La ville conçue comme une fusée en forme d’étoile

Mobile China Town, Ma Yansong/MAD, plaquette Europalia ChinaCette étoile astrale constitue le comble de l’empilable-mobile puisqu’il n’y a plus à proprement parler de sol sur lequel ériger les maisons les unes sur les autres. Toutes les fonctions, devenues mobiles ainsi que leurs usagers, sont intégrées les unes sur les autres. Ce projet chinois se nomme « Superstar : A mobile Chinatown ». C’est une création de Ma Yansong/MA. 

   

Pour suivre le chemin

. Découvrir les petites maisons de Maaloula (Syrie) avec des très belles photos de l’auteur, M. Ali-Abarra,  sur son site http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/syrie/Syrie_4/Maaloula/pages/Maaloula_habitations_04.html

. Pour Zaandam, voir   http://projets-architecte-urbanisme.fr/hotel-insolite-pays-bas-architecture-amsterdam/

. Feuilleter Vivre à Angers de mai 2009 pour trouver en page 26 le projet de l’étudiant aux Beaux-Arts d’Angers  http://www.angers.fr/uploads/media/VAA333_N150.pdf

. Voir un projet malais sur http://blog.ducotedechezvous.com/tag/plateforme-petroliere/

. Les capsules ou cabines hôtels avec un exemple à Osaka sur http://en.wikipedia.org/wiki/Capsule_hotel

. La ville mobile chinoise de Ma Yansong, à voir sur la plaquette d’Europalia China 15.10.2009 21.02.2010, « Heart-Made, The cutting-edge of chinese contemporary architecture »

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