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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les petites maisons > Won Seoung Won > Photographe > Corée

3 Juillet 2011, 15:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Won Seoung Won est une artiste coréenne qui s’exprime par la photographie. Pour parler d’elle, elle parle de l’enfant qu’elle était. Et pour parler de cette enfant, elle recrée sa vision du monde à ce moment là de son développement. Won Seoug Won crée un monde en photographie,  comme d’autres artistes dessinent ou peignent leur réalité.  

 Won Seoung Won-My Age of seven- n° 07- A strange Playgroun

Ses photographies

Ce sont des compositions tout à fait personnelles et réelles à la fois. L’œil de celui qui regarde voit une ‘vraie réalité’, puisque chacun des éléments de l’ensemble est issu d’une sélection de prises de vue qu’elle réalise, dont elle va ensuite opérer un photomontage numérique. Le résultat de ses assemblages est très troublant tant la photographe rend visible ce qui est souvent, parfois, peu visible, difficile à décoder ou caché. 

La série

Pour nous aider dans notre réception de son œuvre, l’artiste nous offre d’autres clés de compréhension que ses réalisations. Elle situe celles-ci dans un ensemble de 11 photographies rassemblées sous le titre « My Age of Seven ». Chacune des photos a un numéro dans la série et un titre figuratif. Chacune des onze photos a son identité propre ; chacune aussi montre à la fois le monde de l’enfance et la petite fille qui figure dans la scène. Tout dans la photo renvoie à cette enfant, la seule ‘personne’ de la série, qui est en même temps, celle qui recrée son propre monde. Elle est à la fois et la scène entière et dedans et dehors quelques années plus tard.  

Les questions

Les différents lieus doivent être situés en Corée, du moins on l’imagine. Mais l’artiste n’a pas cherché à faire de sa création un hommage à des paysages disparus. Il n’y a pas de nostalgie dedans, mais la volonté de montrer un monde à la fois plein et ouvert, sans chercher à enfermer l’enfant ou celui qui regarde dans  une dimension binaire. On sent plutôt déjà des questions dans ces paysages qui parlent. 

Won-Seoug Won-My Age of Seven n° 11-The Sea in my Mom's Ho

Le lien avec la maison

Seules les deux premières compositions, n° 1 « Oversleeping » et n° 2 « The Chaos Kitchen » montrent la maison du dedans telle que la découvre l’enfant à son lever trop tardif.  Toutes les autres scènes, à l’exception de la n° 3 quand l’enfant prend la décision de casser sa tirelire ( The Help of a Piggy Bank), parlent de maisons, de linge qui sèche dehors au vent, de jardins fleuris, sans jamais montrer de personnes qui habitent le village. Quelques animaux par contre sont présents.  

Des paysages sont inquiétants, comme celui de la n° 4 « Going Out Casually » ou les nuages qui entourent le pêcher en fleur (n° 5 « Seaguls –des mouettes- and a Blossoming Pear Tree ».)

  

La présence de l’eau

Les photos, de la n° 6 jusqu’à la 11, représentent toutes des maisons accrochées sur des pentes plus ou moins douces ou escarpées. Toutes ont un lien avec l’eau partout présente sous des formes diverses. Les tonalités changent,  de la n° 7 très riante ( « A strange Playground ») avec son petit ruisseau où l’enfant joue dans une aire de jeux surdimensionnée, à la n° 11 (Bed-Wetter’s Laundering)  où beaucoup de draps sèchent au vent du fait que ‘les enfants ont fait pipi au lit’ dans la nuit précédente  et à la n° 9 (The Sea in My Mom’s Hometown » réalisée avant les évènements de Fukushima au Japon. La rivière, devenue fleuve, a envahi la vallée. Beaucoup de débris flottent à la surface. Il fait beau. 

  

La prise de distance avec la petite maison

C’est une impression très ténue, celle d’associer des petites maisons par leur taille à l’enfance d’une petite fille, quand elle se revoit de loin devenue femme. Tout est devenu petit, comme nous en avons tous fait l’expérience. Les souvenirs d’un lieu, d’un espace, d’une maison emplissent tellement son volume que ses dimensions réelles en sortent un peu écrasées. La maison n’a pas changé, mais soi oui…On a vécu tant d’autres choses depuis.  

Won Seoung Won-My Age of Seven-n° 11-Wetter's Laundering-P

Le lien originel à l’eau

La présence de l’eau est une façon pour la petite fille devenue femme de comprendre le monde. Elle montre comment la petite fille ressent le départ de sa mère, explique le rôle de la mère qui perd « les eaux », le liquide amniotique qui protège et nourrit l’enfant dans son ventre. C’est aussi la mère qui lave le linge des enfants. C’est l’eau qui emporte la saleté. 

 

C’est aussi l’eau qui rit, près de laquelle on joue enfant, qui chasse les nuages et le froid, l’eau qui fait pousser les arbres, fleurir les pêchers, grandir les massifs, verdir les coteaux et vallées. L’eau qui apporte la vie au sein et près des petites maisons.         

Pour suivre le chemin allant vers Won Seoung Won

. Vous rendre sur le site de la Galerie ParisBeijing où vous retrouverez la série de Won Seoung Won

http://www.parisbeijingphotogallery.com/main/fr/wonseoungwonworks.asp

. Photos de la Galerie ParisBeijing, qui m’a très aimablement autorisé  à les reproduire, avec mes remerciements. Voir la série des petites maisons sur ce blog

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