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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Mini-Cas > Le sucre, formes & couleurs > Les tirelires Chupa Chups

27 Janvier 2015, 19:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre de ce mini-cas packaging. Il porte sur le sucre, celui des sucettes rondes de marque Chupa Chups, d’origine espagnole alors, distribué dans le monde. Des sucettes à base de lait et de sucre qui ont pour particularité d’avoir été vendues fin du siècle précédent, début du nouveau, dans des boîtes-tirelires au packaging très innovant, coloré, drôle et un peu déjanté pour attirer une clientèle de Jeunes plus âgés que l’enfant de moins de 10 ans, qui constituait la cible traditionnelle de la sucette.  

La boîte à sucettes Chupa Chups. Elle ressemble à un petit bidon de lait, sans les anses, tel qu’on en voyait encore jusque dans les années 1980 en France, lui-même à la forme dérivée du gros bidon qui était utilisé dans la salle de traite dans les exploitations. Les dimensions sont bien sûr adaptées non pas à des mains infantiles mais plutôt à des mains de parents qui voudraient faire plaisir à leur-s enfant-s.

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Les chiffres portés sur la boîte. Ses dimensions sont de 15,5cm de hauteur et les diamètres de 9cm en bas et de 8,5cm en haut, petit ourlet de métal inclus à chaque fois. Le différentiel témoigne du resserrement de la boîte en haut qui permet à une main d’adulte de la saisir facilement, un enfant peut-être moins, avec ses deux mains oui. 20 U, c’est-à-dire 20 sucettes sont contenues dans la boîte, qui pèse 240 grammes.

. La Ière boîte « Lait Sucettes ». Elle a été fabriquée, contenu inclus, par et pour la filiale française de la Société Bernat du nom du fondateur de la marque et de la saga des Sucettes Chupa Chups, sous le code de l’usine mère à Barcelone (Espagne), comme l’indique les deux premiers chiffres du code-barre = 8 4... Sa composition est établie ainsi  pour ces « Sucettes au goût de caramel et de lait,  « Ingrédients : Sucre, sirop de glucose lait en poudre, partiellement écrémé, pâte de cacao, beurre de cacao, arômes, café soluble, colorant (rouge de betterave, curcumine). ».

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. La seconde boîte d’ «Ice Cream Lollipops». Elle doit dater, sans certitude de ma part, de quelques années après. Cette fois-ci, le Made in Spain ressort clairement, avec l’adresse de l’entreprise à Barcelone. Une nouvelles mention apparait en plusieurs langues, comme ici pour le français : « Cette*emballage est destiné exclusivement aux sucettes Chupa Chups et ne peut  contenir aucun liquide ». (*= faute d’orthographe incluse. Il aurait fallu écrire « cet emballage… »).   

La liste des ingrédients, obligatoire dans tous les pays d’importation, figure sous l’assise de la boîte pour le grand nombre de pays dont le nom n’est pas cité, seule la langue changeant à chaque fois. La lecture en est de ce fait extrêmement difficile. Il faudrait photographier la liste en agrandissant les caractères, pour arriver à savoir quels sont les pays concernés.  

Les langues utilisées au bas du contenant. Il y a d’abord  l’anglais valable pour tous les pays, Espagne incluse, puis un avertissement identique en allemand, anglais, espagnol, français et russe.

Le packaging de la boîte violette et blanche. Il est fondé sur la présence de deux vaches clairement déjantées, dont on ne voit que la tête, avec des yeux qui biglent, une langue bien rouge qui pendouille et une "cibiche" (une cigarette en langue populaire)  au coin des lèvres.

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Pour suivre le chemin

. Voir le site de la marque détenue par une société internationale depuis 2011   http://www.chupachups.com/goodies.html, pour son 50e anniversaire, voir http://www.chupachups.fr/history_pop.html?frame=true&bg=ffffff

. Pour guère plus d’informations, voir   http://fr.wikipedia.org/wiki/Chupa_Chups

. Une analyse de la marque intéressante sur https://prezi.com/xj2_ectenveg/1g1-chupa-chups-analyse-de-la-marque/ 

. Sur l’absorption de la marque espagnole par le groupe italien, Perfetti van Melle - qui était déjà son partenaire avant, lire  - http://www.lesechos.fr/04/07/2006/LesEchos/19701-113-ECH_chupa-chups-se-fait-croquer-par-l-italien-perfetti-van-melle.htm

. Voir maintenant comment le groupe italien parle de son 2è produit phare après Mentos, sur  http://www.perfettivanmelle.com/our-brands/chupa-chups/ C’est impressionnant. 

. Photos Elisabeth Poulain 

Les questions   

Question 1. Pourquoi avoir précisé de façon exclusive les fonctions de la boîte, une fois en positif  et une fois en négatif ? Quel type d’avertissement est-ce là ?

Question 2. Pourquoi le packaging violet « Lait-Sucettes » semble-t-il plus ancien que le « Ice-Cream Lollipops » blanc, noir + autres couleurs ?

Question 3. A quels marchés est destinée la boite violette et blanche ?       

Question 4. Quelles catégories de personnes peuvent-elles être attirées par ces  sucettes?

Question 5. Quel est le pouvoir marketing de la vache en France ?

Question 6. Quel lien faites-vous entre les sucettes CC et le bidon ?

Question 7. Quel est l’impact de l’usage du dessin et de la couleur sur le goût du sucre ? 

Question 8. Quelles sont les trois grandes différences entre les deux packagings ?

Question 9. Quel est  leur grand point commun ?

Question 10. Quel packaging vous plait-il le plus ?

Question 11. Pourquoi trouve-t-on aussi peu d’informations sur la sucette espagnole et maintenant le groupe italien?

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Les réponses aux questions

R.1 à la Q.1. Les fonctions de la boîte, en positif  et négatif en lien avec le type d’avertissement.  C’est un avertissement légal propre à chaque pays ou groupe de pays, dont certains demandent cette double réponse : ce pour quoi la boîte est faite et ce pourquoi elle n’est pas faite. Ceci découle directement de l’influence du droit américain qui énonce un principe tout en l’assortissant tout de suite de précisions qui limitent son champ d’application. Cela oblige à être plus précis et à plus tenir compte de la réalité du terrain, contrairement au droit français qui préférait poser un principe. 

R.2 à la Q.2.  Le packaging violet « Lait-Sucettes » plus ancien que le « Ice-Cream Lollipops » blanc, noir + autres couleurs. Une des raisons est qu’il est plus lisible et plus audacieux, en utilisant des concepts visuels plus forts, avec une vache qui n’est pas très fraîche, un violet rose qui tient la route, de grandes taches blanches qui arrivent à équilibrer le tout. Le second est plus complexe, avec beaucoup de thèmes dont aucun ne va jusqu’au bout…L’époque n’est pas la même. La fin du XXe siècle a soulevé beaucoup de créativité et d’audace chez les concepteurs publicitaires.    

R.3 à la Q.3. Les marchés de la boite violette et blanche.  Ce sont les  pays   dont la langue est utilisée dans les mentions du bas, à savoir la France et les pays francophones autorisant ces importations en provenance de France.   

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R.4. à la Q.4. Les catégories de personnes attirées par ces  sucettes. Ce sont les Ados qui veulent montrer qu’ils sont grands, en osant acheter des sucettes un brin transgressives, ainsi que des adultes jeunes que cela amuse. D’une façon générale, tous ceux qui ont la culture « BD » et qui aiment l’humour au second degré.    

R.5 à la Q.5. Le pouvoir marketing de la vache en France. Il est très fort, grâce à une star incontournable, qui s’appelle La Vache Qui Rit. D’une façon plus générale, les Français aiment bien les vaches, même si on n’en voit plus beaucoup dans les prés. Elles sont toujours symboles d’abondance et de douceur.     

R.6 à la Q.6. Le lien entre les sucettes CC et le bidon. En fait, ils sont double, c’est le lait connu pour sa douceur crémeuse au départ et le sucre, celui du lait et celui qui est ajouté. Le lait est le premier aliment de la vie, qui ne s’oublie jamais. 

R.7 à la Q.7. L’impact de l’usage du dessin et de la couleur sur le goût du sucre.L’impact est très fort, d’abord parce que le sucre est un puissant euphorisant, avec lequel on se sent vite très bien. Le dessin individualise la relation avec le sucre; quand on aime la BD, on n’est pas quelqu’un de banal et la couleur renforce le plaisir du sucre. Le blanc seul peut évoquer beaucoup de choses mais pas forcément le plaisir  simple et premier de manger un bon gâteau et de sucer une belle sucette rouge, violette...

R.8. à la Q.8 Les trois grandes différences entre les deux packagings. En 1, c’est l’importance variable de la présence de la marque, avec un grand logo x 2  sur la vache sur fond violet, qui contraste avec le petit logo en haut au niveau du col dans les Lollipops. En 2, le lien clair de la vache avec le lait sur le packaging n° 1 au fond violet et sa disparition visuelle sur le second, malgré l’inclusion de « cream » dans le titre. En 3. La clarté du visuel audacieux en 1,  qui contraste avec l’arrivée d'un  lutin qui fait des tas de blagues potaches, du type « je t’envoie mon cornet pour que tu glisses dessus ». Comme une bataille de boule de neige mais avec des glaces. C’est d’un drôle ! 

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R.9. à la Q.9  Leur grand point commun. C'est la forme de tirelire, avec la fente incisée dans le couvercle que l'on peut oter. C'est alors qu'apparait de façon première et très direct le lien avec l'argent. Ce bidon est aussi une tirelire qui apprend à l'enfant à comprendre ce qu''est l'argent et l'épargne. A chaque bonne action, on donnait un bon point aux enfants d'il y  a deux ou trois générations qui avaient fait quelque chose de bien. Il y a maintenant d'abord une sucette et ensuite des pièces d'argent que l'on peut amasser pour ensuite -  pourquoi pas? - s'acheter d'autres sucettes. C'est aussi un lien, dans l'histoire cette fois-ci, quand les grands Betteraviers du Nord de la France ont pu amasser des fortunes sur le sucre de betterave. Et en remontant dans le temps, un lien avec la richesse des Grandes Familles de l'Ouest de la France qui sont parties s'installer aux Antilles pour y faire cultiver la canne à sucre...     

R.10 à la Q.10. Le packaging préféré.   Pour ma part et sans conteste, c’est le premier, à cause de la vache, de ses yeux bigleux, de sa langue rouge et de son énorme "pif" (son nez). Il y a là un dessin joyeux.

R.11 à la Q.11. Le peu d’informations sur la sucette espagnole hier et le groupe italien aujourd'hui. C’est une politique générale des grandes entreprises dans le monde : faire peu de communication sur elles-mêmes  et beaucoup de soutien aux produits au niveau de tous les modes de distribution adaptées pour pousser le produit vers le consommateur et l’acheteur. En ce qui concerne Chupa Chups, l’entreprise d’Enric Bernat de 1958 à 2011, les informations étaient déjà très contrôlées du fait de l’acuité de la concurrence entre les groupes. La revente a accru le processus, la concurrence s’est encore renforcée au niveau mondial de sorte que sauf exception, les mêmes informations ou presque circulent en boucle. En attendant la venue dans la danse de la concurrence de poids lourds venant de Chine et de la République indienne…         

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