En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

Les Habits du Vin

Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 18:57

Un mini-jardin de rue = un jardinier attitré

OAngers, Mini-Jardins de Rue, Rue de La Meignanneui, il est bon de le rappeler aux néo-jardiniers. Quand vous implantez un mini-jardin de rue, il vous faudra penser à y aller régulièrement pour voir si tout va bien, s’il n’a pas besoin d’une main secourable pour redresser une tige, enlever une feuille morte, un papier qui n’a rien à faire là... et donner une gorgée d’eau aux plantes qui en réclament.  

La lancinante question de l’arrosage

Clairement et sauf cas très exceptionnel, vous serez amené à  arroser votre mini-jardin de rue surtout dans les mois qui suivent la reprise. Certes l’arrosage est limité pour cause de développement durable, de sélection de plantes peu gourmandes et peu exigeantes. Il faudra néanmoins un arrosage au bon moment au bon endroit, tout en tenant compte des limitations d’arrosage imposées en été sec.  

La question du comment arroser

Avec un tuyau, c’est quasiment toujours exclu, à moins que votre jardin soit jointif du trottoir où se trouve le jardin. Reste donc dans la quasi-totalité des cas, le bon vieil arrosoir désormais en plastique vert qui blanchit avec le temps. Je vous conseille celui de 14 litres que vous ne remplirez pas tout à fait à plein sous peine de vous mouiller les jambes. Un seul arrosoir, non plus  n’est pas bon. Il vous en faut deux pour ne pas avoir à faire des aller-retours trop nombreux, alors que chacun sait vous vous êtes un-e fin-e stratège.

  

Supposez maintenant qu’il s’agisse d’arroser des mini-jardins plantés le long du mur d’un cimetière, dans une rue passante. La première idée qui vous vient à l’esprit est d’apporter votre propre arrosoir. Pas les deux, le vélo n’aimerait pas et déjà un, ce n’est pas facile. Je sais, j’ai essayé.  Quant à prendre la voiture, il n’en est pas question. Cela tuerait le plaisir de jardiner. Reste donc le vélo, sans arrosoir, avec un sac spécial mini-jardin de rue dans lequel il y a des gants, une pelle, un sécateur et des plastiques pour les parties des végétaux à enlever et les papiers jetés à terre. L’eau, vous la trouverez sur place au cimetière.  

La pêche à l’arrosoir

Il vous faudra chercher cette fois-ci de préférence deux arrosoirs pour équilibrer la charge. Ceux-ci ne contiennent plus que 6 litres. Comme il n’est pas question de remplir  l’arrosoir à raz bord, vous ne transporterez que 5 litres à chaque fois.  Une misère, vous comprenez pourquoi il vous en faut impérativement deux. La grande aventure commence alors.   

  

Souvent vous commencez par vous mettre en jambes en jouant à Angers ouest, MJR rose trémière + lilas muraillequatre coins, en marmonnant « où donc sont encore partis les arrosoirs ? » En principe, à chaque coin des quadrilatères plus ou moins réguliers, vous devriez trouver trois arrosoirs  accrochés à un poteau fin situé à coté d’un robinet à eau. Comme la répartition est aléatoire - car on ne repose pas forcément l’arrosoir là où on l’a trouvé - l’arrosage commence par une marche à pied active mêlée aussi souvent  d’échanges d’information entre ceux qui cherchent, ceux qui utilisent des arrosoirs et ceux qui les rapportent. Ceux-là sont accueillis comme des quasi-héros.  

La négociation portant sur les arrosoirs

Parmi les exemples de questions posées avec les réponses :  

Question. Reste-il des arrosoirs, là d’où vous venez ? Savez-vous où je pourrais en trouver ? Les réponses sont souvent négatives. Mais parfois, l’indication peut se révéler porteuse.  

 

Question. Puis-je attendre que vous ayez arrosé ou fini d’arroser, au moins un arrosoir, avec promesse s’il le faut d’en rapporter un ou les deux selon les cas?    Réponse = Bien sûr, prenez-les ; je n’ai pas fini de nettoyer…Autres réponses = Non, ce sont les miens. Je les apporte spécialement. Oh non désolée, je vais en avoir besoin.  

 

Il y a aussi des questions en sens inverse qui sont posées au jardinier. 

. Pourquoi deux arrosoirs ? Vous n’avez qu’à en prendre un et revenir le remplir après.    Réponse : non, il en faut deux pour limiter les aller-venues et proposition est faite de … (voir la réponse ci-dessous). La problématique est différente quand il y a beaucoup de monde. En ce cas, c'est un arrosoir, sans discussion aucune.  

 

Une question posée avec humour et une pointe de  suspicion: 

. Et pourquoi vous allez dehors avec ces arrosoirs ? Clairement entendu qu’il était plus que bizarre de sortir du cimetière avec des arrosoirs plein d’eau.   Réponse : Je vais dehors arroser les mini-jardins de rue que la ville a installés à la demande des habitants dans le cadre du Conseil de Quartier avec promesse de notre part de l’entretenir ! Et  les arrosoirs sont rapportés à chaque fois. Si quelqu’un est pressé, proposition est faite  à l’auteur de l’interpellation de venir avec le jardinier pendant l’arrosage dehors dans la rue et de récupérer tout de suite l’arrosoir. Mais jamais personne n’est venu. Un grand dommage, assurément.  

La question plus large portant sur ce qu’est un mini-jardin de rue

En réalité, au-delà de la question portant sur les arrosoirs, les gens veulent savoir pourquoi ce sont des habitants qui s’en occupent et pas les jardiniers de la ville. Ces réponses là prennent souvent un peu plus de temps. Le message est qu’il n’est pas possible à une collectivité quelle quel soit de s’occuper de végétaliser tous les trottoirs aux abords d’immeubles, de maisons ou de clôtures de jardin  le long des rues de toute la ville. Cela n’existe nulle part au monde. Maintenant cependant et pour ceux que cela intéresse, il est possible sous certaines conditions et avec l’accord des services des Parcs et Jardins d’Angers, d’implanter un mini-jardin de rue sur l’espace public, à la condition de prendre en charge l’entretien. La question la plus récente d'une dame posée d'un ton plus que dubitatif: "êtes-vous habilitée à planter ces chrysanthèmes?" et la réponse est un oui franc et massif!   

Pour suivre le chemin

. Ce billet répond à deux questions : Comment arrosez-vous ? Pourquoi parlez-vous autant avec les gens quand vous vous occupez des mini-jardins de rue ? 

. Pour des renseignements, contactez le Service des Parcs et Jardins d'Angers au 02 41 22 53 00 et sur le site www.angers.fr

. Voir les autres billets portant sur ce thème sur ce blog Planter les premiers mini-jardins de rue avec les habitants > Angers    DD10 > Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers > France

 

. Photos EP        

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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