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Le Blog d'Elisabeth Poulain

N comme Nanas > Les Dames de Shanghai

23 Août 2011, 17:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Quand vous cliquez sur « Dame de Shanghai » sur Google, c’est la  version    Dames de Shanghai, Shanghai Modern, Europalia China,

cinématographique qui l'emporte sans aucune contestation possible. Il n’y en a apparemment qu’une seule, alors que la ville de Shanghai compte au bas mot 23 millions d’habitants dont pourtant presque 49% sont des femmes. A vous de calculer combien il y a de dames de Shanghai dedans.

 

La Dame et la femme

C’est un calcul compliqué à faire, car il y a dame et dame, ou plutôt dame et femme, une fois enlevées du calcul, les petites filles et les mères-grands  qui n’ont pas la prétention d’être une dame. Une dame est quelqu’un de très spécial. Par rapport à une femme, une dame a toujours eu plus d’une longueur d’avance, elle est d’essence particulière. On dira d’elle que c’est une grande dame, une belle dame... Une dame d'âge avancée restera une dame. Il suffira de dire : c’est une dame pour montrer qu’elle a de la classe. Etre une dame est un titre qui se mérite, comme nous allons le voir avec différents exemples  à la notoriété variable.

 

La mégalopole d’aujourd’hui

Shanghai revendique à nouveau pleinement son aura culturelle cette fois-ci à l’échelle mondiale. Elle compte dans le Top Ten des villes mondiales. La ville ne renie plus son passé européen et français en particulier, lors de la Concession française de Shanghai (1862-1946), mais sans en faire de trop. Il en va ainsi de ces héritages coloniaux dans tous les pays du monde.  Il n’en reste pas moins qu’il reste aux dires mêmes des habitants fortunés comme des  représentants des pays étrangers une ambiance particulière à Shanghai. De là, à assimiler la Shanghaïenne à la Parisienne il n’y a qu’un pas aisément franchi par les grands noms du Luxe, avec plus d’argent là qu’ici.

  Dame de Shanghai, Shanghai Modern, Europalia China,

Le « Shanghai Modern »(1900-1940)

L’époque est placée sous le signe du « Modeng », directement traduit de l’anglais « modern » auquel s’associe « la mode ». Etaient à classer dans la catégorie Modeng «  les films, les cafés, le golf et les soirées dansantes »,  des nouvelles activités directement empruntées à la culture occidentale. La place très spéciale de cette capitale culturelle qu’est Shanghai date de cette époque. L’art de vivre contemporain est né à cette époque. Des jeunes femmes très modernes  ont commencé à apparaître en peinture et en publicité, comme le montre deux exemples de la sélection faite les autorités de Beijing et de Shanghai pour l’exposition Europalia-China qui eut lieu au centre d’Art de Rouge-Cloître à Bruxelles (2009-2010).

 

Les Fleurs de Shanghai

Une des conséquences de l’attribution de concessions aux puissances étrangères occupantes fut l’éclosion en grand nombre de maisons closes où il était possible aux clients de jouer au mah-jong, de boire de l'alcool, de fumer de l’opium et de se choisir une Fleur pour quelques instants de plaisir à l’abri de la police locale. Des films retracent  cette période où la notion de droits des femmes était plus qu’étrangère à la culture ambiante pas seulement chinoise d’ailleurs.  Le film « Les Fleurs de Shanghai » de Hou Hsiao Hsien en est un bon exemple. Ces Perles clairement ne se désignent pas comme des Dames. Pourtant certaines grandes courtisanes en avaient le statut. Elles ont contribué, comme en Europe et aux Etats-Unis à faire éclore une nouvelle culture centrée sur une plus grande liberté individuelle et une nouvelle image d’audace pour les femmes bien nées.    

 

La Dame de Shanghai  

En 1947, Orson Wells sort l’un de ses plus célèbres films « The Lady of Shanghai » incarnée par Rita Hayworth. La star, teinte en blonde, était encore mariée au cinéaste. Elle demanda le divorce à la fin du film en raison notamment du sort et du traitement que lui fit subir son mari pendant le tournage. En fait la renommé de ce film est telle au niveau mondial qu’il occulte tout le reste. Parler de dames de Shanghai et tout le monde a le film en tête, même si peu le connaissent.

 

La Lady Blue Shanghai

Cette magnifique femme aux cheveux châtains foncés, Marion Cotillard, revêtue d’un fourreau noir,  qui est la star choisie par Dior pour représenter son parfum conçu spécialement pour le marché asiatique.  Le bleu ajoute au mystère de la marque dans un pays placé sous le règne de la couleur rouge. C’est un signe innovant qui joue sur le contraste, dans ce court-métrage de 16 minutes de David Lynch (2010) réalisé pour créer l’événement pour le lancement d’une boutique Dior à Shanghai.

 

Dame de Shanghai, Evian Shanghai Beauty

La Beauté de Shanghai Beauty Evian

Cette fois-ci, je vais avoir du  mal à vous parler d’une dame. Elle n’en a pas l’air. En fait elle ressemble plus à une Escort Girl tarifée qu’à une jeune femme de Shanghai. Elle porte une Cheongsam, la robe traditionnelle de Shanghai, remise à la mode dans les années 30 et modernisée en 1933 « avec une échancrure du côté gauche et une fente de 17 cm de long aux revers ». Aussitôt, toutes les femmes modernes suivirent son exemple. Plus tard, les fentes devinrent de plus en plus profondes, atteignant le haut de la cuisse. Dans le même temps, la robe devint de plus en plus cintrée à la taille ». Telle est la description qu’en fait Chine-Informations à l’intention de ses lecteurs français. 

 

La robe de la Beauté de Shanghai Beauty Evian a une fente latérale qui arrive sous les fesses. C’est elle qui représente la ville dans ce dessin de Stéphane Manel, qui a par ailleurs réalisé deux autres visuels pour Paris et New York . Choisir une telle représentation de la jeune femme d’aujourd’hui  pour vendre son spray d’eau en brumatisateur facial  provoque le rire d’abord et un questionnement après. Est-ce bien cela la libération de la femme ? Se voir comme une Escort Girl ?  A noter que cette fois-ci, ce n’est plus le rouge-rouge qui est choisi mais un rose fuchsia foncé. La série des trois brumisateurs aux noms de ville  a été lancée pour marquer l’ouverture de spas de marque Evian en particulier à Shanghai.

 

Pour suivre le chemin des DDS

. Sur le Shanghai Modern, voir la plaquette Shanghai Modern 1900-1940 d’où sont extraits les deux photos

. en tant que Fleur de Shanghai http://www.cineclubdecaen.com/realisat/houhsiaohsien/fleursdeshanghai.htm

 

. en tant que star iconique du monde du cinéma http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_de_Shanghai

 

. en tant que parfum Dior, un très bon site http://www.lemodalogue.fr/2010/05/luxe-savoir-faire-heritage/shanghai-lady-blue-dior/

Et des photos du court métrage de David Lynch

http://www.google.fr/search?q=lady+blue+shanghai+le+film&hl=fr&rlz=1T4SKPT_frFR443FR444&prmd=ivns&source=lnms&tbm=isch&ei=lHFSTqUzgc6EB_Xm-fsG&sa=X&oi=mode_link&ct=mode&cd=2&ved=0CA0Q_AUoAQ&biw=1366&bih=562

 

. en tant que femme d’aujourd’hui très orientée vers la séduction , la Beauté Evian de Shanghai Beauty. http://www.chine-informations.com/guide/histoire-des-cheongsams-qipao-de-shanghai_3352.html

 

. Voir la série de trois sur

http://www.beaute-addict.com/actualites-beaute/le-brumisateur-evian-sinvite-chez-colette-1182.php

 

. Photos, avec mes remerciements aux différents contributeurs, EP pour l’eau d’Evian en spray.

. Voir la série des N comme Nanas sur ce blog

N = Nana = Annie Leibowitz = Mme Lavazza dans son bain de spaghettis   

N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co

N comme Nana > Les Jambes > Les Queues de Sardines > Bricquebec 

N comme Nana comme l'étranglement par le corset 

N comme les Super-Nanas de La Tranche sur Mer 

 

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