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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Parler de l'aménagement des berges de Lyon à bord de la péniche Varta

22 Juin 2010, 17:27pm

Publié par Elisabeth Poulain

Lyon 2010.06.12 098Aménagement ou concertation ? En réalité, on a parlé des deux toute la journée à Lyon, puisque le réaménagement des berges du Rhône est au moins autant qu’une grande opération d’urbanisme urbain, une toute aussi grande opération de concertation entre les citoyens et leurs représentants à l’agglomération lyonnaise, GrandLyon, à la ville de Lyon et à la Région Rhône Alpes. Disons plus justement, que ce grand projet, maintenant devenu réalité, présente, comme au théâtre, unité de lieu, unité d’action, unité de temps, avec reliant le tout, toutes les facettes de l’aménagement  et de la concertation inscrites dans la durée.

 

Pour mener à bien une opération urbaine d’une telle envergure, en objectifs, en durée, et en coût, il a fallu du côté du Grand Lyon, une forte implication du député-maire de Lyon, Gérard  Collomb, président du Grand Lyon et du bureau, en particulier des deux grands élus du Grand Lyon, tous deux vice-présidents, que sont

. Gilles Buna, élu vert en charge de l’Urbanisme et du Développement durable, 

. Gérard Claisse, élu communiste, en charge de la Participation et du Conseil de Développement…

 

La temporalité

A écouter Gilles Buna, on comprend très vite qu’il a du présenter cette opération des centaines de fois depuis le lancement officiel du projet en 2002. Peut être plus, car on a commencé à re-parler de Lyon comme d’une ville fluviale en 1985 à l’instigation de la communauté urbaine de Lyon. Il fallut ensuite 6 ans pour que sorte le ‘Plan bleu’ pour étendre cette esquisse de ce qui n’était pas encore un projet au Grand Lyon des 55 communes qui le composent. Onze ans après, en 2002, les travaux purent commencer. Soit 17 ans de persévérance.

 

Les éléments de langage

« La Ville, selon Gilles Buna, avait tourné Lyon 2010.06.12 102le dos à son fleuve », comme l’a bien montré Fernand Braudel dans ses recherches. La ville avait mis à profit la présence fluviale pour insérer une autoroute urbaine et des parkings. Devant l’engorgement de la ville, il fallait « réconcilier les Lyonnais avec leur fleuve », en prenant des décisions lourdes de conséquences telles que « la suppression du stationnement, l’implantation de modes doux de déplacement, l’articulation entre les aménagements nouveaux avec les trois arrondissements concernés. Avoir la ville à portée de main, en réconciliant le genre urbain et le genre humain. Ici à Lyon, on ne fait pas du Paris Plagiat, on fait du définitif ».

 

La sélection de l’équipe de paysagistes

Au final, quatre équipes restaient en lice. En 2003, le choix par le Grand Lyon s’est porté sur le projet qui laissait le plus de liberté en terme d’évolution, « avec des enrichissements possibles ». C’est In Situ qui a été retenu après qu’une exposition ait présenté les quatre.

 

La maturation du projet au fil de la concertation

Le projet retenu au final après consultation du public et décision finale du Grand Lyon a fait l’objet de modifications rendues nécessaires pour diverses raisons, telles que la concertation,  l’évolution du temps  ... Annie Tardivon de l’Agence In Situ reviendra sur cet affinement du projet. Retenons que la concertation a duré 4 ans, tout au long du temps d’exécution. Le chemin se trace en avançant. Ces mots précisément n’ont pas été dits ; ils résultent du double cheminement  qui s’entrecroise constamment.

 

Lyon 2010.06.12 103Quatre principes de départ cités et un non

Ils sont absolument nécessaires pour cadrer cette fluidité associée à une temporalité assez longue.  Ils concernent la présence de la voiture, le recours à des marchés de performances, la dépense publique, le recours à des marchés de performance et enfin le risque. L’ordre cité est celui adopté par Gilles Buna, qui aurait pu ajouter, l’intégration  du maximum de vertu écologique, au titre du développement durable dans l’opération. Mais cela n’a pas été cité.            

 

Le Ier principe, la suppression du stationnement

Pendant la phase de concertation, une étude a été faite afin de connaître les modalités précises du stationnement : 10% seulement étaient le fait des résidents, 30% provenaient du commerce local et 60% étaient du parking pendulaire. La décision a été d’implanter deux parkings payants d’une durée de 3 heures sur les quais, un en amont et un en position centrale, pendant la période de concertation qui a suivi l’exposition et le choix de l’agence. Quant à la voiture en général dés le départ, un des objectifs prioritaires a été qu’il s’agissait « d’enlever le maximum de voitures ». 

 

Le principe n° 2, le recours à des marchés de performance pour l’entretien

Après une étude en interne, l’équipe chargée de l’étude de faisabilité à la communauté urbaine a butté sur le problème de l’entretien de ce vaste espace désormais dédié aux loisirs et aux activités sportives et ludiques. Pour conserver la qualité du site, il a été décidé de faire appel à un seul gestionnaire qui prend en charge l’entretien « courant, pérenne, et durable, d’un site complexe en permanence, quelque soit les flux, l’heure, jusqu’à 22 heures ou la saison.                   

 

Le principe n° 3, la dépense publique  Lyon 2010.06.12 114

La concertation, au cœur du projet, ne devait pas « entraîner de dépenses supplémentaires. Le budget de 44 millions d’euros ne devait pas être dépassé ».

 

Le principe n° 4, la prise en charge du risque

Cette question a été ensuite reprise plus amplement par Annie Tardivon, co-associée de l’agence lyonnaise d’urbanisme In Situ. Avant de lui céder la parole,  Gilles Buna a tenu a terminé sur ce point évidemment essentiel. "Le risque d’inondation est très fort, en particulier en matière de crue décennale. L’opération de ré-aménagement devait prendre en compte cet élément".

 

Pour suivre le chemin

. La péniche Varta a été acquise par le Grand Lyon et aménagé aux fins de la concertation. C’est là que se sont passés les nombreuses séances de concertation avec les habitants et personnes concernées par l’aménagement des berges. C’est une péniche de 39,5 m de long  qui a gardé son nom lorsqu’elle était encore dédiée au transport fluvial de marchandises.    

. Voir les autres billets dédiés à cette grande opération lyonnaise, sur ce blog ;

. ainsi que la série sur Bordeaux et l’aménagement des quais de la Garonne à Bordeaux.  

. Photos EP, n° 1 La montée à bord de la Varta, avec Annie Tardivon à gauche, n° 2 l'intérieur, n° 3 Gilles Buna et Annie Tardivon, n° 4 la rive droite du Rhône en face

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