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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Payer en francs (FRF), c'est toujours possible, avec des timbres...

18 Août 2014, 14:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

  

Et pour un envoi postal. C’est ce qu’on peut constater en recevant un colis envoyé par la poste à la suite d’une commande. Comme vous pouvez le voir, l’expéditeur ne s’est pas contenté d’utiliser ses vieux timbres. Il a aussi pris la peine de sélectionner des timbres qui tous ont quelque chose à dire.

Une précision d’abord sur la monnaie et le pays. Il n’est marqué qu’une seule fois qu’il s’agit de francs français (F), mais l’indication « France » n’est jamais loin. On peut voir aussi l’indication « République française » pour 3 timbres qui semblent plus anciens du fait de leur graphisme. Ce sont le « IXe Centenaire de la Bataille de Hastings », « 1916, le 50è anniversaire de la Bataille de Verdun, 1966 »  et le « Château de Valençay ».

Timbres français-FRF-commémorations-symboles

Les timbres par montant, en commençant par les plus élevés.

. 1 timbre à 1,20 + 0,30 pour Louis Armand, un timbre qui a dû être fait après son décès en 1971 pour honorer sa mémoire.   

. 2 timbres à 1,20, qui sont l’Exposition mondiale de la Machine-Outil Paris 1975 et le « Sénat de la République 1875-1975 » pour fêter son centenaire. 

. Une série de  4 timbres à 1,10, le « Château d’Esquelbecq » avec un dessin au graphisme daté, « La Broderie »  avec une très jolie représentation d’une brodeuse signée par le peintre Louis Toffoli en 1980, la « Bataille de Nancy 1477-1977 » en commémoration du 500è anniversaire de cette bataille et la « cathédrale de Lodève ».

. 1 timbre à 0,60 pour le IXe centenaire de la Bataille d’Hastings.

. 1 timbre à 0,30 + 0,05 pour le 50e anniversaire de la Victoire de Verdun 1916-1966. Aujourd’hui, les auteurs de wikipedia parlent plus justement de « la Bataille de Verdun, du 21.02.1916 au 19.12.1916, qui a donc duré 9 mois, 3 semaines et 6 jours, dont l’issue a été une victoire française ». Le timbre s’inspire d’une médaille frappée en 1916, un jeton pour l’époque, avec une « Victoire », une jeune femme cheveux au vent et glaive à la main d’un côté et les deux tours de la Citadelle de Verdun de l’autre. La double innovation provient des soldats en marche dans le médaillon et du casque à terre avec les palmes, qui doit symboliser la mort de 163 000 soldats morts sur place et 215 000 blessés français, invalides le plus souvent, les blessés guérissables n’étant même plus comptabilisés.    

. Vient ensuite le seul timbre marqué avec un F pour Francs, qui est celui représentant le Château de Valençay de 25F. Il est daté de 1957, ce qui colle avec le passage au nouveau franc en 1959.  C’est la raison pour laquelle, on change d’échelle, entre la bataille d’Hastings à 0,30 + 0,05 et celui du Château de Valençay à 25 F ! Le timbre sera néanmoins utilisé tel quel ensuite pour l’affranchissement des lettres en France métropolitaine.

Timbres français-FRF-commémorations-symboles

Les 10 timbres et les choix des représentations dessinées.

. Il y a 1 hommage à un grand homme, Louis Armand, qui n’a pas été un politique. Gageons que son engagement dans la Résistance et sa grande carrière à la tête d’entreprises françaises à stature internationale sont des explications valables. 

. 1 femme anonyme, La Brodeuse, pour représenter la broderie, ce qui est déjà bien. Le plus souvent cet art textile est représenté par une broderie achevée. Le double choix de Louis Toffoli et de l’Administration des Postes ont valorisé la personne qui brode, ce qui est rarissime dans la broderie.

. Une représentation allégorique de la Victoire, représentée par un corps de femme ailée, qui semble guider des soldats au fusil à l’épaule en marche sur un fond de deux tours d’un château fort avec le drapeau français qui flotte au vent      

Les 10 timbres, la représentation dessinée et  le montant. Il n’y a pas de lien entre l’importance de l’évènement, comme la Bataille de de Hastings par exemple et le montant qui était de 60 centimes. Louis Armand, autre exemple, pèse deux fois plus lourd  sans qu’il soit possible d’en tirer des conclusions. La Brodeuse sinon pèserait presque autant que le Grand Homme, même à harmoniser les deux parités du franc.

Quant aux dessins, ils sont pour la plupart dictés par le thème, comme le dessin de la cathédrale pour celle de Lodève, un dessin de l’hémicycle pour le Sénat, le portrait de Louis Armand... La Brodeuse, on l’a vu, est originale de par son dessin. Restent deux catégories, les batailles et la représentation de l’exposition mondiale de la machine-outil.

. Les Batailles. Ce sont des grandes batailles qui ont fait la France, même si on l’a vu, celle de Verdun s’appelait sur le timbre « la Victoire de Verdun ». Leur composition est riche. La composition est dense, les thématiques sont nombreuses, avec des châteaux du Moyen-Age, des combattants en armure, des drapeaux, un fleuve, la mer ou le vent, la Liberté dans ses voiles…Toutes ces représentations qui à la fois relèvent de notre imaginaire construit dès la petite école  et contribuent à créer et recréer cet imaginaire.

. Quant à l’exposition de la Machine-Outil, le challenge pour le créateur du timbre était plus tourné vers la création du mythe. Il fallait montrer l’importance de l’évènement en célébrant la beauté de la force de la machine au service de l’homme, comme dans le film de Charlie Chaplin mais cette fois-ci en positif. Une version 1975 des Temps modernes, au service de l’Homme, avec le sigle LEMO (L’Exposition Mondiale de la Machine-Outil), centrée sur l’Afrique et l’Amérique latine. L’intéressant, quand vous regardez bien la gravure d’Albert Decaris, est que vous arrivez à découvrir un homme-outil en armure sur le côté gauche au milieu…

Timbres français-FRF-commémorations-symboles

Grâce à ces 10 timbres différents, 5 horizontaux et 5 verticaux, nous avons pu voyager dans les siècles, de 1477 (Hastings) jusqu’en 1980 (La Brodeuse), en temps de guerre, en tant de paix,  en France, en Angleterre… En réalité, notre histoire commence par les vestiges de la première catédrale de Lodève du Xè siècle, fondée par les Celtes à la fin du IVè siècle. Nous avons traversé les continents. Nous sommes devenus châtelains, soldats l’épée ou le fusil à la main, sénateurs de la République ou techniciens de la machine-outil. Femmes, nous avons brandi l’étendard de la Liberté en symbole de la Victoire, pendant que d’autres s’abîmaient les yeux à broder des tissus fins.   

Le timbre en lui-même est déjà un voyage. Celui-là est impressionnant…         

 

Pour suivre le chemin

. Louis  Armand est un ingénieur, haut fonctionnaire et résistant français, 1905-1971 qui a fortement marqué son époque  http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Armand_(ing%C3%A9nieur)

. Le château d’Esquelbecq (début du XVIIe) est situé juste à la frontière avec la Belgique, à voir grâce à de belles photos sur http://www.jepi-dunkerque.fr/article-le-chateau-d-esquelbecq-57400794.html  

. « La Broderie » de Louis Toffoli (1907-1999) est à retrouver en bon cliché sur http://www.wikitimbres.fr/timbres/1728/1980-la-broderie-toffoli  

. La Victoire de Verdun sur http://www.wikitimbres.fr/timbres/675/50e-anniversaire-de-la-victoire-de-verdun-1916-1966 et le jeton de 1916 sur http://www.cgb.fr/troisieme-republique-bataille-de-verdun,fjt_286824,a.html

La Bataille  de Verdun sur Wikipedia,  une terminologie qui me semble plus acceptable, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verdun_(1916) 

. Le Château de Valençay – Indre – dessiné par Robert Cami, à voir avec précision sur la fiche très claire d’Alex Bernardini sur http://www.alex-bernardini.fr/Ch%C3%A2teau-de-Valen%C3%A7ay-France-1957-1128.html

. L’exposition mondiale de la Machine-Outil, à voir de près avec    http://www.wikitimbres.fr/timbres/666/exposition-mondiale-de-la-machine-outil-paris-1975-1emo 

. La cathédrale de  Lodève que j'ai failli oublier, à voir sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Fulcran_de_Lod%C3%A8ve    http://www.wikitimbres.fr/timbres/611/1976-cathedrale-de-lodeve

. Photo Elisabeth Poulain  

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