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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Port de Cherbourg, Couleurs & Effets-Temps sur vieille coque rouillée

4 Septembre 2014, 15:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

La situation. Vous devez conduire une voiture à Cherbourg  afin que celle-ci soit embarquée au port via un ferry à destination de l’Irlande. Il faut donc partir à deux voitures et arriver sur place un certain temps avant le départ de façon à faire toutes les démarches préalables. Au téléphone, on vous précise fort aimablement d’arriver avant l’heure, en prévoyant largement.

 En bon élève que nous avons toujours été du genre studieux, toujours à l’heure, jamais en retard, nous sommes arrivés franchement bien avant l’heure. Après avoir été boire un café, la question s’est posée de savoir que faire, sachant qu’il n’était pas possible de déposer la voiture et de s’en retourner tout de suite après. Il fallait attendre l’ouverture du guichet d’enregistrement au départ.

Nous voilà partis à la découverte des quais et de ce qu’il pouvait avoir à voir à ceux qui savent regarder, dans une partie du port qui à l’époque ne brillait pas par ses atours. Il y avait un petit côté de désespérance, que l’on voit souvent, parfois dans des zones portuaires un peu ou franchement délaissées. C’est très vite le cas dès lors qu’il n’y a plus d’activités.  

Non loin du lieu où nous avions garé les voitures, nous sommes partis voir le quai le plus éloigné encore accessible. Et c’est là que vieillissait une vieille coque peinte en bleu moyen dans sa partie haute, barrée d’une bande jaune horizontale qui marque la frontière avec la partie basse. Dans les clichés que j’ai faits, j’ai retrouvé les cinq  que je vous présente.  


Coque-bateau-couleurs-effets-temps-2  

.1. C’est d’abord cette confrontation tonique entre ce très beau bleu « mer du sud profond » et le jaune qui m’ont attiré, en cherchant sur la coque des bonnes plaques de bleu, où il restait du bleu sur les lattes de bois. En-dessous, la partie basse a quasiment perdu toute ses teintes tant ses conditions de vie et de non-entretien ont été dures. C’est ce que vous montre le Ier cliché où l’on distingue les grosses pièces de métal rouillées.

 

Coque-bateau-couleurs-effet-temps-1

.2. Au-dessus, on distingue la couleur bleu clair d’un ciel léger. On sait qu’il s’agit du ciel à cause de la rambarde à laquelle est attaché un bout de corde. A droite, c’est du bois, à gauche on dirait une plaque de métal, avec en entre-deux pour les tenir, des grosses pièces de fer.

 

Coque-bateau-couleur-effet-temps-3

.3. Plus loin, le rendu de la coque change encore. Il s’agit d’un autre endroit de la coque qui parle uniquement la langue du métal où s’épanouit la rouille. Elle n’a été au début des premières prises de vue qu’un facteur supplémentaire pour rendre hommage au bleu. Puis les atteintes causées par cette  attaque du métal deviennent plus fortes au point sur le côté gauche du clichés d’avoir complètement mangé une partie de la surface haute qui cette fois-ci ne connait plus le bois.

Le métal se présente en lignes obliques larges pour la partie haute où on retrouve le bleu des mers du sud et encore un peu de la ligne jaune ancienne. Au milieu on voit un raccord plus récent qui détonne sur le fond de rouille.   La partie basse a un air poli, presque brillant à certains endroits. 

  

Coque-bateau-couleurs-effet-temps-4

. 4. L'accélaration de la dégradation. On distingue encore un peu la bande jaune à droite sur le métal et dans le gros trou causé par l’oxydation du métal.  Il ne reste en haut quasiment plus de couleur . On remarque surtout les stries obliques différenciées entre le haut et le bas, qui paraissent étranges.

 

 Coque-bateau-couleurs-effets-temps-5   

. 5. Reste à venir le dernier cliché présenté en position verticale. A dire vrai, il n'y reste  plus rien de cette histoire à trois composantes, de bleu, de jaune et de rouille. Cette fois-ci, il s’agit de plaques de métal cloutées, soudées, rafistolées qui n’évoquent ni le bateau, ni même le monde de la mer et des marins.

Au-delà, de cette petite histoire en couleurs, reste quand même une interrogation préoccupante. Quand on connait la dureté de la mer au large du Cotentin, on peut a posteriori s’inquiéter des conditions de sécurité imposées aux marins qui embarquaient sur ce type  de bateau. Il est vrai qu’il devait être en meilleur état, avant qu’on le laisse croupir, comme une vieille charrue dans un coin oublié d’une grange. Mais quand même, quel bricolage! Cela impressionne… Depuis combien de temps pouvait-il être ainsi amarré, sans bouger?

Restent des photos et un fort souvenir de l’attente par un jour gris, heureusement sans pluie, dans ce coin oublié d’un port de France…

Pour suivre le chemin

. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Port_de_Cherbourg

. Photos Elisabeth Poulain, prises il y a quelques années, à retrouver dans l’album-photos « Couleurs-Matières » sur ce blog.

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