Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Seiches sur le Loir, vue et revue par Louis Maucourt, historien

25 Septembre 2012, 11:13am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est avec un grand plaisir et beaucoup de compétence que Louis Maucourt s’est spécialisé au fil du temps dans la reconstitution de l’histoire des petites villes qui ont gardé leur « esprit village ». Il a ainsi déjà travaillé sur Soucelles, Briollay, Tiercé et … Seiches pour laquelle il éprouve un lien tout particulier d’intérêt historique et d’affection. C’est en effet son deuxième ouvrage qui éclaire le développement de cette ville de plus de 3 000 habitants qui a toujours été liée à Angers dont elle n’est éloignée que de 20kms au nord.

Seiches, Matheflon- Le Loir

La Vallée du Loir suscite chez lui une curiosité bien particulière. C’est en effet un territoire qui continue à garder un certain mystère depuis des siècles, un mystère qui naît pour partie de l’ombre que lui fait sa grande sœur, la Vallée de la Loire. Distinguer le Loir de la Loire continue à être une difficulté pour un grand nombre de touristes étrangers. Mais il n’y a pas que cela dans l’attachement que l’auteur Louis Maucourt porte à Seiches dans cette refonte de la première édition datant de 1999, enrichie avec de nouveaux documents et une nouvelle iconographie.

Le propos de l’auteur n’est pas seulement de raconter l’histoire de Seiches, la petite comme la grande, mais de montrer comment les deux s’imbriquent l’une dans l’autre dans cette boucle de la rivière « Loir », placée sous le signe de l’eau. C’est l’eau abondante et accessible qui a permis l’implantation des grands moulins sur les bords de cette rivière. C’est l’eau qui a permis l’acheminement des pierres, celles avec lesquelles sont édifiés des châteaux dont l’importance nous étonne encore. Il est vrai qu’une des particularités de Seiches sur le Loir est sa grande superficie (2883 ha).  

Seiches, Le Loir, Arbre

L’eau encore qui s’associe avec la terre riche pour fournir le blé à moudre au moulin et l’herbe tendre à brouter aux vaches. Outre le lait et la viande, elles ont aussi donné leur cuir comme matière première à la création d’une puissante industrie du tannage, tout en préservant la profonde culture rurale et forestière du lieu. Car l’arbre est aussi une des lignes de force du lieu. Encore aujourd’hui, la forêt, qui n'a pas été morcellé, occupe près d’un quart du territoire de la commune, comme on peut le voir dans le Bois de Boudré (260ha), qui est la propriété du Conseil général du Maine et Loire . C’est la forêt qui a donné le bois, indispensable aux constructions, aux moulins, au chauffage, aux bateaux qui assuraient le transport par eau…qui explique aussi pourquoi tant de bonnes fées se sont penchées sur le site.  

 Seiches-Matheflon-Eglise-LainardIMGP5520  

Ce territoire  est en effet apprécié depuis fort longtemps, comme en atteste le Dolmen de la Pierre au Loup  édifié il y a 4 000 ans au néolithique. Après une longue période d’endormissement, le réveil s’est marqué au XIe siècle par la création du Prieuré Saint-Aubin dépendant de l’Abbaye du Ronceray d’Angers. Au XIIe siècle, le Seigneur de Matheflon contribua à la construction de l’Abbaye de Chalocé à Chaumont d’Anjou et la dota de la propriété des Bois de Boudré situé entre le hameau de Matheflon et le Loir. La présence religieuse aujourd’hui encore est visible grâce  à l‘ancien Prieuré remanié et jouxtant l’Eglise Saint-Aubin (XIIème – XIXème), le « Couvent »,  ancien logis ou Prieuré Sainte-Croix (XVe siècle) desservant jadis le Château du Verger, la Chapelle Notre-Dame de la Garde (XVe), haut lieu de rencontre des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. On voit encore à Seiches, la ferme de la « Coquille », « l’Hostellerie Saint Jacques », l’emplacement des « bourdons » ou « bâtons des pèlerins" sur les tours encore existantes du Château du Verger.

Seiches, Matheflon- Château du Verger

De nombreux monuments  de prestige demeurent encore aujourd’hui. Citons parmi les plus célèbres, ce Château du Verger situé à la sortie du hameau de Matheflon qui dépend de Seiches, au nord en allant vers la forêt qui encore aujourd’hui occupe une bonne partie du nord de la boucle du Loir. La notoriété de ce domaine clos de 7 kms de murs enserrant 160 hectares, tient non seulement au bâti très classique dont il ne reste que la partie avancée visible de la petite route, mais aussi aux jardins dont le raffinement et l’importance montraient clairement une volonté de prestige. Son appartenance à la grande famille des Rohan explique vraisemblablement cela.

Construit en 1499, sur la base d’une ferme fortifiée (1441),  il fut détruit en 1776. Mais il a conservé ses tours d’entrée et ses douves en eau impressionnantes dans un paysage aussi paisible. C’est dans ce prestigieux château que fut signé le Traité dit « Du Verger », ou « Traité de rattachement de la Bretagne à la France ». Au XIXe siècle, la construction d’autres châteaux de style néogothique pour certains témoigne de la vitalité de la commune à cette époque d’ouverture de la société du en particulier au développement des transports terrestres, qui modifièrent profondément l’équilibre économique.

Jusqu’à cette époque et pendant plus d’un millénaire, c’est le transport fluvial qui avait assuré une grande partie des échanges commerciaux. Le port de Seiches était actif. Il avait pour avantage d’être un avant-poste de la grande ville d’Angers, avec  trois moulins encore en exercice au début du XXe siècle. Aujourd’hui un des plus célèbres moulins de la Basse Vallée du Loir est assurément toujours celui de Matheflon qui date du XVe siècle.

Seiches-MatheflonI, Moulin

 

Située à un endroit stratégique, au bord du Loir jadis navigable et au croisement de la route impériale reliant Nantes, Angers à Paris et d’une transversale entre les vallées du Loir et de la Sarthe, la ville a connu dès lors  un fort développement industriel avec une papeterie, une filature de laine, une fabrique de pointes, une carrière de grave et aussi un remarquable savoir-faire dans le travail du cuir. C’est sous le nom des « Tanneries angevines » qui employèrent jusqu’à 400 ouvriers, que cette industrie modela profondément l’architecture et l’urbanisme du centre de la ville de Seiches au milieu du XXe siècle.

Aujourd’hui, la ville s’est résolument engagée dans une nouvelle aventure territoriale d’importance de façon à gagner en synergie en jouant, dans le cadre du pays d’Angers, la carte de la « polarité » au sein de la Communauté de Communes du Loir axée au niveau de son développement sur trois filières : « l'Agro – alimentaire  et la filière  Agricole », la filière « Industrielle » et la « Logistique-Transports » plus particulièrement en direction de « l’e-commerce »...

Et c’est Louis Maucourt grâce à son ouvrage qui montre la profonde cohérence de l’histoire de ce territoire emblématique que constitue Seiches sur le Loir ! 

Seiches-M. Maucourt

 

Pour suivre le chemin

. Lire le nouvel ouvrage de 640 pages de Louis Maucourt « Seiches-sur-le Loir en Anjou, Un territoire, Lieu de rencontre avec l’histoire de France », avec une nouvelle iconographie et des cartes anciennes, à se procurer auprès de l’association « Familles rurales de Seiches », 7, rue des Moulins Matheflon, 49140 Seiches sur le Loir, 02 41 76 21 99  et 06 85 82 15 16, pour un coût préférentiel de 20E l’unité lors de la souscription, 25E ensuite.

. Aller voir le Loir à Seiches et consulter avant http://www.seiches-sur-le-loir.fr/ ainsi que http://fr.wikipedia.org/wiki/Seiches-sur-le-Loir avec cette très belle photo aérienne du centre de Seiches  et aussi pour aujourd'hui  http://www.cc-duloir.fr/vitalite_economique.aspx  

SEICHES~Vue aérienne-Cité-des-Rabières 

. Découvrir en photo le dolmen situé dans un domaine privé au lieu-dit « Grandchamp du Loup », sur http://patrimoine-de-france.com/maine-et-loire/seiches-sur-le-loir/dolmen-dit-la-pierre-au-loup-2.php

. Photos Elisabeth Poulain, AL et Wikipédia pour celle du bas, avec mes remerciements  

Commenter cet article