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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Sentir à Lyon la force vive du Rhône à la Cité internationale

14 Juin 2010, 17:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Bordeaux, on parle des berges de la Garonne, un mot Lyon 2010.06.12 055d’origine gauloise qui désigne un bord d’eau. Et quelle eau ! C’est celle du Rhône, un fleuve d’une puissance inégalée en France. Il est aussi celui dont la source se situe en Suisse. C’est certainement la raison pour laquelle, M. Lensel, urbaniste du Grand Lyon, qui nous a accompagné le matin, a comparé la ville avec Zurich en terme d’habitants (3 millions d'habitants). La force du fleuve est redoutable, tant en volume, qu’en débit. Il est sujet aussi à des inondations d’une grande amplitude, d’autant plus redoutable que son cours est contraint en centre ville par des quais hauts et des rives rapprochées dans une ville comme Lyon.

  

Un tempo très rapide

Une journée seulement pour découvrir trois séquences de la rive gauche du Rhône,  ce qui a été fait en amont, la Cité internationale,  au milieu sur plusieurs kilomètres et enfin en franchissant l’eau de l’autre côté, celui de la Confluence. Vraiment il ne fallait pas flâner. C’est la première impression que je retiens de cette visite faite pour découvrir les berges. Lyon est une si grande et vraie ville, pas un décor de théâtre, qu’il faut plusieurs jours à un rythme adapté aux choix de chacun peut être pour sentir le fleuve et quelques-unes de ses résonances avec la ville.

 Lyon 2010.06.12 010

Cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un transport en car, prêt à nous attendre si nous étions en retard, mais en train. Et de train, il n’y en avait pas d’autres après 18h26 ; il n’y en avait pas non plus partant de Lyon Perrache où nous nous trouvions justement à l’heure où il fallait cesser la visite. Il a donc fallu tracer pour respecter le planning chargé, conçu par Agnès Faudon du cabinet du Président-Grand Lyon, en charge de la participation citoyenne.  

La traversée de la ville

Elle s’est faite dans un bus que le Grand Lyon a mis à notre disposition pour nous emmener à la découverte de la Cité Internationale. Cela nous a permis de voir et revoir cette belle ville bourgeoise qui sent l’opulence et la réussite, avec au tout début de notre traversée vers le nord, quelques bâtiments contemporains ou anciens propres à éveiller notre pupille. Ce qu’on peut retenir de la circulation en ce samedi de beau temps du mois de juin, c’est la fluidité et la rapidité de la circulation. 

La Cité internationale

Lyon 2010.06.12 016C’est un grand ensemble urbain situé entre le Parc de la Tête d’Or et le Rhône, avec de l’autre côté du fleuve, la colline pentue  de Caluire et Cuire. Le principe est celui qui est cher à l’architecte Renzo Piano : édifier des immeubles longs, denses, hauts, en couleur –ici l’ocre orangée - , avec un grand travail sur la lumière et le soleil. La forte originalité tient dans le travail du haut de l’immeuble qui se termine en arrondi ouvert, débordant de végétal pour certains appartements.  

La mixité fonctionnelle

Entre logements, bureaux et commerces au rez-de-chaussée, elle varie de façon décroissante selon que l’on se trouve près du Musée d’Art contemporain ou le Centre des Congrès. C'est aussi une autre œuvre de l’architecte renzo Piano, situé au bout de la grande parcelle qui se termine par un pont en hauteur doublé d’une voie pour le tramway, juste à la hauteur d’une des grandes ouvertures du Parc de la Tête d’Or. Ce lieu est d’autant plus stratégique que cette double voie marque la fin du parc et la frontière avec Villeurbanne. Lyon 2010.06.12 035 

La place du végétal

Elle est une des composantes de ce site qui clôt le haut de ce grand triangle formé par le Parc de la Tête d’Or. Le choix de Michel Corajoud  s’est porté sur une sobriété géométrique de nature à répondre à la géométrie architecturale répétitive, sans volonté aucune de la part de l’architecte ou du paysagiste de la casser par quelques éléments de désordre. L’effet est réussi, en total contraste avec le bâti qui couvre la rive droite en face, à un endroit relativement peu large : des petites maisons en bas et sur la colline, avec en haut quelques grandes tours qui chapeaute la colline de la Croix Rousse.  

L’auditorium

Il termine la longue barre d’immeubles de Renzo Piano avec beaucoup de finesse. C’est l’architecte qui l’a aussi conçu. Il eLyon 2010.06.12 066st un des éléments forts de l’ensemble, d’autant que ses barres de soutènement sont fixées dans un bassin d’eau qui joue avec le reflet. Une des très belle idée est la forme arrondie de marches d’escalier saillantes vers l’extérieur, qui reproduit l’arrondi intérieur de l’auditorium.  

Le différentiel d’ambiance végétale

Entre les deux rives, passe le Rhône impétueux, dont on sent la force ; la berge gauche est protégée par un quai en hauteur et en oblique de nature à résister à la pression de l’eau. La végétalisation au bord de l’eau est spontanée, avec des saules, des petits peupliers, des plantes d’eau… Par rapport à la partie proche des immeubles très codifiée au niveau architectural et végétal,  cette dimension non apprêtée du bord de l’eau est intéressante. Elle témoigne de la réalité de la prise en compte des inondations.

 

Le Quai Charles de Gaulle, la grande voie d’accès au site, entre les immeubles et le Rhône, est un bon exemple  de ce que sera certainement une des constantes du végétal en ville de demain: la non-plantation et/ou le non-entretien de certaines parties de la voirie, autour des arbres, de poteaux, de triangles d’attente à des feux, en alternance avec le choix de dédier un des deux trottoirs au lierre afin de limiter l’entretien global. Un procédé déjà mis en application à Bordeaux par Michel Corajoud. 

Le sentier du bord de l’eau Lyon 2010.06.12 050

Il est accessible aux cyclistes, aux coureurs et aux marcheurs. Un escalier pentu permet d’accéder à l’eau en sortant de la Cité internationale. Juste avant de remonter prendre le bus et repartir vers le centre ville, toujours sur la rive gauche ...            

 

Pour suivre le chemin de la Cité internationale, son auditorium et la berge

---) Ce billet s’inscrit dans une démarche ouverte par la Ville d’Angers à un groupe d’Angevins qui constitue le Groupe de Travail qui planche sur le projet d’aménagement des Rives de la Maine. Un premier déplacement (05.06.2010) a permis au groupe de voir in situ la réhabilitation des quais de la Garonne à Bordeaux. Voir la série des billets sur Bordeaux sur ce blog.

 

---) Pour Lyon  

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