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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le bestiaire de l'art > Steinlen entre chat et chat

30 Octobre 2009, 11:40am

Publié par Elisabeth Poulain

Théophile Alexandre Steinlen, ce suisse de Lausanne, est un vrai parisien, celui de la rue, de la nuit et du mystère. Pour le définir, il faut aux organisateurs de l’exposition ‘Steinlen l’œil de la rue’ à Ixelles (Belgique) employer six termes : ‘dessinateur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre et sculpteur’. Il ne connaît pas non plus de frontière, surtout pas sociale. Bourgeois, il va à la rencontre du petit peuple, des mots qu’on n’ose plus employer dans notre société du consensus imposé. Sa découverte de l’univers des rues de Montmartre va orienter ses choix picturaux. Il montre les'petites gens' dans la rue, allant ou revenant du travail, surtout pas en train de poser.

 

Les chats aussi occupent une place à part dans son oeuvre. Ils sont si présents qu’il ne peut s’agir d’un hasard. Le hasard pourtant a joué un rôle chez lui, lorsqu’il a rencontré le Chat noir. Celui qui a donné son nom à un cabaret montmartrois ouvert en 1881. Ce Chat noir savait accueillir les peintres, poètes et chansonniers forcément sans le sou et attirer les bourgeois argentés désireux de s’encanailler. Aucune explication fondée ne permet d’expliquer le nom du cabaret, si ce n’est son mystère renforcé par le noir de la nuit.  

 

La symbolique du chat noir

Du chat, on peut tout dire en matière de symbolique. Animal bienfaisant pour les uns, il est terriblement maléfique dans d’autres civilisations. Pourtant un point commun ressort : sa couleur noire suffit à en changer sa nature. Par exemple, il est d’essence favorable chez les musulmans sauf s’il est noir ; en ce cas, il possède grâce à ses sept vies des pouvoirs maléfiques capables de nuire à l’homme.

 

La Revue du Chat noir

Steinlen fit la connaissance de Rodolphe Salis le propriétaire du Chat noir en 1884 soit deux ans après la création par RS de la revue du Chat noir pour faire connaître le cabaret. Pendant les 13 ans que dura la revue (1882-1895), l’artiste y participa activement. Il réalisa pour la revue une centaine de dessins de chats qui furent ensuite rassemblés sous le titre de « Dessins sans paroles. Des chats ».

 

L’affiche du Chat noir (voir ci dessus)

Sa célèbre affiche fut imprimée en deux couleurs en 1896, à la fin de la grande période du cabaret. Rodolphe  Salis mourut l’année suivante. Mais elle fut réalisée avant pour la tournée du Chat noir au Théâtre de Mons pour la séance du 12 septembre 1892. Elle marqua le début de la vraie notoriété de l’artiste suisse. Selon un critique de l’époque : « les murs de Paris ont été ennoblis de la présence de ce chat auréolé, hiératique et byzantin, de proportions énormes, dressant au-dessus de la foule sa silhouette fantastique et décharnée ». Steinlen, déclara s’être inspiré d’un chat qu’il avait vu à Lausanne,  « à peine ai-je eu besoin de l'amplifier pour en faire un soleil: il rayonnait de tous ses poils écarquillés » .

 

Les chats selon Steinlen

Ils ont tout l’air de fauves, avec de grands yeux jaunes qui vous guettent, des corps allongés, des hautes pattes et de fortes queues. Ce sont des vrais fauves ; pendant que l’un dort, l’autre guette. Capables de s’organiser en meutes prédatrices la nuit, invisibles le jour. Son tableau « Apothéose des chats » (1885) fait peur. Le monde est envahi par ces fauves.

 

Ils peuvent être tout autant intégrés au foyer lorsqu’ils entourent, très vigilants, leur jeune maîtresse boire son lait sur une affiche publicitaire. Leur présence ajoute pourtant une touche de mystère dissonante à ces affiches très suaves.

 

Le monogramme ‘chat’ de Steinlen

Dans le même temps, Steinlen travailla son monogramme autour de ses initiales dans lequel le T est intégré au A et les deux sont encerclés par le S qui figure un chat vu de dos avec sa queue arrondie. C’est alors la rondeur du chat qui l’intéresse alors, son côté boule replié sur soi, comme celui dessiné par le graveur japonais Hiroshige au XVIIIè siècle que Monet a fait connaître en Europe grâce à sa fameuse collection d’estampes japonaises


On voit alors bien la différence de traitement entre le gros matou de l’artiste japonais regardant le jardin face au Mont Fuji et les félins au corps allongé et à petite têtes triangulaire de Steinlen en 1898.

 

Pour suivre le chemin

http://steinlen.museumdixelles.be

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Alexandre_Steinlen

http://pagesperso-orange.fr/planete.chats/diapo5/imgcol/_00024.htm

http://www.les-chats.com/Page%20Mystic%20mai.htm

http://www.lausanne.ch/tools/displayelement.asp?DomId=63242&ID=22783&Version=1&ClsId=16&Language=F&StructName=Novembre+- 

http://www.intermonet.com/japan/hiroshige/estampe.htm

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