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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Style de Pub > L'Homme > Le Duffle-Coat > Moorhouse & Brook

23 Février 2012, 15:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

J’ai toujours aimé les duffle-coats. C’était pour moi le vrai « chic anglais », des mots que je n’emploie pas d'habitude, indémodable, parce qu’au-delà de la mode, confortable et avec un look parfait, à deux conditions, qu’il soit suffisamment long mais pas de trop et que le lainage soit suffisamment lourd pour avoir un beau tomber.

 

Il existe des duffle-coats pour femmes. Longtemps, j’en ai eu un, un dufle-coat long, un Courrèges fantastique jaune orange. Une retombée de mai 68 ! Aujourd’hui, il s’agit de celui que porte l’Homme, un être si parfait, qu’il lui faut le meilleur, non pas tant en terme de prix, de marque ou de mode, qu’en terme de sens.

Duffle-Coat, Homme, Manufactum, 1998-99

Le sens du vêtement. Chaque pièce de son habillement doit dire quelque chose. Je vous vois venir, vous allez me dire que la question du sens s’apprécie dans l’ensemble formé par chacun des vêtements  et l’ensemble en symbiose avec L’Homme. Il y a  forcément du vrai, surtout dans la seconde remarque d’ailleurs, mais il faut bien commencer par quelque part. Et si vous ajoutez que L’Homme a déjà une veste longue Marlboro Classics, je vous dis 'zut et flûte'. Eh bien, il  aura deux manteaux! Alors, je peux commencer ?! Yes.

La lutte contre la pluie. Si Le manteau  est long, c'est bien pour cela. Il doit arriver presque jusqu’aux genoux. Tout dépend de la longueur des jambes, of course. Il est bleu foncé, un bleu ourdi de gris, absolument superbe, ni trop fort ni trop doux, parfait pour L’Homme. Il a forcément une grande capuche suffisamment profonde pour couvrir la tête et le cou, avec un bouton pression pour en rapprocher les bords en cas de grand vent ou de grosse pluie venant de face. Le vent ou la pluie ? Les deux. Rassurez-vous, c’est le seul bouton et la seule partie métallique du vêtement. La tradition est respectée.

Un ensemble parfait d’assemblage. Il est constitué de trois grands Duffle-Coat, Homme, Manufactum, 1998-99rectangles assemblés sur les épaules et les côtés, un pour le dos et les deux autres pour le devant, sur lesquels vont être piquées, outre la capuche, les manches avec un petit arrondi pour donner une belle ligne, sans effet épaules tombantes  et une bonne aisance de mouvement. L’Homme en plus avec ça a des épaules carrées ; cela ne nuit pas à sa silhouette, surtout avec ses longues jambes. 

Pour renforcer les épaules, deux pièces  sont cousues devant et par derrière et surpiquées pour donner du relief et renforcer la solidité. Encore une façon d’obliger les traitresses gouttes de pluie à ne  pas se rassembler en rigole le long de la couture de l’épaule pour s’y frayer un passage insidieux. Avec les pièces d’épaules, elles vont être obligées de couler devant ou en arrière.

Des poches  à revers sont placées à bonne hauteur de bras de façon à pouvoir y glisser ses mains pour les réchauffer. Le revers évite que l’eau sournoise de la pluie ou des embruns puisse insidieusement s’y glisser.

Pas de boutons, des brandebourgs. De la même façon les deux parties du devant se Duffle-Coat, détail brandebourgs, Homme, Manufactum, 1998-99recouvrent l’une l’autre grâce aux brandebourgs formés de deux éléments, une  attache munie d’un élément en corne ou en bois est fixée dans le côté droit afin de pouvoir l’insérer dans la boucle du  brandebourg du côté gauche. Il n’y a en effet pas de bouton dans ce manteau fait à l’origine pour l’armée prussienne – d’où le nom de brandebourgs  pour le système d’attache qui remplace les boutons - puis ensuite adapté et adopté par la marine anglaise dès le milieu du XIXe siècle. Brandebourg est le nom de la Porte du même nom qui marquait la limite de la ville en 1870 et celle d’avec Berlin-Est à la fin de la guerre de 1945. 

L’absence de bouton permettait d’utiliser des lainages Brandeburger Tor, Berlin, 1870épais  sans avoir à faire de boutonnières toujours délicates et coûteuses à faire, avec l’obligation aussi de coudre les boutons avec un long fil pour tenir compte de l’épaisseur, qui présentait aussi un risque accru de casse. Remplacer le fil par une lanière de cuir ou une cordelette et concevoir un bouton mobile qui bouge en cohérence de mouvement permettaient de faciliter le mouvement des marins et des soldats.

En France, le ciblage. Le duffle-coat n’a jamais connu un succès populaire. Il n’a jamais été associé non plus directement à l’armée anglaise ou à son origine allemande. Il était connu à Paris dans la bourgeoisie férue de culture anglaise. Dès les années 50-60, les jeunes hommes l’adoptèrent dans les milieux intellectuels parisiens dans sa couleur beige-poil de chameau, avec ses petits morceaux de bois (et pas de corne), glissés dans des ficelles (et non pas du cuir dans les versions chères anglaises), en forme de différenciation d’avec le manteau gris ou noir de leur père.

Aujourd’hui encore, le duffle-coat dans sa version beige sable a gardé son profil indémodable pour intellectuels portant lunettes rondes avec le Monde plié sous le bras, l’hiver. Au printemps ou à l'automne, ces même duffle-coateurs portent une gabardine de style trench-coat de forme droite.

Les Duffle-Coateurs célèbres. Vous l’avez deviné. Ce sont tous des hommes. Quand ils sont anglais, ce sont des militaires célèbres. A commencer par le commandant de la 8e armée britannique Montgomery, appelé par ses hommes « Monty », lors des combats contre les troupes allemandes dirigées par le général Rommel dans le désert d’Afrique du Nord. L’homme au duffle-coat était si aimé de ses hommes, qu’ils appelèrent son manteau un « monty-coat » ou carrément un « monty ». D’autres comme David Stirling, qui créa le SAS - Special Air Service en 1941 - est représenté, avec son duffle-coat dans une statue d’Angela Conner. Lui aussi combattit les troupes allemandes en Afrique du Nord.

D’autres porteurs célèbres sont français. Ils sont alors des intellectuels, comme Jean Cocteau et  Jean-Paul Sartre. Des catalogues de vente par correspondance, comme celui de Manufactum, ou des sites en ligne  ne citent le plus souvent que les premiers des deux catégories.

Actuellement Il est difficile de trouver un vrai duffle-coat Manufactum, katalog, Duffle-Coat, 1998-99de qualité. Celui que je vous montre est issu d’un catalogue allemand de vente par correspondance qui doit être la Rolls de la VPC. On trouve dans « Manùfactum » ce qui se fait le mieux aussi bien pour la maison que pour la personne dans onze domaines différents. Celui qui concerne L’Homme entre dans la catégorie  « Von Kopf bis Fuss », de la tête au pied. C’est un « duffle-coat doppeltuch », dont le tissu est double et qui porte le nom d’ « Elysian ». 

Comme je le fais chaque fois que je le peux, j’ai choisi un catalogue ancien, le n° 11 de 1998-1999 qui présente ce modèle originaire du West-Yorkshire en provenance d’une entreprise qui semble malheureusement ne plus exister, Moorhouse & Brook. A l’époque, il coûtait 889 DEM, ce qui ferait 454 EUR, auquel il faudrait ajouter l’effet de la hausse du coût de la vie. La comparaison des prix n'a plus de sens.

Manùfactum, qui est présent en Allemagne, en Angleterre, au Canada et en Suisse, a comme slogan « es gibt noch, die guten dinge », qui peut se traduire en ‘on trouve encore les bonnes choses’. Et c'est vrai que ce duffle-coat continue à attirer au delà des frontières d'Angleterre, d'Allemagne, de France, de BelgiqueHomme, Duffel Coat, dessin, Manufactum, Katalog 2000-01, n°13 ... tant l'intelligence du vêtement est grande. Il avait pour double fonction militaire de faciliter le mouvement et la protection contre le froid des hommes en armes. Objectifs réussis!   

L'intelligence du vêtement. Elle nous est donnée par un dessin  de  ce Duffle Coat dans le catalogue de 2000-2001 de Manufactum. On retrouve ce manteau "Elysian "de Moorhouse & Brook  avec deux modifications dans la présentation. Sa dénomination a changé; il s'appelle aussi maintenant un Düffel Coat, parce que son tissu vient de la ville de Düffel en Belgique. L'autre changement vient de la présentation; il y a maintenant un dessin pour donner un meilleur rendu du manteau. On peut apprécier maintenant son côté fini, avec ses surpiqûres, ses languettes de bas de manches avec une double disposition de boutons pour resserer l'ouverture et aussi les pièces de  dessous pour renforcer le système d'attache des brande bourgs. Du bel ouvrage! Vraiment.   

Pour suivre le chemin

. Manùfactum,  à retrouver sur http://www.manufactum.de/home.html

Le catalogue est maintenant consultable en ligne. Il y a encore des duffle-coats mais sans capuche. Dommage.

. Pour avoir les bases, voir aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Duffle-coat   

. Lire le bon article d’Aline dans http://www.tendances-de-mode.com/lexique-100

. Retrouver le manteau Marlboro Classics sur ce blog et les chaussures UNIC

          Style de Pub > L'Homme > Les Chaussures UNIC par Cassandre       

Style de Pub > L'Homme > La veste > Marlboro Classics > le Wild West         

. Photos EPvoir les photos de Berlin sur le site officiel de la capitale de l'Allemagne, en particulier celle qui montre la Porte à la fin de la seconde guerre mondiale.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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