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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Virginie Joly, Savennières, La Coulée de Serrant, Château de la Roche

28 Février 2014, 11:33am

Publié par Elisabeth Poulain

Virginie Joly. Son nom est connu de tous, son prénom associé à ce nom commence à l’être dans les capitales du vin en France et dans le monde. Cette jeune femme représente le domaine et présente les trois cuvées millésimées aux amateurs en recherche d’autre chose, de vérité, d’une certaine forme de pureté, dans ce qu’elle appelle  « la pleine expression des terroirs » qui est au cœur de la démarche de la biodynamie. Une quête toujours à poursuivre, à penser, à ajuster  en recherche de l’équilibre toujours à recommencer  tant de la part du protecteur de la vigne et de son équipe  que de celui des dégustateurs chevronnés fortement impliqués dans leur quête d’exigence, tous en recherche de sens dans une aventure au service de la vigne, de la terre et tout ce qui les entoure et nous fait vivre. « La vigne, on la plante, on la regarde, on s’en occupe, avec toujours chez nous, avec mon père, la volonté de conserver l’unité, une unité globale » en recherche des connexions du monde du vivant.  

 Savennières-Virginie-Joly-chateau-roche-aux-moines-cellier

Il y a donc maintenant deux protecteurs à la vigne . Virginie Joly est depuis quelques années associée avec son père Nicolas Joly dans cette longue marche de la conduite d’un domaine aussi prestigieux qu’est celui de la Coulée de Serrant et du Château de la Roche aux Moines à Savennières. Je ne sais s’il convient d’employer le terme de domaine, tant le site offre une lecture plurielle, riche de ses connexions où la nature peut jouer pleinement sa partition entre la terre, la roche, l’air, la lumière, le soleil, l’eau, et tout ce qui pousse, les arbres… et bien sûr la vigne, au bord de la Loire. Dans ce monde global où tout a un sens - en particulier la présence animale aussi bien pour travailler la terre que l’équilibrer -, placé sous le signe de la cohérence, l’intervention humaine doit d’abord veiller à ne pas nuire à la vigne comme à la cave.

Il s’est agi d’abord de reconstituer au plus près du naturel les grands équilibres de façon à laisser à la vigne la plus grande capacité à exprimer ce qu’elle veut dire, elle à sa façon, avant que n’intervienne dans le chai, le travail le moins interventionniste et le plus optimal possible lors de la vinification et de la maturation. Cela fait 30 ans maintenant que la conversion  a été lancée. Comme le dit Virginie Joly, « mon père a fait 95% du boulot. La biodynamie, je suis née dedans. L’endroit est magique. Et quand a cette chance, on a envie de le préserver. » 

       Savennières-joly-vue-sur-le-logis-arrivée  

Il  y a aussi deux entrées au domaine. L’une par la Coulée de Serrant, l’autre par le Château. Il est recommandé – c’est un panneau qui vous le dit au bord de la petite départementale sinueuse (la D111) -, d’entrer par la petite route qui descend à la Coulée de Serrant. Et de là, vous parviendrez 400 mètres plus loin au Château de la Roche aux Moines par un chemin de terre fabuleux qui traverse les vignes qui vous donnent l’impression de vous dire bonjour. Au contraire des deux chevaux, Marius le percheron et Delphi la Haflinger, certainement un peu blasés de voir passer les gens, bien trop occupés à mâchouiller la bonne herbe tendre. 

Par l’entrée de la Coulée, vous apercevez un très vieux bâtiment dénommé le Logis de la Coulée de Serrant, c’est une ancienne abbaye aux allures d’un joli manoir. A l’autre bout vous voyez le Château de la Roche aux Moines construit pendant la première moitié du XIXe siècle. 

 Savennières-joly-pre-chevaux-face-Coulée de Serrant 144      

Entre les deux, le domaine s’est mis au service de la vigne, se dotant en plus d’une exploitation agricole très présente pour rétablir l’unité des choses de la terre et du ciel. Il y a bien des prés avec des chevaux, des prairies, des bois pour équilibrer l’ensemble et bien sûr des très belles parcelles de vigne et pour unir le tout, toujours dans le sens de l’ouverture, des paysages de vigne, des paysages de Loire…d’une telle amplitude qu’on se prend à rêver. On s’imagine pouvoir resté assis toute une journée, comme à l’avant d’un navire en découvrant toujours du nouveau, quelle que soit la position que vous adoptez par rapport au soleil, un verre de vin de Savennières à la main. Car ici, on a le paysage devant ses yeux et dans son verre, tout autant que dans la bouche à le goûter et dans le nez à sentir la nature du vivant dans son vin. Il y a forcément une part de ces paysages dans les vins du domaine.

Savennières-joly-étiquette-coulée-de-serrant

Les trois vins de Savennières de la Famille Joly. Ce sont

. le Clos de la Coulée de Serrant, un Savennières Coulée de Serrant,

. le Clos de la Bergerie, un Savennnières Roche aux Moines 

. et Les  Vieux Clos en appellation  Savennières.

Savennières-joly-mur-avec-vigne-expression-3

Chaque vin parle, chacun a sa propre histoire, chaque millésime joue sa propre partition avec le temps à prendre dans ses acceptations plurielles. Le temps qu’il fait, le moment, le temps d’hier, celui d’à venir, d’il y a plus d’un millénaire, tous ces temps qui parlent tous ensemble chacun à sa façon et réussissent l’exploit de se faire entendre par ceux qui les écoutent, avec toujours cette idée qu’on n’a jamais assez de temps pour transmettre, sans abîmer. Sans oublier, et comment le pourrait-on ici, le calendrier des travaux de la vigne, qui est à adapter à chaque saison surtout en ces périodes d’instabilité climatique. En ce moment par exemple les hommes de l’équipe ont commencé à tailler la parcelle située au pied du mur d’enceinte de l’ancien Château de la Roche aux Moines qui s’appelle joliment « L’Allée des Cyprès ». On y voit un brasero fumer au gré du vent. 

«  Il y  a aussi, comme le raconte la jeune femme, le temps de l’émotion quand vous  êtes amenée à goûter un millésime de 1919 d’une grande appellation de Loire.  J’ai ressenti un grand respect pour cette bouteille, qui avait porté ce vin dans l’attente qu’un jour quelqu’un serait prêt à le boire et à l'apprécier. Cela m’a fait l’effet d’un arrêt sur image et j’ai pris le temps de le goûter, tant la rencontre avait un côté improbable ».   

Savennières-joly-allée-cyprès-vue-sur-la-Loire-inondée-hiver1

A la Coulée de Serrant, la vigne règne depuis près de 1000 ans,  sur ce coteau pentu. Une belle façon de rendre la vigne immortelle en lien avec la permanence d’un lieu, à travers les générations en charge de la transmission. Actuellement, le pied de vigne le plus âgé du Clos, qui forme une appellation à lui seul –c’est un cas unique en France, du fait en particulier de la présence attestée de la vigne depuis 1130- porte allégrement ses 90 ans. La moyenne d’âge est de 45 ans environ. Une attention très fine est portée à la contribution de chaque pied à l’ensemble, de façon à assurer une  solidarité inter-pieds de vigne, les plus âgés conduisant les plus jeunes, qui à leur tour porteront le poids avant de transmettre à leur tour. Voilà encore un maître-mot, la transmission, car nous ne sommes jamais, chacun à sa façon, que des passeurs et à des protecteurs de l’ordre du vivant. C’est une véritable stratégie des temps longs qui est mise en œuvre, qui fait le pont entre hier et demain en passant par aujourd’hui.  

    2014-02-19 Coulée de Serrant 130 

Tout comme ce chemin qui fait le lien entre la Coulée de Serrant et le Château de la Roche. C’est par lui que l’on traverse la propriété qui maintenant n’en fait plus qu’une. C’est aussi grâce à lui, qu’on peut découvrir le Clos de la Coulée, avec ses lignes de murs tout autour, tout autant que les deux murs parallèles intérieurs qui séparent le Clos en trois parcelles. Il y a aussi d’autres murs, ceux qui séparaient les deux propriétés. Ils ont été conservés et sont toujours entretenus.

2014-02-19 Coulée de Serrant 114

Les murs sont plus que précieux dans un vignoble. Leurs pierres  préexistent à la vigne. Ce sont elles qui donnent le ton et signent le paysage. Sous la terre, quand on parle encore des roches, elles créent sous l’action de l’eau, les collines, les vallons, elles déterminent la force des pentes et la nature des sols. Quand elles deviennent pierre, elles  attestent en plus d’une histoire. Avec elles, on érige au fil des siècles les murs qui structurent  les paysages de vigne. Ceux-ci  coupent le vent en créant des micros-climats et retiennent la terre en s’agrippant à la roche en dessous. Les pierres ont en outre l’avantage de pouvoir être enlevées du sol pour éviter au socle de la charrue de se briser. Ici plus qu’ailleurs la pierre garde tout son sens. Avec la pierre, on crée des châteaux, des logis, des maisons, des  clos, des enceintes…on plante de la vigne qui à son tour permet de transformer du jus de raisin en vin.  

2014-02-19 Coulée de Serrant 074

C’est le cas pour le Logis de la Coulée de Serrant dont l’édification a commencé au XVe siècle par les moines dépendant de l’Abbaye Saint-Nicolas d’Angers. La façade et les toitures de cette petite abbaye - qui s'appelle très joliment un logis - sont classés Monument historique depuis  1968.  Aller du Logis de la Coulée au Château de la Roche vous conduit à descendre d’abord vers le fond du vallon pour se rendre de l’autre côté dominant cette fois-ci un autre vallon, c’est aussi traverser les siècles, en quelques 400 mètres.  Non seulement parce que la construction du château date du XIXe siècle,  mais parce qu’on va longer un autre mur, qui n’a rien d’un mur de clos –il y en a bien un à droite -, ou plutôt qui le complète à gauche vers la Loire dans la vallée.

C’est le Mur d’enceinte que j’ai déjà cité et au bas duquel se trouve caché dans un petit bois ce qui pourrait ressembler à une motte féodale. En fait ce sont les ruines du premier château de la Roche, redevenu pierres sur l’ordre d’un roi de France pour éviter qu’il ne tombe aux mains des Protestants (anglais) durant la guerre de Cent Ans. Ici parfois, on ne sait plus dans quelle terre on est, en France, en Angleterre. C’est la raison pour laquelle Nicolas Joly a fait mettre en terre des petits panneaux explicatifs pour que le promeneur puisse s’y retrouver.  

Savennières-joly-chateau-roche-aux-moines-grappe-allée-cyprès-panneau

Virginie Joly, comme tout protecteur d’un vignoble, continue à apprendre en pratiquant cette langue de la vigne et du vin, elle qui parle plusieurs langues en plus de celle qui la lie à la nature. Elle a aussi cette particularité de pouvoir mieux comprendre la terre d’où elle vient par les gens qu’elle rencontre lors des dégustations des vins du domaine, les acheteurs professionnels ou amateurs, qu’ils soient en France, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, au Japon, en Chine, en Norvège…Comprendre le monde pour savoir qui on est soi se fait toujours à partir d’un point d’ancrage fort pour aller au-devant des autres qui nous répondent en miroir.  

angers-grenier-saint-jean-nicolas-joly-conférence-2014

Des deux Joly, Nicolas est assurément le plus connu. C’est un euphémisme tant sa notoriété est grande de par le monde. Virginie, sa fille, parle aussi la langue de la vigne et du vin à venir, celle que n’entendent et ne comprennent que ceux qui la respectent et sont à son écoute. Ici, la terre chante, la roche vibre ; les chevaux se sentent  bien à développer leur puissance pour tirer la charrue dans la Coulée de Serrant, alors que les moutons lâchés au-dessus d’eux se dépêchent de manger. « Ce sont nos tondeuses sur pattes; ils ‘tondent’ l’enherbement en hiver entre la fin des vendanges et le début du mois de mars.   Ensuite on s’empresse de les retirer car au choix, le mouton lui aussi, préfère le bourgeon à l’herbe !...  Quant aux poules, elles mangent les vers de terre. »  

« Quand on démarre dans un paysage, on remonte toute la ligne. On est amené à se poser toutes les –bonnes- questions. Quand les gens viennent ici, je leur propose d’aller dehors, pour aller déguster les paysages. Et les gens comprennent mieux, ce qu’on fait. Ils sont très curieux."

Savennières-joly-allée-cyprès-vue-sur-la-Loire-inondée-hiver6

 L’accueil des dégustateurs. C’est une fonction importante qui se déroule au Château. Les grilles des deux entrées sont toujours ouvertes, à l’exception des dimanches et des jours fériés. Cette volonté d’ouverture est une des conséquences de la relation humaine telles que la conçoivent Nicolas Joly et Virginie Joly. C’est une réelle singularité qui marque bien la cohérence du rôle de transmetteurs de ceux qui sont en charge d’un tel domaine unique au monde et travaillé en biodynamie. Le point commun de ces visiteurs est leur désir de comprendre et  d'apprendre. « On voit toutes sortes de dégustateurs, des personnes averties, des débutants… Tous sont sensibles aux paysages qui leur permettent de  mieux développer leur intuition indispensable pour pouvoir goûter le vin. Pour certains étrangers, on peut noter la force des classements. Ce pourrait être une différence avec des connaisseurs qui se font plus confiance. »   

angers-grenier-saint-jean-virginie-joly-coulée-de-serrant-2014

Cette ouverture va se retrouver dans la « Dégustation des Vins » au Grenier Saint-Jean d’Angers. Cet évènement « a  été créée et porté par Mark Angeli qui a été très vite rejoint par mon père. Je me suis associée aussi à ce projet  de faire un salon en Loire qui soit plus proche de nos philosophies communes. Pour cela, mon père a fondé une association, c’est « Renaissance des Appellations ». Cet évènement est entièrement réservé aux vins produits en biodynamie en provenance de douze régions françaises, d’Italie et d’Autriche. Cette Dégustation se déroule le samedi et le dimanche qui précèdent le Salon des Vins de Loire, fin janvier-début février à Angers « afin de jouer fair-play ». Elle a d’abord eu lieu au domaine, ensuite au Château d’Angers et depuis 7 ans maintenant au Grenier Saint-Jean.  « C’est est un endroit magique, exceptionnel, qui date du XIIe siècle. Le nombre de visiteurs augmente d’année en année, le nombre d’exposants aussi, au point que nous commençons à être un peu juste en terme de place disponible. »

Savennières-joly-biodynamie-roche

La terre ici est un lien puissant entre la vigne qui bénéficie de son sol, de la lumière de Loire, de son eau toujours allante, - en ce moment,  elle en prend à son aise, elle inonde tout le lit des Basses Vallées - des pierres pour faire les murs des clos, édifier une abbaye, le château premier puis celui du XIXe siècle, tout en conservant pieusement les ruines du Ier Château. La vigne est chez elle, toujours servie par des générations de propriétaires et d’hommes et de femmes qui y travaillent et sans lesquels rien ne serait possible, avec des chevaux pour tirer la charrue, quand c’est possible. Comme le dit la jeune femme : « le lien qui m’a fait, c’est la terre ;  enfant, j’aidai sans me poser de question tant cela me paraissait naturel. Il est vrai que je suis née dans un lieu unique au monde, particulièrement beau. C’est aussi une des raisons pour laquelle je suis revenue une fois mes études finies. »

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L’effet générationnel. Il y a actuellement en Loire un changement perceptible dans les têtes pensantes qui guident le devenir des domaines. On voit clairement plus de jeunes venir en lumière. Ils étaient déjà là à côté de leur-s parent-s. Cette année particulièrement, d’abord on les voit plus, ils sont plus présents, plus souvent et parfois, on ne voit qu’eux pendant tout ou partie d’un salon. Mais il n’y a pas que cela, souligne Virginie Joly. « Le changement de générations s’accompagne d’un changement d’attitude sur le mode de culture. L’effet générationnel s’entend aussi comme l’arrivée dans le monde du vin de jeunes qui commencent directement en biodynamie sans passer par les étapes préalables.  Ils ont pris conscience des excès commis par le passé  et veulent aller vers plus de biologique et de qualité gustative. Plus aussi de singularité, avec cette certitude qu’il y a un vin unique,  propre à  chaque parcelle. » Chacun est unique, singulier, et …cette idée est profondément réjouissante, tout comme aucun pied de vigne ne ressemble à un autre, ni aucun millésime.

     Savennières-Virginie-Joly-cellier-emballage     

Pour suivre le chemin

. Voir d’abord ce que dit Nicolas Joly de la propriété http://coulee-de-serrant.com/fr/fiche-technique/ ainsi que http://coulee-de-serrant.com/fr/actes-agricoles/ avec des photos superbes des vaches nantaises café au lait et blanche autour des yeux. Pendant un temps, il y eut aussi des superbes  écossaises rousses qui ne sont plus là depuis 4/5 ans, tant il était difficile d’avoir deux taureaux ensemble. Les automobilistes, qui circulaient sur le D 111, s’arrêtaient pour les prendre en photos ! Il y a toujours des moutons d’Ouessant et des poules du coin qui se font une fêtes de venir, car juste avant il y a un épandage d’escargots bien dodus à leur intention.

. Voir le domaine sur https://www.facebook.com/CouleedeSerrant avec des formidables photos de la Loire sortie de son lit au soleil couchant et en particulier celle du bandeau où l’on voit le cheval blanc tirer la charrue et des formes rondes blanches dans des rangs au-dessus. On dirait des nuages de coton ; ce sont les fameux moutons d’Ouessant qui viennent d’abord manger l’herbe et ensuite enrichir la terre, avant de regagner leur grand enclos privé près du château.  « château »

. Lire le compte-rendu d’une verticale de 15 millésimes de 1970 à 1999 qui s’est tenue en 2002 sur  http://www.chateauloisel.com/analyse/serrant.htm

Savennières-joly-chateau-roche-aux-moines-cellier-dame-emballage

. Lire une dégustation de Savennières à New-York sur  http://www.nytimes.com/2010/05/26/dining/reviews/26wine.html?pagewanted=all     

. Et une autre du 6 mars 2012 de David Santerre au salon « Renaissance des appellations » à Montréal,  avec de l’humour sur http://bandedesvins.com/2012/03/06/et-si-je-naimais-pas-les-vins-de-nicolas-joly/

. Découvrir la vache nantaise sur   http://www.vachenantaise.com/

. Sous forme de fiches, lire aussi http://www.musee-sommellerie.com/pages/z_vins_aoc_savennieres_coulee_serrant.html   

. Photos Elisabeth Poulain prises en septembre un jour de franc soleil et en février en temps de brume pour l'extérieur et sans brume au cellier.

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