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En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Jeudi 30 mai 2013 4 30 /05 /Mai /2013 09:44

Le titre  est trop succinct à mon goût. Il manque en particulier un élément d’importance qui tient au moment. En cette année 2013, Marseille est l’une des deux capitales européennes de la Culture, l’autre étant Kosice en Slovaquie. Outre cette désignation que ces deux grandes villes et/ou capitales européennes bien dissemblables partagent en   commun, elles en ont bien certainement un autre, malgré toutes leurs différences, c’est le linge qui sèche dehors.

Suspendre le linge dehors est un usageencore partagé dans une bonne partie du monde. Les raisons en sont multiples. Citons, outre le manque de machine à laver et/ou à sécher, le manque de place dans le logement pour sécher le linge, la chaleur du soleil dehors, la présence du vent qui accélère le séchage, un usage transmis par les femmes au fil des générations, la praticité, la gratuité … et vraisemblablement des raisons qui tiennent aussi à l’appartenance à un quartier. Celle qui lave montre ainsi qu’elle tient bien son foyer. C’est un signe fort de présence féminine dans un emploi toujours féminin quand une femme est présente au foyer.  

Marseille-Le-Panier-Julie-Cutaia-2006-Linge

Le linge et la cour en ville. La situation est toujours plus compliquée quand on habite dans un appartement sans balcon. C’est le cas de nombreux logements anciens dans les vieux centres urbains. Là se conjuguent toutes les contraintes dues à l’exiguïté des logements dans des bâtiments hauts et étroits pour gagner en densité. Sous la pression de la contrainte, les femmes cherchent de la place pour faire sécher le linge. La fenêtre ouverte offre l’espace du dehors, en hauteur si pratique pour le linge grâce aux fils tendus avec l’air, la lumière… !Un système de va-et-vient facilite la fixation du linge avec les pinces-à-linge bien-nommées.  L’exposition du linge qui offre une vision très intime sur la façon de vivre propre à chaque famille voisine est facilitée par le fait que chacun fait la même chose. Le partage de la pratique rend la situation acceptable par tous, avec une distinction toutefois entre la cour  et la ruelle. 

Le linge et la ruelle. La recherche de place conduit à séparer des logements qui n’ont plus tous forcément une fenêtre sur la cour. Restent alors le séchage du linge directement sur la rue. Il faut alors procéder de façon plus subtile. Pour les appartements en hauteur, des petits systèmes en fil de fer plastifié permettent de s’accrocher au garde-corps qui protège la fenêtre. Quand on habite au rez-de- chaussée, une autre solution consiste  à planter deux clous dans le mur et à y fixer une petite ficelle. Le tour est joué. 

La Force du Noir et Blanc avec les photos de Julie Cutaia. Elle éclate dans cette sélection de trois clichés de la photographe, portant sur du linge qui sèche dehors.    

Marseille-Le-Panier-Julie-Cutaia-2006-Linge                                                                                                                                                                   

. Le Ier cliché montre des vêtements dans une cour très sombre, étroite et structurée par un fronton dans le fond. Les façades opposées sont proches, ce qui a pour effet de densifier l’espace déjà coupé en hauteur par les fils et le linge. On se surprend à penser que vouloir sécher du linge dans un tel décor, si théâtral, relève d’une vraie gageure. On se croirait au XIXe siècle, à une époque où en France, vivre dans un quartier de pêcheurs devait être vraiment difficile. La photo rend cette atmosphère si particulière, avec une densité étonnante et pourtant en retrait, comme si le rendu de ce qui est montré est encore en de ça de la réalité. C’est la dimension proprement théâtrale de l’atmosphère de la prise de vue.

Marseille-Le-Panier-Julie-Cutaia-2006-Mouchoir

. La seconde photo est très minimaliste.Cette fois-ci, l’objectif est focalisé sur un mouchoir ou un simple chiffon. Il s’agit d’une photo d’un instant, quand tout ce qui devait être lavé l’a été. Le lavage est fait, l’étendage aussi, le nettoyage est fini. Il reste à sécher ce qui a servi encore à nettoyer ce qu’on ne peut suspendre. Ce petit bout de tissu aurait pu en plus  facilement sécher sur ou près de l’évier mais l’habitude de mettre le linge propre dehors est si forte qu’il a été placé dehors, aussi, comme une reconnaissance.

.  La dernière photo joue sur le contraste entre les vêtements suspendus sur le fil sur un fond de ciel clair. L’abondance du linge constitue l’élément fort du décor. Il n’y a pas seulement les façades, le resserrement, le ciel au-dessus des toits…Il y a une vie intense grâce à ces fils multiples et tous ces vêtements bien alignés qui attendent sagement qu’on vienne les rentrer une fois qu’ils seront secs. C’est le temps long du séchage parce qu’il y a beaucoup de linge à placer. On y voit une réelle stratégie de la disposition des vêtements sur les fils pour que chacune puisse disposer d’assez de place pour tous les vêtements de la famille. Une hypothèse est que la photo a été prise le jour de grande lessive, celui que les femmes préfèrent pour s’avancer dans le travail ménager de la semaine. Il serait intéressant de savoir comment se passe la répartition de l’espace entre voisines de face à face.

Marseille-Le-Panier-Julie-Cutaia-Funambul-LesChercheursduMi

Le linge qui sèche dehors dans la cour ou dans la rue est  un des thèmes sélectionnés par les photographes des Chercheurs du Midi  qui ont constitué « un grand album photographique de nos images du midi ». Il est porté et mis en lumière cette année  par Marseille-Provence-2013 pour faire connaître par la photo d’art  les beautés si diversifiées de cette grande région. Julie Cutaia y a toute sa place, comme vous le constaterez en allant vous promener sur le site et en visionnant sa sélection de ses clichés. Elle a une capacité étonnante à rendre perceptibles des atmosphères très différenciées tout en sachant si bien jouer des perspectives et des lignes transversales.   

Pour suivre le chemin

. Aller à Marseille, plus spécialement du vieux quartier du Panier et lever les yeux au ciel mais pas seulement. Il y a du linge sur les murs, entre les murs des maisons dans les ruelles et, si vous pouvez rentrer, dans les cours des vieux immeubles. 

. Regarder le site des Chercheurs du Midi, http://www.mp2013.fr/chercheursdemidi/  

. Y retrouver  l’album de Colorshop et chercher les séries de photos en noir et blanc de Julie Cutaia sur http://www.mp2013.fr/chercheursdemidi/?cdm_page=album&id=220&cdm_paged=3 . Ses photos entrent dans la grande catégorie des « Usages »  et appartiennent à la sous-catégorie des « Chaussettes de l’archiduchesse ». Pour les lecteurs étrangers, je précise que ce titre très bizarre est le début d’une phrase célèbre qu’on apprend en France aux enfants pour bien prononcer les « ss » : « les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèches ? »

. Photos Julie Cutaia, avec mes remerciements ainsi qu’à Sophie Bellot de MP2013.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 12:42

 « Les couleurs de l’eau », c’est le titre de l’exposition 2013 du Musée des Impressionnistes de Giverny dans le département de l’Eure. Un choix très heureux au point qu’on ne puisse en imaginer un autre après avoir pu découvrir les quelques 130 œuvres de Paul Signac présentées. Paul Signac appartient à la tendance des Néo-Impressionnsites, qui débuta vers les années 1886, très rapidement après la grande vague impressionniste  lancée par Claude Monet en 1874 et qui culmina en 1880. On sait que la fin de la seconde moitié du XIXe siècle a été un moment crucial de changement pour nos sociétés européennes. On le voit là sous nos yeux dans les salles du Musée de Giverny.  On ne peut être que frappé par la rapidité de la mutation qui s’imposa alors entre l’explosion de la couleur mise en œuvre les Impressionnistes et la recherche de la rigueur appliquée par les Néo-impressionnistes avec Georges Pierre Seurat en chef de file de ce mouvement.

Theo-Van-Rysselberghe-Paul-Signac-à-la-barre-de -son-batea

Paul Signac est quasiment toujours cité après Georges Seurat et tous les deux après Claude Monet. Les raisons tiennent à la chronologie, certainement aussi à la notoriété et à la personnalité de ces trois grands peintres. C’est Paul Signac qui disait qu’il était devenu peintre en découvrant ce que faisait Claude Monet. Autodidacte, ayant refusé d’être formaté par l’académisme institutionnel, il a pu constater qu’il était possible de peindre autrement.

Parler de Paul Signac seul avec le projecteur centré sur lui est pourtant la gageure réussie par cette exposition 2013 de Giverny. Le peintre est saisi dans sa singularité de marin de la marine à voile, qui voit l’eau comme un univers insaisissable, jamais le même et toujours un autre, un élément qui rend la vie plus belle, plus dense, qui offre des plaisirs et des défis à nul autre pareils, ceux de la glisse, de la fusion d’un moment  d’un paysage d’eau, sur l’eau, la couleur et le vent, ceux du mouvement et de la recherche de l'instant. Il y a là aussi chez lui la vision hédoniste d’un littoral à  découvrir par des touristes et à vivre par des résidents fortunés. Il n’y a pas de tempête chez ce marin qui pourtant avait un besoin vital de se confronter à la mer. Et pourtant, il en a forcément connu mais ce n’est pas ce qu’il voulait peindre et transmettre.

Paul-Signac-Les-Andelys-Les-Lavandières-1886 La recherche de l’harmonie des paysages domine l’œuvre, avec une vision très contemporaine du paysage et de la sensation fusionnelle avec la beauté. Ces paysages sont toujours ceux que nous trouvons maintenant encore les plus beaux, les plus attirants et les plus côtés socialement. Il suffit de citer les bords de la Seine, tout particulièrement aux Andelys, un peu en amont de Giverny, la côte normande, celle de la Bretagne, avec l’entrée du port de Concarneau qui a été choisie pour l’affiche de l’exposition… et dans le midi le littoral méditerranéen, Marseille aujourd’hui en 2013 capitale européenne de la Culture, Saint-Tropez, la Corse…Il y a non seulement le choix du décor, l’ambiance le plus souvent sereine et où il fait bon être dehors à la douceur du soleil, mais aussi  le moment, le matin ou le soir…avec toujours la recherche du ton juste en adéquation avec la sensibilité du peintre au moment où il saisit l’instant, l’ambiance, la sensation, avec en plus une très forte composition…

Il y a plus encore et qui ne se voit pas, c’est le travail qu’il y a pour rendre « sa » justesse ou plutôt ses justesses. On est surpris de voir les variations que le peintre fait d’un même site, commençant à l’aquarelle sur place pour garder le ressenti d’un moment, notant la position du soleil, la présence de la brume, la densité des fumées, le temps qu’il fait et reprenant ensuite chez lui dans son atelier son travail cette fois-ci à l’huile en grand format. Cette façon de faire  lui permettait à la fois de garder l’instantanéité de l’émotion, la maîtrise de la rigueur et sa valeur ajoutée propre. Une autre conséquence est qu’il existe plusieurs versions d’un même paysage, qui vont souvent, parfois vers une sorte d’alourdissement du paysage, en passant du crayon et de l'aquarelle à l'huile en grand format  . C’est un phénomène qui se remarque très fortement dans le Midi d’ailleurs plus qu’en Normandie et en Bretagne peut-être. 

Paul-Signac-Application du Cercle Chromatique de M Charles

Et puis il y a toujours l'eau, la mer, avec les bateaux, surtout ceux qui ont des voiles. Paul Signac les aime à taille humaine, revenant au port au petit matin au port de Concarneau, les voiles bleus marine ou violine dans une autre version gonflées de vent pour rentrer directement à l’abri, une fois les cales pleines de poisson. Dans la version choisie pour constituer l’affiche de l’exposition, les détails de la côte ont quasiment disparues pour dégager le champ visuel et gagner de la profondeur. Seul reste l’or jaune du sable. Il y a peu de personnes dans ses toiles, à l’exception par exemple de quelques lavandières que l’on découvre vues de dos frottant le linge sur la rive de la Seine aux Andelys, ou un homme assis sur le ponton encore aux Andelys. Le seul vrai,  beau et grand portrait de l’exposition que l’on découvre avec plaisir est celui qu’a fait de lui son ami le peintre belge Théo Van Rysselberghe avec un Paul Signac tout habité par sa passion de barrer son bateau. Ce goût pour l’eau, la mer, les bateaux et les pêcheurs fut une des constantes dans sa vie, au point qu’il réussit à devenir « peintre de marine », un titre et une fonction enviée réservé aux peintres aguerris.  

Paul-Signac-Calme-du-Soir-1891-Entrée-du-Port de Concarnea

La ronde des œuvres du peintre. Déjà de son vivant, le peintre recherchait des nouveaux paysages autant que des mécènes en France et à l’étranger dans une démarche très contemporaine. En commençant par Paris, bien sûr qui était en cette fin du XIXe siècle et au début du XXe, une des capitales mondiales de l’art. La création du Salon des Indépendants par Seurat fut un évènement important, preuve s'il en était déjà qu'un peintre ne peut percer  sans l’aide d’un marché structuré. Ce fut le cas pour Paul Signac grâce à la Normandie, celle de Monet, où il y avait déjà une colonie de résidents britanniques du fait des origines anglaises de la Normandie. Les   voyages que fit Claude Monet en Angleterre, ainsi que des liens très forts qu’il avait établis avec des amateurs d’art éclairés également aux Etats-Unis contribuèrent grandement à la notoriété de ce mouvement. La renaissance de la maison et des jardins de Claude Monet grâce aux dons des mécènes américains explique la création en 1992 d’un Musée d’Art américain à Giverny sous l’impulsion de son fondateur Daniel J. Terra. En 2009 le Musée des Impressionnistes de Giverny a pris sa suite grâce à un partenariat exemplaire entre La « Terra Foundation for American Art » avec de nombreuses collectivités et institutions publiques françaises*.

Paul Signac Affiche Expo 29.03 au 02.07.2013- 40x60cm- 

L’exposition consacrée à Paul Signac témoigne de la vitalité de ce partenariat privé-public pour faire mieux connaître cet artiste dont les œuvres sont présentes dans tous les grands musées du monde, comme le Musée d’Orsay sur les quais de la Seine à Paris… et certains qui sont moins connus comme le Musée Albert André de Bagnols sur Cèze dans le Gard qui a été fondé en 1868 par le peintre qui lui a donné son nom et qui était un ami de Renoir…Une jolie façon de terminer ce billet en beauté !  

Pour suivre le chemin

* Citons le Conseil général de l’Eure, de la Seine-Maritime, la Région Haute-Normandie, la Communauté de communes de Vernon et la Ville de Vernon, ainsi que le musée d’Orsay. Retrouver des informations sur la Fondation pour l’Europe sur http://www.terraamericanart.org/europe/

. Aller à Giverny au Musée des Impressionnistes, à découvrir sur http://www.museedesimpressionnismesgiverny.com/ avec une visite virtuelle de l’exposition (29.03 au 02.07.2013) réalisée par France-Info 

 . Retrouver l’interview du directeur du Musée, Diego Candil sur http://www.francebleu.fr/infos/l-invite-de-la-redaction-haute-normandie/invite-de-8h10-54http://www.francebleu.fr/infos/l-invite-de-la-redaction-haute-normandie/invite-de-8h10-54

. Un ouvrage vient de paraître sur l’exposition Signac et sous le même titre  « Les couleurs de l’eau », collectif, éd. Gallimard, 240 p., 35 euros, comme le montre http://www.francetvinfo.fr/signac-le-pointillisme-explique-en-trois-petits-points_291345.html

. Lire l'analyse de la Commissaire de l’exposition,  Marina Ferretti Bocquillon, dans http://www.latribunedelart.com/signac-les-couleurs-de-l-eau   

. Lire l'ouvrage "P. Signac" réalisé par François Cachin, la petite fille du peintre, qui a été la Directrice du Musée d'Orsay de 1986 à 1994 et ensuite la Directrice des Musées de France. C'est elle qui a organisé la plus grande exposition tenue en France au Grand Palais en 2001 à Paris. Elle a par ailleurs contribué à consolider les archives Paul Signac, ce qui explique peut être la richesse des "petites pièces" présentées à l'exposition de Giverny, celles faites en préalable aux grandes toiles réalisées ensuite par le peintre. Ces petites pièces sont fabuleuses.   

. Lire la biographie de Paul Signac sur un très bon site http://www.moreeuw.com/histoire-art/paul-signac-peintre.htm  D’autres infos sur le peintre lors de l’exposition du Havre en 2011 « Les Ports de France »  http://www.moreeuw.com/histoire-art/exposition-signac-lehavre.htm 

---) Sur Paul Signac peintre de bateaux, amoureux de la mer,  voir   http://www.roscoff-quotidien.eu/celebrite-signac-paul.htm , pour l’exposition de 2008

  Paul-Signac-Paysage-corse-Musée-André-Albert-Bagnols-sur-

. Le Musée d’art Albert André à Bagnols sur Cèze pour voir par exemple cette aquarelle du peintre faite en Corse http://expo-musee.sorties.francetv.fr/peinture/musee-albert-andre-bagnols-sur-ceze-visite-musee-albert-andre-bagnols-sur-ceze-ide-512fcb754

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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 12:05

La photo de Mael Leblanc de Laval. Elle a du être prise le soir au coucher du soleil - ou le contraire - quand la nature est figée au froid de l'hiver. L'eau semble gelée, les arbres forment une corolle opaque autour d'un berceau d'eau.   La photographe a choisi un titre volontairement neutre pour laisser du champ à l’appréciation de chacun. C’est à celui qui regarde de décider ce qu’il voit.

Estacade sur le lac, -Mael-Leblanc-Bibliothèque-Laval-19%20un%20chemin%

Le plus remarquable à mon sens est la lumière qui irise ce paysage d’un petit étang et qui lui donne un côté huilé avec, en premier plan pour conduire le regard, une estacade bien mal en point mais qui a pourtant conservé la chaude couleur du bois.  Elle a subi les atteintes du temps. On se surprend à sauter d’une planche à une autre, à marcher sur une poutre ou du moins à essayer.  

Avec ce cliché, Mael Leblanc a gagné le second prix du concours photos dans la catégorie Adultes organisé par la Bibliothèque de Laval, placé sous la présidence de Jean-Loup Trassard, écrivain et photographe.

Pour suivre le chemin.

Retrouver les clichés du concours du 28.05.2011 sur http://bibliotheques.laval.fr/site/index.aspx?idpage=510

. En seconde place également, cette fois-ci dans la catégorie Jeunesse, une jolie photo intitulée « Retour à la source » de Philippine de Villemagne de Saint-Jean sur Mayenne, qui constitue un bon accompagnement de la photo de l’étang. Un cliché bien équilibré d’une eau vive avec des rochers dans le fond, qui donne du plaisir à la regarder mais que je n'arrive pas à vous montrer.

 

. Retrouver la série des quatre autres billets dédiés aux estacades & co sur ce blog:   L'estacade > Le rendez-vous avec la mer, le ciel et l'air du large           L'Evasion > Le Chemin de l'Estacade > Absolut Vodka, Les Vins Nicolas Style de Vie > Marcher sur l'Eau > De l'Estacade au Ponton et plus 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 12:33

Lutine la Belle, je suis sûre que vous ne la connaissez pas. Elle est pourtant très active quand tout le monde dort la nuit, à commencer par ses héros sur lesquels elle veille avec ses autres copines, les autres lutines. Mais elle seule a droit à une majuscule à son nom, complété par « la Belle". C’est beau ce nom, Lutine la Belle, qui vient du masculin lutin. Mais Lutine a un côté joyeux et espiègle qu’on retrouve à un degré moindre chez ses copains les lutins. Belle, elle a une autre particularité, c’est qu’elle est unique. D’abord parce qu’elle ne sort que lorsque la ville dort. Mais il n’y a pas que ça.

BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013 

La nuit, c’est à ce moment-là seulement qu’elle réussit à s’introduire dans ses lieux préférés, les expositions de Créateurs de Bandes Dessinées. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne vient ni ranger, ni nettoyer, ni assurer les autres tâches que ses copains, les lutins, détestent, comme activer le compte Facebook de la Boîte qui fait Beuh (BQFB), d’aller voir ce que font les autres, en leur disant combien elle  les aime, en prenant de leurs nouvelles, eux qui sont toujours charrette (= "à la bourre" en langage mec). Mettre du rire, du rêve, de la tendresse dans la vie grise du jour, c’est pourtant son boulot à plein temps, du 24  heures sur 24. La Belle Lutine, oh pardon, je reprends,  Lutine la Belle bosse beaucoup. Elle a un rôle exclusif qu’elle s’est attribuée depuis longtemps : elle met du désordre, du bon désordre celui qui s’appelle de la créativité quand on est un artiste, dans les expositions de ses copains les Bédéistes français, surtout ceux qui habitent en Loire, qui s'appellent entre eux des lutins.  BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Lutine la Belle passe sa nuit à changer le décor, en brouillant les séquences de l’histoire qu’on raconte, en modifiant des dessins, en ajoutant ou supprimant ce qui lui plaît ou déplaît, à son gré, en changeant les couleurs… Elle rit beaucoup, au point que d’autres lutines arrivent d’un coup d’un seul, venant comme on dit du « monde entier », une formule absurde. Il faut dire qu’elles se régalent d’humour, d’ incongruité, de bizarre sympa, de hors-norme…Elles rejettent avec force et vigueur « les sentiers battus », leur préférant « les chemins de traverse », pour aller à la rencontre de ceux qu’elles connaissent ou pas encore, avec beaucoup de joie profonde… Lors de leurs fêtes de nuit, elles ont aussi la particularité de sonner les cloches à la volée, que ne perçoivent que ceux qui aiment l’univers de la bonne BD d’où qu’elle vienne et les autres cloches de par le monde, dont une certaine qui s’appelle en anglais la « Lutine Bell ».

BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013 

La cloche de Lutine la Belle, la « Lutine Bell ». Elle a une forte particularité, qui est d’exister vraiment encore actuellement, au siège de la Llyod’s à Londres. Elle est placée au cœur du grand hall d’entrée de la première compagnie d’assurances et de réassurances au monde, créée en 1774. Quand le HMS (His ou Her Majesty Ship’s) Lutine sombra en mer de Hollande en 1799, la cloche sonna une fois dans le café d’Edward Lloyd cabaretier de son état. C’est là que se réunissaient des hommes d’affaires qui garantissaient grâce à leurs capitaux le versement d’une indemnité en cas de sinistre maritime à ceux d’entre eux qui faisait partie du club. Quand on apprenait qu’un des navires assurés venait de subir une avarie en mer, la cloche sonnait une fois. Quand au contraire on entendait deux coups de cloche, c’est que tout allait bien. Le navire allait arriver prochainement à bon port à Londres. Pour la Lutine perdue corps et biens, la cloche du Lloyd’s, celle qui prit le nom de Lutine Bell, ne sonna qu’une fois. Le préjudice était énorme, il s’élevait à 1,2million d’euros, dont seuls 200 000 euros ont été récupérés à ce jour.

 BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Depuis ce jour, la cloche de la Lloyd’s Cy s’appelle toujours la « Lutine Bell ». Quant au trésor de pièces d’or et d’argent perdu en mer, l’incroyable est qu’il existe vraiment. Ce n’est pas un fantasme nocturne de lutine, belle ou pas, ou un petit coup de vin moelleux du Layon de trop. Un tel trésor gisant en Mer du Nord depuis 1799, recouvert de sable au gré des courants, ne fait qu’aiguiser des appétits très réels ceux-là. Des chasses au trésor sont effectuées périodiquement pour essayer de mettre la main sur cette « fortune de mer ».   

C’est bien pourquoi Lutine la Belle et ses copines sonnent les cloches à la volée quand se tient l’exposition, comme celle qu’a organisée, avec un grand succès, la Bande des Cinq Copains Bédéistes de La Boîte qui fait Beuh à Angers. Elle attiré 10 001 visiteurs. Et tout ça grâce à qui ? Au gros travail du Club des Cinq Lutins à la BQFB – avec par ordre alphabétique Christophe Bodin, Tony Emeriau,  Fanch Juteau, Sylvain Lauprêtre et Philippe Minvielle - avec un 6è pote qui s'appelle Ezelh qui est le seul lutin-chien-membre d'un club de bédéistes existant au monde -  et à celui totalement invisible de Lutine la Belle, pas la cloche, l'autre, celle qui range tout au petit matin pour que tout soit bien en ordre avant l'arrivée des visiteurs! Maintenant quand vous aurez l'impression de voir des trâces d'une patte ou de plusieurs patte-s de chien  sur un des dessins, vous saurez pourquoi: Ezehl est passé par là et demande bien poliment à partir en promenade.  

 BQFB-Angers, La Lutine-Expo-2013

Et voici comment est née cette petite histoire le dernier jour de l’exposition de la Bande des Cinq lorsque j’ai rencontré Sylvain. Discutant de l’expo avec lui, après l'avoir félicité, je lui avais fait remarquer l’absence très forte de la gente féminine, à l’exception de Nathalie Bodin, membre de la BQFB et qui travaillait à ce moment là sur un autre gros projet. Et lui de me répondre très sérieusement: « mais la Lutine est là ». Et comme je ne comprenais qui était cette « Lutine », il m’a montré la charmante petite lutine toute mignonne dessinée sur un carton qui indiquait le chemin aux visiteurs. Pour mon choix presonnel, je préfère la "Pistolera", toute feu et flammes, qui a du punch à revendre pour faire marcher droit tout son petit monde d'indicipliné-e-s!          

Pour retrouver le chemin menant à la vraie exposition qui s’est tenue à la salle Chemellier à Angers du 1er décembre au 13 janvier 2013, sur les différentes séquences nécessaires pour faire une BD.

  BQFB-Angers, Expo-2013, Sylvain Lauprêtre

Voir http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Angers.-L-expo-qui-explique-comment-se-construit-une-BD_40774-2150099------49007-aud_actu.Htm

http://www.angers.villactu.fr/exposition-bulles-bulles-bd-angers-br78323-c014.html

http://www.angersmag.info/De-Bulles-en-Bulles-la-BD-angevine-s-expose-salle-Chemellier_a6032.html   

     BQFB-Angers, Expo-2013, Jeune Femme, Accueil-Salle Chemellier . Lire aussi un précédent billet sur la Boîte qui fait Beuh sur ce blog La Boite qui fait Beuh > La BD en atelier pluriel à Angers       

. Photos Elisabeth Poulain, à découvrir aussi d'autres photos de l'exposition  dans l'album Personnalités 2, à l'intérieur de "Personnalités" et le HMS Lutine pendant une tempête à découvrir dans l'album photos "Mer-Eau" . 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 18:01

Fleur de Lampaul est le nom d’un bateau de charge à voiles construit en 1947-1948.  Il a arrêté de naviguer en 1974. Après avoir  a été laissé à l’abandon en 1983, il a ensuite été classé monument historique en 1987. Cette inscription n’est pas arrivée par hasard. Elle est allé de pair avec tout un travail fait en amont  par une poignée de personnes organisées en association  qui veillent à sauvegarder ces patrimoines du monde de la mer. Parmi eux des sponsors qui ont permis d’amorcer et/ou de prolonger l’aventure, pour ce bateau de transport de matières premières ou de marchandises. Fleur de Lampaul a transporté beaucoup de sable, aussi parfois des primeurs de Roscoff. Mais sa notoriété n’a vraiment commencé que dans sa seconde vie après 1985 quand il est devenu voilier-école pour des enfants. Il a trouvé à ce moment-là sa vocation pédagogique qu’il ne va plus quitter.

Fleur de Lampaul 002 Un de ses sponsors a été Fleury-Michon, une grande entreprise vendéenne de l’Agro-Alimentaire de Pouzauges. Dans le cadre de son partenariat avec l’équipe en charge du projet, celle-ci  a fait appel à Jean-Olivier Héron, un dessinateur pour mettre en valeur le savoir-faire humain, le monde de la mer avec ses vagues terrifiantes et le monde animal représenté en particulier par une baleine et plusieurs dauphins qui vont se transformer en Fleur de Lampaul  par la magie du vent. A  l’avant du navire, trois enfants regardent des dauphins les précéder en plongeant sous leurs yeux.

Fleur de Lampaul 005 

« Comment naissent les bateaux » est le titre du dessin en format inhabituel, comme il est indiqué dessous C’est la planche 12 faite par l’artiste en 1994. Nous n’en saurons pas plus, ni de la part de l’entreprise, ni par le dessinateur, si ce n’est que le dessin entre dans sa série des « Comment naissent les bateaux ». Dans des deux autres dessins de la série vus sur le Net, à chaque fois le bateau toutes voiles dehors résulte d’une série de mutations animalières présentées  en séquences de plus en plus grandes, la dernière étant la résultante de toutes les phases précédentes.

Fleur de Lampaul 006 

Et c’est ainsi que « pour faire une Fleur de Lampaul, (vous) prenez une queue de baleine et (vous) mettez un dauphin sur le dos », laissez le vent gonfler la voile et partez !  Comme toujours ou presque derrière un dessin, il y a une histoire dont ne se surgissent quelques années après que quelques faits, comme pour un bateau dont on voit que le visible. Ici, ce qui m’a intéressé, outre la finesse du dessin, c’est le rendu de la mer quand elle commence à devenir méchante, avec le vent violent qui écrête les vagues et transforme l’eau en une sorte de nuée qui forme une émulsion avec l’air. Et le capitaine à la barre dans la réalité aurait diminué la voilure pour prendre moins le vent  et surtout lui donner moins de prise.Il reste à dire que le dessin offre un avantage très fort par rapport à la photo qui est de montrer de façon très visuelle le design des voiles du bateau.  

Fleur de Lampaul 011

Pour suivre le chemin

. Planche 12, Fleur de Lampaul, Jean-Olivier Héron, Comment naissent les bateaux, Spécialement imprimé pour Fleury Michon, partenaire principal de Fleur de Lampaul, Edité par Gulf Stream 1994, une affiche qui m’a été donnée par l’entreprise.  

. Aller voir le site www.heron-heron.fr de Jean-Olivier Héron le père et Jean-Benoît Héron, le fils, tous deux dessinateurs, le premier très ouvert sur la mer vue sous l’angle des bateaux, des poissons et des oiseaux, le second sur la terre vue sous l’angle de l’architecture et le patrimoine  http://www.heron-heron.fr/oscommerce/catalog/advanced_search_result.php?keywords=fleury+michon+&osCsid=9d1eb90653d107fe4b1595737920f380&x=6&y=4

. Retrouver l’histoire du Fleur de Lampaul sur http://www.artouest.org/vieux-greements/fleur-de-lampaul-un-dundee-francais-construit-a-camaret.html et sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Fleur_de_Lampaul

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Art
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