En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Style de vie

Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 18:05

Après la veste Marlboro Classics, voici Pour l'Homme, des UNIC.  En fait j’aurais du écrire « UNIC Chaussures d’Hommes » comme le montre une des plus belles affiches de Cassandre que l’artiste a conçue pour la marque.

Cassandre-Unic-1932-Collection Cassandre

Le mystère. C’est cette association de mots tout autant que le visuel qui m’ont attiré, tant les mots sont bizarres. On voit bien qu’il s’agit de chaussures d’homme qu’on écrit naturellement au singulier. Ici l’artiste l’écrit au pluriel. La différence semble indiquer que ces chaussures sont faites pour une certaine catégorie d’hommes, ceux qui portent des chaussures de marque UNIC. Comme si les chaussures UNIC ne pouvaient être portées que par des hommes UNIC. Il est vrai qu’Unic par définition ne peut que l’être (unique). Pourtant les chaussures, on les vend toujours par deux. Mais comment les montre-t-on pour donner envie à l’Homme de les acheter ?

La présentation. Tout dépend  pourtant de la façon de les ou la présenter. Depuis que je scrute avec attention la publicité des chaussures pour homme, une des seules publicités qui restent dans le quotidien Le Monde, avec les montres et les voitures toujours pour ces messieurs, je suis frappée par la recherche de singularité de la mise en valeur des chaussures.  Mais aucune des publicités ne ressemble à celle d’UNIC interprétée par Cassandre en 1932.

L’Homme Cassandre. Né en 1901, il est un des plus grands affichistes français, un des plus grands graphistes avec un œil absolu et une main  qui trace des lignes d’une force qu’on n’avait jamais vu jusqu’alors. A ce niveau de pure création, on ne peut plus parler de publicité même s’il y a un commanditaire en arrière. Parler d’art publicitaire ne suffit pas non plus. L’art, le cubisme en particulier, associé à l’architecture et la géométrie, tout cela  pourrait donner une bonne impression de la force des constructions de Cassandre, sa centaine de réalisations entre 1925 et 1935.

Les chaussures. Regardez-les bien. Ce sont des richelieus, des chaussures basses à lacets pour homme. Quand le cuir est fin, la finition soignée et le style signé d’un grand nom, comme ici avec UNIC, on peut dire que ce sont les rolls des chaussures adaptées à toutes les circonstances officielles de la vie, de jour comme de nuit. Des mocassins ne sauraient l’être. Elles ont un caractère un peu sportif qui aurait un petit air transgressif dans la vie mondaine. Pour ces richeliues, leur couleur fauve-marron clair indique qu’elles sont faites pour être portées le jour. Les lacets sont fin et couleur du cuir. Leur objectif est de ne pas se faire remarquer.

L'époque. Regardez-les maintenant en vous souvenant qu'elles existaient avant 1932, il y a 80 ans. N'est-il pas étonnant, surprenant, troublant, presque émouvant...  de voir que ces chaussures n'ont absolument pas vieilli d'un poil. Elles représentait le luxe à leur époque de par leur forme, leur finesse, la qualité des cuits et des finitions, leur couleur chaude et douce. Elles représentent toujours aujourd'huile raffinement. L'Homme qui les porterait telles quelles aujourd'hui serait un connaisseur raffiné.  

1932 est une date importante, qui suit d'une année, les troubles de 1930 et les difficultés de vente des entrepises. UNIC, comme d'autres producteurs de chaussures, connaissait une baisse de son chiffre d'affaires. On avait beau être un des producteurs renommés de Saint-Romans sur Isère, un haut-lieu de la tannerie et des articles de cuir, avec un grand savoir faire local existant depuis des siècles, il fallait faire quelquechose. Ce fut la publicité par affiche et la commande confiée à Cassandre qui fit le choix de se focaliser sur les seules chaussures, en les présentant d'une façon quasiment sacralisée.

L’importance des chaussures. Il est vrai qu'eElles ne servent pas seulement à protéger le pied au repos,  à marcher et plus, courir, grimper…Elles ont aussi un autre usage, transmettre  le statut social de celui qui les porte. Ce sont les Anglais qui nous ont transmis cette codification, avoir des vêtements et des chaussures de qualité, qui ont l’air d’avoir déjà été porté. Rien de pire que le neuf dans un certain monde. Les tweeds peuvent être un peu usés. Les chaussures indémodables de qualité toujours très bien entretenues. Elles sont brillantes de santé. Elles n’ont pas pour but d’attirer l’attention; au contraire elles doivent se faire oublier. Elles finissent la silhouette, même si pourtant, c’est par elles que commence la découverte de l’Homme.  Du double degré et plus en somme. 

La composition de l’affiche. Elle est minimaliste ; on ne voit que  la paire de chaussures avec les chevilles gainées de chaussettes fines. C’est le premier choix de Cassandre. Ces chaussures sont habitées ou plutôt des jambes d’homme sont chaussées de richelieus fauve-roux brillants. Pour donner du mouvement à une composition qui pourrait paraître trop statique, l’artiste choisit de présenter les UNIC pieds croisés. De cette façon on voit le pied gauche bien à plat légèrement décalé vers le milieu bas de l’affiche (120 x 160cm); le pied droit se voit de profil, car l’Homme croise les jambes.  Le rendu est impeccable. L’artiste maîtrisait en effet parfaitement la technique de la lithographie.

Cassandre-Unic-1932-Collection Cassandre

Les mots de l’affiche. En commençant par le bas, comme on fait toujours avec les chaussures, on découvre « PRODUCTION DES USINES FENESTRIER» qui donne de l’assise à la scène. On ne voit pas le sol, ni aucun décor. Cette absence renforce la légèreté de la composition et... des chaussures. On vole dans l'air. Au-dessus de la cheville, au bas du mollet, se détache en lettres bleues-violettes la mention « CHAUSSURES D’HOMMES » et, en gros caractères en haut, s’affiche « UNIC » en noir. L’ensemble forme un losange irrégulier entre la partie haute qui enserre les deux lignes de mentions et la partie basse avec la ligne des chaussures qui se termine au milieu de la mention du bas, entre DES et USINES.

Les deux bizarreries. Elles sont de deux ordres. La première concerne l’absence de pantalon visible sur la lithographie pour permettre à l’artiste de garder ses lignes de jambes. Un pantalon aurait alourdi le dessin et gêné la construction. Pas de souci. On n’aucun doute sur l’identité masculine de celui qui porte ces UNIC. La seconde  est plus étonnante. Toujours pour la même raison - garder à l’ossature de la composition la légèreté de ses lignes - l’artiste a notablement raccourci le pied droit. Et l’Homme avec ces chaussures. Il se sent bien.  

Pour suivre le chemin

Cassandre à retrouver dans le site officiel sur http://www.cassandre.fr/posters/index.html  Cassandre-Unic-1932-Collection Cassandreavec ce texte: © Les images dans cette Galerie sont téléchargeables. Toutes reproductions autre que sur le réseau Internet doivent être soumises à un contrat de licence au titre de la reproduction. En téléchargeant une image de l’auteur AM.Cassandre vous acceptez que pour une reproduction autre que sur le web,  un contrat de licence approuvé par Roland Mouron est nécessaire. Vous reconnaissez avoir été informé que les images de l’auteur AM.Cassandre contiennent des Marques actives et que l’Ayant droit Roland Mouron ne peux être tenu responsable pour la reproduction de ses Marques sur Internet. Pour une reproduction sur un autre media un contrat de licence est obligatoire. En téléchargeant une image vous acceptez implicitement que Roland Mouron ne pose qu’une seule condition à la reproduction sur Internet : vous avez l’obligation de reproduire ce texte pour vos visiteurs ainsi que le lien suivant sous chaque image reproduite : www.cassandre.fr    

. Les chaussures UNIC existent toujours, sous le nom de Clergerie, à voir sur  http://www.griff-docc.com/CHAUSSURES-Unic

. Lire aussi une bonne interview de Robert Clergerie datant de 2006 sur http://luxe-magazine.com/2-1595-Robert_Clergerie_Le_marketing_cest_du_baratin_limportant_cest_la_collection_mm

.Pour voir des jolis dessins des différents types de chaussures d’hommes http://www.bexley.fr/Bexley/chaussure-SneakersPS-FR.htm

. Lire aussi dans ce blog

 Style de Pub > L'Homme > La veste > Marlboro Classics > le Wild West     

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 16:11

L’île est vraiment toute petite. Personne ne sait dans quelle mer exactement elle se trouve ni près de quelle côte. La seule certitude est qu’elle se situe dans les eaux grecques. Elle n’affiche pas non plus son nom géographique.

Petite maison sur une île grecque, pub 2003 ONHT

La découverte de l’île: Cette petite île est entourée d’eau. Normal, me direz-vous. Sauf que cette eau-là est  d’un bleu intense qui indique des profondeurs impressionnantes près de la petite plage circulaire qui entoure l’île, avec des dégradés de bleu plus clair au fur et à mesure que le fond remonte vers le rivage.

Cette petite île entourée d’eau bleu profond ne porte que quelques couleurs seulement pour sa partie émergée:

. du beige blanc pour le sable sec, du beige plus foncé pour le sable mouillé qu’on voit en transparence au fond de l’eau, un beige doré pour ce qu’on imagine être une pelouse de vivaces résistants au soleil de l’été,  du blanc pour les roches qui affleurent un peu partout autour,

. du vert pour les arbres et les arbustes qui bordent le rivage tout autour,

.  du rouge pour les tuiles du toit de l’unique petite maison basse et longue, avec une avancée à étage en saillie sur le côté pour voir au loin

. et le blanc dur de ses murs passés à la chaux.

Cette petite île, entourée d’eau, avec quelques couleurs seulement, qu’on dirait conçue naturellement pour la seule petite maison qu’elle porte sur son dos, a aussi une autre particularité, sa double forme de cœur terrestre et végétale. C’est elle qui a justifié sa sélection par l’Office national hellénique du Tourisme pour promouvoir le tourisme lors des jeux Olympiques d’Athènes 2004.  

Le visuel: Jusqu’ici tout était simple. Il suffisait de décrire Petite maison sur une île grecque, pub 2003 ONHTavec des mots ce que dit la photo de l’île. C’est là, où cela se corse, oserais-je dire. C’est la forme de cœur  qui explique sa sélection parmi des milliers de photos d’autres îles grecques, qui doivent se compter par milliers aussi. Du coup grâce à sa forme de coeur, certains l’appellent Eros, le dieu grec de l’amour, ce qui permet finement d’écrire le texte suivant :

 « Eros, Dieu grec de l’amour à l’origine. Il nous a donné le mot ‘érotique’. Pour rendre les gens amoureux, quelques flèches lui suffisaient avec bien sûr les îles les plus romantiques de la Mer Méditerranée.

Choisissez la Grèce pour des vacances paisibles » « Greece, La Grèce au-delà des mots » «  Jeux olympiques Athènes 2004. Le retour au pays des Jeux.»

Eros: c'est le dieu du désir et non pas de l'amour. Quoi qu'il en soit, un dieu tout seul sur une île, c'est difficile. Je suggère de lui adjoindre Pontos le dieu de la mer, Helios pour le soleil, Aphrodite pour la beauté et Iris la déesse du lien entre la terre et l'eau . Pour des vacances paisibles, ce n'est pas gagné! 

Pour suivre le chemin

. Publicité parue dans l’Expansion, juillet-août 2003 pour promouvoir les Jeux Olympiques de 2004

. ONHT, 3 avenue de l’Opéra, 75001  Paris, 01 42 60 65 75, eot@club-internet.fr

, Retrouver les dieux de l’Olympe sur          http://hellada.free.fr/dieux.html

. Lire aussi la série des "Petites Maisons" ou d'îles. Parmi les billets récents

Un hameau de petites maisons-caves à vin d'Aveyron > Rivière sur Tarn      

La petite maison sur la Mayenne > La jolie péniche à Montreuil-Juigné      

Les petites maisons en bouteilles WOBO Heineken      

Les petites maisons des Ardoisiers d'Angers Trélazé      

Une île en forme de voiture > Une voiture comme une île > Une pub BMW        

. Photo EP, à voir dans l'album-photos "Petites Maisons"

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 18:17

    Une nouvelle série: C’est un jeu au degré 2, tout comme le sont et  le vêtement et la publicité. N’avez-vous jamais eu l’impression de jouer à la poupée  en vous habillant, en achetant vintage ou en vous déguisant ? Vous souvenez-vous de ces planches à découper selon les pointillés dans lesquelles vous aviez une poupée par exemple à habiller avec une série de vêtements à accrocher sur cette forme porte-manteau. Outre ce goût pour le jeu, il y a en plus une curiosité certaine de ma part en vue de retrouver des lignes de force en matière de tendances longues  de mode et de pouvoir d’impact de la photo.

Homme-Veste-Marlboro Classics

9 ans après la parution de cette publicité en décembre 2003 dans le magazine d’Air France, j’ai été frappée par la force de la photo de cette veste d’homme. 9 ans, cela représente trois cycles en matière de mode et pourtant, cette veste  pourrait être portée maintenant partout dans le monde dès lors qu’il fait froid. Elle est indémodable. 

La veste: Elle est en  gros velours beige-brun, couleur feuilles mortes ou poil d’ours mais sans l’odeur forte, heureusement. Elle est mi-longue, entre la veste courte qui ne protège pas le dos du froid et le manteau qui pourrait être une gêne pour chevaucher à l’aise. Très enveloppante, à l’image d’une couverture bien chaude, on l’imagine vraiment très chaude, faite pour pouvoir résister au grand froid du Grand Nord. Jack London n’est pas loin. On l’entend presque.

On a l’impression de pouvoir la toucher pour en palper l’épaisseur, sentir sa chaleur enfermée à l’intérieur comme une doublure invisible et pourtant présente grâce à l’odeur de l’homme épicée d’une pointe de bois brûlé lors du dernier feu de bivouac. 

 

Le froiHomme-Veste-Marlboro Classicsd: On l’imagine vraiment sévère, comme celui que nous contait Jack London. Pour l’évoquer, il suffit aux concepteurs de Malboro Classics de suspendre la veste aux planches constituant le mur du chalet et de visualiser la largeur des planches. Elles témoignent de l’âge et de la puissance des arbres de l’Ouest américain. La paroi est vieillie par le froid, le vent et la neige qui se colle au bois. On sent la dureté du climat rien qu’à voir le fond de la photo. Il n’a pas été nécessaire de montrer un homme dans un paysage de neige. Le bois vieilli suffit.

L’impression ressentie: Elle est remarquable. Entre la douceur enveloppante et la lourdeur de la veste et le mur de bois qui résiste au froid, il y a l’Homme Malboro Classics, le petit frère de celui qui chevauchait solitaire sur le dos de son fidèle compagnon dans les pubs pour les cigarettes Malboro du Groupe Philipp Morris.  En été ce cow-boy portait sa chemise  rouge. En hiver, il est maintenant habillé en Classics, sa veste de velours dessus, dans les Ruby Mountains du Nevada. 

 L’authenticité en lien entre les deux hommes Malboro: Ce sont des hommes, des vrais, des durs à l’air viril. A cela, il y a une vraie raison. Le Premier Homme Marlboro a été créé par le grand publicitaire Léo Burnett pour les cigarettes Marlboro sur la base d’un fonds de milliers de photos faites au Nevada, en Utah, au Texas, en Arizona. Depuis 1963, chaque année une équipe était envoyée sur le terrain pour réaliser des milliers de clichés de l’Ouest américain. 300 à 400 photos étaient ainsi sélectionnées pour constituer « le pool Malboro de l’année ». Quelques -unes d’entre elles étaient transformées pour devenir les visuels de la marque. C’est grâce à cette démarche unique en son genre, d’une stratégie publicitaire à la rencontre d’une recherche ethnologique qu’est né l‘image du célèbre cow-boy Malboro, ce héros des temps modernes, seul sur son cheval dans les grands espaces des déserts du Nevada, cher au cœur des Américains. C’est l’univers du Country, qui s’attacha désormais au nom de Marlboro pour former le Marlboro Country. Le pari de Leo Burnett était gagné. Philipp Morris l’avait engagé pour «viriliser» l‘image de cette cigarette à bout filtre jugée alors trop féminine. 

Les couleurs: Celles du paquet de cigarettes sont bien connues : le blanc et le rouge font intégralement partie de la marque. Dans la réalité, dans le désert, il en existe une 3è, c’est l’ocre de l’argile. Quand il fallut au groupe sortir du produit unique -la cigarette- pour des raisons de stratégie de diversification, l’idée surgit de fabriquer une ligne de vêtements pour ce cow-boy si viril.  Marlboro Country a ainsi donné naissance à Marlboro Classics.    Nevada-Yucca Mountain WhiteHouse.Gov-Wikipedia

Maintenant: il reste une publicité de 2003 dans un magazine gratuit distribué dans un avion...et un point de couleur rouge en haut de la veste avec la marque cousue à l'extérieur et un carré rouge comme un point qui signe la marque.   

Pour suivre le chemin

. Quelques maigres informations sur le propriétaire italien de la marque de vêtements depuis 1986 http://fr.wikipedia.org/wiki/Valentino_Fashion_Group

. Le site d’aujourd’hui http://www.marlboroclassics.valentinofashiongroup.com/index.html

. Quelques informations sur le site de Leo Burnett sur http://www.leoburnett.com/

. Lire surtout « Ces pubs qui ont fait un tabac », F. Ghozland, Milan éditeur, ainsi qu’une histoire du publicitaire Leo Burnett dans « 5 Géants de la publicité », Editions Assouline

. Photo EP de la veste, à voir dans l'album photo "Genre". Les deux paysages du Nevada en provenance de Wikipedia sont à retrouver dans "Paysages". J'ai longuement hésité entre les deux remarquables photos: celle que vous voyez est un cliché de la Maison Blanche et l'autre que vous retouverez dans l'album est prise à partir d'une montagne, la "Frenchman Mountain"!  

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 11:48

Il ne faut jamais chipoter. Je traduis tout de suite pour les traducteurs automatiques qui nous font parfois de drôles de surprise. Chipoter signifie « discuter sur des vétilles ». Les vétilles maintenant, ce sont des « choses sans importance ». Donc en matière de vœux, il faut toujours voir large et ne pas hésiter à en faire de trop, sans chercher l’exhaustivité quand même, ni l’originalité, ni « le toujours plus » dont nous connaissons maintenant les dangers.

 

Collection Emmaüs 2011, Bleu-OrangeCette année, je ne résisterai pas au 12-12. Facile, oui. Et alors ? L’important est dans l’intention.

 

Pour 2012, je vous souhaite :

01. la puissance de feu du dragon qui traverse les épreuves, sans se brûler

02. la subtilité et l’humour de Philippe Meyer de France Inter à Paris

03. la beauté du geste de la golfeuse et du golfeur en Ecosse, près de la mer

04. l’acuité de la vision de l’aigle pour apporter à manger à ses petits

05. la fragilité si tendre du coquelicot orange dans une prairie de Normandie

06. la ténacité du pissenlit qui repousse à chaque fois     qu’on le coupe

07. la force du schiste noir alliée à la tendresse du falun blanc en Loire

08. la souplesse du bambou au bord de l’eau qui chante, sans jamais faiblir

09. le regard qui voit à travers les murs, le temps, l’espace, pour comprendre

10. la clarté de l’éclair qui permet de trouver des nouveaux chemins la nuit     

11. l’imagination créatrice large et en profondeur du stratège spatio-temporel

12. la suavité d’un Coteau du Layon d’Eddy et Myleine 0osterlynck de Faye d’Anjou

      Collection Emmaüs, Turquoise-Vert-Feu

    + 1 l’équilibre et la tolérance du sage qui comprend, sans exclure

 

Votre œil voit bien. Il y a  un numéro supplémentaire à utiliser comme une carte joker à tout moment et surtout quand on sait qu’on ne sait pas. Bonne année 2012 !  

Pour suivre le chemin

. Retrouver Eddy et Myleine Oosterlinck au  Domaine de Juchepie, sur leur site et sur l’excellent blog de la Pipette aux quatre vins  http://pipette.canalblog.com/archives/2010/05/03/17734655.html

. Photos EP, à retouver dans l'album-photos "Art2" sur ce blog. Ces cartons peints font partie de ma collection "Emmaüs" 2011.

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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 17:38

Des cadeaux très particuliers

Après le village de petites maisons-caves à vin d’Entre-deux-Monts, près de Rivière sur Tarn, que je vous ai présenté avant-hier, le 23 décembre, un jour avant Noël, comme ‘cadeau’ d’un nouveau type, voici un ‘cadeau’ d’un autre type, un menu de banquet, un terme qui fleure bon un passé oublié. On ne banquète plus en France, même si on y mange encore beaucoup surtout à cette période de fêtes.  

Menu banquet 1921 Heidsick

Le banquet

Il s’agissait pour l’entreprise Champagne Heidsieck et Monopole de célébrer la venue le 9 juin 1921 du Ministre de l’Agriculture dans les Salons Degermann, au 35 rue Buirette. Il ne s’agit donc pas d’un repas de Noël. Mais, comme vous allez le voir, il est tout à fait transposable actuellement. Le menu figure sur un carton orné d’un beau dessin  où l’on voit deux belles dames du XVIIIè siècle assises sur un parterre de fleurs accueillir un marquis en habits rouges portant un plateau sous le bras. Un ruisseau ferme la scène sur le devant, un escalier descend d’un château à l’arrière-plan.

Le menu

Il répond à la présentation de l’époque selon laquelle seuls les plats principaux qui formaient le corps principal du banquet étaient détaillés. Ni les hors d’œuvre, ni les desserts ne l’étaient. Les noms des domaines de vin non plus :   

 

Hors d’œuvre variés

Saumon de Loire, sauce verte

Gigot d’agneau, haricots panachés

Poularde rôtie, cresson

Salade de laitue

Fruits rafraîchis au kirsch

Fruits  - Desserts

***

Vins ordinaires : blanc et rouge

Bourgogne vieux – Cognac

 

La structure du repas

    Menu banquet 1921 Heidsick, dessin

Il commence de façon traditionnelle par des hors d’œuvre dont on ne sait s’ils sont chauds froids, frais ou cuits. On les considère comme des petites entrées pour éveiller l’appétit et préparer l’organisme. L’important vient plus tard. Le plat principal est la viande, que représente le gigot d’agneau. Pour annoncer sa venue, il faut un met plus léger, le poisson qui est presque de la viande, mais sans en avoir ni le goût ni la force symbolique. Il est quand même plus noble qu’un hors d’œuvre.  

La primauté de la viande

Arrive ensuite le gigot, la pièce maîtresse, suivi tout aussi tôt après d’une poularde désignée par son mode de cuisson. Une poularde est une jeune poule domestique qui n’a pas encore pondu. Sa chair est réputée être tendre. Elle est rôtie pour privilégier l’arôme caramélisé par le feu, pour ne pas la confondre avec une (vieille le plus souvent)  poule au pot qui est bouillie et donc moins goûteuse.     

Les accompagnements

Les garnitures ont beaucoup d’importance : ce sont des haricots panachés qui accompagnent le gigot, du cresson la poularde. Elles sont précédées par une sauce verte pour le poisson et une salade de laitue qui elle-même suit l’accompagnement de cresson. Remarquons l’importance qui est donnée à cette salade par rapport aux hors d’œuvre d’entrée. Comme si elle assurait une transition avec la phase sucrée qui s’annonce en fanfare. Cette fanfare c’est le kirsch versé sur les fruits rafraîchis.

Le sucre

Trois sources de protéines, le poisson, la viande et la volaille, il faut au moins cela pour satisfaire l’appétit d’un ministre de l’Agriculture et des notables invités. La suite du menu montre bien ce besoin d’aller jusqu’au bout d’un énorme besoin de gourmandise. Des fruits et desserts, sans précision sur le nombre et le type de desserts, vont clore le repas, dont on ne sait s’il a été servi le midi ou le soir.        

Les vins

Curieusement le menu parle de vins ordinaires, ce qui pourrait être jugé offensant pour un ministre. Curieusement aussi, le vin de Champagne Heidsieck & Monopole n’est pas mentionné au menu, ni le nom du ministre non plus d’ailleurs.     Menu banquet 1921 Heidsick, Salons Degermann

L’idée pour un prochain réveillon

C’est de refaire en l’adaptant un de ces menus qui ont à nos yeux un air désuet, non pas par les mets mais par l’ordre et les quantités ! Le must serait de retrouver des menus de Noël anciens !  

Pour suivre le chemin

. Le menu figure dans une plaquette Vranken Monopole, 17 avenue de Champagne, 51200 Epernay, 02 26 59 50 50. La plaquette, qui a du être faite pour l’an 2000, retrace l’histoire de la Maison Vranken de 1976 à 1999.       

 

. Les Salons Degermann, fondés en 1900  existent toujours à Reims. Ils poursuivent depuis lors la même activité :   http://www.degermann.fr/fr/accueil/

     Réveillon de Noël-Julaftonen av Carl Larsson 190-copie-1

. Photo d’un tableau de réveillon de Noël de Carl  Larsson à retrouver sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9veillon_de_No%C3%ABl, (à comparer pour la différence d'ambiance)

capture d'écran pour les salons avec mes remerciements et EP pour celles du menu.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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