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En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Style de vie

Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 11:13

Ce sont deux photos bien différentes et qui portent sur des sujets proches. La plus ancienne du début de XXe siècle  a été prise à Avrillé en Maine et Loire. Elle est en noir et blanc. La seconde  très récente en couleur a été prise à Angers. Les deux sont l’œuvre de photographes professionnels qui ont demandé à des personnes de poser pour le cliché.

     Mobilité-Avrillais-Avrillé-Carte-postale publicitaire Avis

A Avrillé, c’est l’entrée dans le bourg qui fait l’objet central de la photo en l’absence de véritable place de l’église et/ou de la mairie qui marque traditionnellement le centre de la ville ou comme ici du village, qui abritait environ 1000 habitants au début du XXe siècle. La seule rue pavée à l’époque était la rue principale qui était reliée à Angers vers l’Est  et au Lion d’Angers  vers l’Ouest. C’est cette dernière entrée  que nous voyons sur ce cliché. A l’exception d’une femme qui marche dans la rue et d’un enfant qui se trouve sur le trottoir, il n’y a nul autre signe de vie en dehors des premiers et seconds plans qui ont mises en scène par le photographe.

Devant il y a un chien debout face à l’objectif  au milieu de la rue. En seconde ligne, en partant de la droite de la photo, il y a l’âne posant fièrement attelé à la carriole avec une dame semble-t-il à l’intérieur. En côté gauche, dans le bon sens de circulation cette fois-ci, se trouve une voiture décapotable,  sans chauffeur assis le volant entre les mains. Sur le trottoir se trouvent trois petites filles en tablier. Derrière elles, un tonneau posé sur un petit attelage à roue de façon à faciliter la vente en se déplaçant de maison en maison. En arrière un cheval est attaché au mur d’un magasin semble-t-il. On voit une plaque au-dessus d’une porte ouverte. Un homme à la chemise blanche dont on voit  le bras est placé devant le flanc du cheval. De l’autre côté une vieille dame à la canne semble parler à un homme à la solide carrure.

Mobilité-Gert Schuon-Vélomobiliste-Angers 

A Angers, le cliché a été pris à un endroit où le tramway aux couleurs arc-en-ciel tourne légèrement de sorte qu’on peut voir son côté droit. Il éclate de propreté vive sur fond du vert jeune pousse à la forte vitalité tendance « développement durable ». Pose devant le tramway à un endroit idéal pour la photo mais évidemment fortement interdit à tout personne voulant y stationner son véhicule, Gerhard Schuon le conducteur-pédaleur assis sur son superbe vélomobile de couleur rouge et de marque Quest.

En un siècle, l’objectif du photographe a changé. Il ne s’agit plus de montrer de la vie à l’entrée d’un village, mais la nature poussant dans une ville desservie par le tramway pour offrir une alternative à la voiture qui a très fortement marqué le XXe siècle. On aperçoit quelques passagers dans le tramway ainsi que peut-être trois piétons  tout à l’arrière de la photo en côté gauche, entre un panneau publicitaire et un poteau de feu rouge.

Le bilan est  curieux. Si on devait s’en tenir à ces deux clichés qui ont tous deux le même objectif qui est de montrer la modernité de la ville, grâce aux moyens de déplacement, la voiture à moteur à essence a disparu, remplacée par le tramway et un curieux hybride, mi-voiture de course, mi-vélo, tractée à la force du jarret d’un véritable sportif qui couvre ses 8 à 10 000 kms par an. Les déplacements à pied demeurent, avec ou sans recours à d’autres moyens de transport. Le cheval n’a plus sa place en ville à l’exception du défilé du 14 juillet. Il ne tracte plus de carriole, ni son copain l’âne qu’on ne voit plus du tout. On en voyait brouter l’herbe verte d’une prairie au Lac de Maine au début des années 2000. 

Les enfants ne jouent plus dans la rue ; les vieilles personnes marchent pour certaines courbées mais elles ne sont plus forcément habillées en noir avec un tablier. Les engins de déplacement roulent toujours à droite sauf quand ce n’est plus le cas, en particulier pour le tramway et les vélos. Ceux-ci sont absents des clichés. Le vélomobile a beau être considéré comme un vélo au regard de Code de la Route, je ne lui conseille pas de prendre les petites voies à contresens réservées aux cyclistes.  Il doit en plus repérer à l’avance les bons trajets, avec très peu de côtes à monter et à descendre.

Bravo au  vélomobiliste. Je ne crains pourtant pas de m’avancer à prédire que son exemple sera peu suivi. Rendez-vous dans 100 ans.  On verra bien !

Pour suivre le chemin

. La carte postale de l’entrée du bourg d’Avrillé (Maine et Loire) a été utilisée encore il y a peu en guise de publicité d’Avis Immobilier de l’agence Avis d’Avrillé. Le verso porte les coordonnées et le texte publicitaire. On peut la retrouver, sans indication de dates, sur le site de la ville, en 16è position sur 21 sur http://www.ville-avrille.fr/photoAlbum.html?webfolder=240

. La photo couleurs provient du Courrier de l’Ouest en date du 28 avril 2012 dans un article consacré à la drôle de machine de Gerhard Schuon, un Européen allemand qui travaille à l’Office communautaire des Variétés végétales implanté à Angers. Elle est l’œuvre de Josselin Clair pour le Courrier de l’Ouest.

Mobilité-Vélomobiles-Ville-Yves-Bertin-2006-

. Yves Bertin est l’auteur de la photo des vélomobiles en ville sur Wikipedia, où l'on retrouve la belle rouge.

. Mes remerciements à tous les deux.Les photos sont à voir dans l'album "Personnes, Personnalités" à mobilité.     

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Samedi 16 mars 2013 6 16 /03 /Mars /2013 16:30

Faire du pied le centre de l’univers, les Grecs dans leur grande sagesse le savaient eux qui avaient créé un dieu  pour célébrer le voyage. Mettre le pied en valeur est une autre histoire. Chercher des photos de beaux pieds d’homme et vous verrez combien la tâche est délicate. Mais quand on s’appelle Hermès et qu’on est une des grandes maisons du monde du luxe, on sait toujours à aller au plus près de ce qui est important, à donner plus de sens à la ligne et à la matière en harmonie avec le corps  et le mouvement. Et quand on parle de soi, on vise le monde. Le Monde d’Hermès est l’appellation de la revue de la maison.

Hermès, Le Monde d'Hermés, 2007-II, Le pied

La rencontre de l’homme avec le pied se fait sous la médiation du cuir de sa chaussure. La mise en scène est délicate car il faut d’abord trouver un pied de qualité qui suggère la capacité de portance du corps entier et la beauté du geste quand le pied se déroule en pleine course. L’art du photographe fait le reste mais seulement après  avoir souligné le pied enduit d’huile de talc blanc pour faire ressortir la courbe qui part du talon s’arrondit le long de la face du pied et se termine à l’ongle. Cette photo, qui est l’œuvre d’Isabel Munoz, une photographe espagnole, qui adore notamment faire des clichés de danseurs de tango, orne la couverture du numéro dédié à la danse du Monde d’Hermès.

Hermès, le Monde d'Hermès, L'Homme 

L’homme du pied et sa chaussure se trouvent en pages 84 et 85 bien loin l’un de l’autre. Leurs relations sont compliquées . Lui cache sa bouche. On ne voit que ses yeux, son menton pour le haut, son pull et sa chemise en bleu marine. Pour lui faire face, une seule chaussure l’attend comme une star posée sur une colonne inclinée, les lacets ouverts qui n’attendent que leur maître. Je gage qu’il a fallu beaucoup d’essais pour trouver le ton juste pour que les lacets parlent. Ils figurent à eux seuls la touche de légèreté exigée par le décor très structuré. 

Hermès, Le Monde d'Hermés, 2007-II, La Chaussure  

La ligne parfaite à mettre en lumièreest celle de la chaussure gauche vue de l’extérieur captée dans une lumière douce si fine qu’on pourrait presque compter le nombre de trous figurant sur les découpes de ce derby noir qui a pour moi des reflets bleutés. La chaussure est posée sur une surface inclinée vers la bouche de l’homme que l’on ne voit pas. Elle lui parle, elle l’attend et lui nous regarde. Un sacré jeu de miroir auquel n’est pas étranger le cuir lisse et brillant, comme un jeu entre l’homme qui se regarde dans cette brillance en lui demandant «miroir, mon cher miroir, dis- moi que je suis le plus beau » au travers du jeu de construction des différents panneaux qui conduisent le regard vers la chaussure puis vers l’homme qui ne regarde pas la chaussure. C’est nous qui la voyons pour lui…

Hermès, Le Monde d'Hermés, 2007-II, L'Homme, la Chaussure 

Pour suivre le chemin

. Le Monde d’Hermès, volume II, automne-hiver 2007

. Le Monde d’Hermès, voir pour un exemple récent le n° 60 sur  http://brieuc75.typepad.fr/soundtracktomylife/2012/03/le-monde-dherm%C3%A8s-printemps-%C3%A9t%C3%A9-2012-n60.html

. Voir le site d’Isabelle Munoz http://www.isabelmunoz.es/

. Voir d’autres billets « M comme Man » et Style de pub 

M comme Man > L'Homme sportif, son torse et son blouson > Lafuma  

M comme Man > L'Aborigène d'Ingaladdi Waterhole Cave > - 10 000 av. JC     

M comme Man > Le Cardinal de Richelieu > Philippe de Champaigne     

Style de Pub > L'Homme > Le Duffle-Coat > Moorhouse & Brook

Style de Pub > L'Homme > Les Chaussures UNIC par Cassandre  

 

. Photos Elisabeth Poulainà retrouver dans l'album-photos "Genre-Variations" 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 18:41

En gros caractères, deux mots donnent le ton du message et du nouveau visuel du Crédit Agricole « Le Luxe » suivis par « ne se vit plus de La même façon ». Pour les yeux avertis, il apparaît dans le titre qu’il y a deux sortes de L pour écrire ces quelques mots, la majuscule du L et un autre L qui possède aussi un coude arrondi à la rencontre de la barre verticale haute et de la basse qui forme l’assise de la lettre. Le luxe, c'est aussi et d'abord ça, voir ce que les autres ne voient pas.

Crédit Agricole, le Luxe ne se vit plus de la même façon 

Le regard glisse ensuite sur le paysage   en dessous, avec une montagne blanche très haute entourée de nuages. Le tout est placé en dessous du titre. Une autre séquence de montagne cette fois-ci foncée est placé dessous. Elle crée de la profondeur, une façon habile de mettre en valeur le premier plan aux allures de petite plateforme. C'est là qu'est assis un beau barbu dans la force de l’âge qui nous regarde, tenant une boisson chaude avec ses gros gants, sa tente ouverte à côté de lui. Assis sur la pierre, il tourne le dos à la montagne dont le sommet le plus haut paraît bien loin.     

Ce Monde-Luxe n’est plus le monde du luxe, une formule déjà usée par une sur-consommation qui date des années 1970 aux Etats-Unis et en Europe et des années 1990 en Asie. Dans ce nouveau monde, Il ne s’agit plus de se distinguer des autres par une série d’objets-totems et de voyages de plus en plus loin. Il s’agit maintenant de faire partie d’un nouvel espace qui enveloppe le monde existant, avec des points d’accroche choisis en fonction de leur utilité et/ou de leur beauté.

Ce Monde-Luxe a ses propres bénéficiaires qui sont plus que des citoyens d’un pays donné. Ils n’ont que des droits sans trop d’autres obligations que celle de payer.  Ils sont peu nombreux par définition puisqu’il s’agit de « happy fews ».  Ce sont les acteurs visibles de ce mundo-eldorado caractérisé, outre la beauté, par la qualité du service qui leur est fourni et une exclusivité de fait.         

Ce Monde-Luxe a ses mots propres véhiculés par l’anglais en version américaine. On y parle beaucoup de beauté, de nature, de silence, de préservation, de privilège mais uniquement dans sa version d’adjectif privilégié. Là, tout n’est que luxe et volupté. Le service est roi, mais un service invisible pour ne pas être obligé de dire merci. Pas la peine puisqu’on paie.

Ce Monde-Luxe a une autre particularité. Il n’est plus localisé en un point donné du monde déjà répertorié au XIXe et au XXe siècle. Il a sans cesse besoin de se déplacer pour trouver des nouveaux espaces à découvrir avant que le tourisme de masse, un mot honni, ne l‘abime irréversiblement.

Crédit Agricole, le Luxe ne se vit plus de la même façon 

Dans ce Monde-Luxe règne le moi-seul-face à l’univers-dans un univers préservé face aux hordes de touristes dont le nombre  pose véritablement problème. Les nuisances qu’elles génèrent sur les grands équilibres de ces territoires affectent ceux qui y vivent et y travaillent. Dans Le Luxe … selon le Crédit Agricole, on voit cet homme seul avec sa petite tente, sans personne autour de lui, alors que c’est impossible. On ne peut survivre dans l’Himalaya sans porteur pour apporter tout ce qui est nécessaire à la vie.

L’Himalaya était  un lieu préservé par ses difficultés d’accès et d’impossibilité de vie, au moins avant que ne se développent le trekking et des expéditions réservés à des sportifs plus qu’aguerris. En un peu moins de de 50 ans, sur les flancs de l’Everest, ce sont près de 50 tonnes de déchets imputrescibles de toutes sortes (métal, verre, plastique, dont un non nombre de barils de fuel…) qui ont été abandonnées par ceux-là même qui les avaient fait apporter par des porteurs pour leur sport et cela malgré le respect dû à la montagne et aux sites selon les « vrais » sportifs…Une vision du Luxe à suivre pour voir si  les autres projets sont du même style.

Deux petites remarques pour terminer. Dans ce visuel, la tente appartient au monde du luxe. En 1936, elle était l’apanage des « classes populaires » - ayant déjà un peu d’argent pour avoir une tente - qui découvraient la mer pour certains pour la première fois grâce aux congés payés. Aujourd'hui, avec une tente « The North Face » prêtée pour la photo, on part dans  l'univers impitoyable de la montagne!   

Pour suivre le chemin

. http://www.thenorthface.com/catalog/ca_ecom/fr/sc-gear/equipment-tents/mountain-25.html

. Sur les expéditions dans l’Himalaya, voir http://www.zonehimalaya.net/Everest/expedition.htm

http://www.franceinfo.fr/monde-asie-2010-04-19-une-expedition-pour-retirer-des-cadavres-et-des-dechets-de-l-everest-431950-14-17.html

. Encore aujourd’hui, le problème des déchets n’est pas résolu ; il est du moins actuellement limité par la caution (4 000 USD) exigée par les autorités népalaises avant le départ et remboursé si les sportifs prouvent à leur retour qu’ils ont bien rapporté  leurs matériels et déchets. Deux mesures complémentaires sont mises en œuvre. Des associations offrent 20 USD pour  chaque kilo d’autres déchets rapportés de là-haut. Quant au gouvernement népalais, il a aussi mis en place des équipes de nettoyage pour redescendre 3  tonnes de déchets restés sur place ainsi que des corps d’alpinistes gelés laissés au sol dans la Zone de la Mort à plus de 8 000m d’altitude. Près de 300 sportifs  y sont restés.

. Photo Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album-photos "Petites Maisons"   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Lundi 4 mars 2013 1 04 /03 /Mars /2013 12:12

Pour bien apprécier les paysages dunaires, il vous faut plusieurs ingrédients que vous retrouverez à coup sûr sur les côtes continentales de la Mer du Nord. Mon conseil est de commencer d’en bas, en partant de France, puis remonter, sachant qu’en bas près de l’eau en l’absence d’immeubles en haut après la dune, vous ne saurez plus où vous êtes, en France du Nord, en Belgique, aux Pays-Bas…

Knokke-Dune-Ciel-Panneau

Vous aurez déjà une idée des trésors que vous allez rencontrer, le vent du Nord, la vastitude, la solitude, le questionnement sur soi, le trop-vide et le trop-plein avec cette idée d’éternel recommencement que vous susurre le vent dans les oreilles, les yeux, la bouche, le nez parfois… Le vent toujours présent, le sable qui bouge tout le temps, mais aussi la mer parfois bien proche, trop proche  au point qu’il a fallu construire des brise-lames perpendiculaires à la plage pour freiner la force de ses vagues dans l’eau et sur la plage. C’est ainsi  qu'est protégé le cordon dunaire qui domine de pas très haut l’arrière-pays dunaire et les prairies humides situées juste derrière, quand elles n’ont pas encore été construites.

Knokke-Dune-Ciel

Vous mangez du sable, sentez le vent, apercevez quelques silhouettes de loin… Un chien qui court en oubliant son maître devient un évènement. Une mouette voleuse un spectacle en soi, une algue desséchée une œuvre sculptée par le vent. C’est lui le grand maître, auquel vous obéissez, quand vous pouvez le fuir. On peste contre le vent, mais on l’accepte aussi. De toutes les façons, c’est toujours lui le gagnant. Quand on est près de l'eau, on remonte pour se protéger, quand on est à mi-chemin, dans les dunes, on s’assied mais alors on ne voit plus la mer. En haut, le vent souffle tout autant rabattu qu’il est par les barres d’immeubles qui coupent l’horizon côté terre.

Knokke-Dune-Mer-Ciel

Dans ces cas là, il faut se retourner vers la mer et projeter son regard au loin. Là-bas au loin à gauche, vous voyez passer un gros navire qui vient de Dunkerque, arrive à Anvers ou se dirige vers Rotterdam ou l’inverse qui est tout aussi vrai. En vous tournant, ce sont les immeubles qui kidnappent le regard. Juste au ras de la dune en haut,  des grandes barres sont érigées face à la mer, sans aucune adaptation au site. Il s’agit clairement de construire au plus haut, au plus dense de façon à ce que le maximum de personnes puisse voir la mer de la meilleure façon, c’est-à-dire au chaud, sans vent et avec  une vue à 190°.

Knokke-Immeubles-Plage

La poussée sur la mer est d’autant plus forte que la côte maritime belge ne compte que cinq villes sur ses 66kms de long, à partir de La Panne proche de la frontière française au sud jusqu’à Knokke Le Zoute (Knokke-Heist en flamand) proche de la frontière avec les Pays-Bas qui possède entièrement l’estuaire éclatée en plusieurs bras qui mène au grand port d’Anvers (Antwerpen) à l’intérieur des terres.

Knokke-Mer-Bateau-Ciel-

Cette solitude à trois, vous + la mer + le vent, est rompue dès lors que vous voyez les immeubles. A leur pied et sur la terre ferme, de grandes ou longues promenades ont été installées de sorte que marcher en compagnie d’une foule qui vous ressemble beaucoup, devient une autre source de satisfaction. Devant vous, à côté, derrière, plus loin, il y a  des vous à multiplier par toutes vos variantes d’âge, de style, de position sociale ou  d’activité sportive. Une vraie foule de vous dans un site, celui de Knokke-Le-Zoute qui claque bien dans l’oreille.  

Knokke le Zoute-Homme-contemplant-la-mer

Vous voilà, à vélo, à pied bien sûr, dans une poussette ou la poussant, jouant au ballon, prenant tout à la fois un bain de mer visuel, un bon bol d’air, une plongée dans la dune qui n’est pas loin. Vous pouvez aussi prendre le tramway, si vous êtes plus contemplatif, un tramway entre plage et dune, merveilleux. Et pour ceux qui veulent absolument leur cure de sable, il suffit de descendre à la plage. Pour passer un bon moment, il n’est besoin que de quelques petits matériels de confort à apporter, tel que petits siège pliants, pare-vents, pull-overs, bonnets pour les frileux, jouets pour les enfants.

Le plus dur sera de trouver l’emplacement, forcément derrière les cabines de plage, ou plus exposé sur le brise-lame à côté de l'Homme assis en vert-dune qui contemple la mer.  C'est une sculpture de Jean-Michel Folon qu'il faite pour son exposition de 1997 au casino de Knokke. Son titre, "la mer ce grand sculteur". Moi, j'aurais aussi pensé à "Homme libre toujours tu chériras la mer" de Charles Baudelaire.

Pour suivre le chemin

. Quelques informations sur la Côte belge et Knokke sur http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_belge  http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Zoute

. Sur le tram, voir http://www.lelittoral.be/                  

. Voir aussi les billets précédents intitulés "Paysages" Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre                 Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

. Photos de Claire Poulain, qui aime beaucoup les lignes géométriques et l'ambiance de  la côte belge, avec mes remerciements, à voir dans l'album-photos "Mer-Eau". La photo de l'homme en vert contemplant la mer sur une des jetées brise-lames vient d'un site de gestion du patrimoine.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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Jeudi 21 février 2013 4 21 /02 /Fév /2013 18:24

Novart est l’association culturelle qui, avec l’appui de l’équipe municipale depuis 30 ans  maintenant, anime Villevêque et ses environs,  sa grande voisine d’Angers incluse, puisqu’elle fait partie de l’agglomération angevine. Un de ses objectifs est d’associer la découverte d’artistes à l’animation de la petite ville de Villevêque située sur la rive gauche du Loir, juste en face de Soucelles à laquelle la relie un pont.

Villevêque sur Loir, Moulin, 2012

« L’art de vivre au naturel » est le slogan de Villevêque qui tire son nom de la Villa de l’Evêque, qui fut la demeure des évêques d’Angers pendant plusieurs siècles. Depuis lors, la ville reste connue par son château, l’ancienne Villa qui a été constamment remanié au cours des siècles. Classé Monument historique, il date du XVe siècle. Il est devenu le monument le plus connu de la ville surtout depuis qu’il a été donné à la Ville d’Angers par le mécène et collectionneur d’art qui en était le propriétaire. Les deux autres monuments sont l’Eglise (XI et XVIIIe siècle) et le Presbytère (XIV et XVe) situés de la rue principale qui conduit au pont en contrebas du château.

Villevêque sur Loir, promenade le long du Loir

 

Le site est fortement marqué par l’eau. Comme toujours dans la vallée du Loir, les villages se sont implantés au plus près de l’eau, là où il était possible d’installer un moulin pour moudre le grain. Là où la terre s’élevait suffisamment en hauteur pour échapper aux inondations d’hiver, cultiver des céréales et la vigne qui garantissait la survie, permettait les échanges à partir de la rivière et assurait une certaine forme de richesse. C’était là qu’on pouvait en effet traverser la rivière pour vendre le surplus de ce qu’on produisait  et acheter ce qui manquait en assurant la circulation des biens et des personnes.

Villevêque sur Loir, le Port, en amont du moulin

La présence du Loir est si forte qu’à peine arrivé, on se surprend à d’abord chercher l’eau pour comprendre le site. Il suffit pour cela de de descendre vers la rivière. Nul besoin d’avoir une carte pour cela. Vous avez garé votre voiture un peu après le château, à l’église et vous suivez la pente qui vous mène à l’endroit stratégique du village, le moulin, celui qui est maintenant l’Office de Tourisme. Arrivé au bord de la rive, vous pouvez cheminer pendant un court instant le long  du Loir, qui est le seul endroit qui a été construit de la commune, tout le reste devant probablement être situé en zones inondables. L’hiver, Villevêque ressemble à une île qui serait reliée par deux départementales à ses deux proches voisines de Loir Corzé à l’Est et Soucelles en face  à 500 mètres en rive droite en rive droite pour trouver le coteau.

Villevêque sur Loir, Parc du Château, Novart, 2012

Lors de l’exposition Novart, le parc du château était largement ouvert à la visite venant d’en bas, d’autant plus volontiers que le décor a servi de scène de théâtre grâce au vent qui a animé les voilures accrochées dans les arbres ou des promeneurs  en plastique transparent allongés dans l’herbe au pied des arbres. La vue était impressionnante en particulier sur la Grande Prairie en montant vers le ce qui est maintenant le « Musée-Château ». Changement d’atmosphère à la sortie du parc du château mais cette fois-ci côté village. L’objectif était d’aller voir les œuvres récentes du peintre belge Marcel Hasquin dans la longère qui jouxte le Presbytère où étaient accueillis des jeunes artistes intéressants à découvrir.

Villevêque sur Loir, Parc du Château, Prairie, 2012

Pour aller à Villevêque

https://plus.google.com/118048575056366034556/about?gl=fr&hl=fr#118048575056366034556/about?gl=fr&hl=fr

. Voir le moulin qui est aussi l’Office de Tourisme sur http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=49377_1

. Voir le site de l’association sur http://www.novartparcours.fr/

Villevêque sur Loir, Château, Novart, 2012

. Lire sur ce blog le billet consacré à Marcel Hasquin Marcel Hasquin > Peintre mystique de la Condition humaine    ainsi que les autres billets sur la Vallée du Loir   Vallée du Loir > Durtal, son château, ses moulins > Val d'Argance   ainsi que  La Flèche > L'Hôtel Huger > Jean-Jacques Pigeon > L'Art global

Villevêque sur Loir, Château, Entrée

. Photos Elisabeth Poulain à retrouver dans l'album "Vallée du Loir"

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Style de vie
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