En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Société

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 18:44

Les architectes-urbanistes et les paysagistes sont très sensibles aux mots. Chacune des deux autres équipes a trouvé une dénomination personnalisée. Pour LIN, j’ai du chercher le nom que David Levain a donné au milieu de sa présentation du projet LIN des Berges de Maine, Maine-Parc. Comme pour les deux autres présentations faites dans les jours précédents, ce billet est une restitution des mots qui ont été prononcés et de leur enchaînement sur la base des notes que j’ai prises le mardi 17 dernier, avec des photos qui sont un peu moins approximatives du fait de l’utilisation du flash doux. J’ai indiqué en parenthèses des mots ou des petites phrases de liaison. Pour connaître le projet lui-même et « le dit exact » des intervenants, il faut se tourner vers la municipalité qui présente une exposition des projets jusqu’au 6 février au Forum du Quai, en face du Château et qui a enregistré les échanges.    Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,David Levain,Philip König 20120117

Le vocable LIN associé au projet des Berges de Maine vise deux des collaborateurs de l’agence que sont, David Levain architecte-urbaniste et Philip König architecte. Le paysagiste Michel Desvignes est en charge du paysage. Les trois sont venus à Angers pour nous parler de leur projet.  

La première partie du billet est consacrée aux grandes lignes du projet ; une seconde est dédiée au  re-façonnage de chaque site sur les berges elles-mêmes et la troisième partie rend compte des questions des Angevins présents dans la salle et les  réponses des ‘experts’ qui ont planché devant eux. Experts est le terme employé par le maire pour désigner les concepteurs du projet. 

Cette rencontre avec les professionnels s’inscrit dans le cadre de la concertation active décidée par la ville avec 90 habitants réunis en six ateliers sur trois thèmes,  l’eau, la mobilité et les formes urbaines. Ces 90 personnes très motivées travaillent depuis mars 2009  sur leurs visions de leur ville dans les 20 ans qui viennent. Après un travail préliminaire de réflexion sur les thèmes à aborder, les membres des ateliers sont allés découvrir sur le terrain les réalisations de Bordeaux et de Lyon sur ce thème. Ils ont pu déjà aussi rencontrer à trois reprises des membres de chaque équipe dans différents sites emblématiques de la ville d’Angers, l’Hôtel des Pénitentes, le Grenier Saint-Jean et  la Mairie pour échanger avec eux. Les experts des projets  ont en outre pu rencontrer des représentants des associations concernées directement ou indirectement par la rivière Maine.

Les mots de présentation du maire, Jean-Claude Antonini

Il reprend la teneur de ses propos des deux précédentes rencontres, en insistant sur cet exercice de démocratie active que constitue cette soirée entre les experts et les habitants d’Angers (références en fin de billet).

L’absence de mots de Finn Geipel

L’architecte-urbaniste n’a pas pu se déplacer pour cause de maladie, selon les mots du maire qui prie la salle de l’en excuser. (EP : La même remarque peut être faite que pour Bernard Reichen la veille. A l’heure d’Internet la salle aurait bien aimé  pouvoir entendre quelques mots de présentation de l’architecte-urbaniste qui donne son nom au projet).

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,David Levain,Philip König 20120117

Les mots de David Levain pour présenter l’équipe-projet

Elle est composée d’architectes-urbanistes, de spécialistes en mobilité, géologie fluviale, de philosophe(s)…LIN  a une agence à Berlin et à une Paris. Le projet est issu du croisement entre ces différentes disciplines (et sensibilités). Avec nous, pour ce projet, Michel Desvignes paysagiste qui a travaillé notamment pour Lyon-Confluence, sur la rive droite… Nous avons aussi rencontré les ateliers des habitants. Après cette introduction (orientée sur les personnes), vont suivre des observations sur le territoire, la stratégie, la focale sur le paysage...

Ses mots pour lancer la description 

En premier, le cadre : il s’agit de retrouver la rivière, rendue inaccessible depuis 40 ans à cause de l’autoroute urbaine. Ce retour vers l’eau est un mouvement mondial dans de nombreuses métropoles, comme  Bilbao, Hambourg, Malmö, New-York avec son East River, Seoul où un travail naturaliste a été fait... Notre projet s’inscrit dans ce cadre, d’un territoire emblématique, dédié au trafic automobile, à rendre à d’autres usages, avec un nouveau quartier.

Ensuite, le projet s’appuie sur des obstacles existants sur le territoire, qui sont rassemblés dans un atlas actif visible dans l’exposition (souligné dans mes notes), sur différents thèmes géologiques, zone inondable, histoire…

En troisième lieu, les points importants pour retrouver la Maine sont Saint-Serge, le CHU, le Centre-Ville, le Château, la Doutre, le Lac de Maine, la Baumette. Le cadre est plus large que la rivière pour situer le projet.

La structure géologique est importante aussi, avec un schéma en X ; le site se situe au croisement des couches  de schistes en sens ouest-est descendant avec l’eau de la rivière qui coule nord-sud. L’histoire de la rivière (compte aussi), c’est une mouvante, avec un paysage en construction (perpétuelle), la Place de La Rochefoucault était une île. C’est un paysage lié au vivant, le Lac de Maine n’existait pas. Une recherche a été faite sur les objets flottants, les péniches, les bateaux-lavoirs… où l’eau est très présente.

Nous avons établi une carte des zones inondables, avec les crues régulières prévisibles de la rivière. (Ici) l’eau est avant tout perçue comme une menace. (Pourtant) elle a modelé le paysage ; de  très belles cartes sont présentées à l’écran pour montrer la structure paysagère très particulière (qui retrace les chemins de l’eau) vers la rivière,  des rapports de la Maine (avec la Loire un peu plus bas).

Suit une analyse des équipements et du patrimoine (anciens et récents comme) le Quai (face au Château), la question de la complexité de la question de la mobilité (dans un espace très contraint), la logique (calée sur l’eau) d’un paysage-lignes très typique (des mots qui n’ont pas été utilisés mais qui résument bien), à voir en particulier dans un  montage photographique impressionnant que l’on peut voir dans l’exposition dans la boite de présentation du projet LIN.  (EP : j’ai noté que cette partie très dense était difficile à suivre).

Angers, Berges de Maine, Equipe Reichen,David Levain,Philip König 20120117

Les mots de David Levain pour parler de Maine-Parc

La stratégie porte sur deux points essentiels, la rivière et le temps. Il s’agit de reconquérir les rives de la Maine, une rivière à prendre au sens large, avec ses dimensions sociales, écologiques, culturelles, de Bouchemaine (confluence avec la Loire) à la confluence en haut (avec la Mayenne et la Sarthe, grossie elle-même par le Loir, un peu au-dessus d’Angers), avec des segments très diversifiés urbains, industriel, sportif comme à  La Baumette et des prairies inondables (à la Baumette aussi.)

Maine-Parc (première fois que le terme est utilisé) a pour premier objectif de rassembler la diversité de ces séquences dans un ensemble cohérent, puis en second objectif de proposer un processus de réflexion dans le temps, de façon à réfléchir à un cadre adaptable. Il ne s’agit pas de montrer un plan mais des scénarios différents, à différents moments. A l’été 2013 (c’est-à-dire demain), avec

-          le scénario 1, il est déjà possible d’installer un ponton flottant sur la Maine, au pied du Château.

-          Dans le scénario 2, c’est le centre-ville qui est visé, avec une grande terrasse en aplomb de la Maine.

-          La phase 3 du scénario prévoit d’opérer « un saut quantique » important avec (cette fois-ci) la création d’un nouveau quartier à Saint-Serge, l’aménagement de la Baumette, avec des nouveaux rapports à l’eau.

Les mots de David Levain pour le scénario 1 ---) Les actions simples, sans préalable

Il s’agit dans cette étape de mener des actions très simples comme

-          des pontons flottants entre le pont de Basse Chaîne et le pont de Haute Chaîne, avec une piscine, une auberge de jeunesse... C’est un élément très fort du paysage, comme ce qu’a fait l’agence a fait à Berlin, avec un grand succès,

-          d’une Info-Box qui se déplace sur la rivière pour annoncer le projet ;

-          dans un autre lieu magnifique, la Place de la Rochefoucault, en récupérant cet espace public, il serait possible de programmer des évènements (culturels) une fois par mois,

-          un mini-bus électrique pour desservir les 4 ponts avec 5 landmarks (repère = station ?)

-          de la micro-mobilité, avec des vélos en partage pour multiplier l’effet du tramway,

-          une navette fluviale de Bouchemaine à Ecouflant pour voir ces paysages magnifiques de prairies inondables,

-          la structure du pont de Segré à conserver

-          et plus de chemins de rivière.

Les mots de David Levain en scénario 2 sur les Berges actives, le Développement ciblé

Il s’agit d’un développement des forces vives, qui peut être mixé avec le scénario 1 , dans le cas où les voies des berges ne sont pas transformées de façon radicale, avec la construction de sites stratégiques dans la ville, la création de quartiers nouveaux, de véritables moteurs pour la ville. Ces sites stratégiques sont le Centre des Congrès à réimplanter près d’ici, la Place Molière, qui est un carrefour important (qu’il conviendrait de dynamiser) avec un immeuble haut triangulaire, un peu à la façon du Flatiron à New-York (la projection de la photo provoque des OH, OH peu enthousiastes dans la salle). L’Office de Tourisme pourrait être mis là. Ce serait un signe fort pour la ville.

La zone de Saint-Serge  est à développer en quartier mixte (habitations et activités tertiaires) en créant (au milieu) des bassins de rétention pour accueillir l’eau en cas d’inondations. Des photos sont projetées pour donner des exemples où le niveau d’eau varie en fonction de l’inondation : quand il y a de l’eau, le niveau monte ; quand l’eau baisse, il n’y a pas d’eau. Le système fonctionne comme des vases communicants.

Comme Angers a une compétence reconnu dans le domaine du végétal, le projet prévoit de mettre en place des techniques d’expérimentation écologique d’auto-nettoyage des fleuves à la Baumette, comme ce qui se fait aux Etats-Unis au MIT (Massachussetts Institute ou Technologies). La forme des rives favorise aussi le nettoyage de la rivière. Un travail d’expérimentation au Lac de Maine pourrait être mis en place. L’Agence a consulté un psychologue et un hydrologue sur cette question de la pollution par les algues vertes, pour pouvoir s’y baigner l’été. (’Une amélioration serait possible avec) la réduction de la surface du lac. Ces mesures sont de nature à faire d’Angers un lieu majeur d’expérimentation du  végétal. Dans ce scénario, la voie sur berge n’est pas transformée tout de suite, on coupe l’accès au centre-ville, on aménage des terrasses le long de la Maine, avec les pontons flottants, comme à Barcelone. 

Les mots de David Levain en scénario 3 avec un boulevard urbain à développer à la place de la voie sur berge (rive gauche)

Il  s’agit de créer un nouveau quartier à Saint-Serge, tout en aménageant La Baumette. (Entre les deux,) la voie sur berge devient un boulevard urbain, avec une voie de bus dédié, avec une grande diversité de transport, en liaison nord-sud avec les deux lignes de tramway, de façon à se réapproprier l’espace des rives de la Maine. La Place Molière (près de l’eau entre les deux espaces, Saint-Serge et la Baumette) prend une forte influence.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,20120117

Les mots de Michel Desvignes sur le paysage

On regarde un paysage (pour le comprendre) et après on voit ce qu’on peut faire. Un paysage est un processus (qui se modèle) dans le temps.

Comprendre le paysage : (ce qui frappe d’abord ici) ce sont les zones inondables ; l’eau crée des structures de part et d’autres de la rivière. Il y a une grande délicatesse du paysage, un aspect géométrique, organisé, avec des perpendiculaires des fosses (qui recueillent l’eau pour l’apporter vers la rivière). Je suis très attiré par ces paysages, ces éléments de nature qui vont dans le sens de l’écoulement de l’eau.

C’est l’accumulation de ces petites choses qui crée de la beauté. C’est la musique douce d’une petite grammaire, ce n’est pas dérisoire. Des paysages très beaux en dehors d’Angers.

Dans la ville, il faut faire des cheminements le long de l’eau. Il s’agit de, changer le regard, comme ce qui a été fait pour le Louvre de Lens ou  à Bordeaux avec des plantations en rive droite. A Lens, 20 millions d’euros (ont été injectés dans) un site industriel délaissé. Ce n’est pas dérisoire. Lens est un grand projet. Même très rapidement, de nouvelles pratiques sont apparues. On prend pied.

Ouvrir  des chemins, c’est de la modestie, ce n’est pas dérisoire. On restaure ces continuités pour donner une grande place à ces paysages de chemin. (Ouvrir) 30 à 60 km de chemins, c’est considérable. Ce sont des chemins de rivière (riches de) leur flore et de leur (capital) écologique.

Dans le centre-ville, c’est plus une transformation progressive qu’il faut viser. Il s’agit de pré-figurer ces promenades en laissant la voie telle quelle est pour l’instant. Je suis sensible –dit-il- à la transformation progressive (comme un jeu d’acceptation entre le paysage, le temps et les gens).

C’est comme à la Rochefoucault, (nul besoin d’en faire beaucoup pour l’instant) une partie pourrait être tout simplement transformée en prairie. Les platanes les plus beaux restent (EP : on sait qu’un nombre significatif de ces grands arbres a une maladie, sur laquelle travaille l’INRA – Institut national de recherche agronomique d’Angers pour essayer de la combattre et/ou de la ralentir. Le phénomène est mondial. Une des raisons vient de la pollution). Par-dessous, des plantations d’arbres peuvent déjà commencer à être opérer de façon à assurer le relais progressivement au fil du temps. Un arbre a une durée de vie de 50 ans.

A Saint-Serge, il s’agit d’une structure urbaine de paysage, où il s’agirait de (revitaliser) les anciens fossés pour utiliser l’eau avec (en plus) des formes plus libres pour accompagner le dessin (schéma).    

A la Baumette, le parcellaire est à mettre en logique avec ce paysage lié à la géographie. Ce n’est pas une utopie. A Lyon-Confluence, ça fait 12 ans qu’on  travaille sur le même découpage du parcellaire (avec des retombées intéressantes). C’est nouveau en urbanisme, (surtout) en Europe. A Boston, les Américains ont fait ça.

La nature nous aide à symboliser la ville-la vie. 

Les questions de la salle, les réponses des concepteurs du projet

01.  Une dame pose la question de l’accès à la Maine par les piétons pour accéder au ponton (scénario 1) et fait la remarque que l’équipe ne propose rien de nouveau pour la traversée de la Maine

DL : la transformation va se faire dans un temps long ; il va y avoir (en plus) une offre (nouvelle) de transport pour accéder en centre-ville, avec un bus à haute fréquence. La modification de l’échangeur de Saint-Serge va libérer la voie sur la berge.

02. Une dame pose deux questions sur le plan de circulation dans la ville : vous remplacez les voies supprimées par quoi ? Comment fait-on d’aller d’Angers Est à Angers-Ouest ?

DL : la circulation continue à exister.

MD : de nombreux projets ont été faits. Le projet s’inscrit dans le temps. Nous proposons la transformation de la voie sur berges. Il faut que ce soit clair. On garde une partie de la voie. Ai-je répondu à votre question ?

03. Une question d’un monsieur sur l’accès à la Maine par la voie de déserte, entre la place Molière et la pont de Verdun.

DL : il y aura aménagement du trottoir. Pour les accès verticaux, des chemins existent. Pour les pontons, il va falloir les rendre accessibles.

MD (renforce): les chemins existent mais il faut rétablir les continuités, leur donner une identité forte.

04. Un monsieur s’exprime : on est frustré. Il précise : A  l’île Saint-Aubin (au nord d’Angers, près de la confluence entre la Maine et la Mayenne), on doit y aller par le bac. Avec une allusion à Alcatraz ( ?), il pose cette question : y a-t-il quelque chose de prévu pour traverser la Mayenne (avec une passerelle au-dessus de la rivière) ?

MD : non. (D’ailleurs, une passerelle) c’est discutable.

(Il recadre le débat et précise sa pensée.) Nos propositions forment un menu. Ce n’est pas un joli plan. Qu’est-ce qu’un projet ? C’est une image pour une ville. Les images n’ont jamais été contenues (contraintes, assorties avec ?) par une succession de mesures dans le temps. On a envie que le centre-ville se développe. C’est un défi professionnel. Comment être honnête en présentant des mesures (qui devront être prises dans un temps imprécis) ; ne pas se focaliser sur des plans-masse (plan d’une construction) en mélangeant tout, le long terme, le court terme…Nous voulons donner de la cohérence. On n’est pas contre la passerelle mais on ne décide pas aujourd’hui.

---) La salle applaudit.

05.  Un monsieur fait part de son étonnement quant aux noms des équipes qui portent toutes des noms à consonance germanique. Il est sensible à l’idée de la continuité en rive gauche et l’idée du coche d’eau (bac) ainsi qu’à la poésie latine de (la vision) de Michel Desvignes.

MD (fait la moue en  répondant) : ma mère est russe, c’est pire !  ---) Rires de la salle. (Il  reprend) Façonnez un paysage à partir d’une sensibilité, c’est assez nouveau.

Jean-Claude Antonini se lève et intervient dans le débat : je suis choqué (par les propos qui viennent d’être tenus par ce monsieur). Le choix des trois équipes par la ville est basé sur les compétences et pas sur des sous-entendus (tels qu’il vient de les entendre). L’important est que les équipes soient européennes.

06. Un monsieur s’étonne : il n’y a pas beaucoup d’aspect paysager le long des quais, à part à la Rochefoucault.

MD : Pour l’aspect paysager du centre-ville, les belles promenades plantées, je vois de la sobriété dans ces plantations. A Marseile, qui vient de faire 60 millions de travaux d’euros au port (où Michel Desvignes vient de gagner le grand prix de l’urbanisme 2011), on a fait peu de choses, des pavages, pas de décor, d’ajout. On a travaillé dans la sobriété ; avec de la pertinence, de la justesse. Le résultat,  une grande beauté. (Ici) on veut la même force, la même simplicité. Il ne faut pas mettre de la sophistication. Les places trop dessinées, c’est trop de trop 20 ans après. On vient de faire une place (à Almere au nord d’) Amsterdam, avec Rem Koolhas, on n’a fait rien du tout , 300 mètres de peupleraie face à un lac… C’est dur de dessiner le rien. ---) Rires dans la salle. Ca met la ville dans la géographie : il faut de la force, de la simplicité.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Philip König 20120117

Philippe König intervient : ce sont des choix architecturaux. Ce projet va durer, avec peu d’objets, plein de complexité, de la finesse …

Ma mère est slovène ---) Toute la salle rit.

07.  Une question sur les pontons flottants qui paraissent très grands au Pont de Verdun et la construction à la Baumette (alors que ) c'est un site pollué.  

DL : un processus de dépollution est à mettre en place, avant de construire. Ce sont des  problèmes qui existent (un peu partout). Le système est à inventer. Quant aux pontons flottants, l’image exprime la structure légère qui longe la Maine. Il revient sur le marnage important au Pont de Verdun en faisant référence  à leur hydraulicien pour avoir les meilleures réponses.  

08.  Entre la rive gauche et la rive droite, quels passages avez-vous prévus ?

DL : il manque peut-être des franchissements, prévoir de rendre le Pont de Verdun aux piétons, de créer un passage ( ?) entre la cale de la Savate et l’autre côté, en rendant le Pont de Segré (un ancien pont ferroviaire très en hauteur, tout en haut au nord de la ville, au-dessus de la Maine) qui est prévu dans le scénario 1.

09. Un monsieur : les images que vous voyez, ce sont des visions (irréalistes ?): il n’y a pas de garde-corps sur le ponton, le menu n’est  pas complet. La vision est claire, ça c’est sûr…Il manque les passerelles (pour répondre) à la cohérence de notre vision (pas de la vôtre). 

10. Comment faire, demande un monsieur, au pont de Verdun pour résoudre  la question de la paroi de palplanches ?

DL : c’est un détail. On peut s’appuyer sur l’infrastructure de l ’autoroute… accrocher des terrasses vers la Maine. C’est un peu prématuré d’envisager cela maintenant.

MD : le phasage est à faire. ..La mise en place du projet avec la transformation de la berge est (liée) à la suppression de la voie rapide. Pour ce 3è scénario, on a le temps, on a de la place.

11. La mise à plat de l’autoroute urbaine sert en cas d’inondation actuellement. La simplicité (que prône Michel Desvignes) n’entraîne-telle pas pour conséquence de ne pas construire dans ces zones inondables ?

DL : c’est une des spécificités de notre atelier de construire avec l’eau. Il faut prévoir des mesures de compensations à Saint-Serge pour absorber les trop-pleins en cas d’inondations. On est très sensible  au niveau des aménagements artificiels qui causent des problèmes. C’est pourquoi, nous préférons la simplicité. Construire en zone inondable est (toujours) vu comme un interdit. On n’a pas encore imaginé des nouvelles formes pour construire des habitats adaptés pour se projeter dans le futur. Il y a (chez nous) une volonté forte  d’imaginer le paysage.

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvignes,

MD : C’est une question importante, qui ne doit pas nous paralyser, en raison du prix (de construction) en zones humides en milieu urbain. C’est nouveau ; il ne faut pas aller d’une expérience à une autre ; il faut créer des zones de compensation, comme il y a 5 ans à Rotterdam. C’est la question « comment mettre le paysage en valeur en tenant compte de l’eau » (que nous nous sommes posée à Bordeaux. On l’a fait, ça marche.

12. Une dame parle du problème du bruit. C’est une gêne pour la promenade, le long de la 4 voies (lien avec le ponton).

DL : Il y a deux choses à savoir : le ponton est en creux, en bas. La répercussion du bruit se fait en haut.  Le bruit a un effet sonore paradoxal, un bruit sourd et faible peut être plus nuisible qu’un bruit fort.

13. Un monsieur : les villes qui ont été évoquées sont (toutes) des grandes villes. Ce ne sont pas des villes comme ici (à Angers), avec deux confluences (en plus).

MD : le thème de la confluence est très présent  à Lyon avec le Rhône, l’Ain, la Saône. Ce n’est pas si différent à Lyon (EP, avec une différence de dimension quand même).

14. Une dame revient sur l’aménagement des quais, la Place Molière, la disposition en fer à repasser… Concrètement comment faire revivre les quais ?

DL : (on en revient à) la question des programmes dans le temps. La seule réponse paysagère ne suffira pas. La programmation ne se décrète pas. La réponse est aussi évènementielle (EP : Ca dépendra de ce qui va se passer dans les 20 ans). Les programmes physiques dans des bâtiments sont très emblématiques.

MD : le signal (du départ) est très important, (dès qu’on commence) à nettoyer, enlever des rampes, créer des cheminements... Un exemple à Lyon, quand on a commencé à nettoyer la tête de l’Ile. C’était un site à l’abandon. Le chemin ne se décrète pas (EP = on ne décide pas du signe symbolique). On commence pragmatiquement. Quand le site est beau, on n’a pas besoin d’un parc d’attractions. ---) Applaudissements de la salle.

15. Qu’est-ce qu’une Info-Box, demande une dame ?

DL : c’est une boîte rouge qui contient des récits, des choses racontées dessus,  comme ce qu’on a fait à Berlin sur la Postdamer Platz. Ca a eu beaucoup de succès.

C’est la fin de la rencontre avec la troisième équipe d’architectes-urbanistes LIN avec Michel Desvignes pour le paysage.  

Pour suivre le chemin du projet ‘Berges de Maine’ à Angers, dorénavant « Angers, Rives nouvelles »

. Voir les deux autres articles sur les rencontres précédentes:

Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine     

Le projet Convivence de l'Equipe Reichen > Angers Berges de Maine

. Découvrir l’Agence LIN, composée de Finn Geipel et de Giulia Andi, avec un atelier à Berlin et un à Paris  http://www.lin-a.com/start-francais.html. L’Agence actuellement travaille par exemple sur le Grand Paris, avec des projets de grands bâtiments les pieds dans l’eau en zone inondable de la Seine.  

. David Levain architecte-urbaniste, chef du projet LIN-Berges de Maine, à retrouver sur   http://www.twarch.com.au/blog/lin-micro-mobility-macro-change/

. Philip König, architecte de l’agence LIN, a en particulier travaillé sur la Cité du Design à Saint-Etienne http://www.unregard.net/publications/MON5542P064-067.pdf

. Le Flatiron à New York, un gratte-ciel de 1902,  à admirer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Flatiron_Building.  On n’oublie pas sa silhouette une fois qu’on l’a vue.

. Voir des réalisations de Michel Desvignes, certainement le paysagiste le français le plus connu au  monde à cause de la force de son style, botaniste de formation sur http://archiguide.free.fr/AR/desvigne.htm. Il est Grand Prix de l’Urbanisme 2011.  Une présentation  biographique sur http://www.developpement-durable.gouv.fr/Michel-Desvigne-Grand-prix-de-l.html. Le portrait qui est fait de lui trace à grands traits sa spécificité : parler de géographie plus que d’histoire, mettre la fluidité, la lisibilité au cœur du paysage. Il aime approfondir  les relations entre la ville construite et la nature. « Homme de concepts », il s’appuie sur son intuition. Ce qui ressort de l’exposition du projet LIN à Angers dans la boîte de présentation dédiée, ce sont les lignes, le style  en ligne, de la nature en design ou l’inverse du design de la nature…

Angers, Berges de Maine, Equipe LIN, Michel Desvigne

.Lire une très bonne interview sur sa vision du rôle du paysagiste dans une résidence à Louvains en Belgique dans http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/adcp/documents/176_part2.pdf

Et un dossier très complet dur le paysage tel que le voit Michel Desvignes sur http://www.pavillon-arsenal.com/img/conference/210/cp/PAV_210_CP.pdf

. Une brève présentation de la Postdamer Platz sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Potsdamer_Platz

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 12:03

Après avoir rencontré les membres de la première équipe d’architectes-urbanistes, celle de Grether, tirée au sort pour plancher devant les Angevins le 13 janvier dernier, voici maintenant la seconde des trois rencontres prévues. Elle a eu lieu le lundi 16 janvier 2012,  avec l’équipe Reichen, représentée par Jacqueline Osty – paysagiste – Claire Schorter – architecte-urbaniste –et Pierre-Marie Auffret –architecte, appartenant tous deux à l’Agence Reichen, en présence du maire Jean-Claude Antonini* (voir note en bas d’article) et des nombreux Angevins qui remplissaient la salle du Quai.

Angers, Berges de Maine, Projet Reichen, Jean-Claude Antonini, maire

En avant-propos, une remarque  sur l’objectif de ce billet. Il ne s’agit pas pour moi de restituer la teneur exacte des interventions des différents participants (les interventions sont enregistrées), encore moins de décrire précisément par le menu leur projet. Pour ce faire, il convient de  consulter le site de la ville d’Angers et de venir visiter les boîtes de présentation de projets dévolues aux équipes. Mon objectif est plus modeste. Je cherche dans ce billet à restituer une ambiance, une atmosphère, un rendu grâce aux mots utilisés et à la façon dont ces experts en paysage, urbanisme et architecture… ont présenté leur travail aux Angevins. Je me suis  basée sur les notes que j’ai pu prendre au cours de la soirée. Sont placées entre parenthèses, des mots ou des périphrases de liaison en vue de faciliter la lecture. 

L’absence de mots de Bernard Reichen

L’architecte-urbaniste ne peut être présent ce soir, à son regret ; il est en déplacement à l’étranger. Un regret personnel : il aurait été bienvenu que le patron de l’équipe se soit fait filmer pour une brève allocution, à défaut de pouvoir venir, surtout qu'il aime beaucoup les nouveaux moyens de communication. 

Les mots de Jean-Claude Antonini, maire d’Angers, pour lancer la soirée

Ce soir, ce n’est pas moi la vedette. C’est la Maine, c’est Angers. C’est l’histoire d’Angers. Une rivière qui naît de deux confluences. C’est notre rivière. Nos relations avec la rivière ont évolué au cours des siècles. La situation actuelle est un gâchis avec une autoroute urbaine (le long de la Maine en rive gauche) qui coupe la ville en deux… Il y a trois conséquences à ce gâchis : ça va à l’encontre de la qualité de vie d’Angers, il n’y a pas d’espace disponible pour le développement de la ville et on ne peut pas nouer de lien avec  la nature et l’eau.

(Avec ces projets concernant Angers) c’est un vrai changement de société (dont il s’agit), en synergie entre la qualité de vie, le développement économique et métropolitain. Le projet Berges de Maine est une alliance pour en faire un socle à création de valeur ajoutée. Il s’agit (concrètement) d’en faire un lieu attirant dans les 20 ans qui viennent. Pour cela, nous avons fait appel à des experts –les équipes – et à 90 habitants volontaires associés (réunis en ateliers, sur l’eau, la mobilité et les formes architecturales). Ce sont eux (les habitants participant aux ateliers) qui ont fait (notamment) le questionnaire (qui permettra d’évaluer les projets).

Les projets sont différents les uns des autres. Le débat citoyen est engagé. La qualité de vie d’Angers demain, c’est vous (en s’adressant à la salle). (En se tournant vers les experts professionnels), c’est rare de demander aux architectes-urbanistes, paysagistes de venir présenter leur projet aux habitants. Ce soir est un exercice de démocratie. Le maire finit cette allocution en demandant d’excuser (les petites faiblesses, parfois)  du logiciel à traduction automatique qui permet de lire par affichage les paroles prononcées quasiment instantanément. 

    Angers-Berges de Maine, Equipe Reichen, Jacqueline Osty 

Les mots de Claire Shorter pour présenter le projet

Je suis présente depuis 10 ans dans l’atelier RR&A. Je travaille à ce projet que nous avons appelé « Convivence angevine», un néologisme que nous avons créé pour les Berges de Maine en associant convivialité pour le bien-être – lien physique - et connivence  - pour la complicité aveugle dans une société virtuelle, numérisée. On a besoin de lien physique de sociabilité ; on  a besoin de changer de visage. Notre projet est humain autant qu’urbain.

L’histoire...la carte des gisements de schistes montrent la disposition Ouest-Est ; (là-dessus) l’autoroute forme des bandes longitudinales nord-sud. Il s’agit de supprimer cette circulation de transit pour faire retour à la ville de cet espace. La convivence en ville se traduit par l’appropriation du site. (On pourrait imaginer de) déplacer l’autoroute, en créant un électrochoc. Ce serait trop cher, trop long. Nous proposons de faire autrement, en remplaçant la 7 voies – à certains endroits – en une quatre voies. On conserve la contre-allée en bord de ville, qui va être complété par un transport en site propre, un bus Car-Maine (jeu de mot), avec 10 stations en 10 minutes. Le reste est transformé en plates-formes.

Notre vision du site : c’est un territoire d’échanges

. avec des échanges physiques. Citons la gare, les deux lignes de tramway et CarMaine (un transport par bus à haut niveau de fréquence) qui assure la maîtrise du temps et l’accessibilité de service ;

. avec des échanges humains, l’autoroute est indestructible, très coûteuse à détruire (alors que dans le même temps), les Angevins ont besoin d’un nouveau lieu (pour assurer leur sociabilité, voir ci-dessus). L’autoroute est un lieu d’échanges et de rencontres ;

. avec des échanges spécialisés : sur ce site, on conserve le mouvement, avec des déplacements doux en lien avec sept lieux (libérés du bruit (de la voiture) :

-          en rive gauche *Saint-Serge avec le grand commerce, *l’archipel Saint-Serge, un nouveau quartier en dessous, *la « Confluence » pour désigner (la zone de) la rencontre entre le pôle Santé et  Universitaire, *le centre du centre (l’actuel centre) avec des hôtels, du tertiaire haut de gamme, près du Château et de la Cathédrale,

-          en rive droite, la Place La Rochefoucault, un site que l’équipe voit bâti, pas pour maintenant. C’est un espace à garder pour l’avenir,

-          en lien entre les deux rives, le Château et le Centre des Congrès (en 2018) , pour jouer la synergie,

-          en rive gauche, la (grande prairie inondable de la)  Baumette et  Gare +, avec des bâtiments tertiaires en altitude.

Les mots de Pierre-Marie Auffret sur les échanges physiques

Le tramway vient d’arriver à Angers, avec un très fort impact sur le mode de vie. L’objectif est de diminuer de moitié les 50 000 véhicules/jour, pour augmenter la fréquentation du centre. La compensation s’opère par le développement des modes doux (tramway, parking relais, co-voiturage). Une enquête montre qu’Angers est dans le bas du classement des villes en France pour la marche à pied. La proposition de solution de l’agence/expert en mobilité permettra de diminuer la moitié du trafic en ville ; les flux seront absorbés par le contournement nord. Il y aura moins de voitures en centre-ville, avec une deux fois une voie sur les berges, et des boucles à mobilité à 30km/h dans le pentagone (dénomination de la ville ancienne enclose de hauts murs de protection qui a cette forme à 5 parties), avec des parkings-silos.

L’offre de transports doit être hiérarchisée (pour gagner en lisibilité et efficacité), avec surtout Car-Maine  (pour assurer le lien) entre Saint-Serge-Gare (liaison nord-sud en rive gauche). Le réseau ‘piétons’ est à renforcer en créant de grands itinéraires prioritaires entre les quartiers. La voiture n’est pas supprimée (répétée deux fois.)

Angers, Berges de Maine, Projet Reichen, Jacqueline Osty

Les mots de Jacqueline Osty sur les échanges humains

Il  s’agit de retrouver le lien avec la nature, la rivière, longer le fleuve, la voiture apaisée, le contact jusqu’à l’eau, une promenade haute en berge basse. (Le tout forme) l’autoroute déjantée, déjantée pour marquer (le développement des-) les échanges humains, avec des effets dynamiques…Pour déjanter cet autoroute, les trémies sont supprimées, les bretelles aussi. Les murs (de la voie rapide) aussi…Selon les différents secteurs, il y a alternance et/ou différenciation, des espaces ouverts pour le sport avec des plateformes en rive gauche qu’on voit en orange sur la carte, des aires de jeux, des salons de verdure, des salons plantés... Au passage du Pont de Verdun, des terrasses jardinées actives (qui s’inspirent) des Ardoisières d’Angers. En bas, la restauration des berges se poursuit, avec une continuité par des rampes. En dessous du château (après le pont de Basse-Chaîne), nous intégrons l’Hôtel du Roi de Pologne dans le projet.

L’autoroute déjantée est un lieu multiple à mettre en plan à définir. Pour l’instant, les grandes lignes seulement ont été tracées. Il faut continuer. C’est un vaste espace à redonner aux citoyens… avec des saules, des aulnes. C’est l’autoroute jardinée. Il faut travailler l’autoroute en alternances très géométriques, avec des descentes vers la Maine.

Les mots de Claire Schorter pour résumer

La conservation de la voie, plus Car-Maine, permettent d’implanter très vite les espaces pour des tas d’activités, … des courses de vélos (par exemple). C’est un travail sur 20 ans de lieux pérennes, avec une évolution dans le temps. Tout vit et change en une génération. Notre projet est ouvert ; ce n’est pas un projet fixe, sauf la suppression des bretelles d’accès côté Maine. Tout doit être travaillé après, dans les 20 ans. Jacqueline Osty renforce : la ville a besoin d’espaces pour des manifestations éphémère, comme (le parc de) Balzac (au sud en rive droite) et (l’ïle) Saint-Aubin (au nord, en rive droite). La rencontre entre les deux (entités naturelles) est offerte à la population. Claire Shorter reprend : La Maine est une rivière qui fluctue. Avec les inondations, l’autoroute est concernée.

Les mots de Pierre-Marie Auffret sur les 7 Lieux

Jusqu’ici, actuellement (la rive gauche est) un équipement collectif à ciel ouvert. Les Berges de Sept Lieux seront liées entre elles par les nouveaux transports publics.

1.   A Saint-Serge nord (70 hectares), faire vivre ce quartier en le recréant comme un archipel autour de Carrefour(nom de la grande surface), avec des grands magasins, un foncier à dynamiser.

2.    Les Îles habitées de Saint-Serge : un schéma de déblai-remblai permettra de réguler les inondations. Jacqueline Osty précise que des essais ont été faits pour savoir comment l’eau pourrait circuler entre les plates-formes naturelles. Cet éco-quartier, explique Pierre-Marie Auffret, est une des novations du projet, avec ses panoramas exceptionnels, Car-Maine à quelques minutes du centre, des arbres sur l' (ex-)autoroute.

3.    Confluence Santé-Université : rien de nouveau n’est prévu.

4.     Le Centre du Centre (l’actuel centre): la Nouvelle Ardoisière fera le lien entre la ville haute et la ville basse. Jacqueline Osty précise qu’elle garde les platanes en place Molière.

5.     Au pont de Verdun, il faut prévoir un bâtiment-signal, élément-phare pour dynamiser le Centre du Centre, avec un projet hôtelier, des bâtiments tertiaires. A l'esplanade de Ligny, un marché bio serait la vitrine de l’agriculture angevine. Les éleveurs pourraient venir en péniches là pour débarquer leurs produits (rires de la salle).

En face, la Place de la Rochefoucault est à garder pour les générations futures. C’est une zone tampon.

6.   On trouve ensuite la zone Château-Centre des Congrès, avec la photo projetée sur l’écran d’une grande roue (telle qu’on peut en voir Place de la Rochefoucault pendant la foire Saint-Martin qui dure trois semaines en novembre). Cette grande roue est placée au bas du château après le pont de Verdun en descendant la rivière. Ce lieu est intéressant pour faire le lien entre la ville basse et la ville haute, un lieu de loisir, de tourisme, un élément d’attraction urbaine. Jacqueline Osty prend la parole pour parler d’étapes successives. Cet endroit peut être une des étapes (significatives).

7.     La Baumette-Gare+ sera dynamisée par une nouvelle voie avec un carrefour pour relier la berge au quartier de la Gare. Un parking de 1 000 places sera construit en zone inondable. Jacqueline Osty souligne que le projet est basé sur une gestion des eaux fluviales exemplaire.

Les mots de Claire Schorter pour finir cette présentation : on commence par l’appropriation des images. Pour nous, c’est le début du projet.        

Le jeu des questions réponses

01. Une question sur le tunnel nord et le transit

Je n’ai pu noter la réponse de Pierre Marie Auffret. Claire Schorter : nous avons toute confiance en notre expert qui travaille dans le monde entier. Il y aura un report naturel des fluxs… le contournement sud n’est pas un préalable. S’il est réalisé, ce sera tant mieux, si non, c’est un processus long et coûteux.

02. Une remarque sur la Place La Rochefoucault d’un membre de l’association « La Renaissance de la Doutre »

(EP : Je ne reproduis pas volontairement ses propos exactes, certainement dits avec humour puisque la salle a ri. Ce qui suit sur La Rochefoucault est donc une ‘traduction’ de ma part). Il est très choqué d’apprendre qu’il serait question un jour de construire sur la place. Il avertit l’équipe 'gentiment' d’abandonner cette très mauvaise idée. Cela provoquerait une levée de boucliers (rires dans la salle)…Quant au projet lui-même, il n’y comprend rien. On mélange tout, les piétons, les voies…

CS: les voitures et Car-Maine sont en haut, les promenades en bas. Pour la Rochefoucault, c’est une place magnifique, une pépite pour l’avenir ou la patate chaude…

PMA : il revient sur la zone de rencontre à 30kms/h , voire même 10kms. C’est dire que la voiture n’est pas prioritaire dans ces zones. C’est une bonne alternative à la piétonisation totale (qui présente aussi des désavantages) dans le centre-ville. 

03. Une question sur le nombre de décibels de la circulation en simulation

CS: Il y a bien une étude à faire ; cela n’a pas été fait. La question du déplacement des flux doit intégrer cette dimension.   Angers, Berges de Maine, projet Reichen, Jacqueline Osty+Claire Schorter+Pierre Marie Auffret

 

04. Une question sur les éléments de coûts pour comparer les différents projets

Jean-Claude Antonini prend la parole: On sait qu’on peut jouer sur la vitesse pour baisser le bruit, avec des revêtements spéciaux. Cale de la Savatte (en rive droite, face au château), on entend encore le bruit qui reste insupportable. Le bruit rebondit sur l’eau. Il se diffracte partout, même derrière les immeubles.

Sur les coûts, le maire a des éléments de coût. Ici dans ce projet, il ne s’agit pas d’un bâtiment fixe, avec une limite dans le temps. Rien n’est figé. Il n’est pas encore possible de fixer les coûts, comme les subventions d’ailleurs, (d’autant plus) qu’il y aura des financements privés. C’est le cas au Centre des Congrès pour le financement de l’hôtel. Dans ce projet, il n’y a pas non plus de maîtrise du temps.

CS : un (autre) élément est à prendre en compte, comme la densification qui va entraîner une majoration de la taxe foncière qui va payer une partie du développement. Sur le bruit, c’est une des préoccupations. Déconstruire une autoroute, cela ne s’est jamais fait. Il faut lui trouver un autre usage ; enlever les bretelles, oui on peut. Par contre, on gardera le bitume dans certains coins. (C’est un revêtement intéressant).  Ca va évoluer. 

05. Une remarque sur la traversée de la Maine d’une dame qui a fait partie d’un des six ateliers d’habitants (dans lequel les participants avaient beaucoup insisté sur la possibilité de pouvoir franchir la Maine). Le projet n’en parle pas.

CS : c’est vrai, nous ne parlons pas des passerelles. Une ville a un (nouveau) pont tous les 100 ans. Le fait de supprimer les bretelles d’accès (en rive gauche) va libérer de la place, ça libérera de la place sur les ponts. Un système de bac (serait préférable) à une passerelle ; ce ne serait pas permanent.

Jacqueline Osty ajoute : nous avons fait cela (ne pas parler des passerelles ?) volontairement. (EP : Je n’ai pas pu saisir la teneur des propos ).   

06. Une remarque sur les canaux qui réapparaissent à Saint-Serge, c’est bien             (EP : il y avait avant la création de cette zone industrielle dans les années 1970, des canaux naturels qui apportaient l’eau à la rivière, tout en drainant le terrain).

07. Une remarque sur la ligne de bus qui n’apparait pas attractive

PMA : une ligne de bus, ça fait moins rêver qu’une ligne de tram. Mais une ligne à haut débit de services dessiné par un artiste, c’est autre chose.

CS : c’est un moyen de transport pas cher, pratique, qui offre plus de mobilité. 

 

Angers, Berges de Maine, projet Reichen, Jacqueline Osty+Claire Schorter+Pierre Marie Auffret

       08. Une appréciation d’une dame qui aime bien ce projet, avec une question : comment traverser la 4 voies à Saint-Serge. Cela lui fait penser à Londres. Il y a déjà beaucoup de ponts à Angers.

PMA : il n’y aura plus que du passage-relais dessus (du fait de la diminution des flux annoncée par leur expert-mobilité) ; le franchissement sera très faisable.  

CS : il y aura deux stations Car-Maine sur cet espace. 

  

09. Deux remarques d’un monsieur, sur le choix de la ligne longitudinale du projet nord-sud et sur celui du traitement de la seule rive gauche dans le projet

Nord-Sud : il y a sous-estimation (dans votre projet) de la question du franchissement et les flux est-ouest ne sont pas pris en compte. Le CHU est la principale ‘entreprise’ d’Angers (par le nombre de personnes qui y travaillent et de personnes qui s’y rendent). Cela va être difficile (aussi) pour les personnes en modes doux.  La rive gauche ‘oubliée’ : il n’y a pas grand-chose sur la rive droite dans ce projet qui devait (pourtant) traiter des deux rives. Il n’y a rien de Saint-Aubin à Balzac. C’est faible.   

---) La salle applaudit.

CS : pour le transversal, notre première attention s’est portée (sur les points que nous avons évoqués ???). On travaille sur un bord de Maine approprié…Sur les traverses…il y aura plus de place en rive gauche (EP : mes notes sont très confuses sur cette réponse).

JO vient en renfort (et parle vraiment) : il  y a déjà beaucoup de choses en rive droite ; des aménagements sont en cours en rive gauche (Centre des Congrès ? EP : non précisé). De l’autre côté, il y a du boulot à faire. Il n’y a rien. Bien sûr, la rivière, c’est les deux rives. (Mais) nous nous sommes focalisés sur la rive gauche parce que c’est une barrière actuellement. Ca va déjà demander un effort énorme. Il y a déjà de l’ambition en rive gauche, beaucoup d’ambitions. En rive droite, il n’y a pas de gros problèmes.

---) La salle applaudit.

10.  Un monsieur fait remarquer que dans une ville, une rive se regarde de l’autre rive  et pose une question : qu’en est-il du risque d’inondation (en rive gauche), le quai haut est-il inondable ?

PMA : non (il n’est pas inondable). Nous nous sommes basés sur les études de la ville. (Il faut savoir qu’) aucune des solutions n’est efficace face à la violence des eaux en cas d’inondation. Le volume  ( ?? la montée des eaux) est impressionnant au Pont de Verdun (EP : marnage de 7m). A Saint-Serge, c’est une surface de 100 000m2  sur lequel rien n’a a été fait pour faciliter le flux de l’eau. Hausser le sol de 50cm sur le quai haut à Saint-Serge (est déjà une solution). En centre-ville, (il faut être clair) il n’existe aucun moyen pour éviter les crues centenaires.

Il faut jouer sur la sensibilité à la montée des eaux en voyant l’eau comme un élément naturel, normal, à attendre comme le serait un autre évènement (prévisible, de l’ordre du vivant). Si on arrive à apporter une amélioration en rive gauche, ce sera bénéfique aussi pour la rive droite, avec des retombées positives.  

11. Une remarque sur le réchauffement climatique en lien avec les inondations

12. Une question sur les parkings-relais, liés à la quatre voies, à Saint-Serge et à la Baumette : comment les voyez-vous ? Avec quelles capacités ?  

PMA : A Saint-Serge, il y a le parking de Carrefour de 1 000 places. A La Baumette, il est prévu un parking paysager en bas de 1 000 places en zone inondable. Comme on a 3 jours (entre le moment où l’annonce de la crue est faite et l’enlèvement des voitures), ça ira avec la rocade prévue entre les deux parkings, les deux lignes de trams qui se croisent en X. Il ne manque pas grand-chose pour pouvoir réaliser ça.

13. La remarque d’une dame sur le déclassement de l’autoroute : vous en parlez de trop.    

JO : La réponse s’appelle l’autoroute déjantée pour aller vers le bord de l’eau. On s’appuie sur des éléments des trémies déjà existants. On peut passer du haut vers le bas en jouant de la typographie. C’est l’archéologie de l’autoroute, (qui est) un support formidable pour façonner un nouvel espace, (avec) du jaune, du vert…Les habitants sont des citoyens de leur ville, un lieu d’échanges qu’on veut mettre en place (voir au début). Il y a moins besoin d’investissements en zone droite.  

14   Une question sur la prise en compte de la trame verte Saint-Aubin-La Baumette et une sur le l’approche du lieu de pêche en voiture pour les pêcheurs

JO : Le caractère minéral est très présent, avec pas mal de vert, des rampes d’accès douces pour les piétons, les vélos, les voitures. Les pêcheurs ne sont pas empêchés d’accéder au bord de l’eau. Sur mes trois dessins, on voit la continuité verte en promenade basse.

PMA : pour avoir une vraie trame verte et bleue, il faudrait déconstruire l’autoroute. Ce serait trop lourd et trop cher. Avec notre projet, on retrouve un lien vert plus complexe.

JO : Ce projet n’est pas fixe. On peut avoir plus de vert, faire un Parc de la Maine. La part de l’usage est primordial. L’espace naturel est présent aussi avec un équilibre entre l’espace naturel et l’usage. 

L'équipe se lève. la rencontre se termine. Angers, Berges de Maine, Jacqueline Osty+Claire Schmorter+Pierre Marie Auffret

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*Dernière nouvelle : Hier en milieu de journée, le 20 janvier 2012, le maire d’Angers depuis 14 ans, M. Jean-Claude Antonini, a présenté sa démission au préfet, M. Richard Samuel, pour « laisser sa place aux jeunes ». Il reste président d’Angers Loire Métropole. C’est lui qui a impulsé et qui porte le Projet « Berges de Maine » depuis 2003, un projet auquel il est très attaché. Cette décision survient en fin de semaine trois jours après la dernière réunion entre les Angevins et la troisième équipe polyvalente d’architectes, urbanistes, paysagistes, celle de LIN. Elle éclaire d’un éclairage nouveau  sa déclaration liminaire, en lui donnant un sens plus profond.

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Pour suivre le chemin vers Angers-Rives nouvelles et voir les berges de Maine

Bernard Reichen en équipe avec Philippe Robert  au sein de l’agence, RR & A (pour associés) à voir, sur  http://archiguide.free.fr/AR/reichen.htm pour avoir une présentation minimaliste des réalisations de l’atelier. L’agence travaille avec 80 architectes. Sur le site de Reichen et Robert, on ne trouve que la plaquette d’Angers sur le sujet  http://www.reichen-robert.fr/

Claire Schorter, architecte-urbaniste, collaboratrice de RR&A, à découvrir sur http://www.youtube.com/watch?v=NNI04nUM2nU sur le thème de l’étalement urbain, avec ce résumé du CAUE de Valence en mai 2011 : « A travers 4 exemples longuement détaillés et illustrés (Nanterre, Roubaix, Strasbourg et Montpellier), Claire Schorter raconte comment une agence d’urbanisme aborde la démarche de projet à des échelles territoriales différentes avec le souci permanent de créer une ville solidaire, de la continuité territoriale par la concertation et l’appropriation des acteurs locaux. »

    Angers, Berges de Maine, Christophe Lesort, Jacqueline Osty, Claire Schmorter

Pierre-Marie Auffret, architecte, collaborateur de RRA, a notamment travaillé sur le Plan Campus du Plateau de Saclay et auparavant au Mexique, à voir sur  http://www.mairie-orsay.fr/Upload/ContenuCMS/plan%20campus/devenir.pdf

Jacqueline Osty, paysagiste, à voir sur http://www.lemoniteur.fr/119-toute-l-info/video/769719-carte-blanche-a-la-paysagiste-jacqueline-osty dans le quartier SPIE-Batignolles à découvrir sur http://www.pavillon-arsenal.com/img/conference/247/cp/PAV_247_CP.pdf

Sur ce blog, voir le billet sur le projet de l’équipe Reichen, ainsi que les billets précédents sur les ateliers habitants : Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine         

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 12:12

La découverte du projet s’est faite en plusieurs temps. Elle a commencé pour de nombreux Angevins par une déambulation dans chacune des « boîtes de découverte des projets » dévolues aux trois équipes (Grether-LIN-Reichen) dans le Forum du Quai à Angers. Cette mise en oeil, très différenciée selon  les équipes, a permis de dégager pour chacun d’entre eux une atmosphère bien particulière. Cette approche par les cartes, les croquis et les dessins des équipes se double d’une rencontre avec les membres des équipes. C’est l’objet de ce premier billet sur la rencontre avec la première équipe tirée au sort.

Blog 2012.01.14 Angers 020

Le 13 janvier 2012,  François Grether, LoÏc Mareschal, Pascal Amphoux et Paul Grether, sont venus à la rencontre des habitants d’Angers.  

Les mots pour le dire: Mon intention n’est pas de vous faire un résumé de tout ce qui s’est dit, encore moins une description du projet lui-même. Elle est d’essayer de restituer une atmosphère, un rendu, une rencontre… qui ont très fortement eu lieu entre un homme, une équipe et nous qui sommes les acteurs de la ville, qui la vivent, qui y travaillent et la font bouger. Je place entre parenthèses des explications nécessaires à la compréhension pour les Non-Angevins. Ces mots sont  ceux des notes que j’ai prises au cours de la soirée.

Blog 2012.01.14 Angers 026

. 1 Les mots de la présentation générale par François Grether

. La déclaration d’intention. C’est un projet très angevin, basé sur la qualité du site marqué fortement par l’histoire, des lieux différenciés très variées, contrairement à Lyon et à Bordeaux, des beaux paysages et des espaces de grande qualité, surprenants en ville, où le temps joue un grand rôle, le temps d’une ville qui a les ambitions d’une métropole.

Le rapport à l’eau est essentiel. C’est particulièrement vrai à Angers ; cela l’a toujours été pour toutes les villes dans l’histoire.

Le projet est placé sous le signe de la convergence pour tous, entreprises et habitants, ou chacun a sa place. Il n’a de sens que s’il est partagé par tous.

. Nos propositions : elles sont claires, stables, perceptibles, adaptables dans le temps, avec des problèmes aussi, car le projet va s’enrichir dans le temps. Il va devenir plus concret.

Il s’agit de redonner un centre élargi à la ville qui s’est beaucoup étendue, avec une volonté de renouvellement et projection sur l’avenir. Angers actuellement est repliée sur un centre trop petit pour elle. Pour cela, il faut partir de la rivière - parce que c’est ainsi que se construisent les villes - en fédérant la diversité des lieux.

Blog 2012.01.14 Angers 025

Les mots de Loïc Mareschal, paysagiste, botaniste, environnementaliste

Il s’agit pour nous de relier les deux grandes entités de nature que sont l’ile Saint-Aubin au nord et la Baumette au sud en faisant pénétrer la nature dans ce centre nouveau et renouer les liens entre les deux confluences, celle du nord (La Mayenne avec la Sarthe grossie par le Loir) et celle de la Loire au sud, que nous avons appelée « L’Île de Loire ». Outre ces lignes de la ville verte nord-sud, nous avons travaillé sur les relations transversales de nature où les usages de l’eau sont très nombreux. François Grether rappelle quelques-unes des activités liées à la rivière, les rencontres, la promenade, la vie collective, le temps qui passe, le temps qu’il fait, la dimension touristique…

Les mots de Pascal Amphoux, architecte, géographe, spécialiste des ambiances urbaines et du bruit en ville

Il parle des modes de déplacements doux (marche à pied et vélo) à mettre en place, en particulier sur le Pont de Verdun qu’on a vraiment beaucoup de mal à franchir actuellement, avec ces trottoirs étroits et bordés d’un muret pour les séparer de la voie. Il s’agit d’offrir des contrepoids à la présence de la voiture, en faisant apparaître la fonctionnalité des voies,  pour les piétons et les cyclistes, avec une offre de transport public élargi (seconde ligne de tram prévue), une volonté de hiérarchiser la place de la voiture sur le territoire, ce qui n’est pas le cas actuellement. Pour structurer cet espace, un nouvel axe de circulation ouest-est pourrait équilibrer la structure de transport avec une voie Saint-Nicolas en rive droite, avec aussi une double colonne vertébrale en forme d’échelle le long et au-dessus de la Maine pour multiplier les passages (piétons) au-dessus de la rivière.

Les mots de François Grether sur la voie rapide et le contournement sud

Blog 2012.01.14 Angers 030

La voie rapide : on ne peut ni la supprimer, ni la défaire comme ça. L’usage de la voiture à Angers est important. On ne peut pas peser sur la voiture à Angers comme on peut le faire dans d’autres villes. Il est nécessaire de procéder par étapes successives, transformer, remodeler, avancer pas à pas…C’est une aventure de longue haleine. La voie sur berge sera remplacée par une deux fois deux voies en surface classique avec des feux rouges…Un des objectifs est de diminuer très sensiblement le bruit ; c’est un problème, tout autant que le nombre de voitures qui passent là (40 000 véhicules/jour, en comparaison 75 000 boulevard Saint-Germain à Paris.) Au nord à Saint-Serge, l’idée est d’éloigner la voie de la rive pour dégager de la place près de l’eau pour un nouveau parc à cet endroit. Au centre et près du château, on peut gagner de la place en jouant sur les différents niveaux, les plissements.

Les trémies ne seront pas détruites, sauf à Saint-Serge (actuelle zone commerciale en rive gauche au nord du périmètre) pour laisser l’eau (des inondations) passer.

Le problème du stationnement concerne essentiellement la place La Rochefoucault  (en rive droite) qui sert actuellement de parking majoritairement utilisé pour le personnel du CHU. Cette question (sensible) a une solution  à condition de en procéder par étape.

Le problème du contournement sud n'est pas une priorité, avec la solution d'une voie à caractère de parkway qui apparaît en orange sur la carte.

Des aménagements sont possibles sans investissements lourds, en tenant compte de la longueur des procédures – la France est un pays à procédures – mais en faisant (par contre) rapidement les repérages dans un délai court.

2. La présentation du projet lieu par lieu, par François Grether

Blog 2012.01.14 Angers 022

Le pont de Verdun (entre le pont de Haute-Chaîne et le pont de Basse Chaîne) joue un rôle capital : en faire un plateau à très petite vitesse 20 km/h ou moins si possible, une zone de rencontre ou chacun doit tenir compte des autres ; ça marche bien.

En rive gauche, près du château,placer la voie à l’écart des plissements des rives de la Maine. On peut aller vers l’eau, s’en approcher, faire des tas de choses et permettre à l’eau de la Maine de s’épandre lors des inondations. C’est un des espaces publics centraux ouverts à tous, seul, en groupe, qu’il fasse beau, qu’il pleuve. C’est la grande place d’Angers, la place d’identification, le forum, l’agora. La qualité des paysages est forte, avec un dialogue entre les deux rives, la Cale de la Savate, le futur Centre des Congrès (tous deux en rive droite) font face au Château très austère.

Une passerelle nouvelle reliera la Place des Carmes à l’ascenseur fixé sur la falaise près du Château pour rejoindre le Bout du Monde, une façon de relier le plus ancien au plus contemporain, avec les bateaux qui viennent accoster près des péniches et l'ascenceur (accroché à la paroi de schiste).

La Place de la Rochefoucault offre un très bel espace, avec le magnifique ensemble de Saint-Jean,  qui pourrait être mis en valeur ultérieurement. Dans un premier temps, le projet prévoit de garder des places de stationnement en bande le long de la voie pour dégager l’espace central et la bande proche de la rivière. L’espace libéré  permettrait l’implantation d’un jardin d’eau le long de la rivière, la partie centrale étant réservée à des activités temporaires, expositions, manèges…Le retour de l’eau sur la place est importante pour mieux la qualifier (c’était auparavant une île dont le bras a été comblé pour laisser place au boulevard Arago).  Ce grand espace possède une qualité exceptionnelle qui est (déjà) en relation directe (visuelle) avec le centre de la ville ancienne, la Place Molière et la rue de la Roë sur l’autre rive en face.

Une autre passerelle très importante serait implantée à cet endroit (entre la Place de la Rochefoucault et la place Molière), pour faire un lien entre les deux rives au caractère si différent l’une de l’autre. 

Rive gauche, à la hauteur de Saint-Serge (de l’autre côté du pont Confluence vers le nord), il existe une grande halle ferroviaire qui n’est plus affectée au transport. Cet emplacement  serait très facile à transformer en parking après accord avec le propriétaire. La place dégagée offrirait le même nombre de places de stationnement que la Rochefoucault majoritairement utilisés actuellement par les employés du CHU actuellement.

Des édifices singuliers à édifier dans le Pentagone sont à prévoir (pour structurer l’espace) en trouvant le fil conducteur entre eux. Le Quai est un bon exemple de ce qu’il faut faire (pour dynamiser).

Saint-Serge Reculée, A Saint-Serge le projet prévoit de déplacer la voie des berges pour créer une large avenue – 40 mètres de large, avec une ligne de transport en son milieu, pour irriguer le nouveau quartier ; de cette façon, un grand espace serait libéré au bord de l’eau pour y édifier un parc. Nous avons imaginé de creuser profondément de façon à créer deux îles avec des installations nautiques entre les deux.

L’emplacement du nouveau pont Bocquel est à programmer au débouché de la rue du même nom (en rive droite). Ce pont n’est pas prévu pour demain matin.

Blog 2012.01.14 Angers 036

Proposer aux exploitants de la zone commerciale de Saint-Serge de se réinstaller plus le centre-ville est important, car il s’agit bien d’un nouveau centre-ville à mettre là. 600 000m2 constructibles, c’est beaucoup. Nous y voyons un quartier mixte de centre-ville pour moitié avec des habitations, des étudiants, des personnes âgées… pour moitié  avec des activités, des institutions, des organisations, des laboratoires, des entreprises, comme ce que j’ai fait pendant 10 ans à Lyon Confluence avec activités mixtes sur la Saône.  Ces nouveaux centres peuvent rivaliser en attractivité avec les centres historiques. Une ville a besoin des deux.

On reste prudent (souligné dans mes notes) sur les lignes de tramway : en prévoir une sur l’avenue principale de Saint-Serge mais où va-t-elle ? Peut-elle se raccorder à la ligne de tramway n°2. Ces schémas en Y sont difficiles à gérer. Nous n’avons pas été plus loin. Sur les formes bâties, on a présenté des volumes un peu bébêtes, en volume… C’est toujours difficile d’essayer de visualiser…

La Reculée : l’architecte-urbaniste n’a pas le temps d’en parler avec regret. Il profitera plus tard d’un petit moment lors des questions-réponses pour revenir sur ce petit îlot (un terme qu’il n’a pas employé) qui fait face à Saint-Serge de l’autre côté de la rivière, en rive droite sur une petite colline.

La (grande prairie inondable) Baumette est à garder pour les sports, avec des arbres et les voies de circulation à mettre plus à l’intérieur comme ce que nous avons prévu pour Saint-Serge. Cette nouvelle voie en retrait se fera avec un accès à la gare. C’est un vrai enjeu qui donnerait de l’ampleur (à prendre dans le sens d’un plus grand souffle, à toute la ville, en équilibre aussi à Saint-Serge au nord). Avec un bac qui traverserait la Maine (pour relier le sud d’Angers au lac de Maine) aux beaux jours en prévoyant  des visites de la nouvelle station d’épuration (de façon aussi à valoriser le bâtiment et plus largement le site).

Les gens commencent à applaudir. Il reprend la main et poursuit : c’est un projet ouvert, vivant. Ce sont les rudiments. Le projet doit accueillir beaucoup de compléments, jouer avec le temps à 10 ans, 20 ans, 30 ans, pour quitter le niveau des ambitions, pour devenir réel.  

3. Le jeu des questions de la salle et des réponses par François Grether et les autres  membres de l’équipe

01.  Une question sur l’adaptation du projet aux crues et son coût global

FG sur le coût : il n’est pas possible de vous donner cette information tant le projet s’étire sur une période de temps longue, avec tant de possibilité de l’amender. Le coût total n’est pas du tout faramineux,  pas cher, assez bas précise-t-il - surtout rapporté sur le nombre d’années et de la surface en m2 de Saint-Serge (600 000m2) .

 Loïc Mareschal sur les crues : les crues sont un problème réel. En période de hautes eaux, Saint-Serge est sous l’eau. Au Pont de Verdun, le marnage est de 7 mètres de différence. Le plissement donne plus de place à l’eau, l’eau peut remplir les trémies et s’épandre sur la rive. C’est important aussi à Saint-Serge aussi. (Avec notre projet), le Quai Gambetta et la Place Molière vont être à l’abri. Nous prenons en compte le PPR (Plan de Prévention des Risques), ajoute François Grether. Le paysagiste répond indirectement  à la question précédente : savez-vous que la crue de 1995 a coûté entre 100 et 150 millions d’euros de dégâts ?

02. Une question sur la dimension « agglomération » ou « ville » du projet

FG : le projet est un enjeu d’agglomération, le centre est celui de l’agglo. Il s’agit du Grand Angers. Le maire est aussi celui de la métropole, le financement sera celui de l’agglomération. Le maire d’Angers,  Jean-Claude Antonini confirme qu’il s’agit bien d’un intérêt communautaire. Le tramway d’Angers n’est pas seulement celui d’Angers.

03. Une question sur la question des tunnels (et de l’interdiction de les utiliser pour les camions chargés de matières dangereuses)

François Grether rappelle que la circulation n’est pas supprimée. La solution du parkway sud plus large …Le projet n’interdit rien. Lors de la présentation générale, il avait présenté le plan global de circulation en montrant qu’il n’était pas nécessaire de prévoir un contournement sud. 

04. Une appréciation d’un monsieur sur le végétal

Il se réjouit qu’il soit bien présent.

05. Une appréciation d’une dame

Elle  aime bien les liens du et avec le centre, sans séparation  

06. Une demande de précision chiffrée sur la circulation automobile

FG cite les 40 000 véhicules/jour Place Molière. Avec leur projet, les estimations sont de 25 000 u/j. C’est difficile de se projeter à plus de 20 ans. Les deux lignes de tramway vont changer les choses, les habitudes évoluer, le parkway sud-est récupérer une partie du trafic. Il faut surveiller les trafics, pas seulement en moyenne journalière. A Paris, les chiffres sont plus précis dans le temps, à 8h du matin…aux carrefours, aux points névralgiques, comme ici à Angers aux ponts de Basse Chaîne et de Haute Chaîne. Nos estimations sont prudentes, il est impensable d’y aller par choc, il faut y aller par étapes.

07. Une remarque du président des habitants de Reculé, navigateur sur la Maine

Il se tient à la disposition de l’équipe.

FG : nous avons (déjà) rencontré l’association des pêcheurs. Du coup l’architecte se souvient qu’il n’a pas parlé de ce petit espace de Reculé. C’est un endroit en côteau au bord de la Maine où règne un caractère particulier qui est à conserver, à consolider en lui donnant plus de présence face à Saint-Serge. On ne trouve ça nulle part ailleurs à Angers, un peu comme ce qui se passait à Strasbourg dans le quartier de la Petite France, avant que cela ne devienne trop touristique.

38. Une question sur la séparation entre le Parc Balzac et le Lac de Maine à cause de l’autoroute

 FG: nous n’avons pas eu le temps de travailler dessus. Cette autoroute coupe l’espace en deux. L’échangeur Atlantique est à supprimer pour apaiser la vitesse. La voie qui coupe la Baumette en deux, ce n’est pas bon non plus.

09. Une question aux (autres) membres de l’équipe sur leur plaisir à  travailler sur ce projet, FG ayant déjà clairement exprimé à plusieurs reprises le sien.

Loïc Mareschal : oui, j’ai eu du plaisir, c’est un travail d’un an, pas tous les jours peut-être, le site est formidable, avec un projet exceptionnel, d’une grande qualité en complémentarité. Il y a beaucoup  de désir (dans ce plaisir).

Pascal Amphoux : c’est le plaisir de la découverte, on avance dans une situation emblématique articulée avec la polyphonie humaine, dans un sens d’innovation, dans une ville-nature. C’est une occasion unique d’un projet exemplaire, à une échelle (humaine) qui n’est pas monstrueuse, en mettant en place des actions ponctuelles, possibles, très rapidement, pour pas trop cher, un travail sur l’imaginaire et les comportements.

Paul Grether : tout projet est une aventure. C’est la première fois que je travaille sur un projet de cette ampleur (320 hectares). C’est un véritable changement d’évolution de la ville pour accroître la qualité de vie. On s’est particulièrement investi à Angers.  (Une façon d’) apprendre à connaître, à aimer… Pour le projet, je suis venu souvent à Angers. On vient, on apprécie, le projet devient concret, on a envie de prolonger…  (cette découverte-attachement).

10. Une question sur Saint-Serge

Je n’ai pas noté la réponse.

11. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Quel est le planning prévu ?

Jean-Claude Antonini : (Ecouter parler de ce projet), ça donne très envie. La progressivité dans le temps est importante. Fin mars, le conseil municipal va se prononcer. L’aventure commence, (sachant qu’) on ne pourra pas tout faire d’un coup. On a vraiment envie de continuer. Une certitude, cela continuera après moi (une fois mon mandat terminé).

FG : la place de la voiture est essentielle. La voie nouvelle de Saint-Serge sera une voie de ville, dans un espace compté. Il y aura une auto-régulation entre les flux. (Une mauvaise solution serait de renvoyer les voies de circulation détournées dans les quartiers tranquilles. A Saint-Serge, les habitations seront placées en retrait de la voie et le moins résidentiel – les bureaux- sera (au contraire) plus proche de la circulation.

12. Une question sur le Pont de Verdun et les péniches

FG : nous n’avons pas vraiment eu le temps de travailler sur les péniches (réponse faite de mémoire, je n’ai pas pris de notes)

13. Une question sur la ville d’hier, d’aujourd’hui et celle de demain (étroitesse de l’espace) en lien avec le nouveau quartier de la Gare + qui touche la Baumette 

FG : Gare + est un projet important pour Angers et le lien avec la Baumette l’est aussi. Nous avons à plus travailler ce point, mettre plus de liaisons  entre la gare et la Maine. On va devoir creuser. On est resté en première approche. Il n’y a pas que la gare, il faut voir les autres connections. Toute l’Agglo est visée, pas seulement le périmètre (des 320 hectares).

FG en réponse au Monsieur de Reculé (question n°7) sur la navigation sur la Maine: il faut   approfondir la question de l’utilisation de l’eau. Nous avons déjà travaillé en concertation. Le travail avec ceux qui utilisent et connaissent la rivière  doit aller plus loin, par exemple sur la question de l’envasement.

14. Une remarque d’un monsieur sur la grande cohérence du projet (trame verte et bleue) par rapport au SCOT  sur lequel il a travaillé.

Le maire explique ce qu’est ce sigle, c’est le Schéma de Cohérence territoriale, adopté par Angers Loire Métropole conformément à la réglementation.

= La soirée se termine par des applaudissements nourris.Les membres de l'équipe se lèvent.

Blog 2012.01.14 Angers 047

Pour suivre le chemin des « Berges de la Maine », maintenant « Angers Rives Nouvelles »

. Lire une interview de François Grether sur http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6099 où on découvre qu’il est connu dans la profession et chez les élus pour son sens du dialogue, sa faculté d’adaptation et sa compréhension des relations de concertation, particulièrement dans des opérations urbaines à forte complexité. Une citation de FG à retenir : « la première pierre est toujours édifiante pour la suite des évènements ».  

Une des marques de fabrique de cet architecte-urbaniste est aussi sa relation à l’eau, à voir sur http://www.leauetvous.fr/Trois-questions-a-Francois-Grether

On trouve sur ce site ce bref récapitulatif des réalisations de François Grether :   « il a réalisé la conception de grands projets urbains (Euralille, Amiens Quartiers Nord, la Confluence et Gerland à Lyon, l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt), de quartiers d’habitat social (Belfort, Nantes, Saumur) et de nombreux projets liés aux rivages et aux ports, comme Clichy-Batignolles avec son parc et ses bassins de recueil et lagunage des eaux pluviales, ou les Vaites à Besançon, avec ses noues et son ruisseau. »

. Beaucoup d’informations sur et par Loïc Mareschal paysagiste sur Phytolab, http://www.phytolab.fr/phytolab_paysagistes_environnement_nantes.html

. Pascal Amphoux, sociologue, professeur à l’Ecole d’Architecture de Nantes, chercheur à l’Institut de recherche sur l’environnement construit à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (CH), spécialiste de la marche en ville et des ambiances en ville, est un homme qui écrit beaucoup, à retrouver notamment dans http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/IMG/pdf/Amphoux_ARU-97.pdf

http://lasur.epfl.ch/files/content/sites/lasur/files/A&C%20Vol.9%20No.3/A à  MPHOUX.pdf

. Photos EP, avec mes excuses pour la qualité des photos, prises sans flash et avec beaucoup de difficultés

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 17:30

Une affaire de rencontre

Angers, la même place avc olein de potelets au milieuLa rencontre est celle qui se fait dans un espace public donné, la rue pris au sens large,  entre le poteau, cet élément vertical implanté de façon pérenne dans le sol, et les utilisateurs de l’espace. Chaque changement affectant l’une de ces trois composantes a des effets sur les deux autres, sans compter les autres facettes du « vivre ensemble.»  

 

Le poteau entre dans la grande catégorie du mobilier urbain, qui a à la fois une dimension fonctionnelle, ou le  design joue un grand rôle, et une dimension d’identité territoriale forte alors que le poteau est produit en grande série par des sociétés européennes. Il a aussi des conséquences directes et indirectes moins connues.  

 

Un des grands changements de deux dernières décades et plus est l’occupation de l’espace public par les poteaux qui y fleurissent tels des pissenlits dans une prairie. Leur foisonnement est tel qu’on se demande comment on pouvait vivre avant dans l’espace public.  

 

Le trinôme

Blog 2011.12.01 potelets 025. L’espace public concerne plus précisément le trottoir ou plutôt ce qui en reste une fois que les voitures ont choisi les meilleurs places pour s’y garer et les espaces interstitiels qui ne peuvent être occupés par la voiture. Ce sont par exemple les triangles d’entrée et de sortie d’une voie principale, les passages protégés au milieu de la chaussée,  les cœurs de ronds points non accessibles aux piétons… 

 

. La place de la voiture dans l’espace public, ou plutôt l’automobiliste  a une capacité proprement étonnante à repérer les endroits « garables » comme on ne dit pas encore. Blog 2011.12.01 potelets 004Dans les temps anciens, on prenait une chèvre pour tracer les chemins dans les coteaux pentus. Maintenant faîtes confiance à la voiture pour avoir une perception très fine de l’espace urbain et redessiner une nouvelle cartographie de l’espace public à des fins privés.  

 

Les utilisateurs de l’espace public sont au moins au nombre de deux (sans compter le cycliste), l’automobiliste et le piéton. Bien souvent c’est la même personne qui dispose de modes de raisonnement différents selon le mode de mobilité choisi: un automobiliste fonctionne avec la Couloir de trottoir réservé aux piétons conduisant droit dans le mur du fondpédale au pied, un marcheur raisonne avec ses chaussures aux pieds. Ce n’est pas la même chose. La preuve, pour empêcher les « carrossés » de passer et de gêner les piétons, on a inventé le petit poteau  de trottoir ou potelet de sa dénomination actuelle.

 

Petit rappel sur la grande importance du poteau

. Le poteau dans sa vision verticale liée à la construction est lié au développement de l’habitat et de l’urbanisme. Sur terre, la maison et l’immeuble ne peuvent se concevoir sans fondation plus ou moins profondes selon la nature du sol. Les poteaux de construction se poursuivent dans l’air par des poteaux de maçonnerie, des poteaux de charpente…Une des tendances actuelles est concevoir des bâtiments avec des barres érigées, une manière de faire passer la conception en cube.  

. Le poteau vertical liée à l’information  est indispensable à la vie de l’homme contemporain sur terre. Il est un marqueur de notre société occidentale. Les poteaux indicateurs sont directement liés par exemple à la mobilité et à notre façon de considérer l’espace public. En temps de paix, nous estimons indispensables de trouver l’information au fur et à mesure de notre avancée dans la rue. Ceci n’est pas le cas au Japon où le nom des rues n’est pas indiqué  puisque c’est le numéro du bloc d’habitation qui compte. La rue est alors un espace non significatif entre les blocs. 

Blog 2011.12.01 potelets 017   

Le potelet, un nouveau type de poteau

L’accroissement de la pression de la voiture roulante sur la rue et de la voiture dormante sur le trottoir  a généré un nouveau type de poteau, le potelet  directement inspiré du poteau de manège hippique, pour empêcher les voitures d’accéder au trottoir protégé réservé aux piétons et parfois aux cyclistes. Ces poteaux de 1,20 mètre de hauteur sont implantés au bord du trottoir de façon à interdire aux véhicules de passer entre eux. C’est la seule façon  utilisée par les collectivités d’assurer le non-accès au trottoir, en l’absence de personnel pour sanctionner le stationnement interdit qui s’accroît d’autant que le nombre de places de stationnement autorisé diminue en lien avec la volonté d’assurer un développement durable de la ville.  

Les conséquences

Le piéton se voit réservé un espace dédié où la voiture n’a pas sa place. La présence dans le sol de ces petits poteaux d’interdiction a aussi pour seconde conséquence de figer les espaces libres polyvalents pour les non-automobilistes. Les piétons doivent se positionner sur une partie du trottoir, la voie-trottable, les cyclistes aussi sur une autre partie du trottoir, leur voie cyclable ; du coup les automobilistes se placent partout sur les trottoirs dés lors qu’il n’y a pas de potelet.     

D’autres aspects négatifs commencent à être également mis en avant :

. la difficulté à marcher et à se croiser sur un espace resserré par la présence des potelets,

. le coût  pour la collectivité qui doit acheter et poser individuellement ces potelets dans le bitume en quantité phénoménale puisqu’il en faut 2 pour protéger 1 mètre de trottoir, 3 pour 2 mètres…

. la présence dans le sol d’autres types anciens de poteaux qui assurent la même fonction. Certains anciens petits poteaux s'avèrent dangereux pour les personnes âgées qui peuvent ne pas les voir  mais ils restent toutefoi là; 

Angers, 3 catégories de poteaux petits et potelets   

. la pollution visuelle d’une véritable ‘forêt’ de potelets qui s’ajoute au foisonnement des autres poteaux qui dirigent, conduisent et interdisent nos pas, heurtent nos yeux et surveillent nos vies.  

L’ensemble de ces contraintes conduit parfois aussi à des situations proprement absurdes:     

. des potelets placés maintenant en milieu de trottoir pour empêcher les voitures de s'insérer par le côté, quand il y a par exemple une entrée de garage    

. des potelets pour empêcher des cyclistes de rouler au beau milieu de la piste cyclable double couloirs, 

. des potelets implantés sur les zébras de passages piétons pour protéger les voitures garées perpendiculairement au trottoir (à voir sur « Petit Poucet »)...Une évolution impressionnante à suivre, du potelet contre la voiture abusive, on passe maintenant au potelet anti-cycliste ou gêneur de piéton.

 

Pour suivre le chemin

. La rue à  re-découvrir  avec http://systemepoucet.canalblog.com/

Voir les photos délicieuses d’absurdités  liées à l’implantation de potelets sans réflexion préalable sur

http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373438&pid=8785885

. La désignation des numéros de blocs d’habitation – et donc de l’absence de noms de rues - au Japon, voir http://sivers.org/jadr

. Pour Paris, lire  http://www.leparisien.fr/paris-75/ces-tres-chers-potelets-18-05-2009-516746.phppour connaître le nombre et le coût de ces chers potelets.

. Lire aussi sur ce blog  Regard sur l'espace public > Quadrillage Rues et Risle > Pont-Audemer

. Photos EP 

. Mes excuses pour cette présentation à interlignes et dimension des caractères aléatoires indépendante de ma volonté!   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 14:40

Blog-2011.11.24-238-copie-1.JPGC’est un cartoon comme on ne dit pas ici en France, paru il y a plus de 20 ans dans le Palm Beach Post et repris par Courrier International. « Woman », comme l’intitule son géniteur, Don Wright. On y voit une femme nue, dont le corps est fléché pour montrer ce qui lui appartient à elle –HERS-  en propre et ce qui ne lui appartient pas –NOT HERS- et qui n’apparaît donc pas sur le dessin. Comme un triangle des Bermudes caché pour elle derrière le panonceau « NOT HERS »  qu’elle n’est même pas autorisée à porter de sa main droite puisque cet endroit lui appartient pas.  

Hers, A Elle, « tête, cheveux, mains, bras, partie haute du corps, jambes et  pieds. »

Remarquez la façon dont le dessinateur désigne les différentes parties de son corps, comme si elle était une machine. A aucun moment, il ne dit 'sa tête, ses cheveux, ses bras, la partie haute de son corps, ses jambes et ses pieds'. Même  ce qui lui appartient n’est pas indiqué comme lui appartenant dans le détail de chacune des parties du corps cité.  

Not Hers, Pas à Elle,  ce qu’il y a sous la pancarte, à savoir  (son ventre et son sexe) qui ne sont même pas désignés en tant que tels, ni assortis de (son). La finesse du cartonnist  est de ne pas même désigner ce qui a longtemps été impur et mal séant chez la femme. Cela n’a pas de nom. 

Ceux à qui appartiennent ce qui n’est pas à elle

Oh, ils sont très nombreux à en revendiquer la propriété. Don Wright détaille dans la moitié droite du rectangle :

. « Certains mâles de l’espèce ,

. certaines églises,

. divers moralistes,

. des politiciens,

. des féministes,

. des juristes,

. des comédiens,

. des journaux et télés,

qui tous décideront de la meilleure utilisation de cette zone » (area). Remarquez quelà aussi Don Wright fait preuve d'une grande subtilité: il situe la femme dans la partie gauche de son rectangle et attribue la partie droite à ce qui est important, les heureux détenteurs utilisateurs de ce qui est "not hers", dont il fait partie d'ailleurs en signant tout en haut de cette partie droite. Clin d'oeil à cette "woman", il place sa signature en phase avec le titre de ce dessin.    

Blog 2011.11.24 238-copie-1

La « zone » qui n’est pas

Il a fallu attendre le 4è avant dernier mot pour que soit cité son ventre et son sexe qui sont « not hers ». C'est une zone, comme un no woman's area.

La double frontière

Elle se situe en haut juste au dessus du nombril et pour le bas à mi-parcours entre le bas de son triangle et le milieu des cuisses. Très clairement, cette femme est un saucisson à pattes, sans ventre, sans zizi et sans derrière. Etonnez-vous qu’elle ait l’air si peu maligne ! 

Quel monstre est-ce cela ?

C’était il y a 20 ans aux Etats-Unis. Depuis on a découvert les femmes sans visage et sans corps. Est-ce que cela a vraiment changé dans le monde ?

Pour suivre le chemin

. Ce dessin est tiré du Courrier International, n° 86, 25.06.1992, dont j'avais conservé l'édition papier, tellement j'avais été marquée par sa force.

. Retrouver un autre des dessins de Don Wright pour lequel le dessinateur a gagné son Ier prix Pulitzer en 1966 du dessin de presse (un autre en 1980) sur  http://goodcomics.comicbookresources.com/2009/03/19/a-month-of-pulitzer-prize-winning-cartoons-day-19/

. Cette idée d’un no woman’s land, un terme crée à la mode du « no man’s land »,  continue à fleurir avec une imagination sans limite de la part des dessinateurs de presse et de pub, comme je vous le montrerai bientôt.

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Société
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