En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Développement durable

Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 18:57

Un mini-jardin de rue = un jardinier attitré

OAngers, Mini-Jardins de Rue, Rue de La Meignanneui, il est bon de le rappeler aux néo-jardiniers. Quand vous implantez un mini-jardin de rue, il vous faudra penser à y aller régulièrement pour voir si tout va bien, s’il n’a pas besoin d’une main secourable pour redresser une tige, enlever une feuille morte, un papier qui n’a rien à faire là... et donner une gorgée d’eau aux plantes qui en réclament.  

La lancinante question de l’arrosage

Clairement et sauf cas très exceptionnel, vous serez amené à  arroser votre mini-jardin de rue surtout dans les mois qui suivent la reprise. Certes l’arrosage est limité pour cause de développement durable, de sélection de plantes peu gourmandes et peu exigeantes. Il faudra néanmoins un arrosage au bon moment au bon endroit, tout en tenant compte des limitations d’arrosage imposées en été sec.  

La question du comment arroser

Avec un tuyau, c’est quasiment toujours exclu, à moins que votre jardin soit jointif du trottoir où se trouve le jardin. Reste donc dans la quasi-totalité des cas, le bon vieil arrosoir désormais en plastique vert qui blanchit avec le temps. Je vous conseille celui de 14 litres que vous ne remplirez pas tout à fait à plein sous peine de vous mouiller les jambes. Un seul arrosoir, non plus  n’est pas bon. Il vous en faut deux pour ne pas avoir à faire des aller-retours trop nombreux, alors que chacun sait vous vous êtes un-e fin-e stratège.

  

Supposez maintenant qu’il s’agisse d’arroser des mini-jardins plantés le long du mur d’un cimetière, dans une rue passante. La première idée qui vous vient à l’esprit est d’apporter votre propre arrosoir. Pas les deux, le vélo n’aimerait pas et déjà un, ce n’est pas facile. Je sais, j’ai essayé.  Quant à prendre la voiture, il n’en est pas question. Cela tuerait le plaisir de jardiner. Reste donc le vélo, sans arrosoir, avec un sac spécial mini-jardin de rue dans lequel il y a des gants, une pelle, un sécateur et des plastiques pour les parties des végétaux à enlever et les papiers jetés à terre. L’eau, vous la trouverez sur place au cimetière.  

La pêche à l’arrosoir

Il vous faudra chercher cette fois-ci de préférence deux arrosoirs pour équilibrer la charge. Ceux-ci ne contiennent plus que 6 litres. Comme il n’est pas question de remplir  l’arrosoir à raz bord, vous ne transporterez que 5 litres à chaque fois.  Une misère, vous comprenez pourquoi il vous en faut impérativement deux. La grande aventure commence alors.   

  

Souvent vous commencez par vous mettre en jambes en jouant à Angers ouest, MJR rose trémière + lilas muraillequatre coins, en marmonnant « où donc sont encore partis les arrosoirs ? » En principe, à chaque coin des quadrilatères plus ou moins réguliers, vous devriez trouver trois arrosoirs  accrochés à un poteau fin situé à coté d’un robinet à eau. Comme la répartition est aléatoire - car on ne repose pas forcément l’arrosoir là où on l’a trouvé - l’arrosage commence par une marche à pied active mêlée aussi souvent  d’échanges d’information entre ceux qui cherchent, ceux qui utilisent des arrosoirs et ceux qui les rapportent. Ceux-là sont accueillis comme des quasi-héros.  

La négociation portant sur les arrosoirs

Parmi les exemples de questions posées avec les réponses :  

Question. Reste-il des arrosoirs, là d’où vous venez ? Savez-vous où je pourrais en trouver ? Les réponses sont souvent négatives. Mais parfois, l’indication peut se révéler porteuse.  

 

Question. Puis-je attendre que vous ayez arrosé ou fini d’arroser, au moins un arrosoir, avec promesse s’il le faut d’en rapporter un ou les deux selon les cas?    Réponse = Bien sûr, prenez-les ; je n’ai pas fini de nettoyer…Autres réponses = Non, ce sont les miens. Je les apporte spécialement. Oh non désolée, je vais en avoir besoin.  

 

Il y a aussi des questions en sens inverse qui sont posées au jardinier. 

. Pourquoi deux arrosoirs ? Vous n’avez qu’à en prendre un et revenir le remplir après.    Réponse : non, il en faut deux pour limiter les aller-venues et proposition est faite de … (voir la réponse ci-dessous). La problématique est différente quand il y a beaucoup de monde. En ce cas, c'est un arrosoir, sans discussion aucune.  

 

Une question posée avec humour et une pointe de  suspicion: 

. Et pourquoi vous allez dehors avec ces arrosoirs ? Clairement entendu qu’il était plus que bizarre de sortir du cimetière avec des arrosoirs plein d’eau.   Réponse : Je vais dehors arroser les mini-jardins de rue que la ville a installés à la demande des habitants dans le cadre du Conseil de Quartier avec promesse de notre part de l’entretenir ! Et  les arrosoirs sont rapportés à chaque fois. Si quelqu’un est pressé, proposition est faite  à l’auteur de l’interpellation de venir avec le jardinier pendant l’arrosage dehors dans la rue et de récupérer tout de suite l’arrosoir. Mais jamais personne n’est venu. Un grand dommage, assurément.  

La question plus large portant sur ce qu’est un mini-jardin de rue

En réalité, au-delà de la question portant sur les arrosoirs, les gens veulent savoir pourquoi ce sont des habitants qui s’en occupent et pas les jardiniers de la ville. Ces réponses là prennent souvent un peu plus de temps. Le message est qu’il n’est pas possible à une collectivité quelle quel soit de s’occuper de végétaliser tous les trottoirs aux abords d’immeubles, de maisons ou de clôtures de jardin  le long des rues de toute la ville. Cela n’existe nulle part au monde. Maintenant cependant et pour ceux que cela intéresse, il est possible sous certaines conditions et avec l’accord des services des Parcs et Jardins d’Angers, d’implanter un mini-jardin de rue sur l’espace public, à la condition de prendre en charge l’entretien. La question la plus récente d'une dame posée d'un ton plus que dubitatif: "êtes-vous habilitée à planter ces chrysanthèmes?" et la réponse est un oui franc et massif!   

Pour suivre le chemin

. Ce billet répond à deux questions : Comment arrosez-vous ? Pourquoi parlez-vous autant avec les gens quand vous vous occupez des mini-jardins de rue ? 

. Pour des renseignements, contactez le Service des Parcs et Jardins d'Angers au 02 41 22 53 00 et sur le site www.angers.fr

. Voir les autres billets portant sur ce thème sur ce blog Planter les premiers mini-jardins de rue avec les habitants > Angers    DD10 > Le concept du mini-jardin de rue > Ville durable > Angers > France

 

. Photos EP        

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 18:11

Le créateur

Philippe Tastet est un créateur qui s’exprime en dessin. De lui, on ne sait rien si ce n’est qu’il habite au bord de la mer, ce qui, vous en conviendrez, est peu pour parler de quelqu’un. Heureusement que ses dessins le font pour lui. J’ai vu-lu attentivement son site. J’ai trouvé ses rubriques sur les ados, l’armée et la police, les médecins, l’économie et le social, la religion, l’écologie, les sciences, le social et le sport…J’ai cherché en vain ce que ce dessinateur, hyper doué pour capter le vif au milieu d’une tonne de mots, dit de la culture.  

La culture

Philippe Tastet, Culture, Angers, Livret de l'Agenda 21

Attention pas, n’importe laquelle, une certaine culture toute imprégnée de réglementation ou bien est-ce le contraire, la réglementation qui encadre et structure toute les cultures au pluriel. Une culture  multi-facettes tellement importante que c’est sans conteste le thème qui a rassemblé le plus de personnes (près de 400)  pendant 3 ans à Angers, ce qui est un vrai succès, qui a fait chaud au cœur de Monique Ramognino, l’élue en charge de la culture.

 

Il fallait au moins ça pour arriver à ce que chacun puisse exprimer ce qu’il considérait comme important dans cette charte d’engagement au cœur de l'univers culturel. 

La culture vue par le créateur

J’aurais bien aimé qu’il s’appelle Chilippe pour garder l’idée. Mais ça ne marche pas. Qu’a-t-il donc retenu des séances de travail auxquelles ce dessinateur a participé, son crayon à la main ? Comme il faut faire court,  ce sont trois de ses dessins qui donnent le ton: la Clé, le Post-it et les longues jambes de la Nana. Un autre CPN à la place de Connaître et Protéger la Nature.  

 Philippe Tastet, Culture, Angers, Séance Clés d'ouverture

. La Clé ---) En fait il s’agit pour les participants de réussir à trouver LA bonne clé de lecture pour arriver à placer la culture au cœur du développement durable dans l’Agenda 21 des cultures d’Angers. Il ne lui pas fallu moins de six clés pour ouvrir la serrure de la culture.

 

Normal, il y a six enjeux stratégiques pour décrire ce qu’est l’Agenda 21 de la Culture : 1 la diversité culturelle vue comme une richesse, 2 les liens entre la culture et les autres projets politiques, 3 les échanges et les métissages au cœur du vivre ensemble, 4 la coopération et la co-construction comme modes d’action, 5 les liens entre culture et économie, 6 les liens entre culture et environnement.    

 

Philippe Tastet, Culture, Angers, Séance Post-it 

. Le Post-it ---) C’est un outil essentiel pour arriver à exprimer la simplicité de la clé de lecture. Là Philippe simplifie un peu. Réussir à exprimer une seule idée par post-it est déjà dur, arriver à positionner le post-it sur un tableau en un seul endroit encore plus et le montrer en dessin encore plus.    

 

Depuis cette fameuse séance aux petits papiers collants de couleur, l’image du tableau complètement recouvert, sans qu’il soit possible d’en mettre un de plus, me colle à la rétine à chaque fois qu'on me propose cette méthode de travail, qui ne peut fonctionner que pour des idées simples et en petit groupe.  

 

 

. La Nana aux longues jambes ---) Elle a un Philippe Tastet, Culture, Angers, Séance finale Evaluationpunch incroyable. Ses talons doivent trouer la moquette de la salle. Elle s’avance dans la vie avec une vitalité magnifique. Quand elles discutent entre elles, il faut s'accrocher. Il leur en a fallu de l’énergie et de la ténacité parce que les six enjeux se déclinent en 24  principes et 36 engagements.

 

C’est vrai que les femmes ont joué un rôle particulièrement prééminent au cours des débats. Elles étaient les meneuses de jeu.

 

Retenez l’équation qui va faire date : AC21 = 6 = 24 + 36 = Angers  

Et maintenant

Monique Ramognino, Elue à la Cuture d'AngersLa route de la culture est largement ouverte, comme nous l’a annoncé avec beaucoup de force et d’émotion Monique Ramognino au cours d’une cérémonie très chaleureuse à l’Hôtel des Pénitentes, il y a quelques jours.   

Pour suivre le chemin

     

. Lire une interview de Monique Ramognino, l’élue d’Angers en charge de la culture sur  http://www.angers.fr/projets-et-politiques/developpement-durable/cap-vers-un-agenda-21-de-la-culture-pour-le-territoire-d-angers/ Monique Ramognino, Elue à la Cuture d'Angershttp://reseauculture21.fr/blog/2009/09/05/amplifier-laction/  

 

 

. Retrouver une synthèse sur   http://www.angers.fr/projets-et-politiques/developpement-durable/cap-vers-un-agenda-21-de-la-culture-pour-le-territoire-d-angers/

 

. Voir d’autres dessins de Philippe Tastet sur  www.philippetastet.com/

     

. Dessins de Philippe Tastet avec mes remerciements,

. Photos EP.Retrouver les photos dans l'album "Genre et Variations"  pour les dessins de Philippe et dans l'album "Personnalités2" qui se trouve à l'intérieur de l'album "Personnalités"

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 10:01

 

Dpt Oise, détail, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 36Les cartes représentant des  territoires m’attirent. Elles ont à mes yeux une beauté tout à fait singulière au point d’éveiller en moi une réelle magie. Outre leurs rôles  fonctionnelles, elles ont un pouvoir très particulier de fascination que n’ont aucune autre représentation de notre monde. C’est pourquoi j’ai toujours beaucoup de mal par exemple à jeter de vieilles cartes routières ou touristiques. Quand il devient évident que je ne peux pas continuer à stocker tous ces vieux papiers, c’est à Emmaüs que je me rends pour les donner, sachant que je ne suis pas la seule à ressentir ce pouvoir de fascination.  

 

Cartélie, un outil de connaissance pour tous

Aujourd’hui pourtant je ne vais pas vous parler de la beauté des Dpt Oise, détail, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 46cartes anciennes, mais de cartes interactives du département de l’Oise sur la base du logiciel Cartélie développé par le ministère de l’Ecologie.  Ses fonctionnalités en matière d’aménagement du territoire sont étendues. « Il permet de partager des informations sur la métropolisation, le foncier, les risques et l’environnement. » Ce logiciel pluridisciplinaire se présente comme un guide pour les utilisateurs « professionnel ou simple curieux », un véritable outil de travail, qui constitue également un voyage « dans les nouveaux paysages interactifs de l’Oise. » 

La réelle dimension artistique

Cartelie offre en outre une qualité visuelle de cartographie étonnante et sans cesse renouvelée, qui reste dans la rétine une fois l’ouvrage refermé. Au de-la de sa qualité d’information, le choix des couleurs et du design confère une réelle dimension d’art qui inspire déjà beaucoup les graphistes toujours en recherche de nouvelles perceptions de l’espace et d’art visuel.  

 

Voici quelques exemples de cartes de détail de parcelles au  caractère intimiste ou du département de l'Oise à plus forte puissance pour vous montrer la richesse visuelle du traitement de milliers d’informations provenant de multiples sources d’acteurs majeurs en matière d’aménagement territorial. Le chiffre qui suit l’énoncé de la carte indique la page. 

 

Dpt Oise, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 105

 

. L’espace agricole en jaune, vert, rouge et blanc pour l’urbanisation  (36)

. Détail des îlots agricoles (46)

. Aptitude des sols autour de Bonvilliers (54)

. Différence d’aptitudes des sols autour de Beauvais (55)

. Aptitude culturale des sols selon l’INRA (57)

 

Dpt Oise, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 122

 

. Atlas départemental des risques majeurs (105)

. Risque Inondations par remontées de nappe (114)

. Risque « cavités souterraines » (122)

. Atlas de zones de ruissellement (142)

. Les contraintes environnementales (207)

    Dpt Oise, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 142

Le risque et la beauté

Les cartes représentent une réalité spécifique de façon à mieux identifier le critère qui fait l’objet de la création de la carte, que ce soit de choisir les meilleures terres où faire pousser le blé, repérer les zones non-constructibles, identifier visuellement chacun des principaux risques… Leur séduction visuelle est indépendante du thème traité, même si le végétal est  toujours préférentiellement traité en vert. Le rouge pourra aussi bien être choisi pour montrer des terres très fertiles que pour visualiser la densité du paiement de la taxe locale  d’équipement.   

Pour suivre le chemin

. Voir les cartes dans l’ouvrage   « Le millefeuille de Dpt Oise, détail, Cartélie, Le millefeuille de l'Oise, p 54l’Oise ou comment utiliser la cartographie interactive pour mieux comprendre un territoire », Direction départementale du département de l’Oise, Alain De Meyère, France Poulain, avec une préface de Nicolas Desforges, Préfet de l’Oise, Paris, Direction départementale des territoires, 2010 - 232 p., plans

.Selon les propos du préfet, cet ouvrage portant sur « un système d’information géographique  directement accessible par Internet à tout un chacun » a pour enjeu non « seulement la connaissance mais sa diffusion et son partage par le plus grand nombre. »

  

. Voir sur ce blog "La beauté des cartes >  Le port d'Anvers " La beauté des cartes > Le port d'Anvers > Belgique

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 17:55

Ce sont des informations qui sortent quasiment en même temps:

. l’une sous forme d’un article d’Ouest-France accompagné d’une photo classique d’une plage verdie par les algues vertes,

. l'autre d'un article antérieur plus complet du Monde avec une photo impressionnante vue du ciel de la baie de Douarnenez, 

. une autre photo du même site  que vous retrouvez sur le site du Monde,

. le communiqué de presse du Centre d’Ecologie et de l’Environnement d’Edimbourg, au Royaume-Uni d’où est tirée la première partie de l’article du Monde.

Baie de Douarnenez, le Monde 14.04.2011

L’article d’Ouest-France Finistère "Les algues vertes prolifèrent déjà sur le littoral"

Son auteur commence par citer le CEVA – Centre d’Exploitation et de Valorisation des Algues- qui survole quatre fois par le littoral breton afin de mesurer l’étendue de la pollution à l’azote. Pour Sylvain Ballu, le chercheur interrogé, le constat est sans appel : la surface atteinte sera supérieure aux années passées. Jean-Yves Piriou  de l’Ifremer confirme: la chaleur fait littéralement exploser la prolifération des algues.  dues à un usage démesuré en agriculture des composés azotés que sont les nitrates pour enrichir les sols.  

 

Parmi les zones plus particulièrement touchées, les célèbres baies de Douarnenez et de Concarneau. Les réactions face à cette situation sont intéressantes à rapprocher: selon le secrétariat de la commauté de communes du Pays de Douarnenz, les algues vertes sont arrivées plage du Ris,, alors que pourle vice-président de la Chambre d’Agriculture, il n’y en a pas à cet endroit et il en profite pour se moquer de ceux « qui voient mal ».  

La banalisation par le nettoyage des plages et l’ode au circuit court

L’intéressant aussi est que désormais, on n’attend plus pour agir sur les plages. Le nettoyage a déjà ainsi commencé à Fouesnant où 100 m3 ont été  ramassées, sur une plage de 1,5km sur les 14 que compte la commune. Cette masse sera ensuite transformée en compost qui pourra à nouveau être utilisé par les agriculteurs, au lieu d’épandre sur le sol des engrais azotés. Cela se passe déjà ainsi en baie de Dournenez avec du compost issu du ramassage. On ne peut concevoir de circuit plus court, c’est que sous-entend l’article mais sans l’écrire. 

 

Comme le note Jean-Yves Piriou, la pollution visible sur les plages n’est pas seule en cause. De très grosses quantités d’algues « qui forment un rideau », sont également présentes « sous l’eau et au large », sans avoir été mesurées et sans que leurs effets aient été étudiés. En attendant, le premier des cinq plans financés par l’Etat pour limiter les rejets d’azote vers la mer va entrer en vigueur en 2012. Il sera aussi question de réfléchir à « l’évolution des pratiques agricoles ». Cette année là, une usine de compostage sera implantée à Concarneau. 

La conférence internationale d’Edimbourg sur l’azote et le changement 

Un article du Monde reprenait les conclusions du communiqué de presse de la conférence internationale « Azote et Changement global » qui s’était tenue à Edimbourg en Ecosse à l’initiative du Centre d’Ecologie et d’Hydrologie, sous les auspices de la Commission européenne.  

 

Au bout de 5 ans d’étude, l’ENA (EuropeanNitrogenAssesment), la première évaluation européenne pour l’azote menée par 200 experts de 21 pays et 89 organisations, est sans appel : 

. la pollution est globale et touche « l’air, les sols et les eaux »,

. le coût de la pollution en Europe et par personne varie entre 150 et 740E par personne et par an,

. soit au total entre 70 et 320 milliards d’Euros, plus du double des bénéfices dus à l’usage de l’azote dans l’agriculture européenne. 

 

Plus précisément, 10 millions de personnes boivent de l’eau contaminé pour dépassement du seuil d’azote. Les algues toxiques prolifèrent du fait des nitrates en formant « des zones biologiquement mortes en mer » en Mer du Nord, dans l’Adriatique et en Baltique et le long des côtes bretonnes. L’air pollué du fait de la diffusion particulaire azotée pour trois causes, l’agriculture, l’industrie et la circulation réduite la durée de vie de plusieurs mois en Europe centrale. En forêt, la biodiversité s’est réduite de plus de 10% sur les 2/3 d’Europe à cause des dépôts atmosphériques d’azote.  

 

Deux types de solution

Ils sont à envisager en même temps :

. « une utilisation plus efficace des engrais minéraux et organiques tels que les fumiers, lisiers et composts

. et des choix alimentaires visant à une consommation modérée de viande ».

Le coût de la réduction de cette pollution globale sera compensé par les bénéfices financiers de la maîtrise des problèmes dus à l’azote.   

Baie de Douarnenez, le Monde 14.04.2011

L’article du Monde   "Pollution à l'azote: une lourde facture pour l'Europe"

Il apporte des précisions supplémentaires intéressantes dans sa seconde partie, en en particulier sur la pollution de l’air par l’ammoniac. Sont concernées par des taux trop élevés, « la Bretagne et le nord de la France, la Plaine du Pô en Italie, le sud de l’Allemagne, le centre de la Grande-Bretagne, une partie du Danemark » toutes qualifiées de « régions à cultures et élevages intensifs ». 

L’interview de Pascal Cellier

Le seul scientifique français, présent dans la commission travaillant sur les effets sur le paysage, Pascal Cellier de l’Inra  a été interviewé pour le Monde par Laetitia Von Eeckhout. Celui-ci estime qu’il est temps de valoriser les effluents d’élevage comme des fertilisants organiques pour des cultures végétales, en ne les considérant plus seulement comme des déchets. Une condition complémentaire indispensable à remplir en Europe est de se re-positionner sur la poly-culture, pour diminuer le poids de l’élevage, sans que cette dernière partie de phrase soit écrite en toutes lettres. 

 

Encore faudrait-il, et c’est une précision de Pascal Ferey, le responsable « Environnement » de la FDSEA, toujours dans le Monde, que la réglementation européennes soit cohérente et ne favorise plus l’usage de l’azote chimique (maximum 200kg d’azote/hectare) au détriment de l’azote organique (170kg/ha). 

Trois mesures complémentaires

Sont requises,

. le « recours à des véhicules propres »,

. « la fin de longs trajets en voiture »

. et « la consommation raisonnée de viande » pour éviter d’avoir à parler de diminution de la consommation.

 Baie de Douarnenez, le Monde 14.04.2011

 

Les photos

La première présentation est celle qui a déclenché le billet que vous venez de lire. Elle est tout à fait remarquable. Prise d’avion, elle survole le littoral en baie de Douarnenez. On découvre comme des dents blanches d’une mer  verte qui menacent les maisons construites sur la falaise en dessous. On imagine des écoulements d’eau qui se fraient un chemin dans un tapis d’algues vertes sur un fond de blancheur au dessus. Le détail délicat de cette arborescence fait penser à ces estampes japonaises si troublantes.  

 

Arrive maintenant une autre photo telle qu’elle est reproduite dans le site du monde.fr. Elle est prise cette fois-ci au dessus de la mer, en regardant vers la terre. On comprend très bien où se trouve le point d’émission de la pollution au pied de la falaise. Il ne s’agit pas de dents, mais d’écoulements des eaux à marée descendante allant vers le blanc de la plage puis vers la mer.

 

En résumé

Quand un journal local traite de la question de la pollution du système par les rejets d’élevages, un sujet éminemment sensible au niveau politique, il prend soin de faire parler des scientifiques attachés à des institutions à la renommée incontestable, le CEVA et l’IFREMER. Il montre en photo seulement la prolifération des algues sur la plage, ce qui revient à ne montrer que la partie visible d’un iceberg de pollution, que l’ENA a désigné sous la dénomination du « Changement global ». Enfin il termine son article sur la construction à venir des entreprises de compostage créatrices d’emplois que va payer l’Etat. La réflexion sur un plan global visant à réduire, dés le départ, la quantité de rejets azotés, est repoussée à 2012, une année électorale, alors que les voies dans lesquelles il convient de s’engager sont déjà connues. L’Europe, grand contributeur financier en la matière, n’est pas citée.  

 

Quand un journal national reprend l’essentiel d’un communiqué de presse d’une Commission d’études d’experts européens,  sa démarche est différente. Cette fois-ci l’information vise la pollution globale d’une grande partie des régions désignées de pays européens. Le préjudice est chiffré et les remèdes également, dont le coût sera supporté par l’Europe. Le titre de l’article d’ailleurs est parlant : « Pollution à l’ozone : une lourde facture pour l’Europe ». Par contre en seconde partie, ne sont plus cités que des experts français. Un autre chercheur de l’INRA explique que  « le choix a été fait en Europe d’une certaine spécialisation régionale alors qu’une polyculture associée à de l’élevage permettrait une meilleure gestion de l’azote. » Cette fois-ci l’élevage intensif est directement visé mais d’une façon indirecte. Quant au représentant de la FNSEA, il met l’accent sur ce qui est une incohérence réglementaire. La note finale du communiqué de presse avait pris grand soin de dire que les propos des scientifiques n'engageaient qu'eux-même. 

 

En point commun, on croit comprendre que la question des effluents de l'élevage et de la culture intensifs est un sujet particulièrement sensible.      

 

Pour suivre le chemin

. Photo Maisonneuve/Sipa

<style type="text/css" media="all">@import url(http://medias.lemonde.fr/mmpub/css/blog.css);</style>

<div class="bl-lien"><a href="http://www.lemonde.fr/planete/portfolio/2007/08/06/nature-et-environnement_936689_3244.html" target="_blank">Nature et environnement </a><br />LEMONDE.FR | 06.08.07<br />

<div align="right">&copy; <a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank"><img src="http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemondefr_trpet.gif" border="0" height="13" width="67" align="absmiddle" alt="Le Monde.fr" title="Le Monde.fr"></a></div></div>

 

Pour une bonne qualité des couleurs et par respect pour le travail du photographe, je vous conseille de vous rendre sur le site du Monde, la Ière photo ici présentée est tirée de la photo du Monde et la seconde est une capture d'écran.  

 

. Conférence d’Ecologie et d’Hydrologie d’Edimbourg, Royaume-Uni du 11 au 14 avril 2011, sous le titre « Nitrogen and Global Change » sur  http://www.nitrogen2011.org/topics_themes  

. Retrouver le communiqué de presse du CEH sur

http://www.lepetitsitesante.fr/actualites/CP/110411_exces_azote_economie_environnement.pdf

 . Sur un thème similaire, voir un de mes billets précédents: La pollution de la Loire = un phénomène globallisime = la glopollution

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 12:28

Cette fois-ci, il ne s’agit plus de vous parler de l’entre-deux. Un concept que l’on comprend bien en France, quand on est un ni-ni - ni tout à fait çi, ni tout à fait ça - une conséquence de  notre manie à tout vouloir ranger dans des petites cases. C’est une façon très facile, trop certainement, de faire en sorte que le monde soit en ordre : il n’y a pas de place pour le changement.  

Les trois paysages

Le jeu se décline à trois cette fois-ci en prenant les mutations du paysage comme exemple de changement qui déborde des cases. Nous sommes sur le territoire de Beaucouzé, une petite ville de 5 000 habitants  en périphérie ouest d’Angers en Maine et Loire. 

Beaucouzé, paysage champêtre

La forêt

A gauche, se trouve la forêt du Parc Saint-Nicolas, Beaucouzé, coulemellequi s’étend sur plus de 110  hectares sur trois communes, Angers, Avrillé et Beaucouzé. Il est un des trésors historiques et de la bio-diversité  tout autant qu’une des composantes structurantes importantes Beaucouzé, paysage champêtre, vergers INRAde l'agglomération d’Angers. Une rectification de frontières a été négociée entre Angers et Beaucouzé, de façon à permettre à Angers d’acquérir le fond du lac Saint-Nicolas. Le paysage est celui que l’on découvre quand on sort du bois sur la petite route qui relie la zone économique de Beaucouzé, en passant devant les vergers de l’INRA situés au Bois L’Abbé, jusqu’à la Borderie. 

La campagne en face

Devant, se situe un paysage de champs qui a été profondément modifié au cours des dernières décades. Le paysage est actuellement en prairie, à l'exception d'une grande parcelle labourée. La retenue d’eau existante a été agrandie pour recueillir les eaux de ruissellement  en provenance des nouvelles voies d’accès construites pour rejoindre le nouvel ensemble commercial en entrée d’agglomération. Le terrain est très argileux, la couverture de terre peu profonde. Un grand pressoir à pommes atteste de la présence de vergers, il n’y a pas si longtemps. En allant vers la gauche, vers Angers, on va d’ailleurs rencontrer les vergers de l’INRA essentiellement sur la gauche, en bordure du bois. De l’autre côté de la route, les rangées sont peu nombreuses.

Beaucouzé, paysage champêtre, pressoir 

Dans le fond, droit devant soi, le chantier d’Atoll   

La présence de l’autoroute, se signale, avant de la voir, par un bruit continu sourd en ruban. Il est une composante intégrante du paysage, tout comme maintenant, un énorme chantier en construction, avec de grandes grues que l’on aperçoit sans que l’on puisse deviner l’ampleur des travaux ou le nombre de grues du nouveau centre commercial Atoll, une construction du groupe de Phalsbourg.

  

En résumé

Au sortir d'un bois de belles dimensions, qui fait le lien entre la pleine ville du cœur d’Angers et une campagne, mi-vergers mi-prairies sans affectation particulière, se perçoit maintenant une nouvelle implantation commerciale de fortes dimensions pour une zone fragile. 

 Beaucouzé, paysage champêtre  

 

Pour suivre le chemin

. Pour avoir quelques infos sur ce nouveau complexe commercial, situé dans ce qui était encore une campagne proche de la ville, sans mitage et sans grande « typicité », comme en dit dans le vin. Sa date d’ouverture est prévue en 2012 :  

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Atoll

 

. Une bonne analyse du concept d’Atoll sur http://www.cyberarchi.com/actus&dossiers/bureaux_commerces/index.php?dossier=64&article=11714

. Quelques chiffres : 24 ha d’implantation, 71 000m2 d’installations, 55 magasins pour l’instant. Les deux architectes sont Antonio Virga et Vincent Pareirra, qui ne sont pas associés mais qui travaillent souvent ensemble depuis 8 ans.

 

La "nature" sera intégré aux bâtiments avec la végétalisation des espaces, la récupération

 des eaux de pluie, l'implantation de panneaux solaires et aussi et surtout une réflexion sur la relation avec l'espace à construire avec les habitants, les utilisateurs et les visiteurs. Une nouvelle forme de participation aux affaires de la cité, en particulier les entrées de ville, avec cette fois-ci non pas les collectivités, mais avec des grands groupes comme la Compagnie de Phalsbourg.

 

. Sur la Compagnie de Phalsbourg, voir http://www.compagniedephalsbourg.com/

22, Place Vendôme, 75 000 Paris, 01 53 96 50 50, cmassonnet@compagniedephalsbourg.com

. Photos EP

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Développement durable
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