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En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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Nature & Co

Mercredi 5 juin 2013 3 05 /06 /Juin /2013 17:46

Pourquoi n’y a-t-il quasiment que des femmes jeunes et jolies couchées dans l’herbe en pleine lumière d’été, comme si ce n’était que la seule saison pour elles de sortir les bras nus et en short, comme si les hommes de toutes sortes n’avaient pas besoin eux aussi de se reposer entre deux tâches, surtout que l’herbe d’été est très allergisante sans parler de tous les petits insectes qui adorent votre peau sucrée ?

 

Faites le test et cherchez dans Google Images les photos de femmes couchées ou allongées dans l’herbe et vous trouverez d’abord des femmes nues allongées, sans que l’herbe intéresse quiconque. En cherchant bien, on trouve une jeune paysanne endormie dans l’herbe au cours des moissons, écrasée de fatigue dans la pleine chaleur de l’été, dans sa longue robe de toile. C’est une huile de Vincent van Gogh, détenue par le Musée d’Amsterdam. 

Femme couchée dans l'herbe, La Sarthe, Créateur de Rêves 2011

La publicité, quant à elle, ne s’y trompe pas. Elle aime coucher les jeunes femmes partout, à commencer dans l’herbe voici quelques années et puis maintenant partout dans des canapés parfois posés dans l’herbe, sur un tapis, sur les marches d’un escalier, dans la rue, comme une fleur de bitume la nuit, les pauvres chéries !

Voici quatre d’entre elles qui ont en commun d’avoir été choisies pour figurer dans des visuels de publicités territoriales extraites de magazines d’une ville (Rouen) ou de départements (Sarthe et Maine et Loire). Les publicités de la Sarthe et de Rouen présentent des jeunes femmes couchées dans l’herbe, ainsi que la troisième qui a été choisie pour representer le développement durable. Pour la dernière, celle du Maine et Loire, il y a bien une jeune femme dehors, de l’herbe mais … Suspense.

Femme couchée dans l'herbe, Rouen, Almanach Jardins 2013 

La Sarthe, Créateur de Rêves. C’est le nom de l’affiche conçue par Sarthe Développement pour inciter les touristes français et étrangers à venir « rêver » en Sarthe. La jeune femme rêve allongée dans l’herbe les yeux fermés, les lèvres légèrement ouvertes. L’impression est toute de douceur pour « rêver à deux, en famille, entre amis… »

Almanach est le titre deux fois écrit, une fois à l’endroit, une fois à l’envers, choisi par Rouen pour l’édition 2013 de sa plaquette consacrée aux « jardins, mois après mois » qui vous  informe sur les parcs et jardins, les sentiers de promenades…La jeune femme cette fois-ci est placée en haut, son visage à l’envers, dans une prairie fleurie de boutons d’or. Elle a les yeux grands ouverts et sourit franchement en vous regardant si vous tournez la plaquette.

Femme-Prairie-Couv.-Guide 2009-DD2

Le troisième exemple préfère la simplicité pour vanter le charme du développement durable dans un guide de 2009. On ne voit pas trop le lien si ce n'est de montrer que la nature peut garder son air sympa, avec une jolie fille naturelle qui s'endort au soleil en toute confiance, comme une belle plante a besoin de ses rayons pour s'épanouir pleinement...La composition est très réussie. La jeune femme dort, le bras gauche sous la tête et la main droite sur son plexus, en signe de calme. Elle porte un t'shirt avec le logo recyclable, qui ressort d'autant mieux sur l'herbe sans fleurette.  

Femme, Herbe sur le tête, Conseil général 49, Fête du Vélo, 23.06.2013 

La Fête du Vélo du 23 juin 2013 en Anjou a sorti le grand braquet, pour dire que le Conseil général de Maine et Loire  a fait preuve d’une joyeuse originalité. La jeune femme sélectionnée porte cette fois-ci sur son casque de cycliste rouge assorti à son rouge à lèvres, une grande prairie sillonnée par des cyclistes avec un château dans le fond et des papillons et deux montgolfières dans le ciel, avec en guise de ruban des pampres de vigne s’échappant du casque. Elle n’est pas allongée. Elle a les yeux grands ouverts, le sourire d’un éclat de rire. Elle lève les yeux au ciel, sans chercher à établir le contact avec le lecteur. Elle est très séduisante tant elle pétille de joie de vivre dans ce visuel franchement réussi. Cette fois-ci, c'est elle qui porte l'herbe  sur la tête.  

Quant à la détente, la relation avec la femme couchée n'est même pas ambigüe. On comprend vite qu'il s'agit moins de sa détente à elle, que  celle d'un promeneur du genre masculin qui se promènerait là par hasard et qui découvrirait, endormie à ses pieds, une belle fleur endormie prête à être cueillie sans souci, comme une fleur de coquelicot, surtout si elle lui fait de l'oeil...Ronsard, lui, était d'un autre niveau. Il proposait d'aller cueillir la rose. C'est autre chose.  C'est bien pourquoi, le visuel que je préfère est décidément celui de la cycliste tonique qui porte le monde sur sa tête...Reste qu'il est quand même étonnant de  vouloir à notre époque encore attirer avec une femme couchée. En matière de pub, de bonne pub, on sait faire tellement mieux!   

Pour suivre le chemin

. Le visuel sur la Sarthe forme la page 3  de couverture du magazine de la Vallée du Loir, n° 4,2011, voir www.tourisme-en-sarthe.com

. Celui de Rouen Magazine, n° 397, 29.05.2013 est située en page 4 de couverture.

. Tout comme le Hors-Série du Mensuel de Maine et Loire de juin 2013, « Echappées belles en Anjou », à découvrir sur www.cg49.fr

. Photos Elisabeth Poulain, à partir des documents.            

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
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Mardi 4 juin 2013 2 04 /06 /Juin /2013 18:30

C’était une fin d’après-midi, après une journée passée dehors à aller et venir, où le vent avait soufflé, sous des des nuages qui filaient, mais heureusement sans pluie. Une journée très active, fatigante où le corps et l’esprit aspirent au repos, sur la route des plateaux de l’Eure, en rentrant vers Rouen.

Sur la route de Gaillon-Blé-1-Eure-Normandie

A la croisée d’un chemin, nous avons surpris face à nous  un grand champ de blé vert en pleine vigueur dont la couleur était magnifiée par un ciel chahuté, où trainaient des nuages qui voilaient la lumière descendante.

Sur la route de Gaillon-Blé-2-Eure-Normandie

En quelques instants très courts, le paysage a changé sous nos yeux. Les photos prises en continue que je vous présente témoignent de cette rencontre marquée par la soudaineté du changement du ciel et l’immuabilité du champ sans limites et sans poteaux, à droite comme à gauche face à nous, avec comme limites parallèles le bois dans le fond et la route par devant.

Sur la route de Gaillon-Blé-3-Eure-Normandie

La Normandie de ce département de l’Eure offre à la vue ces immenses et fascinants paysages de grande culture ouverts à la vue. La découverte de la vigueur du blé tendre  en pleine pousse, sans avoir encore atteint sa taille optimale ni obtenu sa couleur de maturité a été d’une telle force que nous nous sommes arrêtées, sous le charme.

Sur la route de Gaillon-Blé-4-Eure-Normandie

Sans quitter la voiture, nous avons pris nos photos devant, à droite, à gauche…et nous sommes reparties fascinées par la puissance tranquille de cette immense parcelle, sans limite autre que le bois dans le fond et la route par devant, et la richesse végétale que représente un tel potentiel dans la terre si riche de la Normandie.

Pour suivre le chemin

. Allez dans le département l’Eure au printemps et sillonnez les routes vallonnées de cette campagne normande sur cette rive gauche de la Seine.

. Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album "Paysages". Elles n'ont subies aucune retouche. D'autres photos sont à voir sur ce blog sur ce double thème du paysages pendant un transport: Photos > Paysages routiers de la Vallée de l'Eure > Le Givre       Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 17:41

Ce qu’est un mini-jardin de rue. C’est  un petit, très petit ou pas petit du tout espace planté sur l’espace public de la ville ou à un endroit au sol dont on ne sait pas qui en est propriétaire (cas d’ « un délaissé administratif » par exemple). C’est un vrai jardin mais d’un type un peu spécial. Il supporte beaucoup de contraintes supplémentaires. Il est vrai que le jardinage a toujours un côté aléatoire, le mini-jardin de rue encore plus, car il est planté dans la rue, sur le trottoir, entre bitume et mur.

Mini-Jardin de Rue, Fleur jaune commune 

Retombée d’expérience : Quand on me demande quelles plantes j’utilise dans les mini-jardins de rue dont je m’occupe, j’ai toujours un peu de mal à répondre. Une bonne raison à cela est que je mets en terre toutes les plantes qui sont données. Si je dois absolument répondre, je dis des plantes au plus près de l’état de nature et de la rusticité. Traduisez par peu exigeantes et qui sont braves : elles vont résister à des situations parfois difficiles en termes de chaleur de bitume proche ou de mur réfléchisseur, de passage ou d’animaux... Elles vont en plus avoir très peu d’eau de ma part et vont devoir s’adapter vite et bien.  Mini-Jardin de Rue, Gaultheria

Le mini-jardin de rue et le jardinier. La vraie particularité d’un mini-jardin de rue vient du lien entre la non-propriété du sol, le jardin planté et le jardinier.  Tout jardin a toujours un jardinier. Par contre l’inverse n’est pas vrai. Le jardinier peut ne pas avoir de titre de légitimité sur ce jardin, autre que d’être celle ou celui qui s’en occupe. Est jardinier celui qui jardine cet espace avec de la terre, qualifié de jardin, même s’il n’en a ni les caractéristiques au sol, ni la légitimité juridique (propriété ou location selon des formes variées), ni de lien direct avec le sol.

On peut jardiner dans des pots de fleurs, dans des casseroles émaillées, quand on est pauvre ou qu’on sort de la guerre, ou en voyage, dans des pots de yaourt  ou des fonds de bouteille plastique… En sachant quand même que plus il y a de distance avec le sol et de frontière avec la terre même pauvre, plus ce sera contraignant et moins le mini-jardin de rue pourra s’auto-adapter et se protéger.  

Retombée d’expérience : Le mini-jardin de rue est situé dans la rue. Commencez à chercher un tout petit coin de terre sans bitume, semez une graine, arrosez d’un demi-verre d’eau et surveillez…Il n’y a pas de limite minimale. Dans un espace de 5 cm sur 5cm, une plante peut pousser, à condition de ne pas gêner et de s’intégrer dans le paysage. Après tout, vous ne faites conciemment que ce fait l'oiseau inconsciemment.  

Mini-Jardin de Rue, Achillée 

La hiérarchie des acteurs privés. C’est là où ça devient joli parce que c’est compliqué. Le plus important dans un mini-jardin de rue, ce n’est pas le végétal ; ce sont les gens, à commencer par le jardinier mais pas seulement. Le passant est au moins aussi important, tout comme ceux qui habitent dans le coin. Chacun a son rôle. Ce sont les acteurs premiers, le jardinier parce qu’il jardine, le passant parce qu’il passe devant, en s’y intéressant ou pas, l’habitant parce qu’il habite près ou pas, là aussi avec une entière liberté. Ces acteurs de rang 1 à implication variable partagent en commun l’entière liberté de faire ou pas. C’est une différence très importante d’avec le système américain où l’habitant d’une rue ou le participant d’une communauté a une obligation morale très réelle de partager l’obligation d’entretien des espaces communs quand il n’est pas dans une grande ville. Pas question par exemple d’envoyer son jardinier particulier payé faire le boulot à sa place le samedi matin.  

Retombée d’expérience: un mini-jardin de rue ne peut se concevoir sans les gens. J’emploie volontairement ce terme de préférence à celui d’habitant beaucoup trop restrictif. On peut aussi créer des jardins éphémères le temps d’un séjour dans un lieu, à condition d’avoir une empreinte la plus légère possible. Si votre démarche est repérée par une autre personne, libre à elle de partager et/ou poursuivre l’aventure.

« Sans les gens » signifie aussi qu’on ne jardine jamais contre les gens. Il y a plusieurs conséquences à cette règle, 1- toujours répondre aux questions, 2- expliquer ce que vous faites et 3- accepter avec plaisir les plantes données et proposer aux gens de les planter eux-mêmes, s’ils le veulent. Par une présence persévérante et aimable, il s’agit de s’inscrire dans le paysage urbain. Les gens s’habituent ainsi à vous voir jardiner à genoux près de votre vélo. C’est à la fois un moyen de transport de vos outils et des plantes que vous apportez, qu’un moyen d’avertir les passants que vous jardinez et un moyen de repérage pour les autres. « Ah oui, vous êtes la dame qui venez-vous occuper des mini-jardins de rue ! »  Des recommandations inutiles si le mini-jardin de rue est devant chez vous…

Il y a encore une autre catégorie de personnes qu’il faut citer, ce sont ceux qui donnent des plantes. Il existe plusieurs façons de faire. Certains s’adressent à vous directement avec cette question « est-ce que vous voulez des plantes », d’autres les apportent en les dissimulant un peu dans les plantes au sol …Certains les placent directement en terre, en vous laissant un petit mot pour dire que « si l’emplacement ne vous plaît pas, vous pouvez le déplacer », ce que je ne fais jamais. 

Mini-Jardin de Rue, Myosotis

Le rôle de la collectivité.  Il est primordial surtout en France où la séparation entre le domaine public géré par la collectivité publique et le domaine privé géré par les personnes privées est juridiquement forte. La distinction mentale est si prégnante qu’elle projette une fausse réalité : la personne publique fait tout dans l’espace public, la personne privée tout dans son espace privatif. Or cette vision n’est pas correcte. En cas de neige par exemple, on doit balayer le trottoir devant sa porte. Par ailleurs, on ne peut pas planter par exemple des arbres trop près de chez son voisin. Actuellement se développent sous des formes diverses et variées des actions légères de personnes privées sur le domaine public, avec l’accord express de celle-ci ou sa tacite bienveillance, tout en respectant des règles évidentes de bon sens en plus de  celles posées par la collectivité.

Retombée d’expérience : une bonne façon de s’engager dans le mini-jardinage de rue est de téléphoner à votre collectivité pour savoir comment cela se passe. Les communes sont de plus en plus ouvertes à ce type d’action qui, en France, s’appuie sur des usages anciens informels comme en Alsace, dans le Nord, en Bretagne… encouragés depuis les années 1960 par les mairies dans les sites touristiques du littoral. C’est maintenant aussi le cas partout en France, dans les pays membres de l’Union européenne mais pas seulement, dès lors que la société a acquis un niveau minimum d’aisance matérielle. 

Mini-Jardin de Rue, Pissenlit Le choix de l’implantation du mini-jardin de rue. Il se fait soit naturellement parce que c’est devant chez vous et/ou au sens où la nature décide pour vous, ou s’impose de soi-même après rejet des endroits impossibles ou non favorables. Citons les passages très resserrés, devant des compteurs, là où se garent des voitures… La question du bitume est toujours à prendre en compte. Il est presque toujours nécessaire de défoncer le bitume pour l’aménagement d’un mini-jardin de rue. Il est évident qu’il est nécessaire de demander l’autorisation tout à fait officiellement à la collectivité qui est amené souvent à rejeter la demande en raison de l’existence de réseaux souterrains  dans le sous-sol. Le choix du site est fondamental car il pose la question de la prise de responsabilité du mini-jardin de rue. On s’attend à ce que soit la personne qui habite derrière la clôture. Et si ce n’est pas le cas, il faut qu’il y ait une raison. C’est ce qui explique la difficulté à implanter des MJR au pied des immeubles en centre-ville…L’autre raison porte sur l’arrosage léger, qui est quasiment toujours nécessaire pour permettre aux plantes de subsister l’été dans des conditions difficiles. 

Retombée d’expérience. Mieux vaut un petit mini-jardin de rue devant chez soi qu’un grand mini-jardin de rue plus loin. Quant à en aménager un devant le logement d’un autre, c’est tout à fait à déconseiller. Par contre le faire avec l’accord express de la personne concernée,  en vérifiant que cela lui fait vraiment plaisir, c’est autre chose. C’est le cas de personnes âgées par exemple. Il faudra toujours faire plus ou autrement que ce que vous serez amené à faire pour vous devant chez vous. Pour cela, il suffit de demander à la personne. Dans le cas que j’ai en tête, je sais que je ne dois pas mettre un certain type de plantes que la dame n’aime pas, ni laisser pousser un arbuste au-dessus d’un certain niveau. C’est bon et c’est tout.

Mini-Jardin de Rue, Violette 

La présence végétale ? Du vert oui, sans restriction ! Des fleurs, avec beaucoup, beaucoup de modération. C’est la façon la plus courte pour résumer le non-choix qui s’impose au jardinier de rue. Les potées fleuries, surtout celles comportant des tiges qui pourraient ensuite faire un bouquet sont à utiliser avec beaucoup de prudence à cause "des mains qui trainent à hauteur de fleur", sauf cas très particulier bien sûr. Il vaut mieux jouer sur les vivaces, les petits et moyens arbustes en essayant de donner une spécificité différenciée à chaque plate-bande, quand il y en a plusieurs proches. Mais évidemment, ce n’est pas toujours facile ni durable. En fait la plante qui est pourtant à la base d’un jardin reste un élément fondamental d’un mini-jardin de rue, qui explique qu’il y a bien un jardinier et pourtant la plante n’est pas prioritaire. L’important est de faire reverdir le bitume dans la situation la plus adaptée au site en phase avec les gens. Tout dépend du style du mini-jardin de rue et de l’endroit où il est situé. On entre là dans un nouvel aspect qui relève d’un nouveau domaine de compétences, tout empreint de transversalité, qui est de s’adapter à l’environnement humain de l’endroit, le végétal gardant toute sa légitimité irremplaçable, mais avec quelque chose en plus.

Retombée d’expérience. On ne plante plus comme en 1960, en faisant de la mosaïculture le fleuron du massif urbain chic. Aujourd’hui, on ne jardine pas non plus de la même façon selon qu’on intervient dans une rue passante liée au travail ou aux courses alimentaires sans grande identité, dans une petite rue cachée très appréciée  de ceux qui y habitent ou aux abords d’un lieu dédié à la promenade dans « une  nature qui a gardé beaucoup de naturel ».  

Mini-Jardin de Rue, Kerria 

La psycho-sociologie végétale en milieu urbain. Ce nouveau type de connaissance place la transversalité au cœur du processus de développement de la ville et des rapports entre les gens. Le media rassembleur est dans mon exemple  l’aménagement et l’entretien de mini-jardins de rue réalisée par les gens, avec les gens et pour les gens. Un des objectifs est de rendre la rue plus sympa, avec des gens qui marchent ou jardinent en échangeant quelques mots entre eux, en donnant ou entretenant des plantes. Ils se parlent un petit peu, se sourient, parlent de jardinage ou du temps…

Des réalités très limitées en somme mais comme ils sont précieux ces quelques mots, qui seront parfois les seuls échangés dans une journée pour certaines personnes âgées. Voir la société d’en bas, à quatre pattes sur un trottoir en train de gratter la terre est aussi une des façons de comprendre la société dans ses aspects les plus divers, très gratifiants parfois, très surprenants aussi.  Comme ces gens qui ne vous voient littéralement pas, parce que vous êtes un travailleur manuel à terre…ou qui vous demandent d’un air hyper-snob « si vous êtes habilitée à  planter des potées fleuries dans les plates-bandes », comme si vous faisiez tâche par terre…A ceux-là, il faut aussi savoir répondre avec pertinence et amabilité. C’est ça aussi l’espace public. Avec aussi parfois des moments drôles à piquer un fou rire ou émouvants...

La rue n’est plus seulement constituée par ces deux longs rubans remplis de voitures, avec une alternance de trop de vides et de trop pleins. Le trottoir joue à nouveau son rôle d'un espace public commun qui est de permettre aux marcheurs de marcher, aux gens de se sourire, de se parler, d’échanger pas forcément en étant d'accord d'ailleurs ou de klaxonner légèrement pour vous encourager quand le feu est au rouge…

Mini-Jardin de Rue, Inflorescence jaune 

Pour suivre le chemin

. Lire la série sur les mini-jardins de rue sur ce blog Planter les premiers mini-jardins de rue avec les habitants > Angers      Des nouvelles des mini-jardins de rue d'Ixelles-Bruxelles     Impasse du Sauvage, les premiers mini-jardins de rue de la Doutre, Angers   Ca va grainer > Il faut se hâter de faucher les mini-jardins de rue     Devinette: savez-vous ce qu'est un mini-jardin de rue? (1)   

. Photos Elisabeth Poulain  de petites fleurs de mini-jardins de rue.   

 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
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Samedi 29 décembre 2012 6 29 /12 /Déc /2012 12:08

Entre Rouen et Evreux, comme un joli conte qui ouvre la saison de l’hiver, par une féérie de givre si léger qu’il teinte de blanc le vert de la prairie, le brun clair des peupliers ou celui plus foncé des vieux pommiers, qui fait ressortir les volumes et marquent l’espace. C'est un paysage sans maison, sans mouvement, où tout est blanc. Mon histoire se déroule en photos quand j’ai pris conscience de la présence du givre. Ce duvet blanc de glace qui donne une grande finesse à chaque ligne, à chaque volume.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre01

L’histoire commence par Givre 1, comme une scène de théâtre avec ces différents plans et volumes pour annoncer l’ampleur des grands paysages à venir avec en majesté ces magnifiques peupliers à la ligne élancée en forme de pinceau effilée vers le ciel.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre2, Arbre

Givre 2 donne à admirer l’arbre rond de grande taille le plus proche de la voie rapide.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre3, Pëupliers1

Givre 3 est le premier élément de la trilogie des rideaux de grands peupliers. La photo ouvre la scène.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre4, Pëupliers2

Givre 4 marque le fond du décor, comme pour arrêter le regard ouvert plein champ en vista vision. C’est le moment où la profondeur sera la plus grande au court du trajet.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre5, Pëupliers3

Givre 5 signe l’au-revoir de ces peupliers en majesté, plantés en même temps, en plein vigueur.     

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre6, Talus

Givre 6 marque un temps de pause pour reposer l’œil après tant de largeur et de profondeur de paysage. Voici un talus qui n’a de remarquable que de tracer une séparation franche avec le bleu si clair du ciel.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre7, Clos Pommiers

Givre 7 apporte la touche normande avec un pommier entouré d’une clôture agricole au milieu d’une vaste prairie, comme un clos dans un clos.

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre8, Effet vitesse

L’effet vitesse est rendu par Givre 8 avec cet arbuste proche de la route.  

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre9, Bouquet d'arbres

Un bouquet de feuillus en Givre 9  annonce un changement de paysage. On devine la présence d’une petite route sur la droite de la photo.  

Vallée de l'Eure-Entre Rouen et Evreux, Givre10, Perspective

Givre 10 annonce la fin de la séquence. La voie rapide remonte en coteau. On quitte le fond de la vallée marquée par la présence de l’eau. Il est temps. On arrive. La descente vers Evreux s’annonce.

Cette série de photos témoigne  de  l’arrivée de l’hiver dans la vallée de l’Eure, un affluent de la Seine, sur la RN 154 entre Rouen et Evreux.  Son tracé slalome au fond de la vallée, entre l’affluent de la Seine et la route placée sur la crête du coteau. Le paysage est fait de champs et  d’arbres, avec à chaque instant des particularités qui viennent des arbres, de la taille du champ, d’une cabane… Là tout n’est qu’harmonie végétale, sans personne ni animal.  Le travail de l’homme par contre est toujours présent. En témoignent la terre après la récolte du foin, le pommier protégé par une clôture, l’abri pour un cheval, le labour d’après la fenaison, la séparation franche d’avec les bois nombreux à mi pente avec le haut du coteau...   

Pour suivre le chemin

. Voir la série des clichés dans l’album photos « Paysages » sur ce blog.

. Retrouver un  premier billet sur les « Paysages ferroviaires »    Photos > Paysages ferroviaires > Belgique > Flandres > Sud-Ouest

. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Eure_%28rivi%C3%A8re%29pour avoir quelques informations sur la rivière.

. Photos Elisabeth Poulain

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : Nature & Co
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 11:04

Ces trois photos. Elles ont été prises en hiver, quand les petits arbres n’ont pas encore de feuilles. Seuls leur maigre tronc et leur branchage sont apparents. Le temps est calme, sans vent, ni pluie. Il fait encore frais. La terre n’a pas encore pu se réchauffer. On le voit à ses couleurs éteintes, d’une harmonie « en- dessous », comme intériorisée. Elle retient ses forces et les garde pour l’explosion du printemps, quand elle va se lâcher, à fond.

Paysage de Loire, La Prairie humide, Rive gauche1

L’herbe encore jaune. Elle n’a pas encore eu le temps de reverdir pour se présenter au mieux de sa parure. Elle est en attente.

L’eau très présente. Elle s’est accumulée pendant l’hiver. C’est la période qu’elle préfère. Elle a tous les creux des prairies à sa disposition. Le sous-sol peu profond et rocheux l’empêche de s’infiltrer. Alors elle en profite pour former des lacs d’hiver très appréciés des oiseaux migrateurs restés en Anjou et des oiseaux de mer fuyant les tempêtes littorales. Ces cuvettes, si elles sont peu profondes, ont au contraire la capacité à s’étendre et à occuper des espaces importants, se moquant des clôtures.

Paysage de Loire, Prairie en eau en hiver2, Coutures

Le ciel d’hiver dégagé. Ses couleurs sont douces, avec du bleu déjà, des gris et du blanc, qui ressurgissent au moindre petit nuage. Il en profite pour se dupliquer sur le miroir de l’eau. Il envahit l’univers liquide, ne faisant plus qu’un seul élément.

Entre ciel et terre, l’eau. C’est celle de la pluie, pas celle de la Loire, qui coule puissante en hiver, de l’autre côté de la colline boisée qui gêne l’écoulement des eaux. Pendant ce temps, la prairie devenu lacustre reste au repos, pendant que les vaches sont bien au chaud à l’étable.

Paysage de Loire, Prairie en eau en hiver3, Coutures

Pour suivre le cheminPhotos EP prises entre Saint-Rémy la Varenne, Blaison-Gohier et Coutures (49).La première montre la vue sur la gauche, celle du milieu la vue en face et la 3è la vue à droite.  

 

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  • Bordeaux-2010.05.29 057-copie-1
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