En quelques mots...

Elisabeth Poulain
Elisabeth Poulain est docteur en droit et a longtemps exercé dans l'enseignement supérieur et la recherche sur les questions de commerce, de marketing et d'enjeux internationaux. Auteur de nombreux ouvrages, elle choisit de porter un regard analytique sur le système qui nous environne, en montrant les liens de connexion qui le sous-tendent.

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1001 façons de manger

Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 11:49

 

Ne cherchez pas une Alice de Montpellier comme on a un Henri de France ou un Laurent Tomates, variété de Crimée devantBeauvais de Beauvais. La première était cuisinière dans une grande maison dans le sud de la France, près de Montpellier. Le second était un des rois de France et le dernier cité est charcutier actuellement à Beauvais.

 

-        Pourquoi commencer ainsi ? Vous pourriez faire plus simple, non ?

 

-        Oui, mais ce serait moins drôle. Là, il s’agit de vous montrer le pouvoir des mots, même et surtout en matière de cuisine. Sans le rêve, il n’est pas de cuisine, simplement de l’alimentation et ça, c’est encore autre chose. Quelque chose de plus qu’utile, de carrément vitale même. Ici, en matière de recette, il s’agit plutôt d’entrer dans un univers de la fascination, rien qu’à l’énoncé de ce qu’il faut avoir sous le coude et faire.

 

La recette d’Isabelle

-        Ah voilà déjà que ça se complique. On commence par Alice et on découvre Isabelle.

 

-        Isabelle est la petite fille d’Alice. Elle est aussi une fine cuisinière, comme sa grand mère. Elle a gardé de ses vacances d’enfance dans le Vaucluze dans sa famille maternelle, le goût des recettes pleines de saveur, de chaleur et de tendresse, avec des cuissons longues et des étapes qui commencent parfois la veille, comme celle-ci.

 

La recette 

L’histoire commence effectivement la veille, quand il Tomates, variétés diversesfaut aller au marché pour réunir tous les ingrédients nécessaires et dans le potager pour cueillir les ‘bonnes’ tomates. Des grosses à farcir et d’autres pour entrer dans la farce. Ce qui est bien avec cette recette des vraies tomates farcies, dit Isabelle, « c’est qu’elle est simple, peu coûteuse et facile à réussir ».

 

-        Je me méfie dés lors qu’on dit que c’est pas compliqué, pas cher et pas dur.

   

- Tout est évidemment relatif  car il vous faut quand même 15 composants, sans compter les ustensiles, la poêle, le plat qui va au four et le fait que vous commencez la cuisson des légumes la veille pour être plus tranquille. Quant au coût, comme il y a peu de viande (200 gr. environ pour 4),  et que c’est fait avec des légumes de saison dans la région de production, c’est un plat familial qui revient moins cher que d’autres. 

La ratatouille

Pour faire cette ratatouille, il vous faut, des petites et des grosses tomates (1 et 2), des courgettes (3), des poivrons (4), des aubergines (5) que vous découpez en cube, à l’exception des grosses tomates (1) que vous gardez pour les farcir.

 

-        Petits ou gros, les cubes ?

 

-        Ah la question traître, j’étais sûre d’y avoir droit. Tout dépend de vos habitudes, de la finesse de vos doigts, du coupant de votre couteau et du légume. Les courgettes et aubergines en cubes d’I cm à 1, 5 cm de façon à être encore visibles une fois cuits. Les autres en lanières un peu plus longues et moins larges. Inutile de vous dire – mais je le dis quand même – que les tomates à cuire pour la farce seront épépinées par vos soins, avant la cuisson.     

 

Vous placez le tout à la poêle avec un fond d’huile d’olive (6), avec de l’ail coupé (7) en tout petits morceaux. Vous ajoutez du thym (8) et froissez quelles feuilles de laurier (9).  Et vous laissez mijoter tranquillement à feu doux, pour obtenir un joli fondu, mais pas de la purée quand même. On voit bien la différence à l’œil.

 

-        A quel moment mettre le persil, avant la cuisson ou après ?

 

-        Les deux écoles existent. Isabelle préfère à la fin, parce que du persil mijoté, c’est quand même un peu bizarre !  

La viande

Tomates, variétés diverses, petites jaunes et rougesC’est là que se trouve la révélation du mystère des VRAIES tomates farcies de Montpellier. Vous n’allez pas prendre de la chair à saucisses faites avec de la viande de porc, non pas du tout. Mais de l’agneau (10), du bœuf déjà haché (11) ou un mélange des deux.

 

-        Moi, j’aime bien qu’on me dise exactement ce qu’il faut faire dans une recette.

 

-        Bon d’accord, mais aujourd’hui, c’est un autre jeu que vous propose Isabelle. Elle vote pour l’agneau que vous coupez menu-menu ou que vous passez au mixer. Mais là aussi, le couteau semble préférable. Vous placez à feu doux avec un peu d’huile d’olive dans une poêle. Là encore, il s’agit d’y aller en douceur. L’objectif est d’attendrir la viande, pas de la saisir comme une kamikaze.  

Le mijotage viande + ratatouille

Il se fait le lendemain dés que vous avez fait légèrement cuire la viande d’agneau (ou de bœuf). Vous ajoutez la ratatouille de la veille et vérifiez l’assaisonnement en thym-laurier-ail et persil, avec un peu de chapelure (12) qui va éponger le jus et un peu de parmesan (13) pour lier le tout.

 

-        Et le sel et le poivre ? Vous n’en parlez pas, c’est bizarre.

 

-        Je vous reconnais bien là, œil de lynx. Elle n’en parle pas parce que parce qu’il y a déjà du sel dans le parmesan. Si vous n’envisagez même pas de vous passez de sel, mettez en mais peu, tellement il y a déjà tellement de saveurs. Par contre, une pointe de poivre peut être appréciée (14). A vous de décider. 

 

Le remplissage des grosses tomates (1)

Pendant que le feu mijote doucement, vous évidez les grosses tomates que vous avez réservées et vous les placez, renversées, sur du papier ménager  pour les laisser rendre le trop plein de jus pendant que le mélange mijote. Il s’agit seulement de finir de cuire la viande avec les légumes.

 

Ensuite dans le fond de ces tomates, vous mettez de la biscotte ou de chapelure écrasée au fond et vous remplissez la tomate avec le mélange agneau-légumes méditerranéens. Le tout est placé au four, après avoir pris soin de remettre le chapeau de la tomate avec cette fois-ci, non pas du parmesan, mais du gruyère rapé (16), car il a plus de tenu à la cuisson que le parmesan. Grâce au gratin, les grosses tomates ne s’affaissent pas.

 

-        Combien de temps de cuisson ?

 

-        Ca dépend de la taille des grosses tomates. Comptez une vingtaine de minutes, vous n’oubliez pas que la farce est déjà cuite et qu’il s’agit seulement de cuire la paroi des grosses tomates et de gratiner les couvercles. Le plat se sert chaud et comme dit Isabelle Bigé, qui est l’auteur de cette recette, «   c’est un plat plus tu le cuis, mieux c’est ».    

 

-        Vous n’avez pas donné les proportions précises ? Isabelle Bigé sur les rives de la Maine, Angers

 

-        C’est volontaire, cher-chère lecteur-lectrice. De cette façon, vous utiliserez ce que vous aurez sous la main, avec plus de courgettes et moins de tomates, peu ou pas de poivrons. La recette date d’une époque où on faisait avec ce qu’on avait sous la main. A vous de choisir ; vous aurez ainsi le plaisir de créer votre propre recette de tomates farcies ! Un vrai délice pour la créatrice née que vous êtes. Vive la liberté en cuisine!

     

Pour suivre le chemin

. Plus d’infos sur la tomate sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Tomate

. Voir le précédent billet sur Isabelle Bigé sur ce blog:

Isabelle Bigé ou l'art de nouer des liens  

. Photos EP avec des tomates du jardin potager où Isabelle et son père font pousser leurs différentes variétés de tomates. 2010 peut être qualifiée d’une année à tomates. Tous deux en ont récolté environ 60 kgs. Inutile de vous dire qu’ils ont dégusté et préparé des tomates pour l’hiver de toutes les façons possibles. Leur prochain essai d’une nouvelle recette de tomates : une préparation sucrée-salée canadienne. Yeah !   

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /2010 12:07

Elles sont si mignonnes que j’ai attendu avant de les manger avec beaucoup de douceur, sans en donner à personne. Il faut dire aussi que j’ai été la seule à les voir, ces deux charmantes carottes dont l’une tient l’autre par le cou.

  Carottes, qui s'aiment d'amour tendre

 

-        Une carotte n’a pas de cou.

-        Ah bon ? Et bien celle-ci, si. Regardez bien.

 

Chacune a gardé son individualité. J’ai pu les séparer, après les avoir photographiées, ces si charmantes carottes, qui s’aimaient d’amour tendre...

 

Pour suivre le chemin

. Voir l’article de Wikipedia sur la daucus carota, vous apprendrez des tas de Carottes, qui s'aiment d'amour tendrechoses sur la carotte : son origine ---) elle vient d’Afghanistan, le plus gros producteur ---) la Chine avec 1/3 de la production mondiale, les diverses variétés, le classement par l’Union européenne de la carotte dans les fruits et non pas dans les légumes.

La réglementation européenne interdit en effet que soit associé le terme de confiture à un légume. Comme il existe une confiture de carottes qui se fait au Portugal (selon moi, c’est en Grande-Bretagne), l’UE a donc modifié le classement de la carotte. Un bel exemple de raisonnement juridique, comme je les aime ! 

. Toujours lire Valnet et son manuel de « traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales », la carotte est un légume tellement intéressant (et peu onéreux) que le célèbre docteur lui consacre 7 pages, c’est vous dire. Parmi ses qualités : la carotte est un anti-anémique, un régulateur intestinal, un cicatrisant gastrique, un vermifuge, un rajeunissant tissulaire…

 

. Pour vous surprendre, vous qui avez une vaste culture culinaire, voici deux recettes indiennes de déguster la carotte. Une pour chaque carotte. C’est équitable, sauf que celles dont je viens de vous parler sont toutes petites. Prenez-en des plus grosses mais pas de trop, juste bien, Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, Oranginacomme toujours.

 

-        Et pourquoi cette discrimination contre les grosses carottes ? Je vous le demande.

-        Parce qu’elles présentent plus de risques d’être filandreuses, boiseuses (dit Wikipedia), avec un souci supplémentaire c’est qu’elles ont aussi moins de chair proportionnellement. Elles vous demandent plus de travail d’épluchage, car il faut enlever la tige centrale de couleur blanche.     

 

Recette indienne estivale de Gajar katchoumbare (salade de carottes)

Comptez 4 carottes, avec quelques grains de raisins secs, le jus d’un orange et un peu de sel.

= En principe la recette s’arrête là. C’est un peu court, surtout que c’est pour 6 personnes. Même pas une carotte par personne. Ces carottes doivent être gigantesques. A mon avis, prenez autant de carottes que vous voulez et adaptez vous à la situation : gros mangeurs de carottes, petits, les carottes constituent-elles le plat unique…Ou bien faites-vous un repas tout-carotte ???

 

. Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, de dessusUne variante de l’auteur prévoit que vous coupez les carottes en petites frites, vous ajoutez le jus d’un citron (je précise mûr) avec deux piments coupés fin. Ca se corse. Des forts, les piments ? En l’absence de précisions,  commencez donc par des doux. On discutera après.

 

= Variante cette fois-ci personnelle : ajoutez un ou deux abricots frais ou secs + une petite pomme + 1 gros cornichon au sel + deux cuillerées  à café de graines de sésame. Si vous voulez innover, faites des copeaux de carottes avec un épluche-légume. En effet la forme modifie la perception de la saveur.    

 

Recette indienne hivernale de GAJAR VARIALI (carottes au fenouil)

Cette fois-ci, l’auteur prévoit 6 à 8 carottes, parce que ce plat constitue un des trois plats principaux (avec du blé et des courgettes par exemple à côté). Les carottes coupées en rondelles sont introduit dans le vaghar préalablement chauffé (et non brûlé). Ce vaghar est constitué de deux cuillerées à soupe d’huile de sésame ou d’olive auquel vous ajoutez deux étoiles de badianes (anis étoilé). Vous remuez bien et vous ajoutez une cuillerée à café de coriandre et une de graines de fenouil, avant de couvrir et de laisser cuire à feu doux.

  Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, separees

L’auteur s’arrête là. A Sassetôt, lors d’un stage de cuisine indienne, la dame, qui faisait la recette, a ajouté de l’eau chaude jusqu’à hauteur des carottes avant de couvrir. Ca me semble effectivement plus prudent. Inutile à mon avis d’ajouter sel ou poivre, tellement la badiane, le coriandre et le fenouil donnent du goût. De même me paraît tout à fait superflu, l’ajout de crème fraîche à la fin.

 

Source : « Recettes végétariennes de l’Inde, selon l’Ayurveda », Kiran Vyas, Recettes végétariennes du monde, La Plage éditeur.

. Lire le billet sur Le charme infini du radis beurre

. Photos EP, à retrouver dans l'album-photo "Manger" 

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 17:56

Oui, je sais. Parfois je fais fort. Pour comprendre, il vous faut un petit radis rond, à la belle rondeur, ni trop petit, ni trop grand, d’une subtile couleur rose-rouge au corps, atténuée de blanc à la racine, avec quatre petites - toujours petites les feuilles, comme le radis d’ailleurs – feuilles vertes bien sûr. Trois feuilles, ça va aussi. Deux, non, on commence à suspecter un radis pas épanoui qui a eu des difficultés à la croissance. Une feuille, ça craint vraiment. Pas de feuille, ce n’est plus un radis. A fuir absolument. Oh, j’allais oublier, il doit toujours être jeune, pour garder son croquant.

 

-    De quelle marque, ce radis ?

-      Eh Patate, les radis n’ont pas de marque. Ils sont classés dans des variétés, il y a des longs, des ronds, des blancs, des noirs, des français, des alsaciens, des japonais…Oranges, plus larges près des feuilles qu’à la racine, ce sont des carottes, des CAROTTES, pas des radis.

-        Et pourquoi alors, vous me traitez de PATATE ? C’est bête, une patate ?

-       Mais non, patate est un terme affectueux. Et puis arrête, je parle des radis !

-        Ah bon.

  Radis rose, Wikipedia

La position du radis

Au départ, le radis est enfoui dans la terre. Il faut d’abord l’arracher délicatement, pour éviter de l’abîmer. Ensuite on le pose à plat pour le mettre en botte. Jusque là, ça va. C’est maintenant que ça se complique. Vous allez comprendre seulement à ce moment pourquoi il lui faut 4 ou 3 pieds au minimum. Il faut le retourner délicatement de façon à le faire tenir droit, debout, sur ses feuilles, sans assistance et sans béquille(s). Pas facile l’exercice. J’ai essayé. Il faut avoir la main.

 

-        Mais pourquoi tout ça ?

-        Parce qu’une fois en l’air… Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il faut d’abord lui couper sa petite racine  et l’avoir incisé légèrement en quatre.. . il faut poser dessus un petit roulotté de beurre.

-        Un quoi ? Diablement compliqué, tout ça. On pouvait pas faire ça avant ?

-        Non, parce que ça se mange comme ça, le beurre d’abord, puis le radis dans sa partie rose charnue et ensuite pour les plus téméraires, les fanes à la fin.

 Radis beurre, pub Fooding 2008, Zoe Laugier

 

La beauté du geste

Certains incisent le bas du radis et introduisent le beurre dans l’entaille cruciforme ainsi formée. Ce sont clairement des TRICHEURS. Seuls ceux qui sont capables de faire la triple opération de préparation-incision-pose du beurre sur le radis reposant lui-même sur ses feuilles, sont à même d’apprécier la beauté et précision du geste qui consiste à saisir un radis à l’envers pour l’introduire horizontalement dans le palais, sans avoir perdu le roulotté de beurre, en cours de route, ni avoir abîmé les feuilles.

 

Le dessin

Evidemment c’est plus facile à dessiner qu’à réaliser. Encore fallait-il avoir l’idée de cette architecture à étages pour mettre en valeur le radis. Non, le BEURRE, qui est qualifié de « provocateur de goût ». Le dessin est superbe. Il a été conçu par Zoe Laugier pour la semaine du Fooding du Ier au 8 décembre 2008, avec ce sous-titre :

« Seul le beurre peut Magnifier le plus simple des Aliments et le rendre Exceptionnel. LE BEURRE, VITAMINE A DE LA SEMAINE DU FOODING 2008 DU 1ER AU 8 DECEMBRE » Signé, LE BEURRE PROVOCATEUR DU GOÛT    

 

Pour suivre le chemin

. Publicité parue dans le Monde du 30.11.2008

. Retrouver Zoe Laugier sur facebook      http://www.facebook.com/zoe.laugier

. Lire l’article sur les radis dans Wikipedia sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Radis

. Même Ginette Mathiot (Livre de poche 1955 « La cuisine pour tous ») est particulièrement peu prolixe sur le radis, qui visiblement ne l’inspire pas. Au moins elle cite les radis roses en page 66 dans la recette 63:

«  Les choisir fermes. Couper une partie des feuilles vertes, enlever la racine, les laver à l’eau froide ». C’est une des « recettes » les plus courtes ; seules les olives font plus forts dans la concision : « Les faire dessaler pendant 2 heures. Les servir sans eau dans un ravier ».

Quel est le rapport entre le radis et l’olive ? Réponse: aucun, mais ça me fait rire.

 

. Aller plutôt feuilleter Jean Valnet dans son ouvrage de référence « Traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales » (Maloine éditeur), qui cite le radis noir puis le radis rose. Tous les deux sont très bénéfiques pour la santé, en particulier dans les maladies de la vésicule biliaire, contre le scorbut, comme stimulant hépatique, tonique respiratoire, stimulant hépatique, diurétique, anti-allergique, sédatif nerveux…

. Les 4 recettes de Jean Valnet, toujours dans le même ouvrage : à manger cru en salade, en extraire le suc et le boire tout de suite, à boire en extrait aqueux en ampoule acheté en pharmacie et enfin faire un sirop contre la toux et contre l’anémie des enfants à préparer la veille (alterner des couches de radis noir avec du sucre candi). Le lendemain, boire le sirop qui a dégorgé à raison de 4 à 6 cuillerées à soupe par jour. Selon l’auteur, c’est un remède magnifique.

. Son dernier conseil : toujours manger les jeunes feuilles qui vous aident à digérer le radis.

 

. Et avec tout ça, vous voudriez que je vous parle du beurre. Non, non, trop, c’est de trop. Une autre fois !              

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 10:54

S’arrêter aux bords de Loire, pour se restaurer de façon simple, chaleureuse et bonne, sans se ruiner, face à des paysages d’une très grande beauté, au soleil du début de l’été, quand la Loire a encore beaucoup d’eau, est un vrai plaisir, plus rare qu’on ne le pense. Chacun sait combien il est difficile de trouver « LE » bon endroit réunissant toutes ces conditions d’apparente simplicité, au moment où on le veut, proche de l’eau pour une fois accessible, sans souci pour garer sa voiture. Pour l’ombre, il y a déjà des places sous les arbres, mais pas toutes. Soyez un peu patient. 

La guinguette ‘Les Tourbillons’ 

La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons

 

Il doit bien sûr y avoir un jeu de mots. Chacun sait que la Loire n’est jamais sage, sous ses aspects de grande beauté. L’eau y est toujours vivante, allante, tourbillonnante, avec un fort courant dans le chenal  et des effets de contre-courant sur les bords. Ces fameux tourbillons s’appellent alors des « marmites » qui n’ont rien de particulièrement sympathiques pour les kayakistes. Ce peuvent être aussi les tourbillons de la vie et plus sûrement ceux de la danse, qu’on y pratique les vendredis et samedis soirs à la Possonnière. Les Tourbillons est le nom de la guinguette qui se trouve là depuis 1998, sept ans avant l’aménagement du port.

 

Encore une preuve que rien ne vaut un restaurant pour tester du pouvoir d’attractivité d’un endroit. Certains penseraient plutôt à d’abord tracer le cadre et ensuite implanter la guinguette. La municipalité de La Possonnière a choisi avec raison de faire l’inverse.    

 

Une histoire, un rêve, une rencontre

Il La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillonsest vrai que cette guinguette est l’histoire d’une rencontre et d’un rêve d’enfance. La rencontre s’est faite avec la municipalité, quand Elisabeth Kret, dite Babé, restauratrice, a trouvé l’endroit, avec sa cousine, Hélène Grimault. Toutes deux ont cherché pendant un an, un endroit près de la Loire,  qui corresponde à leurs rêves d’enfant, pour y créer une guinguette, avec l'aide de la mairie et de leur équipe. 

 

Cela fait 13 ans déjà que Babé Kret et Hélène Grimault ont ouvert ce restaurant qui fait une cuisine « bistrot » avec des produits locaux et des vins de Loire bien sûr, ceux de cette Loire si proche. « En 13 ans, me dit Babé, les gens qui viennent n’ont pas changé. Ils sont sympas, détendus.  Ce sont des couples, des gens seuls, des familles, de tous les âges… Tout est fait pour les accueillir de la façon la plus naturelle, afin qu’ils se sentent bien, tout simplement. Il n’y a, chez nous, ni congélateur, ni micro-onde. Ce qui explique, et c’est écrit sur les menus qui font office de set de table, qu’ils vont devoir un peu attendre que le plat se fasse, sous leurs yeux» dans la toute petite cuisine très fonctionnelle, ouverte, forcément, sur la terrasse et la Loire.

   

L’équipe

Les Tourbillons sont une double affaire d’équipe, entre les deux cousines d’abord, et avec l’équipe des cinq personnes qui chaque jour font tourner la guinguette. Outre Babé qui veille à tout, il y a Perrine à la cuisine, Delphine, Emilie et Anthony en terrasse, car on ne peut pas dire en salle. Il n'y en a pas. Le choix d’une cuisine élaborée avec des produits frais fait aussi que Babé a tissé autour d’elle un double réseau de producteurs locaux et de vignerons proches. La cuisine reflète cLa Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillonset ancrage local.  

               

La carte

Elle est tri-partite, avec à gauche, ce qui est « à manger », au milieu les vins « à déguster » et à droite, les autres boissons « à boire ».

 

. Petite faim, visez les tartines au fromage, avec une tartine gabarre, une salade, une soupette froide (courgettes + crème crue + curry), des rillettes Angèle au maquereau fumé…  

. Adeptes de l’assiette, vous choisirez la Morice (avec andouillettes + frites + salade + tomate…), l’Angevine (avec rillauds + sauce cyriloise + frites + salade + tomate), la Chalonnaise avec des filets de canard marinées aux épices ++…

. Si la saison et l’arrivage vous sont favorables, une friture d’anguilles sauvages avec l’accompagnement. 

 

Tous les producteurs sont cités sur la carte avec Plumejeau de La Pommeray, L’Anguille argentée de Montjean sur Loire, La Boulangerie Bressin de La Possonnière, le Gaec de La Thau à Montjean sur Loire, la Charcuterie Bertaud de Chalonnes, les Légumes Fièvre de Saint-Georges et le Gaec de la Blanchetière de Belligné.  


A déguster les vins des vignerons du coin

La Possonniere, le port, la guinguette Aux TourbillonsOn y retrouve, au verre pour certains, en demi-bouteille et à la bouteille, des vins de vignerons bien connus. Citons en rouge David Lecomte de Passavant, Les copains d’abord avec le Groslot des Ménard (Rablay sur Layon), Alain Boré du Fresche  à la Pommeraye, les Frères Richou de Mozé sur Louet pour un Anjou-Village Brissac et un vin un peu ‘rare’ en Anjou le Cheverny rouge de Philippe Tessier.

 

En blanc,  un Pinot gris de Alain Boré, un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie de Chistophe Maillard du Pallet, des Anjou blancs secs de David Lecomte et Patrick Baudoin, un Saumur blanc de Guillaume Reynouard et deux Savennières, celui de Sylvie Termeau (Moulin de Chauvigné situé sur la rive gauche, au dessus de Chalonnes) et Madame Laroche (Domaine aux Moines).

 La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons

En rosé, deux Rosé de Loire  de Sylvie Termeau et de Jean-Marc Renaud (Château de la Franchaie, le seul vigneron de La Possonnière) et le Cabernet d’Anjou de David Lecomte.

 

Bien sûr, la carte ne saurait oublier, en moelleux, le Coteaux du Layon de Sylvie Termeau et l’Anjou Côteaux de la Loire d’Alain Boré, en Crémant et Crémant rosé, ceux du Château de Passavant.  


Un paysage global

Récapitulons : devant vous, autour de vous, la Loire, dans un endroit à la fois intime et d’une très grand amplitude, entouré de personnes aimables, avec des vacanciers détendus, en train de manger non pas du pain banal, mais du pain de la Possonnière juste derrière vous dans le village, avec un rosé de la Loire de Sylvie Termeau, dont la vigne est en face sur l’autre rive sur le coteau, près de son moulin, mangeant de l’anguille de Montjean, un peu plus loin sur la rive gauche…Un véritable tour de Loire, assis-e sur chaise et tout ça, rien qu’en allant à la guinguette de Babé, Hélène et leur équipe…Vous pouvez tout aussi bien choisir de rester sur cette rive droite, en mangeant du fromage de chèvre et un Savennières.

 

Pour suivre le chemin

. Lire le précédent billet qui porte sur le cadre tout à fait exceptionnel du petit port de la Possonnière, dont le nom n’a rien à voir avec le poisson, mais avec le posson, une mesure de vin  qui contenait 180 litres de vin. On retrouve ce terme en amont dans la Vallée de la Loire ; on parle de poinçon à Blois (228 litres), en Touraine (230 à 250 litres)…

Admirer la Loire au port de La Possonnière (49), France 

La Possonniere, le port, coté Loire, avec bateau et kayak

 

. A La Possonnière, prendre le chemin du camping, garer  la voiture au parking en face et faire les quelques mètres restant à pied, vous y serez : 02 41 72 66 66

. Les coordonnées de tous les producteurs sont portées sur la carte qui sert de set de table.

. La Guinguette est référencée dans divers ouvrages et sites, à voir dans le Guide du Routard, Géoguide, le Petit Fûté… sur Facebook aussi

http://www.facebook.com/group.php?gid=95866065097

. Photos EP, à retrouver dans l’album photo Rives de ville

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 20:32

L’origine

Faut-il dans le titre préciser que le reblochon est forcément de Savoie ? Peut être pas en France, mais comme nous ne sommes pas tous fins connaisseurs des fromages français, je préfère le dire d’emblée de jeu. Ca fait un choc quand on voit son blog écrit en chinois, russe ou une autre langue bien lointaine de notre univers culturel français.

 

La langue du fromage

Aujourd’hui, nous parlons la langue du fromage, celle qui se sent et se goûte, tout autant qu’elle s’écrit, se lit, se dessine et se voit. C’est là où je veux en venir. Imaginez-vous, vous êtes étranger, vous ne connaissez rien ou très peu de la France, si ce n’est qu’on appelle parfois les Français « les fromages qui puent » et vous vous demandez bien pourquoi, un pays peut se vanter de ses fromages dans des conditions pareilles. En regardant bien cet emballage, vous allez apprendre beaucoup de choses sur ce paysage fromager alpestre.

 

La composition du packaging

Reblochon de Savoie, Verdannet, EmballageDevant vous, vous avez grand carré de papier fin, blanc, assez solide pour tenir et protéger le fromage. Au centre, un cercle noir qui constitue le cadre qui va recouvrir le dessus du fromage. La partie noire recouvre les côtés du fromage. La couleur fait ressortir le paysage qui constitue l’attrait majeur de ce packaging très sophistiqué et chargé. Il y en a des choses à voir dessus.  

Le paysage proprement dit

Par devant, légèrement à gauche, le clocher d’ardoises de l’église  à trois niveaux, dont celui du milieu est ajouré. A ses pieds, les toits de tuiles rouges des maisons et des fermes dans les arbres. Plus loin dans une prairie arrondie, quatre vaches broutent l’herbe, deux par deux de chaque côté du clocher. En bas, dans l’arrondi inversé du dessin, des sapins en hauteur et plus bas prés des habitations des arbres feuillus entourant les bâtiments. Tout le reste, approximativement 60% est consacré aux montagnes blanches-bleutées et au ciel qui les prolonge.  

Les mentions

Elles se situent en partie supérieure blanche légèrement grisée du cercle. Il y a beaucoup de choses à lire. En partant du centre du dessin, la signature Verdannet attire l’œil, avec son grand V qui s’échappe du sommet du clocher et sa fausse écriture manuscrite, à la façon d’une signature un tantinet ampoulée.

 

Au-dessus, figurent plusieurs éléments  importants, Reblochon de Savoie, Verdannet, Emballagetous en vert, couleur de l’herbe tendre, dans des typographies différenciées :

. en grandes majuscules, l’appellation du fromage d’abord : Reblochon de Savoie

. en majuscules, plus hautes et plus fines : Fermier

. en caractères plus petit, sans majuscules, légèrement penchés ‘façon manuscrites légères’ : au lait cru.  

L’apport des mentions en noir

Celles-ci sont relativement peu nombreuses sur le dessus, pour laisser parler le paysage. On découvre en haut, sous la mention du nom du fromage, en majuscules fines « Appellation d’origine contrôlée. A droite, au milieu du dessin, le poids ‘450g’.  

L’équilibre

A gauche, un macaron vert foncé, porte la mention de Reblochon fermier, avec en plus écrite en rond en blanc sur fond vert, l’explication ‘fabrication traditionnelle dans les fermes de Savoie », avec en plus une vache blanche. Les trois éléments ; ce macaron vert, la signature et le poids sont sur la même ligne.  

Le blason de la Savoie

Il figure en haut dans les places d’honneur, en plein centre, entre Reblochon de Savoie  et Fermier. La croix blanche sur fond rouge éclate sur le fond noir.  

L’encadrement

Cette croix oblige l’œil qui regarde l’emballage Reblochon de Savoie, Verdannet, Emballagemise à plat à repérer toutes les autres croix ; il y en a 3 autres sur le côté et quatre petites associées à Verdannet Fromager (une nouvelle précision, pour bien nous expliquer qui est Verdannet pour scander l’espace circulaire. Mais ce n’est pas tout. Au dessus-du N de Reblochon, situé au milieu, un autre macaron se détache en blanc sur le fond noir. Cette fois-ci, c’est l’appellation d’origine protégée  (européenne), qui est un logo officiel de l’Union européenne (UE), qui se sur-ajoute à la mention française de l’AOC mais sans logo). 

 

Il faut encore signaler deux figures, l’une est le logo vert avec la double flèche qui vise le recyclage (logo UE), à gauche de l’AOP, et le logo européen concernant l’entreprise qui effectue l’emballage FR 74-128-50 CE.  

Le double encadré circulaire

Ce double encadré sépare la partie figurative représentée par le paysage au-dessus des parois noires sur le côté. Près du paysage, une couronne de fleurs jaunes sur fond vert termine le dessin. Un peu plus loin, en retrait, court un texte très long :

 

Ingrédients : lait de vache cru et entier, sel, ferments lactiques, caséine, présure et colorants de croûte, rocou. Affiné par Verdannet Fromager . 165, Route des Bègues – 74250 Fillinges- Haute-Savoie . Marque déposée.  

Que reste-il encore ?

CIDIL, carte de France des fromagesIl  y a d’abord le nom du Cabinet qui a conçu le packaging :  Emballage Vuattoux, Thonon 04 50 71 00 06 ainsi qu’une nouvelle mention réglementaire obligatoire sur le papier dans un encadré positionné en bas à droite, verticalement:

« Papier, qualité pure pâte, fibres longues, sans traitement WS. Conforme aux normes de la C.E. concerant les matériaux pour contact alimentaire. Sa composition plastique rentre dans la liste des monomers. Homologuées par la directive du 26 février 1990 de la commisiion C.E.E. Corncernant les matériaux et articles en contact direct avec les aliments. Passe au congélateur, au micro-onde  et est recyclable ».

Le bilan

Le résultat est globalement réussi. On comprend bien que l’objectif de Verdannet est de montrer une nature préservée, hors d’atteinte de la dimension industrielle et de la distribution en grande surface. Comme très souvent aussi, on ne voit aucun habitant ni vie humaine, à l’exception des maisons, ni camion, ni route… La question de la surcharge se pose néanmoins. Un début de réponse  est que la vente de ce fromage se fait en grande surface, comme Leclerc ici.    

Pour suivre le chemin

. Filer en Haute-Savoie pour goûter le reblochon Au coeur de la France des 1000 fromagesdans son terroir d’origine, en buvant un vin de Savoie. Un site recommande en dernier choix de choisir aussi un vin de Loire, mais sans précision supplémentaire. Donc ce sera le Vin de Savoie, sans précision non plus. Dommage.

. Verdannet, qui met en avant son côté fermier, est une coopérative qualitative en charge de l’affinagen du conditionnement et de la distribution sous son nom.  

. En vente chez Leclerc, Carrefour, au prix Leclerc de 15,99 E/kg pour 484 grammes. Le fromage n’a pas duré longtemps. Il était très bon.

 

. Lire un superbe ouvrage de croquis, « Carnets de voyage, Au cœur de la France des 1 000 fromages », avec des dessins de Jean-Marc Navello, Editions Ouest-France, 2003, fait à la demande du CIDIL (centre d’information et de documentation de l’industrie laitière, je présume). Malheureusement, le reblochon est un peu zappé, mais c’est bon pour d’autres fromages !

Par Elisabeth Poulain - Publié dans : 1001 façons de manger
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