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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La vache rouge > La plus belle pour aller au pré > La vache qui rit

20 Avril 2016, 14:47pm

Publié par Elisabeth Poulain

*The Laughing Cow-La vache qui rit-Fromageries-Bel-UK-2003-Cl. Elisabeth Poulain

*The Laughing Cow-La vache qui rit-Fromageries-Bel-UK-2003-Cl. Elisabeth Poulain

Elle est une star incomparable et elle le sait, ce qui explique qu’elle n’a jamais eu besoin de vanter sa beauté, son teint éclatant, son sourire aux belles dents qu’on distingue à peine  en arrière de ses lèvres noires bien dessinées. Son nez, pardon son museau blanc, tout comme ses cornes sont d’un blanc éclatant au point qu’on la soupçonne de se les faire blanchir régulièrement. Cette grande coquette nous fait le plaisir de ne pas vieillir, je dirais aussi, sans exagérer aucunement, qu’elle rajeunit vraiment. Elle a ce fabuleux pouvoir de nous montrer son attachement réciproque à nous, qui l’admirons tant. Avec elle,  nous rajeunissons.

Après une introduction pareille, après tant d’éloges, vous êtes en droit de vous demander ce dont je vais vous parler. En un raccourci synthétique, l’objet du billet est de voir combien et comment cette représentation d’un fromage au lait de vache a évolué au cours d’une dizaine d’années, ou un peu plus.

La boîte, que j’ai sous les yeux, date de 2003, du moins est-ce l’année de sa date d’expiration. Elle a été achetée quelque part en Europe, mais pas en France. Et, là, vous pouvez clairement lire que la Belle Vache Rouge que vous voyez  est  « The Laughing Cow », ce qui l’a rend un brin ou franchement snob. La boîte indique qu’elle contient 8 BIG PORTIONS, comme s’il pouvait en être autrement au vu de la taille de la boîte. Pour bien montrer l’importance de cet élément, quatre étoiles de deux grandeurs différentes figurent dans la partie « Ciel » de la boîte juste au-dessus du bandeau un peu cintré qui porte le nom de la marque en italiques légers.   

The Laughing Cow-La vache qui rit-Fromageries-Bel-UK-2003-Cl. Elisabeth Poulain

The Laughing Cow-La vache qui rit-Fromageries-Bel-UK-2003-Cl. Elisabeth Poulain

The Laughing Cow. La Belle est saisie au mieux de sa forme. Sa santé est excellente, son tonus au plus haut. Elle broute de l’herbe superbe verte des alpages dans un paysage de montagne marqué dans le fond par trois sommets. Une route d’ailleurs y conduit sur le côté droit, qui touche d’ailleurs une de ses boucles d’oreille-boîte petit modèle, qui l’encadre des deux côtes. On n’est pas loin du célèbre « miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis la plus belle », ce qui ne la rend pas antipathique pour autant.

Retenez le nom de cette vache rouge, son surnom en guise de marque, le dessin de sa tête , le rouge en couleur dominante, sur fond de paysage vert, blanc et jaune léger, le ciel de deux bleus, léger pour elle dans la journée, plus foncé la nuit avec les étoiles et le tout répété par trois fois grâce aux boucles d’oreilles, sans compter les toutes petites vaches multipliées par trois sur la tranche de la boîte! Celles-ci ne sont donc pas qu’une simple coquetterie, c’est une ruse de styliste, pour que vous n’oubliez pas la marque-phare du groupe des Fromageries BEL.

                                                                            *

Pour suivre le chemin

. The Laughing Cow, a natural source of calcium, No added Colour, No preservatives, 140g, Superbly Smoothe Cheese Spread

. A retrouver sur www.thelaughingcow.uk  où vous pourrez découvrir les packagings des dernières partitions fromagères de LVQR au Royaume-Uni

. Le Groupe BEL et le site officiel de La Vache qui rit sur http://www.groupe-bel.com/ http://www.lavachequirit.com/  

. Le groupe BEL et la Vache qui rit, https://fr.wikipedia.org/wiki/La_vache_qui_rit  ainsi que https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bel  

. Photo Elisabeth Poulain, avec une étoile au début pour indiquer qu'il s'agit de la partie centrale du cliché... 

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Antoine Berjon > Peintre du télescopage entre fleurs & requin > 1819

18 Avril 2016, 17:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Antoine-Berjon-Nature-morte-avec-fleurs-coquillages-tête-de requin-et-pétrifications-Google-Art-Project

*Antoine-Berjon-Nature-morte-avec-fleurs-coquillages-tête-de requin-et-pétrifications-Google-Art-Project

C’est une peinture d’une nature morte que j’ai le plaisir de vous présenter, en lien avec ce questionnement forcément à réponses multiples « pourquoi avons-nous tant besoin des fleurs en représentations si diverses? ». Et de la différence, voire de la réelle étrangeté, il y en a, comme vous allez le voir, dans cet appariement entre les fleurs de plusieurs sortes et une tête de requin, et cela au début du XIXe siècle.

Le peintre Antoine Berjon est un Lyonnais qui vécut (1754 à 1843) une période de profondes mutations de la société. Parler aussi d’emblée de Lyon n’est pas un hasard non plus. Cette ville était une véritable capitale en matière artistique, tout particulièrement dans l’art textile. A. Berjon fut notamment peintre de la « Fabrique » lyonnaise, l’organisation collective de la fabrication de la soie, dont Lyon a été une des grandes capitales en Europe. Il poursuivit sa carrière à Paris en travaillant la miniature et le portrait, avant de revenir à Lyon où il devint peintre d'une "classe de de fleur" et illustrateur botanique.

Le titre de cette peinture « Nature morte de fleurs, de coquillages, de tête de requin et de pétrifications » est à lui seul un élément important de sa composition et un signe de son étrangeté. La densité des éléments constitutifs de cette nature morte à quatre composantes montre combien l’artiste entend jouer de ce télescopage tout à fait volontairement. C’est une façon pour lui de donner une forte densité dynamique à sa création audacieuse.

Antoine-Berjon-Nature-morte-avec-fleurs-coquillages-tête-de requin-et-pétrifications-Google-Art-Project

Antoine-Berjon-Nature-morte-avec-fleurs-coquillages-tête-de requin-et-pétrifications-Google-Art-Project

La composition réunit en une grande promiscuité, des fleurs en plusieurs bouquets, avec des plus petites posées sur la commode, qui forment un arrondi pour occuper plus des deux-tiers de la surface du dessus de la commode au tiroir. C’est une façon d’opposer les fleurs naturelles à la tête de requin, qui figure la dimension « morte » de sa composition de « nature ».

Cette nature morte poursuit plusieurs objectifs dont le principal ou du moins un des principaux est de provoquer un choc visuel, à partir d’éléments qui évoquent la nature, présentés de la façon la plus précise et la plus fine, ensemble dans une promiscuité aussi volontaire qu’étonnante, voir même choquante. Cette peinture très précise attire autant qu’elle repousse, obligeant le regard à mélanger les genres, d’une façon irréaliste, dans des poses les plus réalistes visuellement. Et ceci pour attirer et retenir l’attention. Il s’agit pour l’artiste d’intriguer, pour aller au-delà de l’attrait très connu pour les fleurs et du dégoût pour ce qui ne l’est pas.

Le mystère nait de la densité de la cohabitation de thèmes différents. Dans cet espace à la fois restreint au regard du nombre incroyable de disruptions, de mises en choc frontal entre plusieurs bouquets de fleurs dont un a conservé son papier, comme posées dans des pots en attente, il y a une tête de requin, posée sur un coquillage à la grande ouverture, qui font penser à des dents, dans une promiscuité dérangeante. Quant aux pétrifications, je dois dire que je les cherche encore. Elles sont peut-être cachées à qui ne sait pas les voir…

Ce que je retiens de cette curieuse peinture dont les éléments constitutifs associés sont tous bizarres, comme saisis à un instant « t », de retour du marché, dans une cuisine quand la personne en charge de cette fonction n’a pas eu le temps, ni de ranger, ni de fermer le tiroir, ni de mettre les fleurs dans un vase, ni de jeter cette tête de grand poisson dont on se demande ce qu’elle fait là…Même à l’époque, le requin, non ! Et cette scène de cuisine, qui semble n’étonner personne, même à titre de nature morte, me dérange vraiment. Saluons quand même l’artiste pour ses talents de peintre et de coloriste et pour sa capacité à intriguer encore autant aujourd’hui, grâce à ce mystère odorant…où les fleurs jouent un rôle positif pour attirer l'oeil et l'esprit  et sentir bon…mais à mon avis sans espoir de réussite.  

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Aller à Lyon, https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Lyon

. Découvrer la fascination de la soierie  https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_soierie_%C3%A0_Lyon  

. En apprendre plus sur le peintre sur wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Berjon  

. Voir cette peinture sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Antoine_Berjon,_Still_Life_With_Flowers,_Shells,_a_Shark%27s_Head,_and_Petrifications_(1819).jpg?uselang=fr  

. Le Philadelphia Museum of Art, qui expose cette œuvre , à voir sur https://en.wikipedia.org/wiki/Philadelphia_Museum_of_Art

. *L'étoile avant l'intitulé du cliché signifie qu'il s'agit de la partie centrale de l'oeuvre, que vous voyez en version intégrale en dessous.  .  

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Amsterdam en novembre, le Vélo sur la péniche, Photo n° avant le n°1

17 Avril 2016, 17:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Amsterdam, le vélo sur la péniche sur le canal, devant la boîte à lettres, Cliché 1-2- Elisabeth Poulain

*Amsterdam, le vélo sur la péniche sur le canal, devant la boîte à lettres, Cliché 1-2- Elisabeth Poulain

Le titre à vous expliquer, en commençant par vous dire, qu’il s’agit de vous montrer quelques photos d’Amsterdam au mois de novembre quand il fait encore doux, souvent sous la pluie, parfois non. Il y a eu des jours où il faisait seulement gris, et toujours doux. Marcher dans une ville au hasard de la promenade est quand même plus agréable, quand il ne fait pas froid.

Le thème est le vélo, qui règne à Amsterdam, mais pas  en maitre quand même. Cette ville est associée au vélo, tant ce mode de déplacement y est présent, tant les cyclistes font preuve d’imagination pour trouver une petite place pour "leur" vélo.  Pourtant nous n’avons pas vu une foule de cyclistes pédales au pied. Il est vrai que nos horaires tardifs de touristes n’étaient pas vraiment ceux des employés et autres travailleurs, venant rejoindre leur lieu de travail dans le centre ancien.

Par contre le vélo-objet de métal, de caoutchouc  et de plastique pour certaines pièces est omniprésent dans le centre, près des canaux, du port, de la Bibliothèque  et de l’Université…Ce mobilier urbain, qui est en principe vraiment mobile avec ses deux roues et parfois plus, pourtant et léger et de faible encombrement, devient un quasi-souci quand il s’agit de le poser quelque part. Où trouver  de la place est une préoccupation récurrente, quitte parfois à l’oublier, à le laisser se transformer en élément permanent du paysage, ou en complément d’un autre moyen de transport. C’est le cas aujourd’hui.

Ce sont donc  des photos que je vais vous présenter dans l’ordre dans lequel je les ai prises, en refoulant l’idée de faire des séries. Il s’agit par ce non-ordre apparent de restituer une certaine réalité. La ville est un tissage permanent, changeant tout le temps, fortement hétérogène et de ce fait extrêmement riche de cohabitations multiples et variées. Et c’est donc un Amsterdam vu à travers le vélo que je vais vous présenter en photos.   

Amsterdam, le vélo sur la péniche sur le canal, devant la boîte à lettres, Cliché 2-2-Elisabeth Poulain

Amsterdam, le vélo sur la péniche sur le canal, devant la boîte à lettres, Cliché 2-2-Elisabeth Poulain

Le n° d’avant le n° 1. Problème, le n°0 n’existe pas dans la numérotation. Cela tombe bien et en même temps, ça m’ennuie. Pour la photo, cela signifie qu’elle appartient à une autre série, antérieure d’une année. C’est elle qui a déclenché cette série, en me disant « la prochaine fois que tu reviendras, tu feras des photos de vélos. » Et voilà. C’était parti une année après toujours au mois de novembre.

Voici le vélo sur la péniche qui flotte sur le canal, devant la boîte à lettres fixée au n° d’ancrage de la péniche, pas du vélo. C’est une photo que j’aime beaucoup. Elle montre le temps qui passe, le vieillissement du bois de la boîte, poteau compris, le vert mousse en témoigne. Ce qu’on aperçoit de la péniche montre aussi qu’elle a déjà quelques années au compteur. Qu’importe, elle ne doit plus guère bouger. C’est le vélo maintenant, qui permet de faire les courses. Il assure le relai logistique, avec ses grosses sacoches.

La ville. On l’aperçoit dans une vue rectangulaire en haut à droite. Grâce aux maisons hautes serrées les unes contre les autres, le lien se fait entre les personnes dont le nom ou celui de la péniche figure sur la boîte, le vélo qui prend la pluie, comme quasiment tous les cycles, frères de misère et de résistance à l’humidité et ceux qui habitent au chaud derrière des vitres des maisons anciennes, qui étaient déjà des maisons bourgeoises quand elles furent édifiées dans les siècles passées.

Ce vélo est donc un vélo de péniche, un dur de dur, un vieux de la vieille qui dort dehors comme la quasi-totalité de ses confrères. Il porte des couleurs qui s’assemblent bien, du noir pour le cadre, un peu de blanc pour couvrir le pneu arrière et du jaune tonique pour les sacoches. Avait-il un antivol, ce n’est même pas sûr? Etait-il le seul moyen de transport encore mobile, de la péniche ou de lui ? Je gage que c’était lui. Un brave !

Pour suivre le chemin

Il y a tant de source que je ne peux que vous rappelez l'essentiel, Amsterdam est sur facebook et bien sûr dispose d'un site sur wikipedia. Par contre je vous mets la carte du Centre, donnée par l'Office du Tourisme, très aimable, qui me l'a offerte l'année suivante, mais sans pouvoir vous dire exactement où la photo a été prise!   

Amsterdam, carte du Centre ancien, Office du Tourisme, Cl. elisabeth Poulain

Amsterdam, carte du Centre ancien, Office du Tourisme, Cl. elisabeth Poulain

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Le Lapin sur le mur, ROA, du Grand Street Art, Berlin, Cologne, Le choc

14 Avril 2016, 16:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Roa-Street-artiste-peinture-murale-le-lapin-rouge-Cityleaks-Köln-Allemagne-wikipedia-2011-2015

* Roa-Street-artiste-peinture-murale-le-lapin-rouge-Cityleaks-Köln-Allemagne-wikipedia-2011-2015

Le hasard n’existe pas, tant il parait bien faire les choses surtout dans l’univers numérique. Et pourtant, quelques jours après Pâques, vous cherchez une photo d’un lapin de Pâques en chocolat sur wikipedia. Rien de rien, au mieux vous trouvez un beau lièvre en sucre rouge, qui vous fait dire que c’est toujours du sucre, pas de chocolat et puis alors ! Pas de problème, le chocolat aussi contient du sucre. Pourtant chacun sait que ce n’est quand même pas tout à fait pareil…Un lapin rouge peint sur un mur, c'est franchement intéressant aussi.  

La fête de Pâques, le chocolat et/ou le sucre seront pour une autre fois. Par contre, je retiens l’idée du lapin en premier et du rouge ensuite,  Aujourd’hui c’est surtout le mur qui va parler, en association avec le lapin, et parfois aussi avec d'autres animaux, en d'autres circontances. Comme le dit  Roa, ce grand street-artiste, c'est le mur qui commande. Lui s'adapte et compose avec le mur, qui est plus qu'un support. C'est un partenaire aussi indispensable que le choix du sujet, l'animal, la façon de le mettre en valeur et lui l'artiste, sans jamais oublier ceux qui regardent la création murale et s'y attacher au point par exemple de demander à la municipalité de garder "leur" animal sur le mur... A commencer par des lapins et autres animaux à poil!  

Roa-Street-artiste-peinture-murale-le-lapin-rouge-Cityleaks-Köln-Allemagne-wikipedia-2011-2015

Roa-Street-artiste-peinture-murale-le-lapin-rouge-Cityleaks-Köln-Allemagne-wikipedia-2011-2015

L’autre exemple concerne une toute autre situation, cette fois à Cityleaks, à Köln (Cologne) toujours en Allemagne cette fois-ci près du Rhin. La ville organise chaque année un grand festival d’Art Street, qui jouit maintenant d’une belle notoriété. La situation n’est en aucun point comparable, au sens où quasiment tous les paramètres de réalisation et de visualisation sont différents. Voici un festival mis en scène par et ou avec la ville de Cologne, en concertation avec les artistes invités et une pré-sélection des murs ou surfaces murales avec et par les personnes privées et publiques concernées, sans oublier les artistes.

L’exemple le plus connu de Cityleaks est le lapin rouge sur un mur aveugle de la façade latérale d’une maison, qui n’a pas de voisin proche et qu’on aperçoit facilement de la rue. Cette réalisation en grand format de Street Art n’a pu se faire qu’avec l’accord des propriétaires de la maison, pour des raisons pratiques d’abord. Il faut en effet une nacelle de bonne hauteur pour que l’artiste puisse rapprocher sa main du mur pour effectuer son tag. Une autre raison, complémentaire de la Ière, pourrait provenir de la célébrité de ROA, l’artiste belge originaire de de Gand. Dans ce cas, il s’agit d’un lapin écorché rouge de grande taille, XXL- par ce street-artiste de grande renommée fasciné par les représentations d’animaux à fourrure. Ils sont parfois écorchés comme ce célèbre mural, pour montrer chacun de ses muscles, à la façon des planches anatomiques d’autrefois, qui, si mes souvenirs sont bons, ne donnaient pas de couleur rouge à la peau. Seules les veines étaient rouges. L’étonnant ici, le choquant volontaire, dans cette œuvre de 2011, est que la chair est rouge, alors que c’est une viande blanche. En 2015, une photo d’un photographe contributeur de wikipedia montre le lapin écorché en pleine forme sur « son » mur.

Ce lièvre à fourrure de grande taille peint à partir du sol constitue un autre cas de figure. Il est sérieux et il occupe si fermement son mur qu’on n’imagine même pas qu’il puisse partir. Comme quoi à une question, il y a toujours des réponses multiples. Il a pour particularité de ne pas être inquiétant. D’abord il est vivant, c’est une belle différence. Sa présence n’est de nulle façon dérangeante. Il surprend certainement la première fois qu’on se trouve presque nez à nez avec lui. Après, j’imagine qu’on devient presque copain avec lui, au point qu’il viendrait à manquer s’il quittait nuitamment le lieu, à la suite par exemple d’interventions nocturnes des agents de la ville…

Quant au célèbre lapin rouge, il est devenu une telle icône qu’il est encore présent en 2015, sur son mur. Il y en d’autres peut être moins connus, que l’on peut avoir le plaisir de découvrir sur le Net…

Roa-Street-artiste-Le lièvre-Doel-Anvers-Belgique-2014-wikipedia

Roa-Street-artiste-Le lièvre-Doel-Anvers-Belgique-2014-wikipedia

Pour suivre le chemin avec des pistes diverses et variées, avec un grand merci aux contributeurs-photos de wikipedia, sans lesquels je n'aurais pas pu faire ce billet!   

. Köln, Cologne https://fr.wikipedia.org/wiki/Cologne     

. Cityleaks sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cityleaks.JPG  http://sretanbor.tumblr.com/post/130611667564/mural-for-city-leaks-urban-arts-festival-in  https://www.facebook.com/pages/CityLeaks/212845852082639  

. Photos de quelques lapins ou lièvres peints par Roa sur http://www.allcityblog.fr/25396-roa-cityleaks-cologne/ ,

Cliché du Lapin rouge, pris en 2015 par Raimond Spekking 2015 à voir sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wandgem%C3%A4lde_Senefelderstra%C3%9Fe_4_K%C3%B6ln-Ehrenfeld-8795.jpg  

. Un lièvre pris en photo en 2014 à Doel près d’Anvers aux Pays-Bas, wikipedia  

. Rats & autres quadrupèdes bien sympathiques à admirer sur la page Facebook qui est dédiée à Roa sur le Net par ses fans https://www.facebook.com/ROAStreetArt  

* Ce signe placé avant l'intitulé d'une photo signifie que celle-ci présente seulement la partie centrale du cliché, pour tenir compte des exigences du formatage du système...

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L’Homme qui regarde, L'Homme qui crie > Deux portraits par J. Philippe

9 Avril 2016, 16:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

L'Homme qui regarde, qui crie, signature du peintre J. Philippe, Cl. Elisabeth Poulain

L'Homme qui regarde, qui crie, signature du peintre J. Philippe, Cl. Elisabeth Poulain

Le peintre d’abord. J. Philippe est un homme qui a pu exprimer sa différence dans la peinture. A ma connaissance, pendant des années, il n’a jamais peint d’autre chose que des portraits d’homme. C’était sa façon de montrer qu’il existait, qu’il existait aussi pleinement qu’il le pouvait. Il a certainement dû apprendre quelques règles  en peinture.   Je pense tout aussitôt qu’il avait spontanément ausi et surtout  la sensibilité des couleurs et le sens du trait, pour arriver à dire ce qu’il voulait, lui.  Il a été aidé dans sa démarche par un artiste qui a animé pendant des années l’atelier de peinture de  Rablay-sur-Layon en Maine-et-Loire.

Les deux portraits que je vous présente aujourd’hui doivent dater du début du XXIe siècle. C’est au moins la date à laquelle ils ont été exposés et mis en vente.  Ce sont des œuvres réalisées avec les moyens du bord, à savoir des peintures de plusieurs types sur un carton fort, avec des renforcements de couleur en pastel parfois sur plusieurs couches et des lignes au crayon noir qui soulignent les traits. 

J. Philippe-L'Homme qui regarde-Rablay-sur-Layon-Cl. Elisabeth-Poulain

J. Philippe-L'Homme qui regarde-Rablay-sur-Layon-Cl. Elisabeth-Poulain

. L’Homme qui regarde. Il est rose, un rose difficile à décrire tant il est multicouche et souligné de traits de couleurs qui jouent plusieurs harmonies, chacune la sienne. Le rose, qui domine, ressort sur un fond qui a connu du rouge brique, du rouge plus clair, qui n’a pas du plaire au peintre. Alors il a recommencé et recommencé jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle harmonie, la sienne. En même temps, les modifications de couleur qu’il a apportées l’ont obligé à modifier la forme de la tête qu’il a dû trouver et trop grosse et peu adaptée. Pour souligner ce nouveau tracé quasi rectangulaire de la tête, J. Philippe a cherché d’abord un joli vert franc, puis un vert bleuté plus doux et à l‘intérieur du violet. Pour le cou, ce violet s’affiche à l’extérieur, sans présence sur le côté gauche. Foin de la symétrie, on est tous différent, d'un côté l'autre…

C’est dedans que les choses se passent. Le feu brûle. On le sent présent dans tous les orifices, les yeux, le delta entre les yeux, le nez qui devient le soutien de toute la construction avec ce triangle qui se finit par une toute petite bouche. C’est le jaune, qui entoure le rouge, crayonné de bleu, de noir aussi... Ce noir de crayon va accentuer la forme définitive du visage de cet homme. Il vous regarde et vous écoute de sa seule oreille, avec cette curieuse construction d’un triangle frontal, qui repose sur le triangle du nez qui lui-même est posé en équilibre sur la bouche. Et le jaune du feu intérieur fait le lien avec tous ces volcans, sans oublier celui des coups de crayon multiples.

J. Philippe-L'Homme qui crie-Rablay-sur-Layon-Cl. Elisabeth-Poulain

J. Philippe-L'Homme qui crie-Rablay-sur-Layon-Cl. Elisabeth-Poulain

. L’Homme qui crie. Il est fait essentiellement de rose-rouge surtout, avec du jaune autour de l’œil qui voit et de la bouche qui crie du fond de la gorge. Cette fois-ci, cet être de souffrance est comme voilé d'un blanc très liquide en un halo de pleurs sur les côtés et le haut de la tête. Et toujours ces traits verticaux noirs en pastel gras pour strier l’espace du nez, des joues… qui se présentent comme autant de coups de hachette, comme autant de plaies, qui expriment la souffrance du cri. .

Cet homme, qui crie sa douleur, son mal-être … a pu signer son portrait, par deux fois, tant le blanc avait mangé l’espace. La force qui se dégage de cette création montre qu’il s’agit d’un véritable travail d’artiste. Pendant plusieurs années, J.Philippe, comme il signait ses représentations d'homme, a en effet créé beaucoup d’œuvres remarquables, en particulier des portraits d’Indiens fabuleux… Il s’agit d’une autre histoire, une autre fois...

                                                                     *

Poursuivre le chemin

. Rablay sur Layon,  à découvrir sur le site de la petite ville sur http://www.rablaysurlayon.com/  ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rablay-sur-Layon  

. Le village d’artistes fondé en 1987 http://villagedartistes.canalblog.com/archives/2011/05/01/21099862.html  

. Clichés Elisabeth Poulain

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La petite maison verte, son hangar vert, sur fond de prairie … verte !

5 Avril 2016, 10:48am

Publié par Elisabeth Poulain

La-petite-maison-verte-&-son-hangar-sur-la prairie-verte-partie-médiane-Lucienne-Richert-La Photo-ça déménage-FB

La-petite-maison-verte-&-son-hangar-sur-la prairie-verte-partie-médiane-Lucienne-Richert-La Photo-ça déménage-FB

C’est un très joli cliché de Lucienne Richert, que j’ai découvert sur Facebook, dans le groupe "La Photo, ça démange" . Une de ces photos qui restent comme scotchées dans la rétine, alors même que vous ne l’avez vu qu’une seule fois. Vous vous surprenez ensuite à la rechercher, pour la regarder à nouveau, puis encore, encore…Jusqu’au moment où vous vous dites « Ah, ça, c’est une photo », une de celle qui vous intrigue, tant elle parle, alors même que le thème, le décor …n’ont rien de spectaculaire. C’est le contraire. Non, ce serait trop simple, trop passe-partout.

Cette photo a un mystère. Plus justement, elle est un mystère. Et une grande et franche réussite. C’est le genre de photo qu’on ne peut prendre que si l’on a toujours son appareil avec soi. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut programmer, à moins de l’avoir déjà vu et de revenir spécialement pour ça.

Imaginez. Vous êtes en forêt, à crapahuter dans un petit sentier qui semble pourtant emprunté. Il y a des gens qui ont dû passer par là et ça, ça vous étonne. Où peut donc mener ce petit chemin ? Manque de chance, vous avez oublié votre vieille carte d’état-major. Il n’y a pas de lieu de destination, ni de point de vue particulier à voir. Pourtant, il y a ou il y a eu du passage.

Et c’est au moment où vous comprenez où vous arrivez, qu’instinctivement vous prenez votre appareil photo. Vous photographiez l’arrière d’une petite maison, qui a du paraître trop petite parce qu’une autre construction lui a été ajoutée. Est-ce un hangar ? Vous l’ignorez, tout comme la petite maison qui a été aussi peut être un hangar au départ. Le fait est que vous n’en savez rien.
 

La-petite-maison-verte-&-son-hangar-sur-la prairie-verte- Ph. Lucienne Richert, La Photo-ça déménage-FB

La-petite-maison-verte-&-son-hangar-sur-la prairie-verte- Ph. Lucienne Richert, La Photo-ça déménage-FB

Ce qui vous intéresse, c’est le télescopage, le choc de plusieurs univers, celui de la forêt d’où vous venez, l’arrière de ce double bâtiment qui a été peint en deux fois de deux verts différents, qui ressortent sur un autre vert, celui de la très grande prairie qui doit être en fond de vallon. Seul un évier atteste de « la modernité » de l’usage qui est fait du bâtiment double, agricole dans le passé et peut être maintenant doté d’ une dimension « loisir » quand il fait beau et doux.

Et c’est à ce moment- là que vous vous apercevez qu’il y a un tout petit ruisseau à franchir sur deux très petites planches ou troncs d’arbres pour rejoindre la petite maison verte double…C’est lui qui donne l’eau pour l’évier, ne serait-ce que pour se laver les mains…Il y a aussi un formidable jeu de lignes qui structurent l'entourage de la petite maison et son hangar. Outre le petit ruisseau qui coupe l'angle gauche, il y a, en faisant le tout inverse des aiguilles d'une montre, une vieille cloture avec du fil de fer barbelé, un coteau boisé qui monte dans le fond droit, en tournant encore une ligne d'horizon lointaine avec encore de la forêt et le retour par l'autre versant boisé du vallon, avec splendeur entre les splendeurs un arbre feuillu qui, l'hiver, a perdu ses feuilles pour faire admirer sa ramure.  

Et le tout fait un cliché fort qui exprime l’amour de la nature et la sensibilité de la photographe …

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Ce cliché est une photo de Lucienne Richert, qui fait partie du Groupe fermé « La Photo, ça démange » sur Facebook, mis en ligne le 30.03.2016, https://www.facebook.com/groups/852948478124259/search/?query=Lucienne%20Richert  

. Reproduction de la photo avec l’autorisation de l’auteur et … mes remerciements.

. Juste encore une précision, le texte est entièrement inventé, car je n’ai aucune information sur le site ou les raisons du choix de la photographe. Et c’est bien ainsi. car il peut y avoir autant de lecture d’un cliché que de sensibilité de celle, celui qui regarde…

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"La ville industrielle", Le Creusot, vue par Pierre Trémaux, 1847

30 Mars 2016, 15:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

*LeCreusot vu du Nord-Pierre-Trémaux-aquarelle1847- partie centrale- copyrigh CUCM-doc.écomusée-repro.D.Busseuil

*LeCreusot vu du Nord-Pierre-Trémaux-aquarelle1847- partie centrale- copyrigh CUCM-doc.écomusée-repro.D.Busseuil

Il s’agit dans ce billet de vous parler de Pierre Trémaux (1818-1895), un architecte de formation, fasciné par la photographie en tant que mode d’expression de la différence de conceptions du monde. On en sait peu sur l’homme lui-même, ne serait-ce qu’au niveau de sa biographie. Il fut pourtant un Grand Voyageur au sens du XIXe siècle, c’est-à-dire un découvreur-explorateur en recherche de connaissances sur d’autres civilisations, pour comprendre le monde à un moment de grands changements. Photographe à la manière d’un ethnologue, il aimait saisir les monuments en Afrique, au Moyen-Orient…il avait à cœur  aussi de faire des clichés de paysages de très grande douceur, d’une sensibilité très contemporaine, sans rien d’époustouflant ou de grandiose. Cet Orientaliste a beaucoup contribué à diffuser de nouvelles visions d’un Ailleurs proche, de l’autre côté de la Mer Méditerranée.   

Son œuvre la plus connue est pourtant une de ses aquarelles faite en France qui a ensuite été lithographiée vraisemblablement pour assurer sa conservation. C’est la  ville du Creusot qu’il a dessinée et peinte, sous le titre très précis suivant « Vue d’ensemble de la ville du Creusot avec au premier plan les bâtiments de l’ancienne fonderie royale ». Rien que le titre qu’il a donné à cette aquarelle montre la précision de l’architecte, l’homme de l’art, qui sait mettre en valeur les monuments dans une vision très urbaine, très actuelle aussi. La précision de l’architecte, celle d’un urbaniste - un terme récent qui n’existait pas alors - en utilisant le terme de « ville » qui est tout,  sauf anodin.

Chacune des facettes imbriquées les unes dans les autres va s’exprimer dans cette aquarelle qui a toujours et encore une vigueur d’expression étonnante. Elle a la force de cohérence d’un travail d’architecte, la vision d’un urbaniste, les couleurs d’un site emblématique de la Révolution industrielle, la finesse d’un sociologue du milieu du XIXe et…l’intelligence de faire ressortir la légitimité de la terre déjà reconnue à son plus haut niveau. Et pourtant c’est la référence royale que cet homme-orchestre va faire apparaître très vite dans le titre, avec beaucoup de subtilité, ainsi que le terme de « ville » sur lequel on reviendra.

 

Le Creusot-vu du Nord-Pierre Trémaux- aquarelle 1847-copyrigt CUCM-doc.écomusée-repro.D.Busseuil

Le Creusot-vu du Nord-Pierre Trémaux- aquarelle 1847-copyrigt CUCM-doc.écomusée-repro.D.Busseuil

C’est pourtant la terre que Pierre Trémaux va faire parler, sachant que dans une réalisation architecturale, c’est le site qui commande, pas l’Homme, même si en même temps, chaque architecte a pour ambition de laisser son empreinte, en façonnant pas seulement un bâtiment ou plusieurs, associés dans un objectif fonctionnel. Il a éprouvé le besoin de citer nommément « l’ancienne fonderie royale » dans le titre, même si c’est à la fin, comme un besoin de valoriser le site pour valoriser tout autant le propriétaire de la fonderie, son employeur d’alors. Evoquer un roi en 1847 était une preuve, sans discussion possible, de la légitimité du site et ses aptitudes à pouvoir optimiser le fonctionnement de l’usine. C’était déjà aussi une vision globale très contemporaine du travail de l’architecte qui s’appuie sur le passé pour mettre le présent en valeur afin d’en faire une œuvre qui va s’inscrire dans le futur. Le premier mot figurant dans le titre est pourtant celui de ville qualifiée par l’architecte de façon très novatrice de « ville industrielle ». Le terme est toujours utilisé, pour désigner en 2016 une ville tournée essentiellement vers l’industrie.

Architecte, Pierre Tréméaux est aussi un artiste visionnaire, qui projette en aquarelle la vision la plus ordonnée qui soit d’un ensemble industriel novateur par les technologies mises en œuvre, pour montrer par les différents bâtiments et leur implantation, pour magnifier l’ampleur de la tâche effectuée par la fonderie. C’était aussi une façon de visualiser le nombre de bras nécessaires pour travailler à la fonderie, sans que soient en aucune façon perceptible les conditions difficiles, délicates et dangereuses du travail fait par les ouvriers au contact du feu pour créer une nouvelle matière grâce à la fusion.

C’était pour l’artiste une façon visuelle compréhensible par tous de montrer l’avènement d’un nouveau monde, le façonnage d’une nouvelle société, guidée cette fois-ci non par un roi dont la légitimité était fondée sur la filiation, mais par un Maître des Forges capable par ses idées novatrices et sa prise de risques de créer un nouveau type d’entreprise, par là-même un nouveau type de société - dite paternaliste - et une nouvelle dynastie . C’est l’ordre que l’on perçoit, en application d’un principe où tout est à sa place optimale. Un ordre hiérarchisé qui montre une volonté très forte d'une nouvelle gouvernance d’un nouveau type d'un nouveau monde.

Le-Creusot-et-ses-usines-Elisée Reclus-1830-1905-wikipedia-L'homme & la terre-liv4 ch2

Le-Creusot-et-ses-usines-Elisée Reclus-1830-1905-wikipedia-L'homme & la terre-liv4 ch2

La vision de l’architecte dans cette perspective urbaine. C’est ce que montre l’aquarelle, qui met en valeur l’agencement au sol des différents bâtiments vus du haut du cœur de la fonderie. C’est la meilleure façon de mettre en lumière la nouveauté d’avant-garde de cette architecture industrielle implantée en fond de vallée sur une terre, où le feu, l’eau du canal et les voies d’acheminement jouent pleinement leurs rôles, avec quelques silhouettes humaines présentes dans les allées. Le tableau est conçu comme un plan très visuel qui a pour objectif de prouver la maîtrise d’un process complexe créé par l’Homme au milieu du XIXe, dans une vision sociétale globale. Tous et tout ou quasiment étaient en lien plus ou moins direct avec la production de fonte et la renommée de l’usine et de ses dirigeants, à commencer par Eugène Schneider, le fondateur de l’entreprise en 1836 et la nouvelle dynastie qu’il fonda - non plus royale cette fois-ci- mais entrepreneuriale.

1847-1836. Le rapprochement des deux dates donne à penser que l’œuvre de Pierre Trémaux a - peut-être - plus ou moins répondu à une commande de la part du dirigeant ou à une proposition de la part de l’architecte. En effet celui-ci a travaillé à l’usine. Il avait de ce fait aussi une très bonne connaissance de l’intérieur du site, des fonctionnalités attribuées à chaque bâtiment, des flux et des mécanismes internes de la fusion dans un site qu’il a magnifiquement orchestré en couleurs. C’est aussi ce que traduit sa vision de la Ville nouvelle du Creusot, ce qui déjà à l’époque était déjà une autre façon de valoriser son travail à lui. Faire référence à un roi, oui, tout comme montrer à voir aussi un site industriel intégré où figuraient non seulement les bâtiments dédiés à la fonderie, ainsi que le logement du fondateur de l’usine dans l’ancienne Cristallerie royale. L’architecture classique de la Cristallerie – en haut à gauche en couleur très claire - a vraiment l’allure d’un palais reflétant la haute position du fondateur-président du XIXe siècle. Les ouvriers étaient logés dans les maisons que l’on voit vers la droite.

Les couleurs employées par le peintre que fut aussi Pierre Trémaux donnent aussi à percevoir une autre singularité de sa composition. Photographe plus tard, il a aussi été un jeune homme qui était entré à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1840, soit sept ans avant la réalisation de cette aquarelle. C’est la facette la plus étonnante du créateur de ce dessin aquarellé de la fonderie est aussi une véritable œuvre d’art. Deux réactions viennent à l’esprit quand on regarde sa création picturale comme saisie par un drone vu du haut. Le premier impact porte sur la gamme restreinte des couleurs, qui sont des couleurs de terre, en particulier celles du feu et du noir des fumées, qui vont s’éclaircissant à fur et à mesure que le regard s’élève vers le haut.

On peut distinguer jusqu’à six niveaux de dessins et de couleurs pour remonter le paysage d’en bas vers le haut, avec à la fois beaucoup d’ordre et sans jamais ou presque de véritable symétrie entre les parties de droite et de gauche. La tranche du bas est dédiée au feu, avec ses couleurs différenciées d’ocre, des toits bleutés profonds, associée au beige clair des allées et au noir des cheminées verticales qui deviennent de plus en plus foncées en crachant des volutes de fumées de plus en plus noires au centre dans la séquence médiane horizontale. Mais il y du vert aussi en haut et en bas, sous forme d’une grande pelouse devant le grand bâtiment à gauche et un parc à l’anglaise avec des allées au tracé arrondi pour aller d’un point à un autre sur la droite en bas en opposition au grand bâtiment de grande pouissance  sur la gauche . On ne retrouvera des formes douces arrondies en coloris bleutés-grisés qu’en haut du dessin pour marquer la rencontre entre la terre et le ciel, visibles surtout en côté droit.

*Le Creusot vu du Château de la Verrerie, Corps central, wikipedia, d'après C. Finnot, 2007

*Le Creusot vu du Château de la Verrerie, Corps central, wikipedia, d'après C. Finnot, 2007

On peut distinguer jusqu’à six strates de dessins et  de couleurs pour remonter le paysage d’en bas vers le haut, avec à la fois beaucoup d’ordre et sans jamais ou presque de véritable symétrie entre les parties de droite et de gauche. Il peut même y avoir une fonction identique comme le logement en haut, avec d'un côté le dirigeant dans le Château de la Verrerie et les ouvriers de l'autre côté dans les petites maisons. La tranche du bas est dédiée au feu, avec ses couleurs différenciées d’ocre, des toits bleutés profonds, associée au beige clair des allées et au noir des cheminées verticales qui deviennent de plus en plus foncées en crachant des volutes de fumées de plus en plus noires au centre horizontal. Mais il y du vert aussi en haut et en bas, sous forme d’une grande pelouse devant le grand bâtiment à gauche et un parc à l’anglaise avec des allées au tracé arrondi pour aller d’un point à un autre. On ne retrouvera ces formes douces arrondies en coloris bleutés-grisés qu’en haut du dessin pour marquer la rencontre entre la terre et le ciel, visibles surtout en côté droit.

Pour évoquer le feu, qui a toujours eu une image démoniaque, en plus du danger qu’il présente, c’est l’eau, la plus légère des matières que Pierre Trémaux a utilisée pour représenter une usine qui produit le matériau le plus nouveau, un des plus durs aussi et le plus dangereux pour ceux qui travaillaient à la fonderie. Ce lien entre « le feu de diable, la peste du diable » n’est pas seulement physique. Il explique aussi pourquoi une église figure dans le site représenté par le peintre-architecte, juste à côté de la Cristallerie tout en haut, une église qui protège d’en haut ceux qui travaillent en bas.

C’est grâce à l’église que l’on peut « assimiler » d’une certaine façon ce site industriel intégré à une ville, avec un bémol d’importance, qu’ici sur l’aquarelle, seuls ceux qui y travaillent sont logés sur place, dans ce site industriel où l’espace est la propriété privée du fondateur dirigeant et de ses associés éventuellement. Il n’y a donc ni espace public ouvert à tous, ni rue proprement dite, ni mairie; par contre il y a bien eu une école payée par l’entreprise, qui prouvait une dimension sociale innovante indéniable. Une étude serait à faire pour comparer la ville industrielle du XIXe siècle, le terme choisi par Pierre Trémaux, à la Ville-Usine telle qu’on la conçoit maintenant…C’est la raison pour laquelle j’ai mis entre guillemets la ville industrielle dans le titre.

Le-Creusot-et-ses-usines-gravure-wikipedia-Pierre-Foncin-2e-année-géographie

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Pour suivre le chemin

Le site du Creusot.

. L’histoire du site, « Forges et Fonderie du Creusot 1847 », publiée par L’Illustration, Journal universel en date du 4.09.1847, reproduit in extenso dans un site très documenté, une véritable pépite pour les chercheurs et …les autres. http://www.lecreusot.com/site/decouvrir/histoire/litterature/illustration/illustration.php  http://www.lecreusot.com/site/decouvrir/histoire/litterature/mines_creusot/mines_creusot.php

. L’histoire de la Fonderie royale de la Plaine des Riaux au Creusot sur http://www.culture.gouv.fr/documentation/merimee/PDF/sri26/IA71000146.PDF  . Sur le site de l’encyclopédie Larousse, une gravure anonyme du XVIIIe siècle « Vue de la fonderie royale du Creusot près de Moncenis, en Bourgogne. » http://www.larousse.fr/encyclopedie/images/Fonderie_royale_du_Creusot/1315892  

. Le site très documenté de l’Ecomusée http://www.ecomusee-creusot-montceau.fr/spip.php?rubrique105  

. Voir le résumé de l’ouvrage « Le Creusot, une ville industrielle, un patrimoine glorieux », de Louis Bergeron, Président de l’Ecomusée du Creusot, sur http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_2001_num_56_6_280014_t1_1339_0000_3  

. Une fiche à l’usage des scolaires, avec cette introduction « Après l’installation des usines de la famille Schneider en 1836, Le Creusot devient un des premiers centres de sidérurgie et de métallurgie du monde au XIXe siècle… » http://hg.moitel.free.fr/spip/IMG/pdf/f1_4e_creusot.pdf  

. Le Maître des Forges sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_de_forges

 . Un diagnostic actuel succinct des atouts du territoire en page 12 sous ce titre « Un espace riche de ses ressources », qui reproduit l’aquarelle, avec ces deux phrases extraites du texte, l’une vers le début du texte, l’autre vers la fin « Au plus fort de sa puissance après la Première Guerre Mondiale, la ville comptait 20 000 ouvriers…. L’essentiel de la vie du Creusot tournait alors autour des usines Schneider (travail, école, loisirs, logements ouvriers), ce qui se révéla dramatique pour le territoire avec la faillite de celles-ci. » A voir sur http://www.saone-et-loire.gouv.fr/IMG/pdf/Diagnostic_saone_et_loire_Vdef.pdf  

L’Homme

. Architecte, photographe, dessinateur-peintre et Orientaliste, il avait aussi deux noms au sens on l’appelle Pierre Trémaux tout comme Pierre Tréméaux. On trouve les deux dénominations.

. Pierre Trémaux à découvrir dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Tr%C3%A9maux  dans une biographie fascinante par ce qu’elle ne dit pas. On ne parle que très peu de l’homme, et de sa conception de l’architecture et de sa fascination pour les cultures différentes. Il est classé parmi les Orientalistes, ayant produit un nombre impressionnant d’ouvrages et nombreuses  photographies…Quant aux aquarelles. Il n’a pas dû en faire qu’une seule, quand même!. On sait par exemple qu’il est entré à l’Ecole des Beaux-Arts. En est-il sorti diplômé ? Vraisemblablement non, car cela aurait été indiqué. Par contre on sait qu’il a obtenu en 1845 le Second Prix de Rome en architecture, avec un autre architecte, mais sur quel projet ? Je l’ignore. Celui qui a reçu le premier prix avait conçu une cathédrale.

*Le-Creusot-Forges & Fonderies, L'Illustration 04.09.1847, Dessin Lancelot d'après Bonhommé, Copyrights Aurélien & François Mocq

*Le-Creusot-Forges & Fonderies, L'Illustration 04.09.1847, Dessin Lancelot d'après Bonhommé, Copyrights Aurélien & François Mocq

L’œuvre

. Voir le site du CUCM- la Communauté urbaine Creusot-Monceau- qui abrite le Centre  de Documentation  du Service Economie, au Château de la Verrerie, 71206 Le Creusot, sur http://www.ecomusee-creusot-montceau.fr/ où vous retrouverez Michèle Badia, qui gère notamment les copyrights.  

. Retrouver la lithographie du Creusot d’après l’aquarelle de Pierre Trémaux dans le site « Le livre scolaire » à l’intention des lycéens de 4è sur http://www.lelivrescolaire.fr/#!manuel/41/histoire-geographie-education-civique-4e/chapitre/308/l-age-industriel/page/692299/le-creusot-une-ville-industrielle-au-xix-e-siecle/image/699201  « Le Creusot, une ville industrielle au XIXe siècle ; comment une entreprise industrielle transforme-t-elle une ville au XIXe siècle ? »

. Retrouver des clichés pris lors des voyages de Pierre Trémaux http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/cgi-bin/library?c=rosalipedie&a=d&d=/ark:/74899/B315556101_ND0324_001-002#.VvQVgeaj-2I  

. Voir un de ses clichés conservés au Musée d’Orsay à Paris, qui a pour titre « Voyage au Soudan, Vue de Tripoli de Barbarie prise à l’Est du Port vers 1853 », un paysage d’une très grande douceur qui montre ce peintre photographe, ayant la précision de l'architecte dans le dessin et le titre, également maître de paysage, une notion très avant-gardiste pour l’époque… http://www.photo-arago.fr/Archive/Voyage-au-Soudan-oriental,-vue-de-Tripoli-de-Barbarie,-prise-%C3%A0-l'est-du-port-2C6NU0XPQ0_R.html  

La symbolique du feu

. Consulter l’étude de Cristian Chenault sur « Le Diable une figure toujours d’actualité » http://terrain.revues.org/9173  avec un chapitre notamment dédié à « Feu de diable, Peste du diable » ou par un retournement de l’histoire, ce diable est maintenant plutôt évoqué de façon positive par la publicité, pour déboucher une cheminée, par exemple !

La Ville-Usine

.Le Patrimoine et la Culture industrielle en milieu rural . La ville-usine, étudiée tout particulièrement dans https://rge.revues.org/3683  avec des clichés pris en Europe sous le titre de « Patrimoine et culture industriels en milieu rural : quelles spécificités ? »

. Voir aussi dans La Revue géographique de l’Est, vol. 52 / 3-4 | 2012 | Identités, territoires et paysages ruraux en mutations, Patrimoine et culture industriels en milieu rural : quelles spécificités ? Industrial heritage and culture in rural areas: any specificities? Simon Edelblutte et Johann Legrand, sur https://rge.revues.org/3683

Photos insérées dans le billet

. L’aquarelle de l’architecte, qui fait l’objet de ce billet, est sous copyright du CUCM, Service EcoMusée, avec mes remerciements tout spécialement à Michèle Badia, Documentaliste au Centre de Documentation, située au Château de la Verrerie sur http://www.ecomusee-creusot-montceau.fr/  .

. Les dessins de Lancelot d’après F. Bonhommé qui figurent dans « Le Tour du Monde, portant sur le Creusot et les Mines de Saône et Loire » 1865, de Louis-Laurent Simonin 1830-1886, ont été photographiés par Aurélien Mocq et François Mocq, photographes . Voir le site www.leCreusot.com  cité dans la bibliographie. Pour plus d'informations, françois.mocq@gmail.com

. Autres clichés en provenance de wikipedia, toujours indispensable, avec mes remerciements aux différents contributeurs, en particulier Christophe Finot pour sa photo du Château de la Verrerie, dont vous pourrez voir le cliché en entier dans wikipedia.

* Encore une précision, la dernière, c'est promis: les clichés dotés d'un * au début de l'intitulé ont du être coupés, pour cause de format trop large ne pouvant être prise en compte par le système. Je présente mes excuses aux contributeurs et je conseille aux lecteurs de revenir aux sites d'origine pour retrouver les clichés dans leur entièreté. 

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Le bestiaire de la pub > Le Pingouin > La peinture Pingouinlack > 1948

22 Mars 2016, 18:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-partie-haute-Cl.1/2 Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-partie-haute-Cl.1/2 Elisabeth Poulain

L’objet du billet. Il s’agit de vous parler, vous l’avez compris, d’un pingouin tout heureux d’avoir été choisi pour vanter les mérites d’une peinture « moderne », comme on disait à l’époque. Son slogan est « Pingouinlack peint tout et partout » comme il est marqué à la droite de l’échelle sur laquelle se tient notre animal. Tout en bas figure un slogan qui résume ce qui visiblement ne se discute pas : c’est « la meilleure peinture émailée. »

Ce pingouin est clairement « humanisé » de façon à pouvoir tenir de sa "main" gauche un pinceau tout en s’accrochant fermement de sa "main" droite à une échelle qui n’est guère plus grande que sa hauteur à lui. L’objectif n’était pas de mettre en valeur ses capacités de peintre, mais bien plutôt de mettre en lumière le grand pot de peinture sur lequel il a posé sa patte gauche et les pots blancs et bleutés qui l’entourent. C'est une façon souvent utilisée dans la publicité pour capter l'attention des lecteurs. En 1948, c'était aussi franchement nouveau.
 

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-Cl.2/2 Elisabeth Poulain

La comparaison entre ce pingouin de publicité et un vrai pingouin montre plusieurs différences, qui portent essentiellement sur les bras, qui dans le dessin sont beaucoup plus longs et articulés de façon humaine. Ce n’est pas le cas dans la réalité pour l’animal qui s’en sert essentiellement pour nager, comme avec des palmes. Dans le dessin, il s’agit de lui permettre de sa main droite de tenir l’échelle et de la gauche son pinceau vers le haut. Par ailleurs son bec a été allongé pour rendre la tête plus visible , tandis le dessus du bec supérieur a été redessiné de façon à rendre la courbure moins prononcée. Ce pingouin a l’air de sourire, tant il est content et fier de peindre avec cette peinture Pingouinlack écrite en lettres rouges.

Aucune indication n’est donnée sur l’auteur de la peinture émaillée, ni sur le nom ou la localisation de l’émaillerie belge. Seule l’année est indiquée, précédée de deux lettres « Ca 1948 ». Et c'est donc ainsi que se termine cette petite histoire d'un pingouin-peintre professionnel  heureux...

 

                                                                            *

Pour suivre le chemin

. Cette plaque émaillée figure dans le catalogue « Salorges Enchères », du 18 décembre 2010, 8 bis, rue Chaptal, BP 98804, 44188 Nantes cedex 4, Tél 02 40 69 91 10, kac@interencheres.com  en page 4

. Le grand pingouin https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Pingouin  

. Le manchot, qui a pour signe distinctif d’avoir deux tâches jaunes de part et d’autre à la base du cou https://fr.wikipedia.org/wiki/Manchot_empereur  

. Lire un autre billet sur le pingouin sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/2015/11/le-bestiaire-de-la-pub-le-pingouin.html  en date du 5 novembre 2015 pour une publicité Dun & Bradstreet France en provenance de l’Essentiel du Management juillet 1999.

. Cliché Elisabeth Poulain

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Les 10 « Quality Sticks » > Pieterman, Breda, Hollande > Le paquet

21 Mars 2016, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Ce que veut dire le titre. On comprend qu’il y a 10 bâtonnets de qualité, de marque Pieterman, dont le siège se trouve  à Breda en Hollande, en n’oubliant pas  que chaque élément du packaging compte par sa présence, la façon dont est donnée l’information et/ou par l’absence de certaines d’entre elles. Il faut d’emblée préciser aussi que la date à laquelle j’ai acheté ces paquets aux Pays-Bas a de l’importance. Ce devait être en fin d’années 1999, 2000… dans le but de montrer à des étudiants de Master (bac + 5) la  créativité de concepteurs de packaging  capables d’aller loin dans le mimétisme, tout en restant dans une certaine légalité.  

L’interprétation du moment. C’était le temps où tout semblait possible. Le nouveau siècle allait être une durée longue de prospérité, de paix où tout allait être possible. C’était vrai dans le domaine du vin pour les adultes, des sucreries en veux-tu, en voilà pour les enfants… et  dans beaucoup d’autres symboles de réussite, comme la voiture par exemple. Il y avait aussi en corrélation une certaine tolérance réglementaire qui autorisait ce qui pourrait ne plus l’être maintenant.

Les noms des trois paquets. Ces Quality Sticks portent des noms très évocateurs, en anglais forcément, devenu déjà la langue universelle depuis l’arrivée du marketing dans nos sociétés dans les années 1960. Par ordre alphabétique, voici Country, Hillburry et Palm, dont chaque paquet raconte une histoire à sa façon.

Quality Sticks-Country-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

. COUNTRY se présente sous forme d’un paquet légèrement bleuté, avec des touches très légères de vert pour évoquer le parc qui sert d’écrin à un bel hôtel particulier XVIIIe ou début XIXe siècle en Louisiane, un Etat des Etats-Unis d’Amérique, à la longue histoire aristocratique.

 

Quality Sticks--Hillbury-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks--Hillbury-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

. HILLBURRY évoque la Grande-Bretagne dans son packaging. Il existe à Londres une Hillburry-Road à Londres, comme des familles qui portent ce nom qui intéressent les généalogistes. A part le nom, seul un dessin d’emblème de couleur jaune or est placé au-dessus de la marque représentée en blanc. Deux barres fines structurent le haut et le bas du rectangle bleu, avec du blanc en finition.

Quality Sticks-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

. PALM rompt avec cet essai de projection aristocratique, en ce sens COUNTRY est plus réussi. Le paquet montre un dessin de palmier vert au tronc brun sur un fond de dunes de sable, qui projette sa propre ombre. C’est le seul packaging directement compréhensible à des Européens, qui connaissent tous CAMEL, la grande marque au célèbre chameau facétieux. 

                                                                      *

L'objectif du fabricant. Il s'agissait de jouer sur l'analogie avec des cigarettes en chocolat sans jamais prononcer le terme ni de cigarette, ni de de chocolat. Parler de Quality Sticks était autrement plus chic et ... conforme vraisemblablement à la réglementation néerlandaise. Je ne sais pas si, en France, il aurait été possible de faire de même et pour en dire plus, j'en doute vraiment. Par ailleurs et s'ajoutant à ces lancements à gros budgets publicitaires   de produits de consommation pour enfants et jeunes adolescents, de fortes offensives publicitaires ont eu lieu également dés avant l'an 2000 pour booster la dynamique du sucre, avec une créativité et une imagination inégalées depuis.

Il est enfin temps de se séparer de ces paquets de quality sticks (QS) achetés  aux Pays-Bas spécialement pour faire travailler les étudiants  sur les techniques marketing utilisées dans le domaine du packaging, lors du changement de millénaire. D'autres marques étrangères firent preuve dans ce domaine d'encore plus d'imagination, qui eurent beaucoup plus de succès auprès des étudiants. Globalement, ces QS  n'obtinrent pas un grand succès. Il faut dire aussi qu'ils étaient ciblés surtout sur des 10 ans et +. Ceci dit, jouer la ressemblance avec le paquet de cigarettes pour favoriser l'achat de ces paquets de sucreries était tout à fait volontaire pour appâter des presqu'ados à faire comme les "grands". Bientôt eux aussi...

Je ne suis pas sûre que ces assimilations aient été neutres, sans influence pour autant dans l'image positive plus tard de la cigarette. Ces QS étaient des petits Chevaux de Troie...C'est la raison pour laquelle même à l'époque, le mot même de c..., n'était pas prononcé, en lui préférent celui de "quality stick, qui ne veut strictement rien dire.             

 

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Quality Sticks-Country-Hillbury-Palm-Pieterman-Breda-Holland-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Ce billet est classé dans la catégorie "Paysages",  à comprendre comme des paysages publicitaires, qui se fixent dans l'esprit au même titre que des paysages divers et variés...

. Breda sur http://english.breda.nl/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A9da  

. Stuyvesant, voir l’histoire de la marque sur http://www.boweryboyshistory.com/2012/05/smoke-peter-stuyvesant-new-amsterdam.html  

. Camel à retrouver en particulier sur http://www.cigarette-en-ligne.fr/Peter-Stuyvesant.html  

. Imperial Tobacco   https://fr.wikipedia.org/wiki/Imperial_Tobacco

. Clichés Elisabeth Poulain    

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The song of the talking wire, Henry F. Farny, peintre des Indiens 1904

14 Mars 2016, 14:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire-partie centrale, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl1/2. Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire-partie centrale, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl1/2. Elisabeth Poulain

C’est le vrai titre de cette peinture d’Henry François Farny. Ce peintre américain, d’origine alsacienne, a choisi d’intituler son œuvre de cette façon à la fois vraie et fine, « The Song of the talking wire ». Un titre qui pourrait être traduit par la chanson du fil qui parle, wire signifiant le fil à prendre dans le sens ici de fil télégraphique…

Le tableau date du tout début du XXe siècle, en 1904. La société nord-américaine avait découvert avec émerveillement l’invention du morse qui permettait de communiquer en temps réel entre des correspondants éloignés physiquement l’un de l’autre. Preuve en fut faite en 1844 grâce à une transmission d’un message entre Washington et Baltimore à une centaine de kilomètres, lors de l’élection à la vice-présidence des Etats-Unis.

Cette invention du télégraphe était une telle novation, fabuleuse pour l’esprit, qu’elle prit automatiquement le nom de son inventeur Samuel Morse. C’était déjà une sorte de dématérialisation de l’information visuelle, celle-ci étant transformée en sons perceptibles par ceux qui avaient les codes pour l’émission, la transmission et la réception. Elle se diffusa à l’échelle du continent nord-américain au fur et à mesure de la mise en place des poteaux de bois qui supportait les câbles télégraphiques.

Henry F. Farny, The song of the talking wire, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl2/2. Elisabeth Poulain

Henry F. Farny, The song of the talking wire, 1904, Taft Museum-wikipedia, Cl2/2. Elisabeth Poulain

La relation à la terre en culture indienne était extrêmement forte du fait même de son inaliénabilité : nul ne pouvait la posséder, ni la détruire puisque la survie de tous dépendait d’elle, la nature et les animaux y compris. Dans ces conditions, voir un poteau planté en terre pouvait provoquer des interrogations, en voir des séries à espaces réguliers puis découvrir qu’on y fixait des câbles pouvaient être à juste titre être sources d’inquiétudes. C'était une coupure visible de ce qui était un. Quand plus tard, ces poteaux à leur tour commencèrent à parler relevaient franchement de la magie, que tente de comprendre l’homme que l’on voit collant son oreille au poteau pour mieux en sentir les vibrations. Il écoute, il écoute, il sait que quelque chose est dit, transmis…Il le sait et malgré toute son attention, il sait qu’il ne comprend ni la teneur du message ni la façon dont le poteau vibre, ni ce que disent les fils en haut.

C’est ce qu’a voulu transmettre Henry François Farny dans une grande sobriété de composition, de couleurs et de paysages. On y voit un homme son oreille collée à un poteau qui fait partie d’une ligne qui coupe le tableau en deux. En arrière, à l’horizon, se déploie un paysage fait d’arbustes, de quelques bouquets de petits arbres, avec des nuages qui mangent l’horizon. Certains pourraient ressembler à des montagnes en partie droite. C’est là aussi mais devant que se trouvent ses chevaux dont l’un porte une biche ( ?), que le chasseur vient de tuer avec son fusil qu’il a gardé en main pour écouter « le chant du fil qui parle… »C'est la partie du Temps présent. De l'autre côté, en symbole du temps qui passe, on discerne difficilement dans la neige les os d'une tête de bison, comme un hommage aux Temps anciens.  Ce n’était déjà plus l’époque où les hommes partaient à la chasse avec leur arc et leurs flèches… C’était déjà celle de l’arrivée de la modernité, la nôtre et celle d’artistes qui furent parmi les premiers à s’intéresser à la culture indienne.

Pour suivre le chemin

. Lire aussi sur ce blog, le billet dédié à Morning Gun, Grand Chef indien, sur la base d’un portrait réalisé par un peintre allemand Winold Reiss, né en Forêt Noire en 1913, fasciné lui aussi par la Grande Aventure Indienne http://www.elisabethpoulain.com/article-m-comme-man-morning-gun-grand-chef-indien-pecunnie-winold-reiss-125424581.html  

. Retrouver Henry F. Farny, qui s’était formé à la peinture pendant trois ans à l’Académie royale de Düsseldorf en Allemagne de 1867 à 1870 sur http://www.the-athenaeum.org/art/list.php?m=a&s=tu&aid=541  

. Et sa célèbre peinture sur le site du Taft Museum, Cincinnati's Home for Art http://www.taftmuseum.org/collections/collection_highlights/36-1931-466_tma  

. Sa biographie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Farny  

. Aperçus sur la culture indienne https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens  ainsi que http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Am%C3%A9rindiens/124931  

. Lire le bon article sur les Amérindiens https://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens_aux_%C3%89tats-Unis  

. Les Indiens des Plaines sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Indiens_des_Plaines#/media/File:Plains_Indians_range.png  

. La chasse aux bisons avec arc et flèches https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_au_bison  

. On peut se reporter aussi avec profit à l’ouvrage « Les Indiens d’Amérique du Nord », texte de Thomas Page sur Minerva 1979, Genève.

. Photo Elisabeth Poulain 

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