Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les valeurs de la pub

4 Mars 2009, 10:02am

Publié par Elisabeth Poulain

Bien sûr ce n'est qu'un exemple. Toutes les pubs ne sont pas pareils, toutes ne portent pas sur l'univers du luxe, toutes ne sont pas sulfureuses. Mais il en est quand m^me certaines qui passent la ligne et qui dérangent.  C'est une pub Dolce & Gabbana pour des costumes pour homme parue dans le Monde  du 27.02.2009.  

Imaginez une publicité en faux noir et blanc (1/2 page); seuls ressortent un peu de blanc pour les chemises et surtout la couleur chair, celle de la peau bien huilée, d’un athlète à genoux, torse dénudé, mains jointes tête baissée, doigts croisés comme s’il était en attente, le regard à terre ; c’est lui qu’on voit en Ier, il est en second plan. A sa droite, tout au coin gauche en bas de la scène, au Ier plan pour nous, un autre homme  en train d’attendre, les mains posés en boule l’une sur l’autre, le regard à terre.

 

Au milieu de la scène (en 3è plan), se trouve le maître, un homme assis dans un grand fauteuil de cuir noir bien sûr avec un bandeau noir sur l’œil gauche, un lévrier de bronze noir huilé posé près de sa main droite. Il est las, méprisant, saturé ; il a tout vu, tout fait. Toute la scène s’articule autour de lui. Tout converge vers lui. Le 4è homme est face à nous à droite, il est à genoux, les mains placés l’ une sur l’autre, sans avoir les doigts croisés, à côté de l’homme assis. Il nous regarde dans les yeux. Son visage n’exprime rien. Par derrière lui au fond en 5è plan, légèrement décalé vers le fauteuil se trouve un homme jambes écartées qui surveille la scène, un garde du corps peut être. Il manque le dernier homme à gauche en 4è plan, c’est un cameraman asiatique, dont on ne voit pas les yeux, il est en train de filmer une scène à terre situé en partie gauche hors du champ de la pub. La caméra voit et pas lui. C'est là où on comprend le double ou triple jeu des publicitaires: la scène est censée  être conçu pour le tournage d'un film. On peut tout se permettre au nom de la culture, n'est-ce pas?   

 

Tout est noir, gris, beige sale pour les murs, le décor est luxueux, la promiscuité grande. L’atmosphère est si étouffante et glauque qu’elle donne la chair de poule. On évoque l’Italie de Mussolini, les chemises brunes, la décadence, des jeux dangereux pour les hommes en attente… Cette mise en scène focalisée sur les besoins d’un pervers, avec un suppliant torse dénudé et deux autres hommes tous à genoux devant lui, auxquels s’ajoutent un homme prêt à dégainer et un caméraman avec un bandeau sur les yeux. La caméra voit et pas lui. Ca fait vraiment froid dans le dos. Et tout ça pour valoriser la vente de costumes.


Pour suivre le chemin
. Photos EP, Collection Emmaus 

 

Voir les commentaires

Com de Crise, Crise de Com

3 Mars 2009, 17:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

La com en période de crise

L’impression, comme toujours, est qu’on parle un peu trop souvent de crise à propos de tout et du moindre changement. Ce serait plus utile de se demander de quelle crise on parle. Quant à la com, c’est pareil. Les soucis existaient déjà avant. 
 

A la question s’il y a une com de crise, la Ière réponse est oui. Comment voudriez vous qu’il n’y ait aucun changement alors que tous les paramètres de la com changent et en un temps très court. Il y a moins d’annonceurs, moins de budget alloué  à la communication, moins de presse en bonne santé, moins d’acheteurs du journal, plus de pression sur les prix, plus d’attente de retour sur investissement…

 

Les dimensions des encadrés publicitaires

Elles sont plus imposantes. La page entière est plus fréquente, la double page est moins rare.

. Un bel exemple est la pub Mauboussin, récupérant le Yes we can sur fond de drapeau américain à acheter un bijou et gagner des donuts (beignet américain) avec 1, 2 ou 3 billets de 100 USD en double page centrale du Monde 28 février 2009. On vous donne un vrai billet de banque.

. De gros annonceurs de la presse économique (masculine), s’offrent maintenant 4 pages pleines, en blanc sur fond noir, en sur-couverture du journal entier, avec une publicité répétée à la télévision pour Citroën (Les Echos, Vendredi 13 février 2009). Comme pour la publicité bleue dont j’avais déjà dénoncé le procédé*, cette pub en noir et blanc recouvre un article sur le concurrent direct, Renault en l’occurrence, avec un titre hyper-pessimiste : « Eprouvé, Renault redoute une nouvelle chute du marché. » Notons que cette façon de mettre l’accent sur l’information négative concernant un concurrent renforce la gravité de ce manquement à la déontologie. Ce type de publicité offre en effet la novation de l’usage de la couleur sur toute une partie du journal et plus seulement sur l’encadré publicitaire de sortir du champ réglementaire qui veut justement qu’on puisse distinguer ce qui est info de ce qui est pub. Le texte de la pub est bien dans l’encadré réglementaire, la couleur de la pub a tout envahi. On a largement dépassé la pub comparative.

 

Les accroches plus directes

Encore plus persuasives, du genre « vous êtes perdu dans la tempête, nous allons vous guider ». Il s’agit pour les annonceurs, des grandes entreprises de consulting, d’attirer l’attention et de rassurer :

.  de faire comme Tiger, le champion du monde de golf, pour savoir « se projeter avec une visibilité aussi faible » avec accenture High performance. Delivered. Le fait de recourir à un sportif n’est pas nouveau, mettre l’accent sur l’absence de visibilité à ce point si.

 

. L’usage de plus en plus répandu est de vendre de l’espace vide en vous promettant « d’avoir les bonnes cartes en main ». Le graphisme est bizarre, les couleurs fadasses, c’est assez dérangeant pour qu’on le remarque. C’est le cas avec une pub Microsoft qui offre des solutions  décisionnelles people_ready* aux entreprises (*= « se dit des entreprises, des logiciels qui sont prêts, efficaces, performants et immédiatement opérationnels » (LE, 02.03.2009),

 

Le vide et le parler vrai

On va retrouver ce vide en grand format avec deux pubs parus le 21 février 2009 pour la Grande Distri. L’une en page 7 montre un poing fermé prêt à taper sur la table « ça suffit » (sous-entendu la vantardise de leurs concurrents en faveur des leurs prix moins chers) choisi par Intermarché et l’autre en page 14 de Leclerc avec deux panneaux de sens interdits démontrant leurs prix sont moins chers. Ce n’est pas beau ni pour l’un ni pour l’autre mais ça se veut efficace, comme une preuve supplémentaire de parler v rai.  

 

La quasi-disparition de la publicité

Ce qui frappe toujours dans Les Echos ou dans Le Monde, c’est qu’il n’ y a presque plus de pub si ce n’est pour la presse ou le journal lui-même. C’est d’autant plus frappant qu’il y a de plus en plus de pages sans pub du tout. Un exemple avec Le Monde du 20 février 2009, en page 1 un petit encadré pour une pièce de Tchekhov au Théâtre de La Bastille, dans le reste du journal, une pub pour Courrier International, 1 pour Challenges, 1 pour le Nouvel Observateur, 2 pour Le Monde, 1 autre pour Le Monde du Design, 3 petites pour Le Monde, soit 4 au profit du Monde sur les 8 au total.  

La sur-utilisation de la pub associée au Luxe

Qui aurait pu prédire un tel impact négatif sur les quotidiens et les magazines d’ailleurs en aussi peu de temps? La crise certainement. Mais il y a aussi une autre explication. Parallèlement se créent, à côté de ces parutions habituelles et sous leur bannière, de nouveaux médias dont l’existence est entièrement fondée sur la pub. C’est le cas avec tous les suppléments Luxe qui se portent, eux, très bien, bien à l’abri dans un cocon bien au chaud, éloigné de la sinistrose quotidienne véhiculée en temps de crise par le vaisseau amiral.

 

A quoi bon communiquer dans un n° lambda quand on peut le faire dans un magazine d’hyper-luxe, dont tous les éléments éditoriaux sont markétés à un point que je n’aurais jamais cru pouvoir voir. Tout est  conçu pour un segment bien précis de lecteurs qui par définition sont peu nombreux. Là pub dans ces suppléments ne vient pas en complément d’un article de fond. Elle est le moteur et la raison d’être du journal. Les articles viennent après en collant à la pub. C’est de l’info en renforçateur de la pub !  Conséquence de la création de nouveaux supports dédiées à des annonceurs du luxe, c’est l’assèchement des parutions de ces mêmes annonceurs dans le (vrai) journal principal. Un des deux contre-exemples que j’ai trouvés est une pub de Versace pour un sac rose Vanitas Collection (LM 21.02.2009).   

 

Résultat de la concurrence entre ces grands médias, ils font tous la même chose. On avait en des temps déjà révolus dénoncés l’impact du marketing et de la pression publicitaire sur le vin par exemple, mais maintenant la contamination a gagné la presse économique et la com. Tous leurs acteurs mettent en pratique les techniques de benchmarking pour proposer des produits qui collent au marché, en additionnant ce que font les concurrents.  

La surenchère

Le problème de la duplication de ce que font les autres au nom de la bonne connaissance du marché amène à une exagération qui n’est pas franchement du meilleur goût. Ce sont Les Echos qui nous racontent l’histoire de cette campagne de communication de l’agence TBWACompact ( sur 3 ans, 1, 4 million d’EUR, financé par le Conseil général) avec ce slogan pour 2009 « En Gironde, à chacun sont point G ».  Comme le dit Franck Niedercorn, le journaliste de Bordeaux qui conte l’affaire (LE 02.03.2009) « on frémit déjà du slogan l’année prochaine ». Au moins, ça c’est drôle. L’objectif était d’être osé et jeune. L’agence a créé un site pour faire un maximum de buzz en achetant tous les mots clés et les bannières incluant ce Point G. On en arrive à ce qui fait mal, c’est la connexion avec le Web.

 

Les liaisons dangereuses

Elles le sont vraiment pour les campagnes d’affichages classiquement installées à la Gare Montparnasse et dans le métro, relayées par la presse quotidienne régionale, nationale  et à l’étranger. Cela ne suffit plus ; il devient impératif de capter l’audience du Net pour transformer chaque surfeur en propagandiste actif de la pub, comme dans le Point G précédent en plus des campagnes d’affichage.  Après il ne faut pas s’étonner si l’information et la com échappent de plus en plus aux supports et aux acteurs classiques puisque ce sont les Internautes qui font leur boulot en partie.  Parler de crise alors est un tantinet choquant puisque ce sont les professionnels eux-même qui poussent à ce mélange des genres en se faisant chèrement payés (près de 260 000EUR rien que pour la partie Internet de la campagne 2009 du Point G).

 

Le mauvais moment

C’est ce à quoi on pense quand on voit que c’est le moment choisi par les Pouvoirs Publics pour lancer une campagne contre les vignerons qui communiquent de mieux en mieux sur leur travail et sur leurs vins. A eux seuls,  sans le secours de personne et sans subvention et en parlant cette fois-ci vraiment vrai parce que c’est vrai et pas de la pub, ils savent attirer les touristes, bien mieux qu’une campagne publicitaire plus ou moins séduisante. C’est vraiment pas le bon moment de s’attaquer à des vignerons qui créent de l’information originale de première qualité et qui font vivre  une région. 

 

Alors Com de crise, oui, ça commence ; crise de com, aussi. Il faut attendre que les situations se décantent pour voir émerger de nouvelles formes de communication. Pour l’instant, nous n’en sommes qu’au début dans tous les domaines et pas seulement le Net.  Maurice Lévy, PDG de Publicis, vient d’ailleurs de déclarer que « notre système de valeurs est en crise » (LE 23.02.2009).

 

Dommage que Maurice Lévy n’ait pas détaillé la crise des valeurs dont il parle. En fait il vise le mode de fonctionnement de notre société, dont la pub n’est qu’une des facettes. On est d’accord : la société forme un tout et la pub n’en est qu’un élément. A mon avis, ce n’est pas la com qui est en crise mais bien la question de ses valeurs et celle de sa valeur ajoutée. C’est bien pour cela que je vous ai réservé une pépite publicitaire pour la fin : l’autre contre-exemple de pub du luxe que j’ai trouvé dans Le Monde le 27.02.2009. C’est une pub pour Dolce & Gabbana pour des costumes homme (à découvrir dans le prochain billet).  

 

Pour suivre le chemin

. Récapitulatif: sur les 11 pubs cités, 4 sont de l'auto-pub, 3 portent sur votre argent (à dépenser en moins pour les gens 'moyens', en + pour les 'luxes'), 2 sur le conseil aux grandes entreprises, 1 sur le luxe courant  et sur le sexe (des femmes.)   
.* Voir le billet paru le 20.10.2008 sous le titre « En matière de pub, on a encore rien vu » concernant une pub pour une Mercedes Classe A 160 BlueEFFICIENCY

= LE pour Les Echos, LM pour Le Monde

. Quelques explications, j’ai choisi de parler de la pub dans la presse professionnelle masculine pour mieux apprécier le rapport entre l’info et la pub. Choisir la presse féminine aurait été moins parlant car les grands annonceurs sont aussi les actionnaires des grands titres. D’autres revues hyper-luxueuses ont  déjà complètement franchi la ligne de la frontière entre la pub et l’info. Ce sont des supports de pub, avec un tout petit peu d’info pour pouvoir passer pour de la presse. C’est très intéressant à voir. Citizen K Printemps 2009 sort aujourd’hui

. Photos EP , la photo de la boussole a été prise à la devanture d'une banque l'été 2008  

 

 

      

  

Voir les commentaires

Vin, Changement et Com

2 Mars 2009, 11:03am

Publié par Elisabeth Poulain

 

 

A chaque fois que quelque chose change dans le monde, se pose la question, dont on connaît pourtant bien la réponse, à savoir si le changement va justement changer quelque chose, sans que ce soit une crise. Je sais que ça a l’air confus, énoncé comme ça, confus et bête et. Et pourtant c’est exactement ça, en ce moment surtout, mais aussi tout le temps. A force d’évoquer la crise et de crier aux loups, parfois ils arrivent, surtout que ces cochons de loups ne nous préviennent pas. Ou plutôt qu’ils nous préviennent à leur façon mais que nous n’écoutons pas. Certains ne collent pas assez leur bonne oreille sur le sol pour sentir les vibrations du marché. La bonne oreille, celle qui entend ; pas l’autre qui est capable de saisir tout ce qui lui promet la pub, la com et les politiques.   

 

Charles Joguet, Encres, peintre, Chinon

 

 

L’exemple du marché anglais du vin

Nul ne peut ignorer non plus que le marché anglais est un marché de promo. Un des reproches faits en GB aux vins français a toujours été de ne pas prendre en charge l’animation du rayon. Un de leurs mérites est de ne pas être cher à l’achat par le distributeur. Mais entre deux vins, dont l’un (le français) n’est pas cher (ni à l’achat, ni à le re-vente au consommateur final) et l’autre un peu plus cher (l’australien) mais qui est assorti en plus d’un budget conséquent d’offres promotionnelles complétées par une campagne publicitaire, le choix est facile à  faire quand vous êtes la centrale d’achat. L’un est un produit statique, froid et qui risque de peser sur les stocks et l’autre un produit vivant, chaud et qui gonfle la trésorerie et attire le client friand d’exotisme.  30 ans après l’annonce des changements à venir par l’Onivins, on nous présente à nouveau le marché anglais comme un sinistré de la crise qui a débuté ‘officiellement’ en 2008-2… Entre 1980 et maintenant, il y en a eu de ces crises annoncées !

 

C’est un bon exemple d’information - pourtant abondamment diffusé au profit des professionnels- en  sous-utilisation par eux pour conserver leur parts de marché face à la concurrence étrangère sur un marché étranger. Le marché est un être vivant et qui se modifie donc 24h sur 24h où que ce soit dans le  monde. Evidemment ceux qui intègrent le changement sont mieux armés que les autres quand arrive vraiment une vraie crise sociétale, qui dépasse le monde du vin et forcément va le toucher.

 

La minimisation de la concurrence

On peut alors s‘interroger  sur ce qui peut apparaître comme une véritable résistance au changement dans le domaine du vin. Pourquoi cette résistance à la transformation d’une information professionnelle en action stratégique de la part de l’entreprise ? Nuançons tout d’abord. Certaines entreprises savent très bien le faire. Il y a maintenant de plus en plus de jeunes vignerons engagés dans des démarches très qualitatives et qui ont l’oreille de la presse et des importateurs, des domaines qui savent rentabiliser aussi leur réseau de distribution en devenant négociant, de plus de négociants en vins à identité qualitative, en particulier dans le bio et de plus en plus d’importateurs connaisseurs en recherche de petites séries.

 

Il n’en reste pas moins que cette résistance au changement tient en une raison, c’est la minimisation de la concurrence qui va de pair avec la faible importance accordée à la distribution. On sait que la concurrence existe ; on en parle beaucoup ; on s’en plaint énormément et trop souvent on entend des gens du vin agiter le spectre de la concurrence, avec des titres d’une violence verbale inouïe du genre ‘on veut assassiner nos bons vins français’. Comme si ces mots violents étaient de nature à exorciser ou repousser les pertes bien réelles des commandes conclues par les concurrents.

 

Le drapeau de la culture

Une hypothèse complémentaire est le lien qui s’établit en France entre cette faible perception de la concurrence et de la distribution  et l’appel à la culture. Le vin d’appellation de France, bien culturel français par définition, ne saurait avoir de concurrent puisqu’il repose sur le concept du terroir qui se résume dans sa plus simple expression comme étant un vin d’un endroit bien précis produit dans les conditions prévues par la loi qui est en France, en plus, un outil puissant au service de la culture.

 

Cet accrochage du vin à la culture n’est pas un simple truc pour gonfler le prix de vente du produit. C’est plus profond et participe à la définition si française du « bien vivre ». C’est le bon côté de la chose. L’autre est plus gênant. A trop évoquer la culture, bien des vignerons ‘oublient’ que le vin est d’abord un produit à vendre. Tant qu’il n’est pas vendu, il est une charge et quand on a trop de charges, on coule parce que cette fois-ci la concurrence ne va plus être seulement celle que l’on subit en allant à l’étranger mais celle qu’exerce le collègue voisin.

 

 

La conjonction entre tous les facteurs négatifs

A trop parler de culture et pas assez d’économie d’entreprise, on occulte le fait que le vin doit se vendre pour rapporter de l’argent. Quand on additionne =

+ une mauvaise vision de la dure réalité de la concurrence

+ la minimisation de l’acte de vendre et la distribution,  

+ un appel mental constant à la culture-culture qui ne fait pas appel à l’argent, si ce n’est celui de la collectivité

+ une disposition bien française à limiter la vente au produit lui même sans vendre du service en plus pour animer le rayon chez le distributeur,  ou plus simplement comme la prise en charge du transport et du dédouanement jusque chez l’importateur,

= il est clair que la partie à jouer contre la concurrence est encore plus difficile.

 

Dans un texte récent relatif à la crise, une personnalité souhaitait par exemple que les exportateurs français assument l’obligation de transport de la marchandise qui repose dans la quasi-totalité des cas sur l’importateur. Oui, c’est une bonne idée sauf que ça ne marche pas comme ça. Il ne suffit pas d’avoir un port en déclin à disposition, Bordeaux en l’occurrence, pour que le transport effectué par le vendeur parte de Bordeaux. Il faudrait  déjà connaître ses Incoterms et avoir une bonne connaissance de l’offre des commissionnaires de transport. Il faudrait aussi que l’acheteur ait intérêt à ce que le vendeur prenne le transport et le dédouanement en charge. Pour ça, il faudrait négocier et revoir toute la chaîne et ça, ça ne s’apprend pas en un clic, surtout quand arrive une vraie crise.  

   

Les réactions aux tensions des marchés

Quand ça va mal, le Ier réflexe est de vendre à tout prix, c’est à dire à petit prix. C‘est jouable un certain temps, quand on a un peu de réserve. Si non, c’est suicidaire à plus ou moyen terme, pour l’entreprise et la profession. Les acheteurs ont vite fait de faire jouer contre les vendeurs la concurrence à la baisse des prix ou d’exiger de promotions en plus qui ont toutes pour effet d’accroître la charge des vendeurs et de baisser la rentabilité des ventes. 

       

Y-a-t-il d’autres pistes ? Au cours des décades passées, la profession a répondu en Loire en particulier par la vente directe au chai en attendant le client ou en allant à sa rencontre sur les salons. La Ière formule a été longtemps privilégiée en raison de l’allocation de subventions européennes pour créer ou moderniser les locaux. La seconde se développe en particulier pour la vente des vins bios.  Depuis l’entrée dans le nouveau millénaire, les syndicats poussent au développement de l’oeno-tourisme et à la professionnalisation de l’accueil au chai.  

 

Ces trois solutions sont de grosses mangeuses de temps, d’un temps que le professionnel du vin ou sa famille n’a pas forcément, sans que la rentabilité de ces ventes de quelques bouteilles ou de quelques cartons soit assurée. Ce sont les relations publiques du vin, avec maintenant un nouvel élément qui vient peser sur ces ventes aléatoires, la menace de la parution prochaine d’un nouveau règlement visant à encadrer les dégustations gratuites et l’information sur le Net. Il sera évidemment possible de trouver une formulation n’empêchant pas les professionnels du vin de faire connaître leurs vins pour pouvoir les vendre et limitant l’ingestion inconsidérée de vin gratuit qui plus est. 

 

Nicolas, Bonhomme, Statuette

 

D’autres changements

Les choses continuent à se modifier, dans les secteurs de l’information et de la com aussi . Si le vin connaît des difficultés, la presse ne va pas bien, en raison du bouleversement de l’Internet. Tout est lié. Les rentrées publicitaires baissent, la diffusion des éditions papier aussi, le Net n’a pas encore trouvé ses marques. Tout bouge en même temps.  Les frontières se brouillent entre la communication et l’information. On accuse les vignerons de faire de la pub quand ils informent, ils se transforment en journalistes et vice et versa…avec la pub au milieu qui navigue entre ces deux pôles. Une nouvelle com parce que Tout change, Partout, Tout le temps, Pour Tous mais Pas de la même façon !

 

Photos Elisabeth Poulain

 

Voir les commentaires

WBW6 > Les Habits des Vins d'Expression > La Vigne

1 Mars 2009, 11:18am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Nous sommes dans Le Signe de l’Homme, celui qui par son travail dans le vignoble et dans son chai, change le jus de raisin en vin. Dans la page n° 5, nous avons vu comment certains vignerons choissent de mettre la vigne à l’honneur et parlent sur l’étiquette de leur mode de travail de la terre. Aujourd’hui nous découvrons les différentes façons de célébrer le vin en plaçant la vigne à l’honneur, avec Le plant, la grappe, la feuille, la baie…  

Le vrai retour de la vigne

Dans l’Antiquité, le vin était souvent représenté par la feuille de vigne plus d’ailleurs que par la grappe de raisin d’ailleurs.

 

114. Avec une notable exception, pour le Chinon du Château de La Grille 1925 avec une grappe de raisin, sans feuille, porté par Silène, associé au Dieu Pan, et par Satyre, le précepteur de Dionysos, un demi-dieu rustique bien inquiétant avec ses jambes de bouc, des cornes. Ce dessin est réinterprété actuellement en remplaçant ces dieux grecs par de jeunes et alertes vendangeurs, sans portée symbolique aucune.

 

Jusqu’en 1960 environ, il suffisait d’une feuille de vigne pour dire que qu’il y avait du vin dans la bouteille. Ensuite s’est ouvert une ère nouvelle placée sous le signe de l’abondance et de la facilité.  Pendant plus de trois décades, on ne communiquait plus guère ni sur le plant de vigne, ni sur la feuille, ni sur la grappe, sauf quelques vignerons, plus soucieux de mettre en pratique leurs convictions propres que de suivre le voisin et le fournisseur de produits chimiques. Actuellement, la situation se diversifie à nouveau et on retrouve des visualisations de la vigne. 

 

115. C’est le cas de Michel Redde pour un Pouilly-Fumé, Taille Pierre, avec un plant de vigne appelé ‘Maudit’ qu’il a dessiné à la plume, dans sa nudité d’hiver, avec son côté tragique et fort en même temps. Son fils, Thierry Redde, a choisi ce dessin en hommage à son père, qui a bâti le domaine qui porte son nom et est re-devenu peintre quand le fils a repris le domaine du père. 

 

116. Le vigneron Charles Joguet a dédié un Touraine à la Plante Martin du Clos du même nom, en gardant toujours le portrait de François Rabelais en médaillon.

 

117. Claude Courtois des Cailloux du Paradis a dessiné pour Racines, un vin de table, la force de la vigne en représentant le plant, cette fois-ci aussi dans sa partie souterraine, avec ses racines profondes.

 

118. Les Demoiselles de Chantal Wilk du Domaine des Ballandors sont représentées, pour un Quincy, par une feuille de vigne qui laisse échapper des grains dorés sur un fond vert.

       

119. Seules quelques feuilles de vigne en vert adouci présentent Provignage*, un vin de cépage Romorantin d’Henry Marionnet, issu d’une vigne plantée en 1850. (* Le provignange est une méthode de duplication de la vigne par enfouissement d’une tige. Synonyme de marcottage).

 

120. Quatre feuilles de vigne entourent le Jasnières, Clos des Mollières, des Maisons Rouges d’Elisabeth et Benoît Jardin.

 

Feuilles et grappes

Elles ornent à nouveau les étiquettes de vin de multiples façons :

 

121. une feuille de vigne et une grappe en or vieilli sur fond noir en blason pour un Gros-Plant d’A. Michel Brégeon,

 

122. une feuille de vigne qui enlace le S de Sauvion comme emblème pour un Muscadet, Climat, du Château de la Fessardière,

 

123. un ensemble très stylisé associant grappe et feuille au centre d’une forme ronde qui inclut Bablut en haut et Coteaux de l’Aubance chez Christophe Daviau,

 

124. une frise très légère, en relief et peu colorée de grappes et de feuilles de Pascal Jolivet en haut d’une petite étiquette carrée blanche pour un Pouilly Grande Cuvée, 

 

125. de la vigne représentée par un plant qui monte sur un mur ancien dont on ne voit que la partie gauche pour un Sancerre, Vieilles Vignes, de Roger et Didier Raimbault,

 

 

126. la grappe de raisin qui mûrit au soleil avec des couleurs surprenantes orange et rouge pour son Anjou (rouge) Vieilles Vignes ou mauve avec des traces d’orange pour le Coteaux du Layon (blanc) Maria Juby, du nom la grand-mère de Patrick Baudouin, sur une création d’Henri Mouzet graphiste.  Communiquer sur la baie de raisin ne relève pas seulement d’un jeu de la miniaturisation. Des puristes  travaillent au grain près. C’est le cas des producteurs de liquoreux du Layon qui ramassent le raisin, grain à grain, à fur et à mesure que le grain se déshydrate sous l’effet de l’action d’un champignon, le botritys cinarea, lors des tries successives qui peuvent aller jusqu’à huit fois !

 

127. Cinq feuilles de vigne volent au vent d’automne, sur une fine aquarelle, qui évoque

la couleur de la vigne en octobre, pour la Coulée Automnale, un Chinon de gravier, de la Maison Couly-Dutheil.

 

128. Alphonse Mellot, associe son Sancerre rouge, La Demoiselle, à huit grappes de raisin formant une farandole sous l’action conjuguée du soleil et de la lune. 

 

- Les Frères Foucault ont choisi un dessin ancien d’une grappe entourée d’une feuille de vigne pour le Brézé du Clos Rougeard, la couleur de la grappe variant en fonction de celle du vin.

- La feuille de vigne stylisée est utilisée comme emblème graphique par les Caves de la Loire à Brissac depuis de nombreuses années, pour un Anjou blanc avec ce commentaire : « un carré de vignes et sous la feuille d’or, la passion des hommes pour la plus belle des minéralités ».

 

Puis de la baie de raisin, il n’est que de lever la tête pour avoir une vue d’ensemble sur la parcelle de vigne et les paysages de vigne.

 

Pour suivre le chemin du « Monde à travers la Bouteille de Vin* »

- prochain billet sur les paysages de vignes tels qu’on les découvre sur les étiquettes de vin

*= The World through the Bottle of Wine = WBW

Voir les commentaires

Joseph Paillé, vigneron en Anjou, négociant-éleveur de vins de Loire

27 Février 2009, 11:25am

Publié par Elisabeth Poulain

On pourrait dire de lui qu’il est un enfant de la balle si ses parents travaillaient dans le monde du cirque. Il serait plutôt un enfant du vin, à ceci près qu’il n’est plus un enfant et qu’il a un âge où tout lui est possible. Et comme il le sait depuis longtemps, il a déjà commencé à tailler sa route. Le mot route n’est pas innocent. Joseph Paillé est un routard du vin qui vient de se poser, ici, en Anjou, pour être vigneron à son compte. Certainement pas par hasard. Sur son site, Joseph rappelle qu’à 5 ans déjà, il se voyait vigneron parce qu’il savait ce que c’était. Il en a 23 maintenant. Entre les deux, il dessiné une carte de France, avec un centre, la Vallée du Layon élargie au Val de Loire, à l’Est la Bourgogne, au Sud le Roussillon. Puis il a franchi l’océan atlantique et a poussé au Nord au Canada et au Sud aux Etats unis en Virginie.  

 

A 13 ans, Joseph a commencé à apprendre la langue du vin. Le régime était tracé avec 15 jours de stage sur le terrain suivis d’une semaine de cours. Puis il a naturellement enchaîné chez Jo Pithon. Il a travaillé aussi chez Charles Beduneau, un vigneron traditionnel sympa à Saint-Lambert du Lattay, chez Victor Lebreton, au Château La Fresnaye chez Philippe Baudin, puis chez Jean-Pierre Chevalier au Château de Villeneuve…La fin des études ne signifie pas pour lui la fin de l’apprentissage au contraire. Après son bac pro, il a continué la route. Il est allé en Bourgogne travailler chez Nicolas Potel, négociant-éleveur à Nuits Saint Georges puis a poussé jusqu’au Canada ou il a exercé six mois comme maître de chai. Quand il a estimé qu’il avait appris ce qu’il avait à apprendre, il a franchi l’Atlantique dans l’autre sens  cette fois-ci pour découvrir les vins du Sud en Roussillon  chez Olivier Pithon. 

 

L’étape suivante se passe aux Etats-Unis où Joseph a voulu aller plein sud. Il s’est rendu en Virginie dans le sud de l’Etat, près de Charlottesville, une région où il y a beaucoup de Français. « C’était un petit domaine de 6 hectares où j’ai travaillé à tous les postes et fait un bon nombre de ce qui ne doit pas se faire, que ce soit à la vigne ou au chai en matière de vinification. C’a a été une expérience intéressante en ce qu’elle m’a permis aussi de me positionner en contre. Riche aussi parce que c’est là que j’ai rencontré Wendy Wilson qui était la gérante du domaine. Elle est originaire d’Afrique du Sud. Quand je suis parti, elle m’a rejoint et est maintenant ma compagne ici en Anjou. Nous travaillons ensemble. J’ai beaucoup de plaisir à parler l’anglais !» dit-il en riant.

 

Born and raised in the heart of Kwa-Zulu Natal, Wendy discovered her passion for wine with her first visit to Cape Town. She pursued her interest by working as a sommelier in top restaurants in Pretoria, the capital city of South Africa. From there she relocated to Virginia, United States. Surrounded by almost 120 wineries it was inevitable that she continued growing in the wine industry. This was where she met Joseph and decided to move to France to be with him and grow with the new business. 
 

C’est avec elle que Joseph a conçu le projet de se mettre à son compte en devenant vigneron-négociant éleveur. Vigneron pour la volonté de faire son vin du début jusqu’à la fin, négociant pour avoir une gamme équilibrée et éleveur pour traduire la qualité du raisin jusque dans le verre à la dégustation pendant la délicate période de l’élevage. 


Ce projet a été mené à bien en un temps record. Il faut dire que de leur côté, Jo, le beau-père de Joseph et Isabelle, la mère de Joseph, une maîtresse femme qui est aussi l’épouse de Jo Pithon – un vigneron dont le nom est une référence en matière d’expression de qualité des vins -, avaient comme projet de leur coté de relancer une nouvelle structure dans le vin. Jo Pithon avait en effet cette idée,  qui lui trottait dans la tête depuis quelques temps, de créer un négoce de qualité à partir du Chenin et du Cabernet Franc, les deux cépages les plus qualitatifs de la Loire, le premier en blanc et le second en rouge.

 

Les deux équipes se sont réunies pour n’en faire plus qu’une.  La société Pithon-Paillé est une affaire où chacun-e trouve sa place, avec un domaine gardé en propre « Les Treilles » qui apporte ses raisins à la société de négoce : 

-        Jo trouve les raisins après avoir sélectionné des vignerons partenaires et établi avec eux des liens de confiance, quand il ne les connaît pas déjà,

-     Joseph est le responsable du vignoble « Les Treilles »,  

-     Wendy travaille en tandem avec Jo à la vigne et au chai,

-        Jo et Joseph assurent la vinification et l’élevage en barrique pendant les 10 à 18 mois,

-        Jo, Isabelle et Wendy ont en charge la promotion des vins, la prospection et les ventes

-        Isabelle est responsable de l’administration des ventes France,

-        Wendy assure le développement des ventes à l’export,

-        Wendy est chargée de communication et en particulier du site Internet :

       www.pithon-paille.com 

 

Le domaine « Les Treilles » compte un peu plus de 5 hectares qui viennent en partie de l’ancien domaine de Jo Pithon. 5 ha qui se répartissent en 2,70 ha pour Les Treilles à Saint Lambert du Lattay,  2,20 ha pour La Fresnaye (qui s’appelait avant le Clos des Bois quand le château La Fresnaye possédait la parcelle) et 0 25 ha à Savennières. Un des projets de Jo Pithon est  d’agrandir de 2 à 3 ha pour développer sur Savennières, Saint Lambert du Lattay où est situé Les Treilles et replanter un peu Les Treilles

   

La bande des 4, Jo, Isabelle, Joseph et Wendy, a fait au complet son premier salon des Vins de Loire cette année 2009. Ils ont présenté leurs Ier millésimes, le 2008. En appellation, ils ont présenté des Anjou, un Saumur , un Chinon, un Bourgueil et un Vouvray et en vin de cépage, le Groslolo, un Groslot rouge. Jo, dans un entretien avec Jim Budd, résume tout ça en disant qu’un tiers est constitué de ses vins, 1/3 d’Anjou Blanc en vin de négoce et le dernier tiers en cuvées de Loire. C’est d’autant plus extraordinaire que le raisin a manqué cette année 2008, mais la solidarité a joué et a permis à l’équipe de présenter ses vins un peu plus de six mois après avoir créé officiellement la société.

    

Pour suivre le chemin

. Sur la nouvelle société, voir www.pithon-paille.com   contact@pithon-paille.com

. Last news: "We have been spending a lot of time in the vineyard pruning as is custom of this time of the year. We are also happy to announce that Joseph and I also got married on the 21st of February. Best regards", Wendy Paillé 
=
mes meilleurs voeux de bonheur,Wendy et Joseph de la part d'Elisabeth

.
Sur les grand vins de Jo Piton, lire en particulier, dans La pipette aux quatre vins, un billet sur « le plus rhodanien des Coteaux de l’Anjou »,  http://pipette.canalblog.com

. Une très bonne interview de Jo Pithon par Jim Budd – un journaliste anglais très sympathique qui a reçu le prix du meilleur blog étrangers de vin- faite au Salon des Vins 2009, sur http://jimsloire.blogspot.com

. Photos EP prises au Salon des Vins de Loire 2009

Voir les commentaires

WBW5 > Les Habits des Vins d'Expression > L'Homme > La Vigne > La Terre

24 Février 2009, 16:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

= Le monde à travers la bouteille de vin, le Cycle des Vins d’Expression, le Signe de l’Homme, la Culture de la Vigne, le Travail de la Terre = Albert Denis, Anne Pellé, Guy Bossard, Les Vignerons de Saumur, Les Vignerons de la Noëlle, Chantal Wil & Jean Tatin, Pierre Jacques Druet, J.M. & T. Puzelat,

 

La culture de la Vigne

Qui cultive la vigne, le viticulteur ou le vigneron ? Le viticulteur se définit comme étant celui qui cultive la vigne (vitis en latin) pour la production de vin, le vigneron celui qui cultive la vigne et fait du vin. Le point commun est que les deux cultivent la vigne dans le but de faire du vin, le vigneron par différence ‘fait du vin en plus (Petit Larousse). Sur les étiquettes, il existe une grande variété de situations. Les étiquettes utilisent beaucoup de dénominations qui toutes apportent une nuance : propriétaire-récoltant, propriétaire-éleveur, propriétaire-vigneron, propriétaire-viticulteur, viticulteur, vigneron, vigneron-encaveur… selon que l’accent est mis sur la propriété, le travail ou l’élevage.

 

104. Albert Denis, vigneron au Domaine de la Renaudie, figure en photo sur un Touraine. On le voit courbé au dessus de ses vignes en photo. C’est un hommage de Bruno Denis, son petit-fils ainsi que de Patricia Denis, œnologue, la femme de Denis.   

 

Le lien avec la vigne.

Être propriétaire ne suffit pas. C’est par l’implication dans le long parcours qui va de la parcelle de vigne au vin dans le verre prêt à déguster que va se fonder la légitimité de celui qui incarne le vin : plus l’engagement est proche de l’amont, plus la légitimité est grande. Il faut savoir être présent dans les vignes, dans le chai et après pour représenter le vin. La succession de tâches qui s’impose au vigneron à la fois variées, différentes et adaptées à chaque cas, tout en étant répétitives, a toujours fasciné les générations passées. « Les Très Riches Heures du Duc de Berry », le manuscrit enluminé du Moyen-âge, contiennent un calendrier basé sur les mois de l’année répertoriant pour chaque moment les travaux des champs, les activités diverses et les prières à faire aux différentes heures de la journée. Les trois Frères Limbourg, miniaturistes flamands du début du 15ème siècle qui en sont les créateurs, avaient choisi le château de Saumur pour illustrer les travaux de la vigne pour le mois de septembre. Le plus remarquable est que ces artistes avaient valorisé les travailleurs de la terre, tout comme aujourd’hui certains vignerons ou certaines coopératives.

 

Dans la seconde moitié du 20ème siècle

Seuls quelques vignerons ont précieusement gardé des figurations du travail dans les vignes ou lors des vendanges.

 

105. C’est le cas d’Anne Pellé qui a choisi comme signature un très beau dessin de vendanges des années 1930: deux porteurs de profil inversé font face à des rangées de vigne s’élevant sur le côté, comme le V de la Victoire. L’abondance est marquée par la présence de très nombreuses grappes encore sur le pied alors que les hottes sont déjà pleines à déborder. Ce dessin signe les vins du Domaine Henry Pellé, en particulier le Menetou-Salon Morogues et 106. un Sancerre 2002.

 

107. L’hommage aux vendangeurs et porteurs de hottes se poursuit en utilisant des gravures anciennes avec un Cabernet de Guy Bossard du Domaine de l’Ecu

108. et un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Cuvée Guy Bossard.

 

Près de six siècles après les Frères Limbourg

Des hommes et des femmes de la vigne sont mis à l’honneur mais cette fois-ci grâce à des photographies anciennes par Alliance Loire sur une initiative de La Cave des Vignerons de Saumur. L’objectif est de signer le vin par ceux-là même qui dans les générations précédentes ont soigné la vigne. Cet hommage est aussi une belle façon de montrer que, par le passé, on savait déjà où étaient situées les bonnes parcelles.

 

109. La Cave des Vignerons de Saumur, Gamme des Lieux-dits, Les Villaises, avec un Saumur Champigny, montre un homme adossé à un fût, dans sa carriole tirée par un cheval.

 

110. Les Vignerons de la Noëlle à Ancenis ont choisi Les Champs Jumeaux comme lieu-dit pour leur Coteaux d’Ancenis Chenin avec ce commentaire « le terroir de poudingues apporte douceur et notes florales» La photographie montre des femmes avec une fillette en premier plan devant une cuve remplie de raisins et un homme au béret en arrière.

 

Peu de représentation du vigneron

Parmi les raisons avancées par des vignerons pour ne pas se mettre en avant, on peut citer une modestie naturelle à s’effacer derrière le vin ou le domaine, qui le plus souvent ne porte pas le nom de la personne ou un autre prénom, mais son père, sa mère, son grand-père, sa grand-mère, le beau-père, la belle-mère, le fondateur, un associé… Une grande majorité des distributeurs préfère aussi ne pas avoir la photographie du vigneron, soit parce que ce n’est pas un usage répandu, soit parce que les clients ne le demandent pas. Par contre, ils sont sensibles au fait que le vigneron vienne présenter et représenter ses vins aux clients connaisseurs. Le vin doit avoir un géniteur et le domaine un ambassadeur.

 

111. Pour un Quincy, Chantal Wilk et Jean Tatin ont choisi de mettre en lumière, le petit fouleur de raisin qui se trouve dans l’église de Brinay proche de leur domaine des Ballandors.

 

112. C’est ce qu’écrit Pierre-Jacques Druet à Benais pour ‘Les Cent Boisselées’ un Bourgueil, qu’il a « cultivé, récolté, vinifié, élevée et mis en bouteilles » pour montrer la continuité des taches faites par le géniteur du vin.

 

Le travail de la terre

Le positionnement du vigneron pour travailler sa terre

Utilise-t-il des produits chimiques ? Est-il membre d’un groupement, travaille-t-il en bio en étant certifié ou non ? La réponse est négative dans la plupart des cas. La question est tellement importante qu’elle scinde le monde du vin en autant de groupes qui se parlent peu. Une raison en faveur de dire la façon dont on travaille le sol, quel qu’il soit, est l’impact psychologique extrêmement fort de la synergie existant entre une plante vivante, comme la vigne, avec un sol vivant travaillé, afin que de leurs forces conjointes naissent un produit vivant, le  vin. 

 

- Certains, peu nombreux, choisissent de montrer le travail de la terre plutôt que de dire.

113. Jean-Marie et Thierry Puzelat, pour un Touraine ‘Le Brin de Chèvre’ ont reproduit un dessin rupestre saharien d’un homme guidant la charrue tirée par deux bœufs pour mettre en lumière la valeur universelle du travail de la terre dès l’antiquité.

 

- D’autres préfèrent se montrer, qui au volant de son tracteur, qui avec son chien partant travailler dans les vignes, qui conduisant son cheval lors des labours. Tracteur, chien et cheval sont des prolongements du vigneron. Ce sont Victor Lebreton pour un Sauvignon, Vincent Lebreton pour un Grolleau et Olivier Cousin pour un Chardonnay.

 

L’information concernant le travail de la terre

Elle figure rarement sur l’étiquette, pour une question de mot très souvent. D’un côté le vocabulaire n’a pas créé de terme acceptable pour désigner ceux qui utilisent des produits chimiques. D’un autre côté, le terme de vin biologique n’existe pas car seule la façon de travailler la vigne est codifiée. Les raisins peuvent être ‘bios’ mais pas le vin. D’autres raisons s’ajoutent à cette complexité. Comme la difficulté de créer des réseaux de distribution spécifique ou le fait que la classification en ‘bio’ n’est pas toujours favorable au vin tant il peut y avoir d’interprétation de la partition. Une   façon partielle est d’apposer un label garanti par un organisme indépendant (Ecocert, Qualité France…) qui atteste de l’origine biologique du travail dans la parcelle mais encore faut-il que le vigneron accepte le contrôle et le paiement de la redevance et continue le travail qualitatif au chai.

 

Le dire ou pas ? 

Une dernière raison qui est certainement plus importante que toutes les autres réunies repose sur le fait qu’on puisse être l’ennemi de produits chimiques de synthèse et être amené certaines années à en utiliser à très faible dose, de l’ordre de 10 fois moins que la pratique courante par exemple. Alors le dire ou pas ? Certains estiment la proportion de vignerons engagés dans cette nouvelle philosophie face à la terre, à la vigne et au vin s’élève à près de 70% ! La guerre des chiffres fait rage tant l’absence de certitudes est forte. La demande croissante en faveur de vins naturels – c’est la dénomination préférée par de nombreux vignerons- par les marchés export en Europe du Nord, en Allemagne et au Japon ne suffit pas à inciter tous ces vignerons à communiquer sur ce point sur la bouteille. Par contre l’acheteur professionnel et le distributeur en sont évidemment informés puisque c’est une caractéristique essentielle du vin, quoique seconde, la première étant que le vin soit ‘bon’.

 

En parler sur la bouteille

C’est un  des caractères forts d’identification des vins d’Expression mais ce n’est une condition ni nécessaire ni suffisante. C’est dire que tous les cas de figures existent. Il n’est donc pas simple de répondre parce qu’il faut distinguer la façon d’en parler, l’endroit où sera apposée la mention ou l’information. Pour exemple et sans aucune volonté d’exhaustivité : 

 

. Dans le clan des non sur l’étiquette, pour exemple parce que c’est le cas majoritaire :

- A. Michel Brégeon pour ses Muscadet,  Guy Bossard du Domaine de l’Ecu pour ses Muscadet, Pierre Soulez du Domaine de Chamboureau pour ses Savennières, Didier Dagueneau pour ses vins de Pouilly

 

. Dans le clan des « oui » sur l’étiquette, avec la mention « vin issu de raisins de l’agriculture biologique, certifié par Ecocert, Qualité France… » ou le sigle de Demeter :

- Jo Landron du Domaine de la Louvetrie, Alexis Sauvion du Château de la Fessardière, Mark Angeli de la Ferme de la Sansonnière, avec le sigle de Demeter sur le côté droit de l’étiquette…

                       

. Dans le clan des oui sur la contre-étiquette:

- Nicolas Joly, le plus pédagogue des vignerons : « ce vin provient de raisins jaunes foncés, liés à des rendements très faibles (autour de 30 hectos/hectare) et à des vendanges en 5 tries pour obtenir une maturité optimale./ Plus qu’un goût de fruit éphémère, nous cherchons surtout à exprimer par cette maturité la minéralité très complexe de nos terroirs./ Le Vignoble a choisi l’agriculture en biodynamie depuis 1980 et a exclu depuis cette date tous produits chimiques de synthèse, engrais chimiques, désherbants, etc, qui limitent l’expression de l’AOC./ Les qualités aromatiques du vin, sa complexité, son potentiel de vieillissement sont liés à ce choix et à la qualité exceptionnelle du lieu./En cave le travail est minimal : soutirage, batonnage et exclusion de toutes technologies (relevurage, aromatiques ou non, osmose, etc)./ Le vin est légèrement souffré et doit être carafé. / Servir à 14° environ. / Un léger dépôt est un signe de qualité. »

 

Autres pratiques en cours.

Une démarche globale avec certification, Terra Vitis, est mis en place sous l’égide des Chambres d’agriculture pour favoriser le développement d’une viticulture respectueuse de l’environnement du cep à la bouteille. La contre-étiquette de certains vignerons explique la philosophie.

- C’est le cas d’un Coteaux du Layon, le Grand Clos, du Domaine Leduc-Frouin qui reproduit en outre le logo de Terra Vitis : « Observer, Respecter pour Produire. » 

 

Les démarches collectives d’identification des terroirs en vue d’une reconnaissance des AOC communales    

Elles montrent que l’évolution est en marche pour valoriser le lien entre l’homme et la terre. Plusieurs programmes assortis d’un cahier des charges rigoureux sont en cours en Pays nantais, mais sans qu’il soit question de travailler en bio : Clisson, Château Thébaud, Gorges… La contre-étiquette est commune aux volontaires qui s’engagent à respecter une démarche qualitative « fruit d’un travail rigoureux tant à la vigne qu’à la cave… » : Outre A. Michel Brégeon avec le Gorgeois, Bruno et Marie-Françoise Cormerais à Clisson, d’autres vignerons se sont engagés dans ces démarches volontaires de groupe, comme Joël Charpentier du Château de la Guipière à Vallet ou Clair Moreau du Domaine du même nom à Château Thébaud…

Voir les commentaires

Mini-cas Cigarettes + Concurrence + Réglementation

23 Février 2009, 17:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une jolie histoire que m’envoie un lecteur belge très content de trouver dans mon blog les photos réglementaires belges, qui figurent sur les paquets de cigarettes, en vue de la prévention contre le tabac. C’est la Libre Belgique (25.05.2007) qui nous conte l’initiative de Philip Morris Belgium.  Imaginez, c’est cette filiale de PM elle-même, qui demande à l’Etat belge le droit, non que dis-je, l’obligation pour les vendeurs de tabac à rouler d’apposer sur les paquets de tabac des photos dissuasives de prévention contre les maladies dues au tabac,. Etonnant, non ?

 

Au plan de la créativité, on pourrait ainsi assister à la naissance de trésors d’inventivité graphique. Chacun sait que les artistes ont toujours su déjouer les pièges des contraintes réglementaires, concurrentielles et commerciales. Dans le domaine du vin, par exemple (je ris), l’argument selon lequel les metteurs français en marché ne peuvent valoriser leurs vins à cause de la publicité française sur les boissons alcooliques en général et le vin en particulier est pour moi un faux problème. Les créateurs graphistes savent si bien sublimer une bouteille qu’il n’est pas besoin d’aller chercher une jolie fille pour mieux vendre la bouteille.  

 

Ce sont les parts de marché détenus par les concurrents de Philip Morris qui nous donnent l’explication.  La concurrence entre les grandes compagnies de tabac ( British American Tobacco, Imperial Tobaco…)  s’exerce surtout sur les cigarettes qui occupent la part la plus importante du marché (52,3% contre 47,7% en volume). Au niveau de la perception du marché, le projecteur se focalise sur les cigarettes. Ce sont elles qui génèrent le plus de recettes fiscales pour l’Etat  qui prélève  en taxe 162,45 E pour 1 000 cigarettes et 33,10 E pour la quantité correspondante en tabac à rouler.  Le prix de vente amplifie cette distorsion de concurrence entre deux produits : 210 E pour 1 000 cigarettes en moyenne contre 55,5 E pour le tabac à rouler. En valeur, les cigarettes contribuent pour près de 85% aux recettes publiques. 

 

L’augmentation du poids de la fiscalité est d’autant plus importante car elle était, jusqu’à la décision d’apposer des photos,  la principale mesure de lutte contre la diffusion du tabac dans la population. Un simple différentiel de prix est jugé suffisamment efficace pour dissuader d’acheter les couches les plus sensibles des consommateurs, à savoir les jeunes. Or des études faites dans des pays voisins, en France notamment, montrent que le tabac à rouler contient plus de substances toxiques que les cigarettes qui sont plus réglementées. Le fait de rouler soi-même son tabac dans une feuille de papier  donne en plus un côté ‘fait maison’ à sa cigarette comme le bon gâteau fait par  sa maman le dimanche ou pour son anniversaire.     

 

La lutte contre le tabac constitue une grande cause mondiale depuis la décision de  l’OMC  en 2006. Le relais a été pris ensuite par les autorités européennes, en particulier contre le tabagisme passif, pour l’obligation de diminuer les quantités de substances cancérigènes et addictives et pour l’obligation de mentionner les goudrons…Tous les Etats cherchent à préserver les rentrées d’argent du tabac pour eux tout en minimisant le coût sociétal en terme de santé. C’est ainsi qu’un permis de fumer a été instauré en 2008 au Japon pour pouvoir se fournir en paquet de cigarettes au Japon.   

 

Quant à la concurrence entre compagnies, elle est réelle. Tous sont par contre d’accords pour reportert sur les autorités la charge de l’interdiction et de la limitation.  En 2006, British American Tobacco (2ème mondial) avait ainsi en France demandé à l’Etat d’interdire la vente de tabac aux mineurs en s’alignant sur la vente d’alcool. Cette mesure a été considérée comme de la provocation et rejeté avec indignation. Elle a pourtant déjà été adoptée  en Espagne, en Irlande, aux Etats-Unis, à Chypre, en République Tchèque, en Bulgarie, au Pakistan…Dans le même temps, les majors du tabac amplifient leurs campagnes de séduction à l’égard  des jeunes, en particulier en boîte de nuit.

 

Question 1 : Approuvez-vous cette demande de PMB au plan de la logique réglementaire ?

Réponse : PMB a tout à fait raison et on ne peut qu’encourager toutes les entreprises à veiller à la bonne santé des populations. Puisqu’il est prouvé que fumer tue, autant être cohérent, que ce soit indiqué sur tous les paquets contenant du tabac, cigarettes, tabac à rouler, cigares. On devrait même créer un grand prix de vertu civique à côté des prix orange et des prix citron.  

 

Question 2 : A votre avis, que va faire l’Etat ?

Réponse : Une  des réactions possibles sera d’agir au niveau européen de façon à ne pas créer de distorsion de concurrence en défaveur des distributeurs belges de tabac ; sinon les consommateurs belges frontaliers pourraient être incités à acheter leur tabac dans les Etats voisins si ceux-ci vendaient toujours le tabac à rouler  sans photos.

 

Question 3 : Comment jugez-vous cette initiative en terme d’efficacité concurrentielle ?

Réponse : Le simple fait de demander ces photos choc prouve que leur apposition est jugée comme étant efficace pour diminuer les ventes sur le marché européen par les cigarettiers  Quant au fumeur que vous intérrogez, il repousse systématiquement l’argument. Il ne voit littéralement par la photo à l’intérieur du cadre noir. Quand on ne veut pas voir, on ne voit pas.

 

Question 4 : Pourquoi apposer ces photos ?

C’est une façon très anglo-saxonne de donner l’information au fumeur. Celui-ci ne peut plus dire après qu’il n’était pas au courant puisque l’Etat lui a dit et peut le prouver facilement. C’est aussi une façon pour les autorités de répondre aux accusations de double jeu : comment d’une part encourager la production et la vente de tabac, au titre des productions agricoles, la création d’emplois industriels, la vente et l’exportation de tabac sous toutes ses formes et d’autre part devoir payer des sommes importantes dans le cadre des plans-santé.

 

Question 5 : Peut-on interdire le tabac ? Comment faire ?

Réponse : Non. Les modalités qui sont appliquées actuellement sont en 1 d’informer et former (les deux vont ensemble), en 2 de diminuer la toxicité et l’addiction au tabac, en 3 d’augmenter la réglementation contraignante : restreindre l’accès au tabac pour les jeunes, l’accès à la vente (distributeur agent d’Etat en France)… avec toujours la limitation de la publicité  et un prix élevé.

 

Le distributeur automatique avec permis spécial permettra –peut être un jour- d’avoir une traçabilité à vie du fumeur.  On pourrait imaginer des prix de mutuelles plus élevées quand on fume. C’est un exemple.

 

Question 6 : Pourquoi ces grandes compagnies du tabac visent-ils les jeunes des deux genres ?

Réponse : Plusieurs raisons peuvent être avancées:

-        du côté du fumeur : le goût pour l’interdit, le « moi aussi, j’y ai droit, je fais comme les adultes », « tout ça  - les conseils des parents – c’est de la blague, moi j’arrêterai quand je voudrai », « c’est pas parce que je suis une fille que j’y ai pas droit »…

-        du côté des majors : le gonflement des ventes, la lutte contre la concurrence, la pression de leur direction, le fait de rendre les jeunes en consommateurs captifs, dont certains vont l’être à vie…           

 

Question subsidiaire : A votre avis, quelles sont les 2 photos les plus regardées dans l’album photo « Packaging »

Réponse : Ce sont : la photo des mains jointes d’une dame âgée et les deux jeunes au lit, chacun regardant de son côté.

 

Pour suivre le chemin :

. Voir « Pour des photos sur le tabac à rouler sur www.lalibre.be/article_print.phtml?art_id=350273 

. La campagne Help dénonce la vente de tabac à rouler en France et en Europe sur www.categorynet.com/v2/communiques-de-presse/sante.la-campagne-help-den…

. La surprenante proposition d’un fabricant de tabac sur

http://tf1.lci.fr/impression/96/14.0,,3309614-e0NIQU1ORV9JRCBSVUJfSUQgVU5…

. Japon, le permis de fumer est né

http://tf1.fr/impression/41/87/0,,3894187- la suite reprendre les coordonnées ci dessus –e0NI et la suite

. Photos EP de plaques et objets publicitaires mis en vente par le Cabinet Philippe Kaczorowski, H^tel des Ventes des Salorge, 8 bis rue Chaptal, 44188 Nantes cedex 4, 02 40 69 91 10

Voir les commentaires

WBW4 > Les Habits des Vins d'Expression > La Culture

19 Février 2009, 11:24am

Publié par Elisabeth Poulain

WBW4, The World through the Bottle ot Wine, le monde à travers la bouteille de vin , le Signe de L’Homme, le cycle des vins contemporains d’Expression, la culture du vin, le latin  

 

C’est par l’Homme que l’histoire du Monde à travers la Bouteille de Vin commence. Sans lui, le raisin serait resté une plante comme une autre, avec de petites baies appréciées par les renards, et encore ! Mon choix est de parler d’abord de celui qui fait le vin, ensuite de la vigne, pour arriver au vin. Le vin est un produit naturel dans le sens où c’est l’homme qui permet à la nature de s’exprimer. Nous redécouvrons grâce à l’action d’un certain nombre de vignerons que la nature n’est jamais aussi belle que lorsqu’on sait la travailler sans lui porter tort, comme on sait apprécier quelque chose qui n’a pas de prix. Quant au vin, produit naturel s’il en est, il faut une démarche en profondeur pour laisser au vin la faculté de s’épanouir en prenant l’ampleur ou le style qu’il peut atteindre sans chercher à faire de lui ce qu’il n’est pas, à lui faire dire des choses qu’il ne saurait dire ou qui n’auraient de sens ni avec ce qu’il est, ni avec le vigneron, ni avec rien.

 

La primauté de l’Homme

De grands débats existent pour savoir quel est l’élément prédominant dans une appellation. Mon propos n’est certes pas de trancher. Le capital commun qu’est une appellation n’empêche nullement des vignerons à forte personnalité de faire évoluer à leur façon le travail de la vigne et celui de la cave. Tout en restant dans le cadre réglementaire, ils impriment à leurs vins au fur et à mesure des millésimes un certain style parce qu’ils donnent un sens certain à leur démarche. Leur notoriété dépasse les frontières et leurs vins sont connus des amateurs partout dans le monde. Pour apprécier un vin, on ne cherche pas d’abord à connaître sur le bout des doigts la réglementation française. Que l’on soit à Marseille, à Bruxelles, à New York ou à Tokyo, on ne se promène pas avec un code dans la poche. C’est aux distributeurs d’assurer cette fonction. L’amateur lui a la plaisante fonction de savourer ce qui va dans un instant lui procurer un plaisir qui va bien au-delà de l’ingestion de quelques gorgées de vin.       

 

C’est bien pour trouver ce sens que Le monde à travers la bouteille de vin commence par l’Homme qui fait, incarne ou porte le vin avant de parler du vin. Faire le vin commence par la culture de la vigne. C’est même une très importante redécouverte de notre temps qu’il ait fallu réapprendre que la qualité d’un vin commence dans la vigne et se construit au cycle des saisons tous les jours et toutes les nuits dans les parcelles. La nature, dont je viens de parler, exige un travail important de la part du vigneron pour que le fruit de son travail soit ‘naturel’. La nature est liée à la culture, à commencer par la culture de la vigne, en arrivant la culture du vin, pour parler d’un ‘produit culturel’ ! Au sens premier, il ne peut y avoir de culture sans cultivateur, sans l’homme ou la femme qui chaque jour écoute sa vigne lui parler et chaque jour sait ce qu’il va faire ou ne pas faire. Mais en France, le terme de culture évoque d’abord la culture du vin. 

 

La culture du vin

La sortie au restaurant est toujours le premier loisir culturel des Français, bien avant la lecture ou la visite d’expositions. Ce sont les arts de la bouche qui célèbrent à l’envi de subtils accords mets-vins qui dominent avec, au premier rang, la dégustation de vin. Le vin est aussi le premier produit culturel français, sans que cette affirmation soit jamais discutée. C’est aussi vrai et indiscutable que la présence de la Tour Eiffel sur les rives de la Seine à Paris ou les Châteaux sur les bords de la Loire.

 

La place très particulière de la culture en France

Le premier pays à avoir honoré les Droits de l’Homme est aussi un des premiers pays au monde à avoir créé un ministère pour favoriser le développement de la culture. Là aussi, il y a culture et culture. L’une savante et l’autre naturelle. La première est revendiquée par des personnes cultivées et la seconde est commune à tous. La première sépare les uns des autres par une volonté manifeste de créer une élite dans le monde artistique et intellectuel et la seconde est issue de nos usages de vie. Chaque peuple, chaque pays, chaque langue, chaque corps de métier… a sa façon de faire, que l’on soit savant ou paysan. C’est plutôt la version anglo-saxonne de la culture. Tout est culturel, notre façon de manger comme celle de boire. La culture ‘à la française’ oscille entre ces deux significations, tout en gardant un fort attachement à la dimension artistique de la culture. La culture du vin reflète cette dualité, entre une culture d’esthètes qui ont une connaissance en profondeur des vins et de leur histoire et une culture populaire du vin, émouvante dans sa diversité et sa spontanéité bridée. Celle-ci est en train de renaître, attirant  à elle des nouveaux amateurs plus spontanés qui cherchent leur goût à leur façon. Le Signe de l’Homme s’adresse aussi à eux, car le vin n’a de sens que s’il est bu.   

                                                                                                           

Le vin, un enjeu mondial

Au niveau mondial, le vin devient un enjeu politique tout autant que culturel. Dès lors qu’il est possible de produire du vin dans un pays, les initiatives privées, aidées ouvertement ou de façon voilée par les autorités publiques, se multiplient afin de lancer des productions nationales de vin. C’est vrai dans des pays sans tradition de vin comme le Brésil du Nord-Est, la Chine ou l’Inde et dans des pays anciennement producteurs de vin comme les Pays-Bas, la Suède, l’Ukraine ou le Canada.

 

Chaque pays ou groupe va naturellement faire ou voir émerger une culture du vin avec d’emblée un objectif nouveau par rapport à ce que nous connaissons en France : la nécessité d’être perçue par ceux qui n’ont pas cette culture ou qui ne l’ont pas encore. La naissance ou l’extension du vignoble dans des pays sans culture vin traditionnelle a pour conséquence de modifier le type de communication. Celle-ci doit être la plus large possible et devenir explicite. A leur tour, ces nouvelles cultures du vin s’interpénètrent sous la double action du développement des exportations et de la création de réseaux d’amateurs actifs, ambassadeurs de leur pays ou groupe.

 

La communication implicite ou explicite du vin

La conséquence de ces novations se traduit par un choc frontal entre deux façons de communiquer : de façon implicite ‘à la française’, en présupposant que l’acheteur a une connaissance suffisante des vins pour effectuer son choix ou de façon explicite dans les pays nouvellement producteurs de vin pour expliquer à l’acheteur en magasin pourquoi il doit choisir ce vin et comment le déguster. Certes la longue pratique française d’exportation de nos vins a tempéré la projection initiale de notre façon de voir. Notre façon de communiquer influence les distributeurs de nos vins à l’étranger  et nos vins absorbent de façon naturelle bon nombre d’éléments qui sont dans l’air du temps international. Nous ne vivons pas dans une île, sans lien avec l’extérieur. Ce grand métissage culturel fait intégralement partie de la dynamique de la culture du vin. On trouve de plus en plus d’influence anglo-saxonne sur les étiquettes et pas seulement les mentions en anglais.

 

La culture latine du vin

Et on parle encore grec ou latin sur les étiquettes. C’est Rome qui a planté la vigne en Gaule, comme la Grèce l’avait précédemment développée dans l’Empire romain. C’est bien aussi ce qui rend notre culture du vin si vivante. Penser qu’il y a des hommes, il y a 2 000 ans et plus, qui sont venus de fort loin pour planter de la vigne est toujours émouvant, au moins autant si ce n’est plus que la construction d’un temple. 


- Ampelidae
, la vigne en grec, est le nom que Frédéric Brochet a choisi pour ses vins contemporains nés et élevés en Poitou, un vieux pays de vins.


- On trouve aussi une déclinaison de Montlouis Remus, Romulus et Romulus + chez Jacky Blot,


- des Rebus, un Cabernet franc de Patrick Baudouin,


- Parfois aussi des devises anciennement attachées à un château sont remises à l’honneur,  Festina lente (hâte-toi lentement), pour l’Anjou rouge du Château la Fresnaye que Josep Grau Garrigua a dédié à La Dame Blanche (voir WBW1).

 

101. Pascal Gitton dédie plusieurs de ses cuvées aux Romains, en particulier pour un Sancerre rosé.  

102. Orantium est une superbe cuvée de Coteaux du Layon-Beaulieu du Château du Breuil. Ce mot à la sonorité latine est une création de Marc Morgat qui est issu d’une lignée de vignerons du 17ème siècle. Il a joué sur l’or, l’oranger et peut être aussi l’oraison qui vient du latin « orar », prier en latin.                                  

103. Michel Redde a sacré Majorum sa plus belle cuvée de Pouilly sur Loire, en partant de sa devise « Recta facere, more majorum » (bien faire pour avoir le meilleur) .  

 

La culture en Loire

Tout comme chaque pays développe sa propre fierté vinicole et secrète ainsi une culture autonome du vin, chaque région viticole en France a ses propres habitudes de consommation. C’est en Loire et à Paris que l’on consomme surtout les vins de Loire, ce qui ne veut pas dire qu’on n’en boit pas autre part ou qu’on n’y goûte pas d’autres vins. Mais il y a une identité Loire. Pour autant la région Loire n’existe pas. Il en faudrait plusieurs pour englober toute la Loire, le plus long fleuve de France au tracé Sud-Nord puis Est-Ouest, sur plus de 1 000 km. Cette Loire fluviale existe, mais non la Loire administrative, économique ou culturelle. Le sentiment d’appartenance à une entité unique est fort disparate, peu sensible dans la région Centre, plus fort en Touraine-Anjou et maintenant en Pays nantais grâce au regroupement de ces trois grands bassins dans InterLoire, l’organisation représentative de la profession.

 

Un nouveau concept, le paysage de vin

La seule unité ligérienne (Liger, Loire en latin) qui existe est celle que confère aux Vins de Loire le salon du même nom qui se tient à Angers au début du mois de février chaque année. L’image Loire résulte d’un kaléidoscope composé de 70 appellations et d’au moins autant de vins de pays du Val de Loire, sans compter les ‘Nouveaux Vins de Table’, une catégorie qui n’a pas d’existence réglementaire et qui est pourtant riche de vins de vignerons qui jouent leur partie en dehors de l’appellation. La Loire est bien vivante, elle est même parfois exubérante, ce qui est la marque de sa vitalité, une vitalité qu’il faut étudier sous l’angle du pouvoir d’expression par la bouteille. Il existe de si jolis paysages du vin, au point d’être surpris par le nombre de professionnels ou d’amateurs qui gardent des bouteilles une fois qu’elles ont été bues. Chaque habillage est à sa façon un paysage du vin, un paysage bien réel puisqu’on peut le toucher, le caresser du doigt, le conserver en se rappelant les émotions comme autant de réminiscences de vin.

 

Pour suivre le chemin

. Suivre les parutions à venir sur ce site,

. Voir les 3 billets déjà parus

. Photos EP, Jo Pithon au Salon des Vins de Loire 2009

 

Voir les commentaires

D'une rive à l'autre du pont de Bouchemaine, entre Maine et Loire

18 Février 2009, 18:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pour réussir la recette d’hiver d’un après-midi réussi à Bouchemaine en Maine et Loire, il vous faut beaucoup de choses dont certaines dépendent de vous et d’autres pas.    

   

 

Ce qui dépend de vous : une tenue appropriée avec chaussures solides ne prenant pas trop l’eau, un  coupe vent pour vous protéger du vent froid du Nord, un bonnet pour la même raison, votre carte IGN au cas où et votre appareil photo. Ce qui ne dépend pas de vous : le ciel clair à vous faire briller les yeux, une limpidité sans pareil, une eau qui ne résiste pas à prendre la couleur bleue du ciel, de l’eau partout et en particulier dans les prairies si humides qu’elles sont inondées, le sentier que vous vouliez emprunter l’est aussi d’ailleurs, beaucoup de promeneurs qui ont eu la même idée que vous, un air qui fouette le visage quand vous êtes côté Loire.

 

 

Stationnement  rive droite à Bouchemaine, au petit parking devant la supérette. Mieux vaut ne pas compter en effet sur une place libre devant la mairie de Bouchemaine. Traverser le pont de Bouchemaine, par le trottoir de gauche avec vue sur l’amont. Vous voyez toute la grande prairie de la Baumette en eau. N’émergent que les peupliers, ces grandes éponges à eau. Vous traversez la chaussée après le pont pour descendre le long de la rive gauche de l’Ile Chevrière qui maintenant n’a plus rien d’une île à cause du pont. Vous descendez la Maine jusqu’à la confluence avec la Loire. Choc garanti, vous êtes au milieu d’un fleuve d’une puissance inégalée, avec des milliers de m3 d’eau, qui  coulent vers la mer. Et vous pensez immédiatement à l’été, quand  l’étiage est si bas, que seul le chenal principal est encore navigable pour les bateaux des pêcheurs.  

 

A la confluence, vous passez cette fois-ci sur la rive droite de la Loire avec un chemin en meilleur état que celui côté Maine. Au fil de votre avancée, les peupliers laissent la place à des platanes gigantesques plantés en isolés ou en bouquet. Le changement d’arbre indique le changement de sol. Ces monstres ont trouvé de la terre pour s’ancrer. On a quitté la pointe, à votre gauche s’étend un  ancien clos bordé d’un mur ancien sur deux de ses côtes qui montre la limite avec la rive et le chemin. Plus loin, la présence d’une belle demeure explique le clos que nous venons de longer. A nouveau, il y a de la vigne devant la maison du XVIIIè siècle.

 

 

Impossible de rejoindre le sentier qui borde la voie ferrée et mène à nouveau en rive gauche de la Maine. Tout est inondé. Il nous reste à prendre la route si passante qui relie Bouchemaine à Sainte Gemmes sur Loire. Heureusement, développement durable oblige, une double piste à vélo crée sur le coté droit en allant vers Sainte Gemme protége  les cyclistes et les promeneurs d’une solide barre métallique revêtue de bois. Et c’est ainsi que nous avons pu avoir de l’eau partout, devant, derrière, à droite, à gauche…

 

Et nous avons même pu admirer au retour un pêcheur calmement installé à l'abri du vent du nord, pêcher dans la Maine en cru.


Pour suivre le chemin

. Carte IGN de la confluence, 1522O 

. Bouchemaine

. L’Abbaye de Bouchemaine  
 

 

    

 

Voir les commentaires

L'image des Vins de Loire par le salon du même nom

16 Février 2009, 12:14pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette image est forcément plurielle, changeante selon les appellations et les millésimes et très difficile à dégager du fait de la multitude des intérêts à concilier. Comment faire alors ? La première chose   est d’abord de rappeler ce qu’il ne faut pas faire. C’est essentiel dans une région viti-vinicole qui est la plus vaste de France, avec ses quelques 70 appellations, ses vins de pays, ses vins de cépages et ses ‘nouveaux vins de table’ (NVT) qui n’en surtout pas, puisque parfois leurs auteurs sont plus exigeants que le plus contraignant des règlements d’appellations. 

Ière règle : ne pas valoriser une région plus qu’une autre

Cela consiste à ne jamais donner suffisamment d’indications pour que le lieu, l’appellation ou la région soit identifiable. Les paysages doivent donc être soigneusement choisis. La Loire oui, avec quelques arbres sur les deux rives, oui. Un village trop reconnaissable pourrait poser problèmes à moins d’avoir des circonstances, non pas atténuantes, mais explicatives.  


L’exception

C’est le cas avec Candes Saint-Martin que l’on reconnaît sur le catalogue des exposants au Salon des Vins de Loire-édition 2001. Il faut dire que personne n’a contesté ce choix. La justification vis à vis de la profession est triple. En premier lieu, le village porte le nom du saint patron  des vignerons, Martin, ce qui est déjà très valorisant du fait de la légitimité que confère cet ancrage religieux de plusieurs siècles dans le passé. La seconde raison est que ce village, classé au titre des plus beaux villages de France, a une forte connotation symbolique. On voit sur la photo le village, déployé en ruban autour de l’église, qui se reflète dans l’eau de la Loire. La troisième raison tient en l’existence d’un pont sur la Loire juste avant le village qui permet de faire de très belles photos. Sur son parapet, coté Candes Saint-Martin, sont posés quatre verres à pied, le Ier à gauche pour le rosé, le 2è pour le rouge, le 3è pour les bulles et le dernier pour le vin blanc. A chaque fois, le paysage figure en inversé dans le verre. Ce qui évidemment impossible.

 

2ème  règle : ne jamais utiliser la bouteille

En effet la bouteille qui est sans conteste la première représentation du vin ne peut pas être utilisée pour les mêmes raisons d’évidence que celles que j’ai énoncées en 1. S’il fallait choisir une bouteille, laquelle faudrait-il prendre, la vague du Muscadet, l’écussonnée angevine, la fleur de lys unique Val de Loire, la bouteille à bulles, sans parler de la vogue récente de la bourguignonne ou moins développée de  la flutte alsacienne… et sans oublier les modèles personnalisées de certaines grosses maisons.

 

Exit donc la bouteille. Que reste-t-il alors ? Le verre, comme le montre déjà le catalogue de 2001. Ces verres ont ceci de remarquable qu’ils portent attachés à leur pied une feuille de vigne de verre. Le résultat est un peu curieux. C’est certainement une des raisons qui expliquent les modifications ultérieures qui ont transformé ce visuel un peu statique.

 

3è règle : renforcer le lien avec la nature  

C’est ce qui s’est passé pour le visuel suivant qui a été utilisé trois ans de suite (2002-2003-2004). Le village s’estompe dans le lointain et prend un caractère onirique. Le pont est supprimé et la vision se prend selon une diagonale inversée, de gauche vers la droite, en remontant le courant (et non plus de gauche vers la droite, en descendant le courant). Les quatre verres ont cette fois-ci la vedette. Le paysage projeté dans le vin est supprimé. La couleur du vin prend plus d’importance, du fait d’un éclairage qui semble venir de l’intérieur. Les verres ne se présentent plus en une tenue droite, figée. Ils sont inclinés de façon souple. Leur tige est cette fois-ci une simple tige d’herbe avec des feuilles.

 

4éme règle : montrer la dimension aérienne de la Loire

C’est le choix qui a été fait les deux années qui ont suivi (2005-2006). Garder le même visuel trois ans de suite ne semble plus convenir en ces temps où la vie change vite. La couleur dominante du catalogue change. De bleu ciel pendant les trois années précédentes, il est maintenant bleu foncé en 2005 et bleu et marron foncé en 2006. On voit toujours la Loire, cette fois-ci, vue du ciel. C’est une Loire d’été. On aperçoit deux bancs de sable au milieu du lit principal et les rives dégagées d’une île de la Loire, sans identification possible. On ne voit plus que de l’eau bleue, du sable blond et le vert des arbres. Se détachent dans le ciel au dessus du fleuve quatre montgolfières, une jaune, une rouge, une orangée et une jaune plus claire. Seule la rouge est de grosse taille.  2006 a marqué le 20è anniversaire du Salon. Pierre Aguilas, président du salon, se félicitait du « chemin parcouru depuis sa première édition ».

 

Le salon a trouvé son logo, une signature enlevée  suivie de quatre verres au pied légèrement incurvé et sa couleur de fond, le bleu foncé en 2005, qu’il perd un an, avant de le retrouver en 2007. 

 

5ème règle : ne pas perdre le lien avec le vin

Montrer des montgolfières, l’image est jolie mais un peu dangereuse. Ne risque-t-on  d’oublier que le salon est LE salon des VINS de LOIRE. C’est la raison pour laquelle les montgolfières se transforment en femmes qui font tourner leur robe lestée pour avoir un meilleur tombé grâce à la force centrifuge (2007-2008). Pour être sûr que les visiteurs comprennent bien ce visuel, un petit commentaire conseille : «  rencontrez toutes les robes des vins du Val de Loire ». Ouf, si non certains auraient eu du mal à faire le lien entre ces femmes-derviches-tourneurs et les vins de Loire. Il ne s’agissait pas de parler des femmes mais de la robe des vins.

 

2008 marque une avancée notable. Désormais le catalogue est édité en cahier spiralé, ce qui le rend nettement plus pratique à manipuler.

 

6ème règle : savoir se renouveler

C’est le cas en 2009 avec le dernier salon qui vient de fermer ses portes (2,3, et 4 février). Un choc ou plutôt plusieurs à la fois. Les quatre verres qui constituaient l’essentiel de la signature graphique du salon des vins de Loire ont disparu au profit maintenant de quatre plumes qui sont placées au-dessus du ‘des’ dans ‘Salon des Vins de Loire’.

 

L’autre nouveauté est que maintenant les verres ont envahi le ciel, perchés sur des pieux de bois qui jaillissent de l’eau et qui se reflètent dans l’eau. 12 verres en tout, avec la volonté de mettre en avant 1 grand verre de vin rouge très rouge, + 2 petits verre d’un rouge aussi foncé. Le rosé, qui a du mal à ne pas se prendre pour un rouge, remplit 4 verres. Les blancs sont au nombre de 2. Ils doivent se sentir un peu seuls, d’autant que les bulles remplissent 3 verres.

 

Le plus étonnant est le choix des couleurs. Celles qui dominent sont le rouge, le brun et le noir. Le résultat donne une ambiance de grand soleil africain à la tombée du soleil. C’est d’autant plus fort et incroyable qu’on a tous vu des photos de lacs africains noyés d’eau qui ont gardé, en témoin d’un temps révolu, des troncs et des branches d’arbres morts qui jaillissent de l’eau.  C’est vrai que le Val de Loire, comme les autres régions viti-vinicoles, commence à subir les effets du  réchauffement climatique. A ce point là, cela interroge : sommes nous toujours en Loire ?

 

7ème règle : savoir être patient et attendre la prochaine édition (2010)

 

Pour suivre le chemin

www.salondesvinsdeloire.com

Photos EP 

 

 

                   

       

Voir les commentaires