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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Le Japon, une formidable logique de déclin démographique

1 Avril 2009, 14:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Vous prenez une île qui a toujours cultivé un fort sentiment d’insularité au point de revendiquer avec fierté  cette particularité ethnocentriste. Au Japon, il n’y a que des Japonais et les Japonais font de moins en moins d’enfants. Au point que ce très gros souci de renouvellement de générations a incité les Pouvoirs publics à créer un ministère Anti-Déclin pour montrer sa modernité au monde, comme nous un ministère de la Culture, pour rassurer.

 

Vous savez que depuis près de 60 ans, la natalité ne cesse de baisser pour passer de 3,65 à 1,34 enfants par femme. La presse vous apprend que le pays compte 127 m d’habitants aujourd’hui ; il n’en aura plus que 100 en 2050 et 50 m 50 ans plus tard, si le taux reste le même. Alors vous décidez d’étudier la situation.

 

En 1, vous partez de l’axiome de base qui veut que c’est au mari de travailler à l’extérieur et à la femme de s’occuper des enfants. Quand celles-ci se marient, elles arrêtent donc leur travail salarié pour entrer dans leur nouveau logement. On ne peut pas dire qu’elles y rentrent. A la maison, elles enrichissent par leur travail invisible le réseau d’entraide et la solidarité familiale ; normal, elles ont du temps, gratuit qui plus est. C’est au moins ce que pense la Société.

 

A partir des années 80, le Japon s’étant ouvert sur l’extérieur, des entreprises étrangères ont commencé à recruter des jeunes femmes, qui du coup ne se sont pas mariées pour ne pas être obligées de s’arrêter. C’est la deuxième étape. La solidarité et l’entraide  en sont réduits d’autant et le taux de fécondité commence à baisser. Les femmes ont franchement moins de temps. 

 

On en arrive à la 3ème  étape . 10 ans plus tard, ces jeunes femmes franchissent un nouveau pas, sous la pression de leurs familles horrifiées d’avoir des filles célibataires vieillissantes. Pour avoir la paix –familiale et sociale-, elles se marient avec des garçons célibataires qui subissent eux aussi ces pressions. A une condition, le mariage oui, mais pas les enfants  qui pourraient freiner leur carrière ou coûter trop cher. Cela au moment où le chômage commence à entrer dans les mœurs ; avant souvenez-vous, c’était l’emploi à vie.

 

4. Se pose alors la question de savoir ce qui est fait pour faciliter la vie de ces jeunes femmes et des jeunes couples. La Sécurité sociale, rien ; clairement elle ne rembourse rien. Les choses commencent à bouger du côté de collectivités territoriales proches des grandes villes et de quelles que très grosses entreprises. L’Etat donne 50 E/mois. Du côté des retraites, cela ne va pas fort non plus. Les personnes âgées doivent de plus en plus recourir à un travail salarié d’appoint, dont ne veulent pas les salariés en pleine forme, pour compléter leur pension trop faible pour assurer leurs vieux jours.

 

5. Quant à s’ouvrir aux émigrants, pour remplir les postes de travail dont ne veulent pas les autochtones qui sont à 98,5% japonais, il n’en est pas question (voir Ier paragraphe). Le pays ne compte que 0,5% d’immigrés venant de Corée et 0,4% venant de Chine. Pour rejeter cette idée utilisée par les Occidentaux, il est répondu au Japon que l’analyse fine de ce qui se passe en Europe montre surtout les effets négatifs induits par de telles politiques. La solution partielle au Japon est de recourir aux personnes âgées.

 

6. En 2007, le taux de fécondité semblerait remonter un peu, 1,32% contre 1,26% en 2005. Du côté des personnes âgées, le Japon est Ier pays au monde par le nombre de retraités, avec 11% de plus de 75 ans. L’espérance de vie y est la plus élevée au monde, plus de 85 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes. On se fait là-bas de gros soucis pour le paiement des retraites, surtout quand il y a déjà de moins de descendants pour pouvoir ou vouloir aider les vieux parents ou des membres éloignés de la famille.

 

7. Toutes ces raisons et d’autres encore expliquent le taux pharamineux des suicides au Japon, Ier pays au monde aussi, avec 26 pour 100 000 habitants.

 

Maintenant que vous avez en tête ces données non contestables, vous vient à l’idée qu’il vous en manque un certain nombre d’autres pour avoir une lecture plus fine et toute aussi juste.

 

1. 1970 marque le grand essor de la consommation dans un grand nombre de pays dont le Japon. Ces années glorieuses ont été marquées par la découverte de la jouissance de la prospérité et de la dépense pour se faire plaisir. Elles ont aussi permis aussi aux personnes d’un certain âge de renforcer leurs défenses contre les atteintes du temps et de vivre plus longtemps. Tous, et les jeunes aussi et surtout, ont découvert  le plaisir de consommer  au moment où le Japon accédait aux Iers rangs des grandes nations. Le Japon aussi, pour faire écho au « moi aussi, je le vaux bien » de L’Oréal, d’autant plus que règne dans ce pays, l’idée d’excellence nationale renforcée quotidiennement par les infos radios et télés. 

 

2 . De plus en plus de besoins, de plus en plus d’habitants, dans un espace encore plus restreint, avec la densité de population la plus forte au monde (plus de 1 000 hab/km2) sont autant de facteurs de nature à créer une pression très forte, d’autant plus forte que règne toujours cette volonté d’excellence individuelle qui va se porter en particulier sur les enfants, ou plutôt sur l’enfant. Celui-ci va devoir effectuer la meilleure des scolarités, quitte à rajouter des cours particuliers supplémentaires payants le week-end et pendant les vacances. « Le coût de vie » d’un enfant à la charge des familles devient de plus en plus élevé. 

 

3. Cet espace restreint et les coûts d’éducation ont forcément des effets sur le nombre d’enfants. Les logements ne sont pas extensibles à l’infini et leurs propriétaires peu pressés de les quitter puisqu’ils vivent plus longtemps. En conséquence, les générations sont forcées de cohabiter encore plus longtemps, ce qui aussi avoir des conséquences sur le nombre d’enfants désirés, d'autant plus que des grands mères ne sont plus forcément disponibles pour s'occuper des petits enfants Elles doivent travailler pour arrondir leur retraite. 

 

4. Quand vous êtes habitués à beaucoup dépenser pour vos plaisirs, l’habillement et les signes de richesses en particulier, vous raisonnez en terme de budget par personne supplémentaire. Quand vous ajoutez trois autres paramètres, la durée des mariages, le chômage et le faible montant des retraites, vous commencez à raisonner vraiment autrement. C’est ce qui se passe maintenant.

 

5. Et ce qu’il y a de bien en démographie, et ce qui me plait beaucoup, c’est qu’il est impossible à un Etat ou à des démographes de faire des prévisions. La preuve en est en France ; les démographes avaient prédit la baisse du taux de fécondité. C’est le contraire qui s’est produit, à l’étonnement de tous. Nous sommes même les champions de la fécondité en Union européenne !   

 

Pour suivre le chemin 

. Pour le Japon

Le Monde, Le gouvernement japonais ne parvient pas à relancer la natalité, Philippe Mesmer, 24.10.2008

http://www.aujourdhuilejapon.com/actualites-japon-japon-le-taux-de-fecondite-remonte-legerement-en---1270.asp?1=1 

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_du_Japon

lire régulièrement Courrier International

Des idées qui détonnent

Au cours des années 80, il était venu à l’idée d’investisseurs japonais de créer une chaîne de maisons de retraite pour des Japonais…en Espagne de façon à libérer de la place dans l’archipel. Devant le scandale provoqué par cette exportation de vieux et vieilles en terre lointaine, aussi bien en Espagne qu’au Japon, l’idée a été abandonnée. On la retrouve en science fiction sous forme de croisière éternelle !  

 

. Pour la France

voir le site de l’Insee

http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=bilan-demo&reg_id=99&page=donnees-detaillees/bilan-demo/pop_age.htm

voir aussi le site de l'Ined qui vient de publier une étude de Gilles Pison "France 2008, pourquoi le nombre de naissances continue-til d'augmenter?"
lire également les travaux d’ Hervé Le Bras

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2008/enseignant/2328/ 

 

Photos
EP pour Miss Japon, l’icône des T’Shirts,
Extra-Paul pour les photos des petites filles et des lycéennes joyeuses, avec mes remerciements
http://www.extrapaul.be/photos/
  

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Pierre-Yves Ginet, un photographe en résistance

29 Mars 2009, 09:06am

Publié par Elisabeth Poulain

 La résistance, Pierre-Yves Ginet de l'agence Rapho connaît bien. C’est le mot qu’il a choisi pour le titre de sa dernière exposition de photos. Elle a lieu à l’Hôtel de Région des Pays de Loire à Nantes, dans l’Ile Beaulieu, jusqu’au 6 mai 2009. Son titre « Femmes en résistance ». Vous aurez beau cherché, vous ne trouverez pas de photo de lui ; des femmes, oui. Des femmes battues, martyrisées, violées et qui se relèvent, repartent dans la vie, avec leurs cicatrices visibles ou invisibles, qui pleurent et rient, se mobilisent, s’encouragent et continuent. Des femmes debout, en marche, qui avancent et qui vont au charbon.

 

Parmi des milliers de personnes rencontrées et encore plus de photos qu’il ne compte évidemment pas, Pierre-Yves a choisi de mettre cinq de ces femmes à l’honneur. Avec à chaque fois, cinq éléments, à savoir une photo qui éclate, une ou des femmes, un verbe actif, un texte pour mettre la photo en perspectives dans une démarche active et l’histoire en verso.

 

Commencez par imaginez cinq rondes composées de cinq verbes en mouvement dans la photo à un endroit d’équilibre qui change à chaque fois. L’ordre de ces verbes change selon ce que le photographe entend mettre en lumière. Il appartient donc à celui qui regarde de fixer son ordre de lecture, à moins qu’il se détermine, comme moi par l’attrait, le lien avec certaines photos et moins d’autres.

 

Voici l’ordre  de Reconstruire :

--) SURVIVRE 1 --) RESISTER 2 --) EXISTER 3--) RECONSTRUIRE 4 --) MILITER 5 --)

 

Et l’ordre des autres photos en gardant la trace à chaque fois par la couleur du rang occupé dans la photo précédente: 

Survivre =  Militer 51, Résister 22, Survivre 13, Exister 34, Reconstruire 45, 

Résister = Survivre 131, Reconstruire 452, Exister 343, Résister 224, Militer 515

Exister = Militer 5151, Exister 3442, Survivre 1313, Résister 2224, Reconstruire 4525

Militer = Reconstruire 45251, Exister 34421, Militer 51513, Survivre 13314, Résister 22245    

 

J’ai choisi de vous parler plus spécialement de Survivre et de Reconstruire.

 

Survivre

C’est le premier devoir de vie envers soi-même et ses enfants, sans parler des autres. Elle est une femme réfugiée du camp de Riyad, El Geneina, au Soudan en 2004. Ce sont les femmes qui cherchent et portent l’eau. La photo a été prise en octobre 2004 pendant la saison des pluies, ce qui explique le temps menaçant. Le commentaire de Pierre-Yves : « Le simple accomplissement des besoins vitaux régit encore l’existence de millions de femmes qui affrontent chaque jour la guerre, la famine, la maladie. »
 

Reconstruire

Au Rwanda en 2005 à Nyagarambo, Dafrose Mukangarambe, une femme de 42 ans, rit aux éclats, sa petite fille Aline de 11 ans aussi. 11 ans et 9 mois auparavant, des miliciens ont violé et mutilé sa maman, Dafrose, après avoir tué ses cinq autres enfants. « Quand la violence s’éloigne, la remise en marche des sociétés incombe pour une large part aux femmes ». 

 

Résister

Nora Morales de Cortinas noue son panuelo (foulard) blanc autour du cou en signe de protestation contre la disparition de ses enfants par la junte militaire. Elle s’apprête à défiler sur la Place de Mai avec les autres mères. Buenos Ayres, juin 2006, avec ce commentaire : « face aux injustices et aux débordements des pouvoirs en place, des voix s’élèvent. Bien souvent des voix de femmes ». 

 

Exister rappelle la mutilation subie par les femmes stérilisées d’Anta au Pérou par le régime Fujimori. Hilaria Supa Huaman a fondé le Comité qui lutte depuis 2001 pour que justice soit enfin rendu à ces femmes. «  Affirmer son identité, ses droits, sa culture face à l’oppression d’un pouvoir central exige une lutte de tous les instants. » 
 

Militer

C’est ce que fait cette jeune caravanière à leur arrivée à Gulmim, la dernière ville avant le Sahara le 4 décembre 2004 «  D’autres situations imposent aux femmes de militer pour leurs droits : elles agissent et luttent sans violence en s’efforçant de rallier hommes et femmes à leurs causes ».

 

Et pour finir, voici l’ordre choisi par le photographe. On le trouve dans la plaquette de présentation de l’exposition. Un nouvel ordre, c'est donc une nouvelle harmonie de couleurs. Je triche pour aller plus vite:

                             

                 exister, résister, militer, survivre, reconstruire

 

Pour suivre le chemin

. L’expo rassemble 150 photos de femmes qui toutes, quelque soit leur lutte, oeuvrent à l’amélioration de l’avenir, le leur, ceux de leurs enfants, des autres et des enfants de leurs enfants à tous.

. Les trois autres photos que je cite sont visibles dans ce blog dans l'album "Personnes, Personnalités, Personnages".
. Le portrait de 11 femmes ligériennes complète l’exposition : Femmes ligériennes en résistance.

. www.paysdelaloire.fr
http://www.pierreyvesginet-photos.com/index.php?action=actualite&choix=actualite&lang=fr
. www. raphocorporate.com

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CESR > L'industrie et l'équilibre écologique de l'estuaire de la Loire

26 Mars 2009, 17:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

Session du 20 mars 2009

Voici le texte intégral du projet adopté à l'unanimité par le CESR des Pays de Loire, en l'Hôtel de Région à Nantes,  vendredi dernier, le 20 mars 2009:

 

PROJET D'AVIS

 

sur saisine du Président du Conseil régional en préparation de l'Agenda 21

 

Activités industrielles et équilibre écologique de l'Estuaire

 

quelle ligne de conduite pour la Région ?

 

présenté par M. André TAMEZA,

au nom de la Commission n°4 "Transports, télécommunications, énergie"

 

Espace de vie, espace de nature, espace économique, l'estuaire de la Loire comme tous les débouchés de grands fleuves sur la mer, est un espace de l'extrême où doivent s’équilibrer les trois piliers du développement durable.

 

Longtemps, la priorité a été donnée à l’économie. Mais le progrès, la nouvelle donne économique, l’amélioration des connaissances, l’évolution des sensibilités par rapport à l'environnement et au fleuve font qu’il est possible aujourd’hui de concevoir, de mettre en œuvre et de faire partager un nouveau modèle de développement conciliant les différents usages. Le choix ne se pose donc pas ou plus entre un développement anarchique et irrespectueux et la sanctuarisation excessive d'un espace.

 

Si la conciliation des usages doit être équilibrée, cela ne signifie pas non plus qu'elle doive se réduire au plus petit dénominateur commun. Il faut au contraire rechercher à la fois l'excellence économique et l'excellence environnementale, pour proposer un territoire alliant qualité de vie et opportunités, éléments fondamentaux d'un territoire attractif.

 

L'intensité des enjeux et des risques de contradiction font de cet espace, depuis de nombreuses années, tout à la fois un terrain d'expérimentation d'outils d'aménagement du territoire de plus en plus sophistiqués et un lieu d'oppositions frontales, en particulier entre les associations de défense de l'environnement et le Port, principal aménageur de l'estuaire.

 

C'est dans cette perspective qu'il convient de replacer la question posée au CESR par le Président du Conseil régional, qui intervient à un moment propice du fait des opportunités d'évolution offertes par la réforme portuaire et d’une prise de conscience de la nécessité d’intégrer les principes de développement durable selon les dispositions du Grenelle de l’environnement.

 

Par ailleurs, cette réponse au Président du Conseil régional constitue une partie d’une étude plus large sur les atouts portuaires de la région, conduite actuellement par le CESR, et dans laquelle seront abordées des problématiques supplémentaires, mais qui ne concernent pas directement la présente saisine (l’économie portuaire par exemple).

 

L’estuaire fait partie de notre patrimoine et les déséquilibres constatés aujourd’hui mettent en évidence la nécessité d’un rééquilibrage entre ses fonctions économiques, environnementales, urbaines, culturelles et sociales. Pour la mise en œuvre de ce nouveau modèle de développement, il reste à définir et à faire partager une ambition, un projet, une gouvernance.

 


1             l'ESTUAIRE DE LA LOIRE : un espace de l'EXTREME

 

1.1        Un espace très règlementé

 

L’estuaire est un lieu d’échanges et de passage, un élément majeur d'un système hydraulique complexe. Lieu de vie pour les hommes, il l’est aussi pour une faune et une flore particulièrement riche et à préserver : les diverses fonctions de l'estuaire créent inévitablement des conflits d'usage. Mais loin d'être une zone de non-droit, l'estuaire de la Loire est au contraire un espace très encadré, par de multiples schémas, plans, réglementations et zonages élaborés par l’Union Européenne, l’Etat et les collectivités locales, dont les objectifs principaux sont la maîtrise de l'espace, la gestion de l'eau, la protection des zones naturelles et la protection contre les risques industriels. Pour ne citer que quelques dispositifs :

 

Documents généraux d'aménagement

  • la Directive territoriale d'aménagement (DTA) approuvée en 2006,
  • les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) de Nantes – Saint Nazaire approuvé en 2007 et du Pays de Retz en cours d'élaboration,
  • les Plan locaux d'urbanisme (PLU) de différentes communes limitrophes de l'estuaire,

 

Lois, directives et zonages de protection des espaces naturels

  • Loi littoral votée en 1986, qui interdit toute construction nouvelle à moins de 100 mètres du rivage en dehors des zones urbanisées,
  • Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique 1 et 2 (ZNIEFF),
  • Zones Natura 2000 intégrant des zones de protection spéciale (ZPS) issues de la Directive Oiseaux et les zones spéciales de conservation (ZSC) issues de la directive Habitats…
  • Arrêtés de protection biotope (APB), sites inscrits et classés,
  • Réserves naturelles régionales et nationales,
  • Terrains du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres,
  • Espaces naturels sensibles départementaux (ENSD),

 

Lois et schémas de protection de l'eau

  • Loi sur l'eau votée en 1992, mettant en place le Schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Loire – Bretagne (1996) et le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Estuaire de la Loire, à un niveau plus local,
  • Directive-cadre sur l'eau, adoptée en 2000 par l'Union européenne, qui fixe à 2015 le retour au bon état écologique des eaux et des milieux aquatiques.

 

Règlements et zonages de protection contre les risques industriels accidentels et les risques de pollution chronique (pour la qualité de l'air et de l'eau)

  • Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), en fonction du risque qu'elles représentent
  • Autorisations avec servitude pour les établissements à haut risque accidentel (dits sites "Seveso seuil haut" ou "Seveso II") et plan de prévention des risques technologiques (PPRT) autour de ces sites,
  • Plan régional santé – environnement (PRSE) adopté en 2005, qui prévoit parmi ses actions prioritaires la réduction des émissions aériennes de substances toxiques d'origine industrielle et la réduction des émissions d'oxydes d'azote des installations industrielles
  • Plan régional pour la qualité de l'air (PRQA) adopté en 2002, plan de protection de l'atmosphère (PPA) de Nantes – Saint Nazaire approuvé en 2005

 

Ceci conduit certains acteurs à penser qu’aucune initiative n’est désormais possible dans l'estuaire, à cause de la superposition de ces différentes mesures. Il est en effet possible de s'interroger sur leur abondance, leur lisibilité et finalement leur efficience. Il faut néanmoins rappeler que tous ces schémas et réglementations ont été mis en place successivement, en réponse à des préoccupations environnementales plus fortes et à des enseignements tirés d'accidents intervenus en France, en Europe et dans le monde. 

 

Une analyse consolidée de toutes les mesures de protection mériterait d'être conduite pour en apprécier finement les conséquences et dégager des perspectives économiques et sociales tangibles.

 

 

1.2        Un espace hébergeant des activités économiques majeures

 

Le contexte

 

L’économie de la Loire-Atlantique compte environ 150 000 emplois industriels directs, soit 44% de l’emploi privé départemental. 43% de ces emplois industriels sont concentrés sur Nantes métropole.

 

Ce socle industriel important se caractérise par la diversité de ses activités et la présence de pôles d’excellence. S'il trouve ses fondements historiques autour de l’estuaire de la Loire, au fil des années l’industrialisation du département s’est développée en dehors des zones portuaires, sur les deux pôles urbains de Nantes et de Saint Nazaire, sur les pôles d’équilibre qui maillent le département, comme Ancenis, Machecoul, Châteaubriant… et de façon diffuse sur l'ensemble du territoire.

 

Le Grand port maritime

 

Avec un trafic en 2007 de 34,1 MT, dont deux tiers de trafic énergétique, et jouissant d’une excellente situation financière, le Grand port maritime de Nantes – Saint Nazaire est le premier port français de la façade atlantique et le quatrième port de commerce français.

 

Le port compte 1800 salariés directs. Mais une étude récente de l’INSEE montre que les activités indirectes, notamment les industries qui ont besoin de la présence du Port, emploient 6800 salariés, tandis que les activités induites par le port et les établissements industriels emploient 4200 personnes. En ajoutant à cela les emplois de sous-traitance, de transport et d'administration, ce sont 16 000 emplois qui dépendent de l'existence du port selon l’INSEE.

 

Le Grand port maritime de Nantes – Saint Nazaire connait actuellement une mutation économique et culturelle importante, consécutive à la réforme portuaire et à son déploiement local selon les orientations de son plan stratégique. Ces orientations, qui seront proposées prochainement à ses instances, peuvent ouvrir des perspectives nouvelles concernant la gestion des espaces.

 

Le pôle industriel et ses projets de développement

 

L’estuaire accueille des fleurons industriels, dont un pôle énergétique d’envergure nationale. Parmi les principales entreprises ayant un rapport avec l'estuaire, il convient de citer :

  • STX : construction navale ;
  • AIRBUS qui a choisi Montoir et Bouguenais pour les compétences et les disponibilités foncières. Le fleuve conforte ce choix en permettant le transport maritime des grands éléments d’A380 entre les deux sites de Bouguenais et Montoir, puis entre Montoir et Bordeaux ;
  • TOTAL : deuxième raffinerie de France et plus de 40% du trafic du port ;
  • GDF-SUEZ : terminal méthanier qui assure 20% des approvisionnements en gaz de la France, et une centrale de production électrique de 425 MW prochainement mise en service ;
  • EDF : centrale électrique thermique au fuel et charbon, dont la capacité de 3000 MW sécurise l’approvisionnement de l’ouest, et principalement de la région Bretagne ;
  • CARGILL : alimentation animale et production de biodiesel (unité récemment mise en service à Montoir) ;
  • YARA : production d’engrais ;
  • ARCELOR MITTAL qui produit à Basse Indre des aciers plats pour les emballages ;
  • DCNS : appareils propulsifs pour les navires ;

 

Des projets de développement des industries existantes, sur leur propre site, sont actuellement à l’étude, ou prêts à être réalisés sur l’estuaire, si toutefois ils sont assurés de bénéficier d’un fort soutien local afin de faciliter leur acceptabilité par les populations. L'ensemble de ces projets représente un montant de 1,5 à 2 milliards d'euros d'investissements. GDF – SUEZ a ainsi engagé la construction d'une centrale de production électrique d'une capacité de 425 MW, en cycle combiné-gaz, à proximité de son terminal méthanier de Montoir, dont la quatrième cuve sera mise en place en 2013. Par ailleurs, une nouvelle "tranche" est envisagée en remplacement de la tranche fioul n°1 de la centrale électrique EDF de Cordemais. Total prévoit la mise en place d’une unité de désulfuration à la raffinerie de Donges, afin de traiter les nouveaux fuels plus chargés en soufre. Le contournement de la raffinerie par le déplacement de la ligne ferroviaire est également nécessaire. Enfin, le grand port maritime de Nantes – Saint Nazaire prévoit d’ici 2010 la création d'un nouveau terminal conteneurs, sur un quai de 1600m, avec l'objectif d’accueillir 500 à 600 000 conteneurs EVP (Equivalents vingt pieds) par an. Ce projet nécessiterait le déplacement du terminal roulier sur le site de Méan.

 

Si à l’échelle locale, l’estuaire peut être perçu comme un lieu de densité urbaine et économique, cette densité reste extrêmement modérée à l’échelle des grands ports européens du nord. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer le poids économique ni les risques inhérents au complexe industrialo-portuaire de la Basse –Loire, qui concentre une part importante des sites Seveso de la région.

 

Une agriculture dynamique et diversifiée

 

A cette diversité industrielle s'ajoute une agriculture dynamique qui représente 14000 actifs sur l'estuaire. Sa production est diversifiée : maraîchage (production de fleurs et de légumes), cultures fourragères et surfaces en herbe, cultures céréalières, productions laitières et de viande bovine.

 

L'ensemble de ces territoires agricoles (espaces réservés à l'acticité agricole dans les PLU) et des espaces protégés pour la qualité des sites ou de la nature souvent utilisés par l'agriculture (comme par exemple les prairies de Loire), représentent 80% du territoire du SCOT métropolitain, et 90% du territoire du SCOT du Pays de Retz. Ces espaces jouent un rôle majeur dans les équilibres de la métropole. L'agriculture de l'estuaire connait néanmoins certaines difficultés : problèmes de transmission, poussée urbaine, cohabitation difficile avec d'autres activités, mauvaise gestion hydraulique (conditions d'envasement et de remontée de sel). La contribution de cette agriculture extensive, productrice de fourrages, est essentielle en zones humides pour la préservation de la biodiversité. Il est donc indispensable de la soutenir, en développant une meilleure gestion et configuration du réseau et des ouvrages hydrauliques et en améliorant les conditions d'alimentation de ce réseau depuis la Loire.

 

 

1.3        Un espace fragile marqué par l'omniprésence de l'eau

 

Le contexte

 

L'estuaire est intégré à un système écologique complexe, dont les enjeux dépassent ses seules frontières. Par exemple, les vasières, formées dans les surfaces recouvertes et découvertes deux fois par jour par les eaux mêlées du fleuve et de l'océan, abritent des vers, crustacés et mollusques qui constituent une ressource alimentaire essentielle pour de nombreux poissons et oiseaux, sédentaires ou migrateurs, qui fréquentent l'estuaire. L'estuaire assure ainsi une fonction nourricière pour les poissons et les oiseaux, et une fonction d’accueil des migrations et de nidification des oiseaux.

 

Les questions concernant la qualité de l'eau du fleuve illustrent également la complexité du fonctionnement de l'estuaire, et montrent la nécessité de le doter d'une gouvernance renouvelée.

 

L’estuaire est l’embouchure d’un fleuve qui recueille les eaux de ruissellement de son bassin versant. La Loire est d’une part une source de prélèvement en eau et d'autre part un espace d’accueil des eaux usées retraitées. Ses rives accueillent des zones urbaines, des zones d’activités, de loisirs, ainsi qu’un complexe industrialo-portuaire. L’ensemble de ces activités, de la source du fleuve à la mer, agissent sur la qualité des eaux et l’équilibre du milieu estuarien.

 

Les différentes mesures et études montrent une qualité de l'eau médiocre dans l'estuaire. Des analyses effectuées en 2000 ont ainsi montré que seulement 25 % de l'Estuaire était considéré en bon état écologique.

 

Les origines  multiples de pollution de l’eau de l’estuaire

 

Ø      L'industrie

 

Parce que les accidents visibles et spectaculaires marquent durablement les esprits, les établissements industriels en aval sont souvent montrés comme les principaux responsables de la mauvaise qualité de l’eau du fleuve dans son estuaire. Pourtant, les industriels ont réalisé ces dernières années d’importants investissements, afin de respecter des normes de rejets de plus en plus strictes. Les rejets de matières organiques et de matières en suspension des principaux émetteurs ont diminué de 30% en dix ans, et les rejets de métaux ont été réduits de 80% sur la même période.

 

Des progrès restent néanmoins à accomplir afin de limiter les besoins en eau des grandes industries de l’estuaire, qui sont de deux natures : l’eau prélevée sur la ressource en eau potable et l’eau prélevée dans la Loire. Les principaux utilisateurs sont la centrale EDF de Cordemais qui prélève de l'eau pour ses échangeurs et rejette de l'eau chaude, le terminal méthanier GDF-SUEZ qui prélève de l’eau pour la gazéification et rejette des eaux froides, et la raffinerie TOTAL qui s’alimente sur le réseau d’eau potable de la communauté d'agglomération de Saint – Nazaire (CARENE).

 

Des solutions sont actuellement recherchées par les industriels, afin d’économiser la ressource en eau et de sécuriser leurs approvisionnements. Ainsi, le projet de centrale électrique à cycle-combiné gaz de GDF-SUEZ a été étudié pour alimenter en thermies le terminal méthanier au vu des besoins nécessaires aux échanges thermiques. La nouvelle tranche en projet de la centrale EDF de Cordemais utilisera des échangeurs d’une nouvelle génération permettant de recycler l’eau de refroidissement et ainsi de limiter les prélèvements et rejets en Loire. Enfin, deux études ont été menées sur l’utilisation par les industriels des eaux brutes émises par les stations d’assainissement de Nantes métropole (Neptune) et de la CARENE mise en service prochainement à Donges.

 

Hormis les éventuels accidents pouvant survenir (comme le déversement de fuel en Loire en 2008 à cause de fuites dans les canalisations de la raffinerie TOTAL), l’importance des rejets dans l’eau par l’industrie en aval doit donc être relativisée.

 

Ø      Les autres sources de pollution

 

Les ruissellements expliquent également la mauvaise qualité de l’eau de la Loire, ainsi que les rejets dont les sources sont multiples : le ravinement des berges qui provoque le déversement de déchets organiques, les traitements des sols par des engrais, les déchets des élevages, l’absence d’assainissement des habitats et des activités économiques diffuses, le lessivage des sols et des routes, les comportements individuels, ou encore les insuffisances de capacité et de performance des stations d’épuration présentes le long du fleuve. Les stations d'épuration de Nantes sont en effet récentes et performantes, et leurs rejets ont un impact limité sur la pollution dans l'estuaire, mais ce n'est pas encore le cas de toutes les stations d'épurations.

 

Ces rejets, ponctuels ou diffus, interviennent sur l'Estuaire lui-même, mais aussi très en amont. Par exemple, la Maine apparaît comme une source non négligeable de nitrates d'origine urbaine ou agricole, contrairement aux autres affluents. Les concentrations de la Maine dépendent des excédents agricoles et des rejets d'épuration de la Baumette en aval d'Angers.

 

Ø      L'impact des modifications morphologiques de l'estuaire

 

Enfin, la morphologie contrariée et l’hydraulique du fleuve, qui ont été modifiées dès le 18ème siècle entre Nantes et Saint – Nazaire, expliquent la qualité relative de l'eau de l’estuaire. Ces aménagements ont été réalisés pour permettre la navigation sur le fleuve, limiter les conséquences des crues, aménager les villes, et favoriser le développement des activités maritimes, fluviales et industrialo - portuaires. Ils ont donné à l’estuaire une forme d’entonnoir, et ont créé un chenal et un bassin de marée afin de favoriser l’intrusion de l’onde de marée (qui remonte sur 90 kilomètres), pour faciliter le chenalage des bateaux.

 

Ces travaux n'ont pas été sans conséquences sur le fonctionnement hydro-sédimentaire de l’estuaire : ils ont accru le bouchon vaseux et la vitesse des courants, abaissé la ligne d’eau d’étiage de plusieurs mètres, et favorisé l’envasement du lit du fleuve et des systèmes hydrauliques associés ainsi que la remontée de la salinité... L’ensemble de ces phénomènes a considérablement réduit les capacités d’auto épuration du fleuve. Tout en apportant richesse et développement, les transformations humaines ont fragilisé et perturbé un système qu’il s’agit désormais de restaurer.

 

Ø      Les restaurations en cours

 

La restauration du système hydraulique est l’objectif du vaste plan de restauration des cours d’eau, des zones humides et de l’ensemble du bassin versant, prévu dans le cadre du SDAGE et du Plan Loire 2007 – 2013. L’examen de ces mesures (d’un total de 2,9 milliards d’euros) permet d’ailleurs de situer les enjeux et de montrer la multiplicité des sources de pollution : 44% du budget est destiné au traitement des pollutions d’origine agricoles, 27% à la morphologie du fleuve, 20% aux pollutions des collectivités et des activités industrielles du bassin versant.

 

Par ailleurs, les collectivités réalisent également des investissements importants en assainissement, et de nouvelles pratiques agricoles se mettent en place, notamment dans les installations d'élevage. La "directive nitrates" nécessite en particulier de maîtriser les intrants et entrants sur les zones vulnérables, afin de protéger la ressource en eau. Comme les industriels, les agriculteurs réalisent des efforts de mise aux normes de leurs installations. Néanmoins, ces actions ne permettront pas de respecter les critères de qualité des eaux fixés à 2015 par la loi sur l’eau.

 

Ainsi de nombreux éléments déterminant la qualité de l’environnement de l'estuaire sont déterminés bien en amont de celui-ci. C’est pourquoi une gouvernance à un niveau plus global paraît nécessaire.

 

 

1.4        De multiples structures de gouvernance et de concertation

 

Association communautaire de l'estuaire de la Loire (ACEL), GIP Estuaire, Comité de l’estuaire, Comité de développement du port, Agence de l'eau Loire – Bretagne, Comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI), syndicats mixtes du SCOT Nantes – Saint Nazaire et du SCOT du Pays de Retz… les comités, les instances de concertation sur le territoire de l'estuaire sont nombreuses et peuvent donner le sentiment d’une organisation multiforme dispersée. En réalité, chacun évolue dans le cadre de missions précises, l’estuaire est donc un espace dont la gestion est au minimum concertée. Les différents acteurs connaissent les travaux et les compétences des uns et des autres, et savent s'entendre pour mener à bien des actions concrètes : ainsi, par exemple, le Port a été choisi comme maître d'ouvrage par le GIP Estuaire pour restaurer 100 ha de zones humides ; et l’Agence d'urbanisme de la région nantaise (AURAN), qui a été le maître d’œuvre du SCOT métropolitain de la rive nord, et qui fait actuellement le même exercice pour le SCOT du Pays de Retz sur la rive sud.

 

L’ensemble manque cependant de lisibilité pour les non initiés et force est de constater que certaines instances ne jouent plus le rôle qui avait initialement motivé leur création, comme l'ACEL, véritable lieu de coordination et de décision de l’action des collectivités locales dans les années 80-90 qui a produit notamment le programme concerté de l’estuaire de la Loire, tandis que d'autres peinent à émerger, comme le Comité d'Estuaire qui ne s'est réuni qu'une seule fois pour son installation en janvier 2008.

 

De plus, les différentes instances réunissent souvent les mêmes acteurs, sur des problématiques redondantes qui concernent des territoires qui se chevauchent. Ainsi, la réforme portuaire, votée en 2008, prévoit la création d'un Conseil de développement durable du port, composé de trente membres, représentant des milieux professionnels, sociaux et associatifs ainsi que des collectivités locales et de leurs groupements. Organe consultatif, il est amené à se prononcer sur les sujets stratégiques (définition du plan stratégique et de la politique tarifaire). Certaines décisions ne pourront être prises qu'après avis du conseil de développement. Les membres composant le conseil de développement du port siègent ensemble dans d'autres instances comme l'ACEL, le Comité Estuaire ou à l'assemblée générale du GIP Estuaire.

 

Ces chevauchements interrogent sur la complémentarité de toutes ces instances.

 

 

2             Préconisations en faveur d'UNE EXCELLENCE ECONOMIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

 

2.1        Conjuguer le développement économique, la maîtrise foncière, la gestion de l'eau et la valorisation des espaces naturels

 

Préparer l'avenir

 

Le fleuve est un espace de vie exceptionnel, qui accueille désormais toutes les activités humaines : résidentielles, industrielles, tertiaires, commerciales, touristiques et culturelles. Le succès des plages aménagées dans l'agglomération (comme par exemple la carrière de la Roche Ballue à Bouguenais), les transports en commun de passagers (Bateaux-bus) ou les évènements culturels comme Estuaire 2007 illustrent le fait que la population s'approprie, se réapproprie le fleuve et son environnement, et que la préservation de ses paysages, l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’air, ne sont plus des contraintes mais des atouts de développement.

 

Loin d'être antinomique, la protection de l'environnement peut offrir des possibilités de développement intéressantes. Par exemple, la récupération de CO2 d’origine industrielle représente une opportunité pour le développement de projets de production d’énergie à partir de biomasse issue des micro-algues. Un démonstrateur est actuellement à l’étude à proximité d’un site industriel de l’estuaire. De tels projets ouvrent des perspectives d’avenir vers une diversification du pôle énergétique national de l’estuaire aujourd’hui exclusivement centré sur les énergies fossiles.

 

Les zones encore disponibles, comme par exemple le site du Carnet, doivent être réservées, afin d'accueillir ces diverses opportunités nouvelles le moment venu. Plus généralement, l’espace en zone portuaire, disponible, non contraint par les différents zonages de protection, est rare, surtout en bord de fleuve. Il faut donc savoir l’utiliser et le gérer avec pertinence en n’hésitant pas à être sélectif sur les projets qui peuvent s'y implanter et en sachant constituer des réserves pour les projets futurs. Une politique foncière globale et sur le long terme est plus que jamais nécessaire. Les développements rapides d'Airbus France, inimaginables il y a encore 10 ans, ont été possibles à Bouguenais et Montoir parce que des réserves foncières existaient à proximité pour accueillir les nouveaux ateliers de l'A380, de l'A350 et de l'A400M. Dans le cas contraire, ces activités auraient été réparties sur d'autres sites européens. Une gestion durable et responsable de l'estuaire impose donc de prendre des mesures de précaution, et d’anticiper la conservation de zones réservées sans que leur finalité ne soit pour le moment précisée.

 

Par ailleurs, le port doit rester accessible par la route et le fer dans des conditions de fluidité facilitant le transport des marchandises. Il faut donc réserver, dans les différents plans d’urbanisme, les corridors permettant la réalisation des infrastructures ferroviaires et routières, comme par exemple le contournement de la Raffinerie de Donges par la ligne ferroviaire, ou le dégagement de la plate-forme logistique vers les différentes zones industrielles rétro-portuaires. Ces aménagements structurants sont en effet difficiles voire impossibles à réaliser dans des espaces déjà construits.

 

Chercher une stratégie globale et la cohérence entre les schémas

 

Les DTA, SCOT et PLU sont des documents prescriptifs qui définissent la vocation, les perspectives, l’organisation et l’usage des sols d’un territoire concerné. Mais certaines anomalies constatées sur le terrain montrent qu’un travail de mise en cohérence et de contrôle est nécessaire. Ainsi à Cordemais, un lotissement a reçu l'autorisation de la mairie de s'installer sous une ligne très haute tension de 400 000V proche de la centrale. Par ailleurs, le PLU de la commune de Donges et le SCOT Nantes – Saint Nazaire n'intègrent pas le contournement ferroviaire de la raffinerie Total de Donges, pourtant indispensable. Il faut souligner le fait que les collectivités supra-communales, comme le Département ou la Région, sont habilitées à émettre un avis en tant que personnes publiques associées lors de l'établissement des PLU et des SCOT, mais qu'elles n'exercent que rarement cette possibilité.

 

Un espace tel que l'estuaire, qui concentre des enjeux si importants, exige que l'ensemble des SCOT soit mis en cohérence à une échelle géographique pertinente, qui peut être l'échelle départementale.

 

La DTA existante, dont l'objectif est de fixer, sur certaines parties du territoire, les orientations fondamentales de l'Etat en matière d'aménagement et d'équilibre entre les perspectives de développement, de protection et de mise en valeur des territoires, va prochainement être "toilettée" et pourrait perdre son caractère opposable. Cette décision ne serait pas souhaitable. L’estuaire, qui a toujours connu tout au long de l'histoire des conflits d’usage, a besoin d’une stratégie d'aménagement global. L'Etat, qui possède le pouvoir législatif, doit garder cette responsabilité.

 

Une gestion différenciée des espaces à vocation économique

 

Ø      Les espaces "bord à quai"

 

La construction en bord de Loire est strictement encadrée par la loi et les règles d’urbanisme. Les possibilités de construire en rives de Loire sont donc extrêmement limitées. En dehors des villes où existent des projets de reconversion de friches industrielles en quartiers d’habitations (bas de Chantenay à Nantes, site de Soferti à Basse – Indre par exemple), il n’existe que très peu d’espaces pouvant accueillir des activités industrielles. La rareté implique que ces espaces en bord de fleuve soient exclusivement réservés à des entreprises dont l’activité nécessite une présence proche de la Loire ou d’un quai.


Ø      Les espaces "rétro-portuaires"

 

Le maintien et le développement des industries déjà présentes dans l'espace restreint de l'estuaire constituent l'objectif commun de l'ensemble des acteurs, dans le respect des principes du développement durable. Les conditions favorables à ce développement doivent être mises en place, en s'appuyant sur le port, dont l'existence génère des activités industrielles et une importante filière logistique, aussi bien maritime que terrestre.

 

L’accueil d’industries et d’activités nouvelles, le transfert et l'extension d’entreprises existantes qui n'ont pas besoin d’être bord à quai, doit se faire dans les zones rétro-portuaires et sur l'ensemble de l’hinterland, qui dispose de réserves foncières suffisantes (par exemple 2500 hectares disponibles en Loire – Atlantique). Cette répartition sur le territoire nécessitera des infrastructures de communication adaptées.

 

Ø      Les espaces portuaires

 

Les futurs aménagements du Port vont désormais s'effectuer vers l’aval de ses installations actuelles et vers le site de Méan, des collaborations étant par ailleurs recherchées avec des plateformes logistiques terrestres arrière (par exemple à Donges au nord-est des installations portuaires ou à Savenay sur la ligne ferroviaire). Le développement du Port va donc désormais s'effectuer à périmètre aménagé globalement constant, alors que seulement 1300 hectares sont aménagés, sur les 6400 hectares que compte le domaine portuaire. Il est probablement possible de mieux utiliser l’espace portuaire et de reconstruire les sites industriels sur eux-mêmes, sur le principe des villes, mais il faut souligner que les plans de protection des risques technologiques (PPRT) établis autour des sites classés Seveso II créent des servitudes qui limitent la constructibilité des zones portuaires, notamment sur Donges et Montoir.

 

 

2.2        Expertise – concertation – décision : les trois piliers d'une gouvernance durable de l’Estuaire

 

Historiquement, le fleuve a été un outil de production. Fleuve et port se confondaient, le gestionnaire était d’ailleurs le même. Peu accessible, l’estuaire est un espace méconnu. Mais l’émergence de préoccupations nouvelles laisse penser que le futur de l’espace estuarien sera fondé sur la conciliation entre ce qui constitue son économie aujourd’hui et la valorisation du patrimoine naturel que constituent l’eau, le fleuve et ses paysages.

 

La mise en œuvre de ce nouveau modèle de développement ne passe pas par des mesures de protections supplémentaires ou par des aides à l’installation, mais il implique une bonne connaissance du système estuarien, l’expression d’une ambition réaliste et la construction d’un projet partagé, qui équilibre les différentes valeurs d’usage et qui concilie les grandes fonctions de l’estuaire : l’économie, l’environnement, l’urbain, les dimensions sociale et culturelle.

 

Sa mise en œuvre ne pourra donc se faire que dans le cadre d’une gouvernance renouvelée de l'estuaire, répondant à trois besoins principaux : le besoin d’une expertise partagée, le besoin de concertation et le besoin d'un lieu de décision qui rassemble l’ensemble des acteurs.

 

Le besoin d’une expertise partagée

 

Pour construire un projet partagé, les acteurs intervenant sur ce territoire ont besoin de références et d’une expertise dont la qualité et l’indépendance sont reconnues par toutes les parties. Le GIP Estuaire émerge comme un lieu d’expertise reconnu et assumant actuellement cette fonction de façon satisfaisante, sur les sujets liés au fleuve et à son environnement immédiat. Ses analyses et conclusions sont adoptées par l’ensemble des acteurs dont les visions peuvent parfois être divergentes. Mais il ne restera cette référence pour toutes les parties que s’il se limite à ce rôle essentiel d’expertise, qu’il n'assume pas d'autres missions. Il devra disposer par ailleurs des moyens nécessaires et des garanties de son indépendance.

 

Le GIP Estuaire, naturellement, poursuivrait et développerait sa mission d’information auprès de la population, en cohérence avec les orientations de la nouvelle gouvernance.

 

Le besoin d’une concertation ouverte pour construire un projet partagé

 

Toute stratégie de long terme implique que les acteurs partagent une même ambition pour le fleuve et son estuaire. Une instance de concertation globale est plus que jamais indispensable, pour élaborer et s’approprier cette ambition. En somme, l'Estuaire a besoin d'un "conseil économique, social et environnemental", lieu de construction d'un projet collectif.

 

La tentation pourrait être de s’appuyer sur des instances installées par la loi, comme par exemple le conseil de développement durable du Port. Mais une instance intégrée à la gouvernance du Port n’envisagerait pas les questions sous le même angle qu'une instance dédiée à l'estuaire. D'autant que si elles ne sont désormais plus identiques, la gouvernance du Port et celle de l'estuaire ont longtemps été étroitement liées, le Port étant l'aménageur et le gestionnaire du fleuve. Il importe que la distinction entre les deux soit désormais affirmée et concrétisée.

 

Le comité d’estuaire pourrait être à même de prendre ce rôle en charge, dès lors qu'il associe l'ensemble des partenaires concernés. Il est en effet important, pour une concertation de qualité dans l’estuaire, que tous les acteurs soient associés à cette concertation sans exclusion, qu'ils soient institutionnels, économiques, environnementaux ou sociaux.

 

Le besoin d'une gouvernance garante de la mise en œuvre d'un projet partagé

 

La mise en œuvre et le financement du projet partagé nécessite une instance exécutive qui en aurait la charge et les moyens de l'exécuter. En conséquence, une telle instance doit impliquer les acteurs territoriaux issus du suffrage universel, disposant des compétences en matière d'aménagement du territoire et pouvant mobiliser les fonds nécessaires, soit l'Etat et les collectivités territoriales concernées : la Région, le Département, les communautés de communes et d'agglomération au nord et au sud de la Loire. La gouvernance serait légitimée par un accord entre ces deux groupes d'acteurs.

 

Cette instance devra être dotée d’un cadre juridique formel pour asseoir son autorité. L'hypothèse d'un établissement public inter-collectivités, garant de la mise en œuvre du projet partagé, mériterait d'être étudiée. Néanmoins, un cadre juridique rigide ne remplacera pas une volonté réelle des protagonistes de travailler ensemble et en vérité.

 

Cette instance de décision, le GIP Estuaire et l'organe de concertation pourraient être, le moment venu, regroupés dans un même lieu, lieu d’information et de documentation, où seraient présentées les différentes problématiques et politiques publiques mise en œuvre sur cet espace.

 

La Région garante de la cohérence entre l'amont et l'aval

 

La Région a donc un rôle important à jouer aux côtés des autres institutions, et en complémentarité avec elles.

 

Elle seule peut veiller à la cohérence des politiques publiques entre l'aval (en Loire-Atlantique) et l'amont (en Maine-et-Loire et dans les autres régions). Elle devra par exemple s'assurer que l'amont soit également engagé dans des politiques fortes de maîtrise des rejets polluants.

 

En tant que chef de file en matière de développement économique, la Région doit intégrer les enjeux de l’estuaire dans ses politiques économiques territorialisées. 

 

Elle doit par ailleurs jouer plus souvent son rôle de personne publique associée (PPA), en s'assurant que les documents d’urbanisme (SCOT et PLU) intègrent ses recommandations.


Source
 http://cesr.paysdelaloire.fr/index.php?id=38

Enfin, elle deviendra également un acteur clé lors de la création de l'Etablissement public foncier régional, qui pourra largement contribuer à l'aménagement intégré de l'Est

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WBW12 > Les Habits du Vin d'Expression > La Terre et le Ciel

26 Mars 2009, 10:32am

Publié par Elisabeth Poulain

Le ciel, cet espace infini

Comme le ciel, l’espace est difficile à visualiser sur une petite surface.  Une solution serait de ne rien montrer sur l’étiquette. C’est le pas que des vignerons américains ont franchi avec une étiquette totalement blanche et vide.  C’est aussi le rêve de certains en France de présenter une bouteille sans aucune indication, nue comme au premier jour de la Création et qui se suffirait à elle-même. C’est un rêve devenu presque une réalité quand l’étiquette devient transparente ou si petite qu’on ne la voit plus. Pour suggérer l’infini, il existe néanmoins d’autres idées, comme les étoiles et la lune la nuit, le ciel, les nuages, les oiseaux ou les papillons le jour. Il suffit alors de lever la tête pour regarder l’infiniment grand de la voûte céleste et se poser la question  ‘que me dit le ciel aujourd’hui ?

 

239. Une seule vigneronne a eu cette idée de célébrer le ciel qui chaque jour renaît et chaque jour change, qui est la manifestation la plus forte de l’ordre sacré de l’univers. Marie-Annick Lemaire signe ainsi tous ses vins de Vouvray, ici un sec représenté ici avec une grue, symbole en Asie de prospérité, de pureté et de vitalité.

 

La pluie, les nuages

Ils ne viennent pas spontanément à l’esprit. Difficile de dire que la pluie figure en tant que telle sur une étiquette de vin. Pourtant c’est d’elle que dépend la fertilité de la terre. Elle est source de fécondité. Par contre les nuages annonciateurs de la pluie, oui, il y en a.

 

240. Les plus beaux sont ceux de Pascal Jolivet pour des Sancerre et des Pouilly sur Loire; le blanc porte des nuages gris-noirs, le rosé des nuages orangés et le rouge des nuages violets-mauves. Quant au Pouilly-Fumé, ses nuages sont vert-gris. Ces nuages bienveillants et étonnants de présence créent une atmosphère d’attente et d’évanescence.

- Il est plus fréquent de trouver un cumulo-nimbus bien rond annonçant le beau temps dans un ciel clair pour meubler l’espace au-dessus du chai. C’est le cas pour le Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Domaine de la Cognardière de Dominique et Vincent Richard.

 

Le vent

Il est difficile à représenter en tant que tel. Dans les vignes, on en parle surtout pour s’en protéger, comme par exemple à Saint-Nicolas de Bourgueil ou à Bourgueil contre le vent du Nord qui voit sa course freinée par les bois du haut du plateau, avant la descente face au sud vers la Loire. Quelques vignerons arrivent à en parler de façon directe et positive.

- Au Domaine des Guyons, Franck et Ingrid Bimont ont donné le nom de la Cuvée Vent du Nord  à un Saumur parce qu’il rafraîchit avec bonheur l’été leur chai ouvert plein sud dans une cour blanche de falun qui retient la chaleur du soleil.

 

Le vent d’Ouest

Il apporte la douceur océanique le long de la Loire, ce vent qui transporte les graines de plantes qui aiment la chaleur et que l’on retrouve tout au long des rives de la Loire jusqu’à Saumur et plus. Sur terre toujours mais sur les collines, une façon très féconde au niveau de la symbolique de faire parler le vent est de dessiner un moulin dont les ailes tournent pour broyer le grain qui donne la farine. Le lien se fait naturellement entre le vin et le pain avec l’aide du vent qui fait tourner les ailes du moulin. Le meunier était un personnage important de la communauté villageoise avec le maréchal-ferrant, le laboureur et le vigneron. En France le vin est associé au pain pas seulement pour la rime mais par l’histoire, surtout dans notre région d’ouest. Les ailes des moulins transmettaient des informations vitales aux ‘Vendéens’, ces  royalistes en lutte contre les forces de la Convention (1793-1796). Plus pacifiquement de nos jours, les moulins  connaissent une nouvelle vie de résidence secondaire grâce aux restaurations entreprises par leurs nouveaux propriétaires.

 

241. Quand on met le clocher de l’église à droite de l’étiquette, face au moulin aux ailes déployées à gauche, on comprend bien que la vigne placée entre ces deux totems bénéficie d’une double protection, surtout quand l’étiquette est ronde, la forme parfaite. C’est le cas par exemple du Grolleau gris de Joël Hérissé du Moulin de la Touche.

 


242. Un Muscadet-Sèvre et Maine sur lie se présente avec un moulin, sous le nom de Château de la Gravelle, Cuvée Don Quichotte, de Véronique Gunther Chéreau de Saint-Fiacre sur Maine. 
 

 

243. Le moulin du Domaine des Saints Martins des Vins Thomas a été démantelé pierre à pierre pour ne plus avoir à payer le lourd l’impôt qui frappait l’outil de travail du meunier. Il en reste aujourd’hui l’embasement. C’était en 1900 le plus grand moulin autour de Tigné. De nos jours, il existe encore pour tous les vins du domaine dont un Blanc de pays, Chardonnay.

 

244. Il existe aussi, à la Maison Couly-Dutheil, un Saumur ‘Les Bondonnières’ avec un dessin que l’on dirait ancien et fort en couleur. Un autre moulin donne son nom à un Couly-Dutheil Saumur blanc, celui de Turquant.

 

245. Le Clos du Grand Beaupréau est actuellement travaillé par trois vignerons qui ont adopté en commun un macaron portant l’emblème du moulin pour leur Savennières. La seule autre contrainte est d’utiliser le blanc et le gris. Yves Guégniard du Domaine de la Bergerie est l’un d’eux.

 

Les oiseaux

Sur terre, la présence du ciel peut aussi être matérialisée par les oiseaux terrestres, des libellules et surtout les papillons car ils sont censés représentés la grâce féminine et de ce fait parler aux femmes. Les oiseaux de terre sont surtout retenus pour leur grâce, leur chant, la chatoiement de leur plumage ou leur finesse plus que pour leurs prouesses de vol athlétique.   

 

246. Christophe Daviau a choisi une grive qui symbolise la légèreté et la vitesse, avec ses ailes déployées pour son Crémant de Loire du Domaine de Bablut à étiquette blanche.

 



La nuit

Quand le soleil tombe, tout change. Ce sont les étoiles et la lune qui nous font rêver. L’ambiance se moidifie, les perceptions aussi, comme les vins  et leurs représentations. 
 

247. La Lune est un vin de table de France de la Ferme de la Sansonnière de Mark Angeli, vigneron et paysan solidaire à Thouarcé, en raison de la force du symbole lunaire associé au blanc de l’étiquette, au violet du blason et à l’argent à chaud.

 

Il n’y a pas que la lune à se montrer la nuit quand le ciel est clair, un grand nombre d’animaux nocturnes aussi, à commencer par les loups qui nous ont fait frissonner de peur le soir, étant enfant, avant l’arrivée du sommeil.

                                                                                                                       

248. Chez Régis Neau au Domaine de Nerleux, les Loups noirs de ce Saumur-Champigny se sont transformés, par la magie du vin, en loups d’or sur fond noir par un procédé qui rappelle celui qui consiste à parler des ‘enfants des livres’ pour désigner les livres pour enfants.

 

Au petit matin, la nuit se termine, le soleil réapparaît et la lumière chasse les démons de la nuit. Les plantes, les animaux et les hommes vont pouvoir reprendre vie.

                       

La lumière  

Elle est si importante qu’elle mérite d’être individualisée en tant que telle. Cette tendance venue d’Asie place la lumière au même rang que la couleur. Elle est une dimension en soi. La douceur de la lumière est celle de la Loire faite de couleurs tendres, de paysages accueillants, de pierres blanches de tuffeau, de beauté discrète et d’élégance, sans violence ni dramaturgie. Celle à laquelle pense Jacques Puisais de Chinon, un grand oenologue de renommée mondiale  qui a nommé un de ses ouvrages « Douceur et Tendresse de la Loire » (Editions L’Araignée). C’est certainement aussi  l’une des raisons qui associe la Loire à l’aquarelle. Rapide, cet art  nécessite une parfaite maîtrise du geste, sans possibilité de retour en arrière.

 

- Edouard Pisani-Ferry de Parnay parle en paraphrasant Kundera de « l’insoutenable légèreté de la Loire. » Pour la célébrer, il a choisi l’aquarelle pour son Saumur-Champigny, Cuvée Ferry, Château de Targé.

 

- Pascale et Etienne de Bonnaventure du Château de Coulaine utilisent l’aquarelle de façon monochromatique. Pour leur Chinon rouge, seuls des arbres colorés en vert forment un écrin autour du château.  

 

Ce quatrième élément est certainement celui qui est le moins perçu, d’une façon un peu surprenante, en décalage avec la réalité, comme si la lumière était occultée par le soleil qui lui fait de l’ombre ! Une des raisons peut être qu’il est plus facile de montrer la transparence et les jeux de lumières entre le vin et le verre de la bouteille plutôt que d’essayer de la traduire sur l’étiquette seule.

 

Le soleil

Plusieurs utilisations peuvent en être faites.

- Le Domaine de L’Eté de Catherine Nolay, a naturellement adopté le soleil d’or comme emblème sur ses étiquettes. La Cuvée Soleil est attribuée à un Coteaux du Layon.

 

249. On peut aller beaucoup plus loin pour monter la force symbolique du feu du soleil. Il suffit de se tourner vers François Ier qui l’avait choisi comme emblème dans ses armoiries avec pour devise « J’y vis et je l’éteins. » Il s’agit de la salamandre qui représente à la fois le Juste au Moyen-Âge et le soufre incombustible. D’où l’or cuivré qui accentue la forme de la salamandre dressée en cuvée d’un Cour-Cheverny de Philippe Loquineau.

                                               



250. Claude Courtois des Cailloux du Paradis, pour son vin de table ‘Petit coin de Paradis’ place le soleil à droite dans une étiquette panoramique qui inclut tous les éléments de la nature, la vigne évidemment mais aussi les arbres à fruit, les fleurs, l’herbe, la mare, un lièvre et une barque pour aller sur l’eau. Un monde global.

                       

Transition du Signe de Terre (2) vers le Signe de Pierre (3)

Le Signe de Terre est fondateur de l’identité du vin. Il s’est traduit en France par le concept des AOC qui fait reposer l’identité d’un vin sur un terroir, la vigne dont le cépage est adapté au terroir et le travail de la vigne et du vin. Ce concept a maintenant acquis la dimension mondiale par la force de sa cohérence. Les réformes actuelles sur l’agrément de l’exploitation et non plus de chaque vin n’en prouvent que mieux son importance et pourtant visuellement, peu de vignerons communiquent sur ces éléments.

Comme le montrent les Signes de l’Homme et de la Terre, une nouvelle vague commence à redire haut et fort l’importance de l’amour et du travail de la terre et à montrer visuellement nos liens avec l’histoire de l’humanité. Cette tendance va s’accentuer et ce de façon irréversible, sans nuire à l’imaginaire, ni à l’existence des autres Signes. Bien au contraire, les chemins du rêve se créent au fur et à mesure qu’on avance dans le SIGNE de Pierre.
 

 

Dialogue imaginaire entre Isi** et Eli*

 

Isi : drôlement compliqué, ton truc. Déjà, il me faut dorénavant repérer les vignerons qui me parlent. Maintenant, j’ai à apprendre sur quel type de terre je marche, d’où vient le vent, où sont les coteaux à vignes ; je vais en plus devoir mettre mes lunettes, ce qui m’agace, pour lire ce qui est marqué en tout petit, zut, flutte et reflutte ; moi, je veux simplement boire du vin,

 

Eli : quelle râleuse, tu fais. Tu connais bien pourtant tout ce qui touche à ce que tu adores. Là c’est la même chose. Je ne vois pas le problème et en plus tu deviens intelligente, tu comprends mieux ;

 

Isi : merci bien, du compliment. Je le suis déjà tellement que je m’effraie,

 

Eli : si tu le dis !


Eli est l'auteur sérieuse et ** Isi, son double impertinent et rieur  

 

 Pour retrouver et suivre le chemin

= voir les 12 précédents billets
= et attendre le début du 3ème chapitre, le Signe de Pierre.  

Photos EP, visuel plan France Poulain 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mini-Cas de Com 1 > Ah ces pubs au titre agaçant à effet de loupe!

24 Mars 2009, 17:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce sont des titres réducteurs qui simplifient une problématique en vous manipulant dans un raisonnement binaire. On est pour ou contre. L’enfermement dans une case préformée est renforcé par ce fameux effet de loupe. C’est un procédé de communication qui attire l’attention sur un détail ou un élément très minoritaire en globalisant après. Au lieu d’étudier une population donnée, vous citez quelques petites histoires sur une ou quelques personnes et c’est bon. L’effet de loupe inversé consiste à partir du général pour attribuer les caractéristiques générales à un individu en particulier. 

 

Les deux procédés sont tellement fréquents qu’ils créent une véritable pollution mentale. En Ier exemple, je vous citerai les micro-trottoirs qui sont des interviews réalisées par le journal ou l’institut de sondages: 

-       avec un homme, une femme,

-       un jeune, une jeune,

-       . un pour, un contre… La très grande majorité des émissions de radio (Europe 1, France-Inter…) est fondée sur cette balance censée reflétée les opinions du groupe. 

 

Le second exemple vise  le travers culturel qui consiste à dire que tous les hommes français portent des bérets et ramènent une baguette chez eux après le travail. Et en plus ils font du vélo à cause du Tour de France!  Le vin « Red Bicycle » a fait le tour du monde sur cette bonne blague. On pourrait continuer longtemps sur ce thème là : les Françaises sont sexy, elles savent bien faire la cuisine..J’ai trouvé récemment  quelques pépites à soumettre à votre sagacité.  
 

« Vivez comme vous voulez », la pub Caddy Home de Delhaize

C’est un très bel exemple de raisonnement binaire. C’est une pub très bien faite, jolie à voir et avec des petites touches d’humour. En plus c’est très coloré. Il s’agit de la pub de Delhaize, une chaîne de grande distribution belge très dynamique, qui veut booster les ventes de sa société de vente de produits alimentaires en ligne, Caddy Home.

 

« Et aujourd’hui de quoi avez-vous envie ? » vous demande la pub. Pour vous aider dans votre choix, Caddy Homme, la filiale de Delhaize, a visualisé la gamme alimentaire en 16 paires qui vous donnent le choix, parce qu’ « après tout, ça ne regarde que vous. Vivez comme vous voulez » conclut Delhaize. C’est bien vrai ça, comme dirait Mamie Nova, sauf que 'le comme vous le voulez' est sacrément encadré pour vous conduire là où l’annonceur veut vous emmener. Vous n’oubliez pas que les agences de pub sont les plus grands recruteurs  de diplômés en psychologie.  

 

On aurait pu classiquement représenter ce que ‘doit’ manger une famille type. Mais l’humour n’aurait pas été forcément présent, surtout avec des haricots verts. La pub aurait pu aussi vous demander : les haricots verts, vous les voulez à éplucher ou tout épluchés ? Beaucoup plus finement, toutes les questions sont conçues sur le mode actif : est-ce que vous voulez éplucher vos haricots verts ? Il faut que la femme qui passe commande garde la maitrise du faire ou de l'impression de faire; si non elle pourrait se sentir coupable. Très vite, on comprend que Caddy Homme est là pour vous aider. Voici comment:

 

. Les haricots verts, avez-vous envie « de cuisiner (= HV à éplucher) ou de vous simplifier la vie ? (= HV prêts à cuire) »

. Les tomates, voulez-vous « les manger belges ou italiennes ?

. Le pain, «  avec trois ou neuf céréales » ?

. La laitue, vous voulez la nettoyer ou nous laisser faire (= en faisant un mélange)?

 

. Allumer le four pour la pizza ou le micro-onde pour une barquette (= d’un plat prêt à réchauffer) ?

. Manger le même plat « Comme chez Soi » (= au restaurant) ou comme chez vous ?

. Manger sans sel (= du maïs en boîte) ou sans gluten (= des pâtes)?

. Boire un vin français ou chilien ?

 

. Manger votre saumon cru ou cuit ?

. Etre curieux (= avec des chips bleus) ou pas (= chips de marque Lays) ?

.  Vous faire du bien avec des Omega 3 ou avec du soja Minarine ?

. (Acheter) du meilleur chocolat ou du chocolat au meilleur prix ?

. Faire plaisir à votre mari (= avec de la fourme d’Ambert) ou de vous faire plaisir (= avec un Forêt noir en portion individuelle) ?

 

. Manger avec des couverts (= un rôti cru) ou des baguettes (= des sushis) ?

. Compter les calories (= avec du fromage blanc 0% mg à la fraise) ou pas (= avec un yoghourt suisse pleine crème à la fraise)

. Cuisiner pour vos enfants (= un maquereau ou un hareng cru) ou jouer avec vos enfants (= portion de poisson pané) ?

 

Questions
1. Reconstituez les différents types de problématiques, pour quelles cibles ? 
2. Quels sont les aliments choisis ? Que manque-t-il ?
3. Quels stéréotypes pouvez-vous relever ?
4. En quoi cette publicité est-elle interculturelle ? Pourriez vous avoir la même en France ?        

 

Réponses

1.Les problématiques

11. Analyse produit par produit

haricots verts/salade = à éplucher ou à cuire déjà préparés

tomates/vin = origine belge/italienne, française/chilienne

pain = 3 ou 9 céréales

pizza ou plat préparé, pommes de terre + viande  = four/micro-onde à réchauffer, ou à cuire

sans sel, sans gluten = produit de régime

poisson = cru en tartare ou cuit de façon classique

chips = marque rare ou grand public:

omega 3/soja = produit senior 

chocolat = qualité/prix

fromage fermenté/gâteau à la crème et chocolat = plaisir mari/femme

rôti bœuf cru/sushis = mode traditionnel avec des couverts/mode asiatique baguettes

yoghourt maigre à la fraise /yoghourt suisse Ely à la fraise (pleine crème) = femme-régime/gourmet

poisson cru avec arrête, peau et tête/poisson pané pour enfant =  cible enfant

 

12. Synthèse

avoir le choix = tous les produits

choix du faire ou acheter tout fait = haricot vert, poisson, pizza, plat préparé, pommes de terre + viande

choix du mode de cuisson = poisson

choix du mode d’ingestion = couverts ou baguettes

choix du prix = chocolat

choix consommateurs Ancien Monde/Nouveau monde = vin

choix consommateurs belges = tomates belges

 

enfant : poisson pané

jeunes : pizza, chips

femme : gâteau forêt noir, fromage blanc maigre à la fraise

homme : fourme d’Ambert

seniors : omega 3 et soja

 

2. Les aliments choisis

 

21. Les catégories

crudités et légumes : tomates, haricots verts, salade laitue

3 viandes = 1 viande en sauce ( ?)  + 1 rôti de bœuf + 1 viande hachée

5 poissons = 1 saumon + 1 filet + 1 sushi  + 1 hareng + 1 pané

2 plats séduction jeunes = 1 pizza + 2 chips

1 féculent = 1 paquet de pâtes

1 boîte de conserve = 1 maïs

2 pains =

2 margarines =

1 fromage =

3 desserts = 2 yaourts + 1 gâteau

2 boissons = 2 vins rouges

2 sucreries = 2 chocolats

 

22. Les raisons

Ce sont vraisemblablement les produits les plus achetés pour les livraisons à domicile. Remarquez qu’il n’y a ni fruit frais, ni surgelés, ni jus de fruit, ni céréales pour le petit déjeuner, ni biscuit, ni beurre, ni riz, ni frites, ni charcuteries, ni eau minérale, ni bière.

 

23. La faible présence des marques

Les seules marques qu’on voit clairement sont les chips Blues et Lays, l’Alpro soja, le chocolat Côte d’Or et le yaourt Ely. Les autres doivent être des produits sous marque de distributeur Delhaize. Un exemple « Comme chez soi », une marque du groupe, justement parce que le plat n’est pas  

 

3. Les stéréotypes

C’est toujours Madame qui passe commande, elle aussi qui aime les douceurs alors que son mari aime les fromages un peu forts.

Les enfants n’aiment le poisson que pané. 

Les seniors  mangent tous des matières grasses pour diminuer leur taux de cholestérol.

Le vin est forcément rouge.

 

4. La dimension interculturelle

Elle est faible. Que ne mangerait-on pas vraiment en France : du saumon cru, des chips bleues… La seule inconnue porte sur le plat préparé en sauce orange. Qu’y a-t-il dedans ? Le catalogue montre  beaucoup plus de différences.

 

Pour suivre le chemin

www.caddyhome.be

www.delhaizewineworld.com

. A suivre  Mini-cas de Com 2 > L’Effet de Loupe inversé > Les citadins et les poules de New York

. Photos EP 

 

 

 

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WBW11 > Les Habits du Vin d'Expression > La Mer

23 Mars 2009, 18:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Rappel des 11 billets précédents

Nous sommes dans le Signe de Terre par lequel les vignerons disent leur volonté de montrer leur ancrage dans et avec la terre et ses partenaires que sont l’eau, le ciel et la lumière. Ce 2ème signe  fait suite au Signe de l’Homme qui marque le désir très profond d’hommes et de femmes du vin de mettre le créateur, celui qui travaille la vigne et fait le vin, et sa créature, la vigne et le raisin, à l’honneur. Aujourd’hui, l’ancrage se fait par la mer.     

 

La carte de la Loire et/ou de la France

Elle figure rarement sur les étiquettes. La raison invoquée tient au manque de place afin d’éviter de surcharger l’étiquette la contre-étiquette. Pourtant il y a de moins en moins de personnes à connaître réellement la géographie, que ce soit en France ou à l’étranger. Et il y a de plus en plus d’appellations, 70 en Loire. Une des conséquences est que le capital commun que constitue l’appellation ne joue plus que partiellement son rôle puisqu’il n’est pas facile de la positionner réellement. Par ailleurs, les Nouveaux Vins de  Table ne peuvent pas se référer à la Loire. Il y aura donc bientôt des précisions comme ‘quelque part en France’  pour indiquer notre région. 

 

231. Les Frères Couillaud du Château de La Ragotière ont inclus une carte de France avec un point pour indiquer leur position sur le corps supérieur de leur étiquette de Muscadet-Sèvre et Maine sur lie. Ils exportent ainsi près de 70% de leur production en particulier aux États-Unis.

                       

Les couleurs de la France ne figurent, sous une forme stylisée, que sur une seule bouteille :

- C’est Jean-François Guilbaud qui offre un petit bouquet tricolore avec son Muscadet-Sèvre et Maine sur lie, Château La Bretonnerie, très apprécié au Japon.

 

La mer vu par les négociants

Quant à la mer qui constitue la première destination des vacanciers l’été, elle est le plus souvent choisie par des négociants et des responsables de coopératives désirant associer ce vin à la période estivale et à un lieu de vacances. Plusieurs solutions à découvrir qui permettent de choisir selon :

 

. la tendance bretonne :

 

232. en montrant des goélands tournant autour d’un bateau de pêche à voile, Le Bossereau, pour un Gros-Plant du Pays nantais sur lie des Vignerons de la Noëlle,

 

233. ou ces mêmes oiseaux au-dessus d’une vague qui se brise sur le sable pour La Romagne, un Muscadet-Sèvre et Maine sur lie ;

 





. la tendance sportive
 :

 

234. en communiquant sur le goût de la compétition et de la vitesse avec une coque dressée du bateau d’exception Le Pen Duick d’Eric Tabarly, le grand marin préféré des Français pour un Muscadet-Sèvre et Maine sur lie de Marcel Sautejeau. L’habillage a reçu un grand prix du packaging innovant avec une étiquette coque du navire pointée sur le ciel ;  

                                                                           

. la tendance symbolique :

 

235. en figurant un phare pour parler de la mer, de ses dangers et de la solidarité des gens de mer, avec Lighthouse un Muscadet-Sèvre et Maine sur lie, « light, crisp, fresh & fruity » de Marcel Sautejeau destiné à l’exportation en pays anglo-saxons ;

 

. la tendance historique :

 

236. en évoquant l’histoire grecque avec le S de Sautejeau pour un Muscadet. La forme de ce  S est directement inspirée de la ligne du dauphin : des (méchants) pirates attaquèrent Dionysos sur son navire, tombèrent à la mer pour s’être enivrés et furent changés en (gentils) dauphins ;

 

. la tendance graphique :

237. pour Atlantique, un Sauvignon blanc Loire Valley, de Pierre Chainier avec une étiquette haute, rectangulaire sur papier sable, avec en haut les effets du vent sur le sable en grisé et sans visualisation de la mer.

 









L’absence de la table

Les accords mets-vins, dont on parle tellement en France, ne constituent pas actuellement une piste. Aucune table dressée et aucun mets ne figurent sur des étiquettes. Les crustacés et les poissons ont quasiment disparu des étiquettes, à de rares exceptions dans la vente directe aux amateurs. Il en reste pour le circuit des restaurants (CHR), comme :

- ce Muscadet-Sèvre et Maine de Donatien Bahuaud, qui joue la transparence avec son Blanc de Mer écrit en blanc sur une étiquette en plastique translucide,

- ce Muscadet-Sèvre et Maine sur lie de Marcel Martin (Lacheteau) qui porte un homard noir en écusson dans une étiquette deux corps orange vif, apposée sur une bouteille originale.

 

Pour l’export et ensuite pour la vente en France, ce même négociant a conçu une gamme qui simplifie l’accès au vin, en l’associant au plat tout en transformant l’achat d’une bouteille en un jeu : Drink & Eat Selections, Boire et Manger, marie le Sauvignon au poisson, le Cabernet franc au poulet…

 

Pour suivre le chemin

. Voir les précédents billets

. Le prochain billet, l’ancrage par le ciel et la lumière

. Ph EP

 

 

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Une folle bouteille, Le Clos de la Folie, un Anjou Baumard

18 Mars 2009, 11:24am

Publié par Elisabeth Poulain

Voilà encore un titre qui me fait plaisir. Il est long, compliqué, il dit beaucoup de choses et au Ier abord on n’y comprend rien. Un vrai délice en somme. Le contraire en somme de ce que préconise Over-Blog & Co. Délices est un bon terme parce qu’il s’agit d’un Anjou de Florent Baumard  de Rochefort sur Loire (49).

 

Alors pourquoi deux fois le mot de folle-folie en si peu de place ? Tout simplement parce que cet Anjou rouge est issu du Clos de la Folie, une petite parcelle très qualitative du domaine qui en compte d’autres. Il n’est pas produit chaque année et ses caractéristiques changent. La bouteille que j’ai sous les yeux titre 13,5% en assemblage Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon. Je l’ai déjà vu à 13% et en Cabernet Franc. Et je l’ai bu pour la Ière fois à la Mairie d’Angers un samedi matin, après une discussion intéressante et vive entre Angevins sur la culture dans le cadre de l’Agenda 21. Ca tombait très bien. Vous allez tout de suite savoir pourquoi. 

 

L’Anjou ‘Clos de la Folie’

La contre-étiquette vous apprend que les raisins cueillis à parfaite maturité donne à cette cuvée des arômes de fruits noirs, fruité et légèrement épicée. Ce vin peut se boire jeune ou après quelques années en cave. Ca tombait bien, c’était un 2005. Moi, j’ai surtout senti la plénitude en bouche et le coté épicé qui surprend.

 

La Folie

La suite, c’est la bouteille qui vous l’apprend. Certainement pas en raison de son grand classicisme puisque c’est une Anjou à la fleur de lys, ni même sa capsule à vis – une innovation en Anjou, c’est la Ière que je vois sur une bouteille de ce type- c’est son étiquette tout à fait surprenante. Elle est en effet composée entièrement de 18 citations d’hommes et d’1 femme de lettres (ouf, merci Madeleine*) sur la folie.

 

Baif : c’est être fou que d’être sage selon raison contre l’usage

Aristote : meilleur est l’homme qui cache sa folie que l’homme qui cache sa sagesse

Anonyme XVIIIè : le grain de sel est comme le grain de folie : il est le condiment de la vie

Perrault : qui refuse d’assouvir envie de douce folie est un fou

Erasme : feindre à propos de la folie, c’est le comble de la sagesse

Paul : si l’un de vous se croit sage, qu’il devienne fou pour être sage

Ecclésiaste : le cœur des fous est du coté de la gaieté

Quitard : qui ne sait être fou n’est pas sage

Jérémie : tout homme a été rendu fou par sa propre sagesse

Quitard : l’amour sans folie est un amour sans sagesse

Roman de Renard : il n’est si sage qui ne foloie

Erasme : les passions dans leur totalité relèvent de la folie. Elles n’en sont pas moins nécessaires

Anonyme XIXè siècle : dans l’engrenage des passions, le grain de folie est pour l’amour moins dangereux que le grain de sable de la jalousie

Guitry : rien n’est plus agréable que le succès quand il est fou

Gavarni : la folie des grandeurs rapporte peu, elle coûte beaucoup

Médicis : il n’est de fou que celui qui ne veut pas l’être

Scudéry : rien n’est plus sage qu’un fol espoir quand on est au désespoir

La Rochefoucauld : qui vit sans folie n’est pas si sage qu’on croit

Arthaud : je dis que la folie est un coup monté 

 

La citation préférée de Florent Baumard est celle d’Arthaud citée en dernier et la mienne, celle de Baïf qui est citée en premier: 

                           . Je dis que la folie est un coup monté

                                 . C’est être fou que d’être sage,
                              selon raison contre l’usage
. 

Quelques explications sur cette folie
Voici les précisions que m'envoie Florent sur l'Anjou rouge 'Clos de la Folie':

 "Le Clos de la Folie se trouve à "Bourg Chevreau" sur la Commune de Rochefort sur Loire. Je ne connais pas exactement l'origine du nom du vin qui correspond à une dénomination cadastrale de parcelles qui sont issues de ma famille grand maternelle (bien avant la Révolution). 
Un de nos clients a émis l'hypothèse qu'il s'agissait d'un clos entourant une construction qualifiée de "Folie" qui aurait pu être un pavillon (ou un cabanon) de chasse en raison de la proximité relative de la forêt de Beaulieu sur Layon. Il est difficile de se prononcer, car l'environnement correspond à l'habitat campagnard de l'époque (aujourd'hui dit "fermette") et seules quelques parcelles portent ce nom sans trace d'habitation antérieure.
Le vin est principalement issu de jus de Cabernet Franc, mais il y a sur la parcelle quelques pieds de Cabernet Sauvignon, qui entrent parfois dans l'assemblage, lorsque la maturité le permet".

 

Pour suivre le chemin

·        *Réponse = Il s’agit de Madeleine de Scudéry qui a beaucoup écrit, au point que son cher frère lui a piqué une bonne partie de sa production. Une référence du XVIè siècle à laquelle Colette, si souvent citée pour son amour du vin, a du penser quand elle a vu son cher mari Willy signer de son nom des œuvres qu’elle avait écrites, elle ! C’est la raison pour laquelle je décide en pleine conscience d’attribuer le genre féminin aux  2 anonymes du XVIIIè et du XIXè siècle. On en sera à un quota de 3 sur 19, soit 15%. Peut mieux faire, comme on dit dans les écoles ! Les femmes adorent parler de culture et la transmettre ; elles sont souvent moins présentes en tant qu’acteurs créateurs de culture.

·        Le bouchon à vis a fait couler beaucoup d’encre dans la profession, partout en France et un peu moins en Loire, décidée à ne pas investir dans ce coûteux procédé. Souvent les folles discussions sur les aspects techniques masquent la volonté ou l’incapacité de ne pas investir dans des machines lourdes et qui engagent le domaine.  Las d’attendre un achat groupé, comme cela se fait entre des vignerons qui s’entendent bien, Florent a décidé d’agir. Ses importateurs ont applaudi. Il exporte plus de 50% de sa production, en particulier aux Etats Unis qu’il connaît bien et où il a travaillé avant de reprendre le domaine. C’est la raison pour laquelle il a placé une carte de France sur la contre-étiquette avec l’indication de la Loire écrit en plus gros que Paris.  Quel plaisir ! Un peu de folie ne nuit pas, signé Elisabeth Poulain

·        Des appréciations de dégustateurs américains sont à voir pour un Clos de la Folie 2003 sur

www.cellartracker.com/wine.asp?PrinterFriendly=true&iWine=90826

.    Voir aussi Le Monde selon Jean Baumard, vigneron, Rochefort sur Loire, Angers, France       sur ce blog (03.12.2007), Jean est le père de Florent. C’est la raison pour laquelle le domaine s’appelle « Domaine des Baumard ».

. Photos EP

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WBW10 > Les Habits des Vins d'Expression > La Loire > L'Eau

17 Mars 2009, 14:33pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’ancre est jetée à l’eau pour s’accrocher au sol de la mer ou de la rivière. Comment peut-on dire alors que c’est l’eau qui va servir d’ancre ? Sans eau, le monde ne peut se concevoir. On ne peut survivre dans un désert en dehors des oasis. L’ancrage nécessite de l’eau pour boire et alimenter les plantes. Il est vrai que la vigne est, parmi les plantes à feuilles non persistantes de notre environnement de région tempérée, l’une de celle qui supporte le mieux le stress hydrique. On cite toujours ses racines qui peuvent plonger à 20 mètres pour chercher l’eau sous terre. Mais il lui faut quand même de l’eau, celle de la pluie, des lacs, des rivières et des fleuves qui se jettent dans la mer, celle qui façonne nos paysages, influe sur le climat, modifie notre couvert végétal, agit directement sur le monde animal et nous, les humains.

 

Le lien avec la Loire

Les vins de Loire ont en commun d’être liés au plus grand fleuve de France. Le lien est parfois distant dans les parties périphériques, trop éloignées de la Loire pour subir son influence climatique ou placées trop en amont pour être rattachées administrativement à la Loire. Il n’en reste pas moins que ces régions appartiennent au bassin versant de la Loire. Une autre relation avec la Loire est celle de l’appartenance à InterLoire (Pays nantais-Anjou-Saumur-Touraine), à venir vraisemblablement à une date incertaine (Orléanais, Loir) ou non encore envisagée pour l’instant (Poitou, Vendée, et Charente à l’Ouest, Centre et Monts d’Auvergne à l’Est).

 

Trouver la mention ‘Loire’ n’a rien d’évident face à un linéaire de vins. La citation directe de la Loire est maintenant plus fréquente du fait de la réforme de la réglementation de la dénomination des Vins de Pays. Ceux-ci peuvent indiquer dorénavant ‘Vins du Val de Loire’. Quant aux vins de Loire, ils continuent à désigner les appellations. Mais par ailleurs, la situation devient plus complexe du fait qu’un certain nombre de vignerons, pour certains vins, sortent du système des appellations, vendent en vin de table et ne peuvent donc plus indiquer la région. Le lien avec la terre s’en trouve coupé, avec l’eau et avec la Loire également. Devant une telle diversité de situations, l’acheteur de vin peut en ressentir une certaine perplexité, comme si une personne n’avait pas le droit de dire d’où elle est.

 

La diversité des noms des appellations

Certaines AOC intègrent le mot Loire dans leur dénomination, comme le Muscadet-Coteaux de la Loire, l’Anjou-Coteaux de la Loire, le Rosé de Loire, Montlouis-sur-Loire, Pouilly sur Loire, sans oublier le vin le plus connu de la Loire, le Crémant de Loire. En remontant la Loire, on rencontre ainsi un  

217. ‘Pêcheur de Loire’, le matin en Loire lorsque le soleil se lève face à Saint-Florent Le Vieil pour un Muscadet- Coteaux de la Loire, des Caves de La Noëlle d’Ancenis.

 

D’autres coopératives ont tellement à coeur de se référer à la Loire qu’elles ont intégré le nom du fleuve dans leur dénomination. C’est le cas des Caves de la Loire à Brissac, du groupe Loire Propriétés ou de la Cave de Pouilly sur Loire. Un groupement de vignerons du Puy Notre Dame, La Collégiale des Domaines de Loire, fait de même. Du côté des négociants, des gammes Loire sont spécialement conçues pour l’exportation pour répondre à la demande expresse de leurs acheteurs professionnels, en particulier au Royaume-Uni. Loire Valley est une mention très positive qui informe doublement le consommateur sur le type de vin qu’il achète, la proximité géographique et un bon ratio qualité-prix.

 

- Loire Classic est une gamme de Donatien Bahuaud qui comprend en particulier un Sauvignon de Touraine…

                                          

218. La Loire (en français et sans la Vallée) de Vinival à Mouzillon, sous le titre « Wines from the Loire Valley » (deux fois le mot Loire) offre une palette des sept vins millésimés les plus connus, sous la même étiquette, avec, à chaque fois, le cépage et une définition du vin, dont un Vouvray, « a medium white wine from the Chenin grape ».

 






219. Vallée Loire,  un Muscadet Sèvre & Maine sur lie des Vignerons de la Noëlle, présente l’appellation Muscadet deux fois sur l’étiquette, une première fois à la française avec l’appellation complète en lettres anglaises or et une

seconde fois en lettres droites vertes sans or  ‘Muscadet’ seul.    

 

Dans un cas un peu différent, la Loire est au cœur d’une stratégie de marque à l’exportation.

220. Sous la marque La Grille, une Sélection des grands vins de Loire, avec une salamandre en guise de repère, présente une gamme destinée à s’enrichir. On y trouve par exemple un Muscadet de Jean Douillard et Jean-Michel Boussonnière. Chaque vin est identifié par son auteur vigneron et l’accent est mis sur le caractère traditionnel du vin (classic wine) pour désigner les AOC.

 

La rareté de la citation de la Loire                

Chez les vignerons, la référence à la Loire est peu fréquente.  On note cependant quelques exemples en sens inverse :

- Le Saumur (2001) du Château de Brézé du Comte B. de Colbert indique ‘Val de Loire’ écrit en rouge au-dessus de la mention du Château en grand pour ce Vin mousseux de qualité rouge demi-sec en dessous de la dénomination Méthode Traditionnelle.

- Grand Vin du Val de Loire est apposé en lieu et place d’un blason par Louis-Jean Sylvos pour un Touraine-Azay Le Rideau, Chenin, Cuvée Joséphine. Il exporte beaucoup en particulier aux Etats-Unis et ses importateurs distributeurs trouvent l’information nécessaire et valorisante.

 

On trouve aussi des références au fleuve qui s’écoule vers l’estuaire selon d’autres modalités.

 

221. Joseph Toublanc, Domaine de l’Ouche Guinière à Ancenis, a eu à cœur de célébrer la Loire pour un Coteaux de la Loire sur lie, avec le blason de la ville d’Ancenis, sur une étiquette ancienne.

 







222. Anne Athimon,  pour le Muscadet Coteaux de la Loire sur lie du Domaine des Génaudières au Cellier ‘Roches de Loire’,  présente une étiquette barrée par le cours sinueux de la Loire tracé en or.

 








223. Le Touraine Amboise de Damien Delecheneau de La Grange Tiphaine est construit sur un coude marqué qui attire l’œil aussi sûrement que le rouge associé au noir et à l’écru.

 

- La Loire est visualisée en aquarelle par une coulée bleue-verte et jaune qui se forme à l’arrière d’une barque de pêcheurs en ombre noire pour le p’tit Loire 2005, un vin de la Cave des Vins de Sancerre.

 

Les affluents de la Loire

Ils traversant des régions célèbres sont encore moins bien traités que la Loire dans lequel ils se jettent. Et pourtant le Cher est lié aux vignobles de Châteaumeillant et de Quincy. La Vienne est associée à Chinon. Sur la rive nord de la Loire, l’affluent de la Maine, le Loir, qui se jette dans la Loire après Angers, retrouve sa dimension viticole grâce à l’engagement de nouveaux vignerons. Deux exemples l’un avec la Maine et l’autre avec la Vienne :

 

224. Damien Laureau représente la Loire à la confluence avec la Maine pour un Anjou Cuvée de la Chanson.

 

225 Catherine et Pierre Breton mettent en lumière la confluence entre la Loire et La Vienne, avec Bourgueil sur la Rive droit pour un Bourgueil Les Galichets et Chinon sur la rive droite de la Vienne, deux terroirs où ils sont vignerons.

 

En descendant la Loire

Le Layon prouve qu’une rivière peut devenir célèbre par son nom décliné au fil de ses appellations villages : Coteaux du Layon-Beaulieu sur Layon, Faye d’Anjou, Rablay sur Layon, Rochefort sur Loire, Saint-Aubin de Luigné, Saint-Lambert du Lattay.

226. Le Coteaux du Layon-Saint Aubin du Domaine Cady illustre le cours sinueux de la rivière avec les couleurs des roches du coteau.

 

La Sèvre nantaise

Cet affluent de la Loire au sud-est de Nantes, offre un autre cas de figure ; avec son propre affluent, la Maine (une autre que celle qui collecte les eaux de la Sarthe, de la Mayenne et le Loir), elle marque la montée en puissance du Muscadet en devenant Sèvre et Maine sur lie très souvent.

 

Les lacs et marais

Il s’agit surtout du lac de Grandlieu situé au sud-ouest de Nantes qui est un lieu important de l’écosystème régional. Ce site préservé sert d’accueil et de repos aux oiseaux migrateurs. L’endroit est protégé par sa quasi-invisibilité et la difficulté de l’approche en raison de l’importance des marais qui l’entourent. Cet environnement entre terre et eau a permis d’obtenir l’appellation Muscadet Côtes de Grandlieu en 1994.   

- L’Acheneau est le nom d’un Muscadet-Côtes de Grandlieu sur lie des Vignerons des Terroirs de la Noëlle, avec en médaillon, un canard en vol au-dessus de l’eau.

 

227. Le Lac de Grandlieu est un Chardonnay d’Exception de Michel Malidain, Domaine le Demi-Bœuf, La Limouzinière.

                                                                                           

228. Michel et Hervé Choblet, Domaine du Haut-Bourg à  Bouaye, pour leur Muscadet-Côtes de Grand Lieu, ont fait du héron niché entre grappe et feuille de vigne, leur emblème.

 

229. Christophe Gadais a placé un héron, qui a du mal à cacher son grand bec derrière quelques tiges de roseaux, pour son Muscadet-Sèvre et Maine aux Avoineaux.

 

Des pistes peu explorées

La pêche en eau douce n’est pas traitée sur les étiquettes, à une exception notable.                                                  

230. Imago, du nom d’une éphémère araignée utilisée pour la pêche à la mouche, a donné son nom à un Saumur 1998 de Lena Filliatreau. Ce vin n’a qu’un seul distributeur en France, un marchand d’articles de pêche mais qu’on peut  acheter directement au domaine. 
 

La carte de la Loire et/ou de la France

Elle figure rarement sur les étiquettes. La raison invoquée tient au manque de place afin d’éviter de surcharger l’étiquette la contre-étiquette. Pourtant il y a de moins en moins de personnes à connaître réellement la géographie, que ce soit en France ou à l’étranger. Et il y a de plus en plus d’appellations, 70 en Loire. Une des conséquences est que le capital commun que constitue l’appellation ne joue plus que partiellement son rôle puisqu’il n’est pas facile de la positionner réellement. Par ailleurs, les Nouveaux Vins de  Table ne peuvent pas se référer à la Loire. Il y aura donc bientôt des précisions comme ‘quelque part en France’  pour indiquer notre région. 

 

231. Les Frères Couillaud du Château de La Ragotière ont inclus une carte de France avec un point pour indiquer leur position sur le corps supérieur de leur étiquette de Muscadet-Sèvre et Maine sur lie. Ils exportent ainsi près de 70% de leur production en particulier aux États-Unis.

                       

Les couleurs de la France ne figurent, sous une forme stylisée, que sur une seule bouteille :

- C’est Jean-François Guilbaud qui offre un petit bouquet tricolore avec son Muscadet-Sèvre et Maine sur lie, Château La Bretonnerie, très apprécié au Japon.

 

Pour suivre le chemin

. Lire les 9 billets précédents

. Surveiller la sortie des billets 11 consacré au lien de l’habillage du vin avec la mer et  12 consacré au lien avec la lumière,  qui vont clore le Signe de Terre qui forme le chapitre 2 du ‘Monde à travers la Bouteille de Vin’.     

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WBW9 > Les Habits des Vins d'Expression > Le Signe de Terre

13 Mars 2009, 11:02am

Publié par Elisabeth Poulain

>  L’ancrage dans la terre


Petit rappel 

Nous sommes dans le Signe de Terre, qui suit le Signe de l’Homme. Tous deux appartiennent au Cycle fondamental des vins d’Expression. Dans le chapitre précédent, j’ai choisi de  montrer comment certains vignerons expriment leur personnalité dans leurs vins, tout en étant le plus souvent des gardiens du concept de terroir qui est une des bases du système français d’appellation. Contrairement à beaucoup, je n’oppose pas la vision française des vins à la conception dite du ‘Nouveau Monde’. Il est une troisième voie qui réunit des vignerons qui savent imprimer leur individualité et leur fort degré d’exigence dans un système réglementaire très contraint. Ils sont des ‘locomotives’ en terme de qualité dans une appellation.

 

Sans l’homme, partout dans le monde, la vigne aurait continué à produire des petites baies appréciées des renards. C’est lui qui par ses facultés d’observation et de travail opiniâtre au fil des saisons a su transformer le jus de raisin en vin et le vin en une boisson digne des Dieux. C’est du moins ce qu’on pense depuis l’aube des temps. Rien que ça !    

 

Pourquoi parler de la terre après l’homme ? Pourquoi en faire un signe distinct ?

Parce que c’est dans la terre que l’homme s’ancre comme la vigne pour puiser sa vitalité et sa typicité. Le Signe de Terreest si fort qu’il désigne tout à la fois notre planète, notre richesse, notre environnement, notre mère… C’est elle qui nous donne notre identité de terrien. Notre histoire est fondée sur ce Signe patrimonial à l’extrême. Les générations d’une même famille qui se succèdent au même endroit ne disent pas autre chose. Quand le lien à la terre fait défaut, il manque quelque chose. C’est le sens de la question ‘ d’où êtes vous’ ? Surtout quand on est vigneron de « père en fils » depuis des générations mais aussi quand on choisit de s’installer. Un vin sans terre est aussi inimaginable qu’un homme ou une femme sans père ni mère. A cet ancrage dans la terre, il faut associer ses partenaires que sont l’eau, le ciel et la lumière, ces quatre éléments qui font de la vigne et du vin, une plante et une boisson incomparables, les plus chargées en symbolisme que l’on puisse imaginer. Ces 4 partenaires feront l’objet des billets suivants.  

                       

L’ancrage dans la terre

Le lien est fondamental tout autant que le travail d’un vigneron pour faire du vin. Il a fallu laisser faire le temps pour que se développent de nouvelles façons de procéder plus respectueuses de la terre, des plants, du raisin et des hommes. Comme nous venons de le voie, ces novations portent des noms variés mais qui ont au moins en commun la défense du patrimoine « Terre », sa capacité à se régénérer et à produire du raisin sain, en magnifiant le résultat. Les deux dernières décades ont permis en outre de connaître scientifiquement la nature des terroirs. Des vignerons ont à cœur de rendre hommage à cet élément essentiel par nature en mettant en lumière certaines composantes des sols qui se prêtent plus à la visualisation que d’autres, la roche en particulier. Le mouvement a été lancé par des vignerons engagés parmi les plus grands. Le vin est le sang de la terre.

 

201. Didier Dagueneau le montre d’une façon incroyablement forte. Il communique au premier degré avec son Pur Sang, un Blanc Fumé de Pouilly, en montrant le pelage sous lequel palpite une veine gorgée de sang. 

 

La visualisation de la roche

 

202. C’est aussi ce grand vigneron qui a donné à son Pouilly-Fumé Silex la forme épurée d’une pointe de flèche taillée à l’époque préhistorique.  

 

203. Guy Bossard du Domaine de l’Ecu, avec un Muscadet S&M sur lie,  Expression de Gneiss, montre la roche de chaque côté de l’étiquette haut-gauche et bas-droit ; les mentions sont prises en tenaille entre les deux roches.

 

204. Victor et Vincent Lebreton du Domaine de Montgilet reformatent la roche en encadré pour Les Trois Schistes, un Coteaux de l’Aubance.

 

205. François Chidaine a coupé le haut de son étiquette verticale en biais pour visualiser Les Choisilles, un Montlouis sur Loire.

 












206. Amphibolite Nature a la tête d’un loup au Domaine de la Louvetrie de Jo Landron qui a nommé son Muscadet S&M sur lie ainsi parce que l’amphibole est l’un des constituants du granite et nature pour dire que la vinification se fait sans chaptalisation.

 

La sélection d’un des constituants du sol

Il est possible aussi de donner un nom de cuvée lié à un des constituants du sol pour éveiller l’imaginaire.

 

 



207. Pour son Turonien Vouvray sec, Alexandre Monmousseau, Château Gaudrelle, a sélectionné une ammonite. Il s’agit d’un coquillage fossile de l’ère secondaire à coquille cloisonnée et enroulée sur elle-même dont le nom vient du latin Corne d’Amon. Ce coquillage est caractéristique de la craie blanche du Turonien.

 




208. Les élèves du Lycée viticole de Montreuil-Bellay ont dessiné leurs étiquettes en forme d’ammonite pour leur Saumur ‘Cuvée des Hauts de Caterne’ à étiquette bleue (Cabernet franc, donc rouge). C’est un choix doublement pertinent : le sol de Montreuil-Bellay en contient et le lycée s’inscrit dans un parc en forme d’ammonite reproduite sur l’étiquette avec ses allées !

 

D’autres pistes sont explorées pour indiquer, non pas la nature du sol, mais sa datation dans le cycle de formation de la croûte terrestre. Il suffit parfois de donner l’emplacement précis du plant de vigne pour indiquer un vin différent.

 


209. C’est le pari géologique réussi de Jacky Blot,
Domaine de la Butte, avec son Bourgueil ‘Haut de la Butte’ (en craie jaune du Turonien supérieur), son ‘Mi-Pente’ (en craie micacée du Turonien moyen) et le ‘Pied de la Butte’  (en craie blanche du Turonien inférieur). Trois vins parce qu’il y trois sols différents, c’est possible quand la parcelle exceptionnelle couvre douze hectares d’un seul tenant en coteau plein sud.          

 

L’ancrage par le nom

Le choix entre le nom du vigneron, le nom de domaine imposé ou choisi n’est pas neutre et apporte des indications sur l’ancrage. Une étude faisant le lien entre le nom des vignerons apporterait certainement de nombreux éléments intéressants, comme c’est le cas avec Madame Laroche du Domaine aux Moines Roche aux Moines à Savennières


Il est possible aussi de visualiser le lien qui existe entre l’homme et sa terre dans une démarche forcément globale qui oblige à tout prendre par le début. 
 

 

                                                               
210. Thierry Germain du Domaine des Roches Neuves nomme une de ses cuvées de Saumur-Champigny ‘Terres Chaudes’, Champigny venant de campo et ignis, le champ et le feu en latin

 

211. Un des Saumur  de ce vigneron l’Insolite’ fait ressortir par une graphie très contemporaine le SOL du Domaine, en jouant de trois couleurs de terre pour figurer la tour constituée par les éléments constitutifs de la cuvée et montrer  le lien avec la chaleur du soleil. 

 

Le nom de domaine

Il est porteur de sens, même si  les vignerons sont le plus souvent tenus par le nom déjà donné :

- la Roche Renard pour le domaine d’Isabelle et Philippe Denis pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, qui fait référence à une des composantes du sol aux reflets fauves et non pas à l’animal le plus craint des poules du poulailler devenu l’emblème du domaine,

 

- le Domaine des Rochelles de Jean-Yves et Anita Lebreton, en aire d’appellation Coteaux de l’Aubance, Anjou-Villages Brissac,

- le Château de la Roche pour le domaine de Louis-Jean Sylvos en appellation Touraine,

- le Domaine des Cailloux, pour un Touraine-Mesland de Jean-François Gabillet 

 

212. ou la couleur de la roche pour le Clos Roche Blanche de Catherine Roussel et Didier Barrouillet pour un Touraine la Closerie,

 

Le nom de la parcelle

La façon la plus courante de parler de la terre est d’utiliser le nom de la parcelle comme nom de cuvée. C’est la logique de la réglementation de l’appellation qui joue. La vente en direct au chai a accentué le phénomène pour élargir la gamme des vins à offrir à la vente. C’est aussi une façon de faire ressortir la typicité de chaque vin. Les exemples sont si nombreux qu’il serait impossible de tous les citer. On peut par contre les classer d’une façon très pragmatique selon que le lieu-dit évoque la nature du sol ou un autre trait caractéristique, avec une distinction selon que le sens est perceptible ou non à ceux qui ne sont pas originaire du lieu. Quelques exemples de parcelles indicatives sur la nature du sol :

 

213. un Muscadet Sèvre et Maine sur lie des Vignerons de La Noëlle, porte le nom du lieu-dit ‘Butte de La Roche’, avec ce commentaire « le terroir sableux sur roche magmatique apporte intensité, fraîcheur et élégance »,

 

- Les Sables pour un Savennières du Domaine des Baumard,

- La Roche pour un vin de Table du Domaine des Griottes,

 


214. ‘Champ de la Pierre’ pour un Anjou Gamay du Domaine Richou, sur une étiquette stylisée qui relève  maintenant la signature graphique de la maison.

 

215. ‘Ardoisier’ est un Méthode traditionnelle rouge du Domaine de Montgilet des Frères Lebreton qui communique par sa couleur gris-ardoise,

 

216. Terre de Fumée est le nom du Sauvignon blanc en Coteaux du Giennois d’Henri Bourgeois, avec une carte de l’aire d’appellation accrochée à la Loire au-dessus de Sancerre et de Pouilly et l’indication Terroir de Silex 2005 de l’autre.

 

Pour suivre le chemin

Voir les 8 billets précédents. A suivre le prochain billet dédié au lien avec l'eau, toujours dans le Signe de Terre qui forme le chapitre 2 du Monde à travers la bouteille de vin.    

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La culture, le changement et la contrebasse

12 Mars 2009, 19:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les 3 C.

Evidemment vous avez tout de suite vu les 3 C, surtout que j’ai mis des majuscules partout. En France, on comprend tout de suite cette sublimation de la Culture, en insistant sur le C comme s’il était un K, impossible à employer pour une double raison. Kultur, ça ferait un tantinet allemand (pour une vision de la culture à la française, ce ne serait pas top-top) et en plus  ça ficherait en l’air mon titre. 

Le Ier piège, la définition de la culture

Je vais aussi éviter ce Ier piège qui consisterait à définir ce qu’est la culture. C’est une vaste question qui attire les foules et pas seulement les Cultureux de tout poil et de toutes obédiences. On adore parler de la culture, au point, vous le savez d’en avoir fait un ministère, au point qu’on a tous une opinion extrêmement tranchée sur la question. Il ressort  néanmoins toujours cette idée ou plutôt cette image d’un gros gâteau à se partager gratos, pour le bien individuel de chacun, dans une vision très consumériste. Du coup, on parle du droit à la culture, d’accès à la culture pour tous, de transmission de la culture ou de parcours individualisé à la culture, comme je l’ai entendu l’autre jour à Angers dans la salle de la Charte lors d’une séance de travail consacré à la culture prononcée par une formatrice  qui a travaillé en ce sens à Pontivy avec la municipalité.

 

Le 2è piège, le lien entre la culture et l’argent

Ce gros gâteau gulturel (je ne peux pas résister) doit être en plus le plus déconnecté possible de l’argent. Un des participants à la table rectangulaire a en effet fortement dénoncé « la marchandisation de la culture » comme une des menaces sociétales présentes et à venir. Mais là au contraire, je vais y aller avec mes gros sabots, des sabots tout court d’ailleurs. Cette volonté de bannir la dimension financière de la culture renforce cette vision de la consommation de loisirs culturels. C’est mon côté un peu provocateur; j’ai d’ailleurs été la seule au cours de la réunion à volontairement lier la culture à l’argent. Le raisonnement est direct et limpide : comment parler de la culture quand on n’a pas de travail, pas d’argent... Comment fait-on pour penser à la culture pour soi quand on travaille 14 heures par jour ?  Comme si, chômeur en fin de droits, vous vous disiez : « mais bien sûr suis-je bête, pourquoi ne vais-je pas me cultiver ? J’ai du temps disponible ». Blague à part, c’est pourtant ce qu’on entend.

    

 

Le 3è piège, la culture dominante

Certains auraient voulu, toujours ce jour là inclure une clause dénonçant la mainmise d’une culture dominante sur les autres. Ce ne sont pas les termes employés et pour cause puisque les rédacteurs n’ont pas pu s’entendre sur la formulation. Ils auraient bien aimé faire figurer une clause de ce type dans l’élaboration de l’Agenda 21 culturel d’Angers. La difficulté venait semble-t-il non pas de l’idée elle-même qui provenait des travaux précédents réunissant habitants et municipalité, que de sa formulation. Non, le problème c’est que personne n’était arrivé à trouver la bonne façon de le dire. C’est à ce moment là que j’ai repensé à "mon pote" Boileau, ce qui se conçoit bien s’énonce aisément et les mots pour le dire arrivent aisément. Mais attention personne ne l’a dit, dommage, une bonne occasion de montrer que la culture est utile. J’ai réussi à repousser la formulation de ce point qualifié de détail au regard du caractère copieux de l’ordre du jour, en montrant qu’il n’était pas logique de décider de ce « point de détail » puisque les grandes lignes du schéma culturel n’étaient ni déterminées ni choisies. 

Autant que je vous donne tout de suite, l’autre réponse que j’ai apportée pour m’opposer fortement à ce genre de clause. J’ai dit qu’il me semblait dangereux et totalement inefficace de vouloir réglementer la culture en voulant intervenir dans la sphère de rayonnement d’une culture ou la limiter. Ceci évidemment, même si aucun des mots n’a été prononcé, pour éviter des dérives (racistes ou autres...) J’ai rappelé que la seule façon de faire est d’utiliser si cela nécessaire l’arsenal juridique déjà très fourni en France pour sanctionner les abus. C’est la seule façon de faire. Toute ré-écriture de ces règles lourdes sur des soi-disant points de détail dans des textes préparatoires à l’Agenda 21 sans portée réglementaire ne peut que conduire qu’à des quiproquos ou à des confusions.

 

Le 4ème piège, la culture et le légalisme

C’est vraiment intéressant de voir combien la culture est en France un miroir immédiat de l’inconscient collectif. Il y a l’idée, on l’a vu, d’un gros gâteau copieux dont on peut se servir à sa guise, sans avoir à payer et qu’on doit protéger. Pourquoi est-il nécessaire de le protéger ? Parce que certains voudraient en faire de l’argent, parce qu’aussi certains pourraient en tirer avantage au détriment d’autres. Alors à qui et à quoi pense-t-on en ces cas là ? On pense à l’Etat et aux personnes publiques, comme garantes et pourvoyeuses de la culture. On pense tout de suite à écrire un texte pour restreindre et fermer la culture en agitant la menace du droit mais sans faire référence à des textes précis. Comme si c’était possible ou souhaitable d’avoir une action en ce sens.

 

Le 5ème piège, la culture et le changement

Ah, enfin on arrive au cœur du sujet. Oui c’est bien le cas. Mais pour ça, il en a fallu faire un tour et autre tour en prenant apparemment des détours. Pour beaucoup et c’était le cas samedi dernier à Angers, la culture est toujours à protéger comme un trésor national. Y toucher, c’est l’amputer et d’ailleurs certains habitants se sont alarmés des pertes du sens de notre société et de la culture. La dimension patrimoniale  de la culture n ‘est certes pas à nier surtout dans le pays des châteaux dont les paysages de Loire sont protégés au titre de trésor de l’humanité par l’Unesco. Il n’en demeure pas moins que la culture, c’est comme la vie ou la société, elle change tout le temps. Vouloir protéger et sauvegarder oui, mais bloquer certainement pas. "Tout change, tout le temps, à chaque moment, partout, pour tous, mais pas de la même façon." La culture comme le reste. Et c’est là que j’en arrive à la contrebasse.

 

Le 6ème piège, la culture et la contrebasse

C’est là où le raisonnement devient subtil. Au cours de cette réunion sur la culture, un des membres, devant mon incompréhension face à la clause négative sur la culture dominante, a voulu éclairer ma lanterne. Pour cela, il a pris l’exemple de la classe de contrebasse à l’Ecole de Musique d’Angers en disant : « il suffit de regarder les enfants pour voir de quel milieu ils viennent ». M’est venue à l’idée des questions dérangeantes : est-ce à dire qu’il faut empêcher  des parents d’assurer la transmission de leurs valeurs culturelles ou faudrait-il alors obliger tous les enfants –garçons et filles- à faire de la contrebasse ? Là j’arrête, ça me fait rire. C’est très contre-productif avec la contrebasse. Enfin j’imagine.     

Cet exemple m’a vraiment étonné. Oui, la culture signe une classe sociale, un groupe de personnes qui partagent les mêmes valeurs, des parents qui veulent transmettre leurs valeurs à leurs enfants pour leur bien…Oui, la culture réunit et participe du "vivre ensemble". Tout aussitôt, vient aussi à l’idée que si elle regroupe,  elle sépare tout autant d’autres qui recherchent autre chose ou rejettent ces valeurs. C’est bien pour cela, au nom de la liberté de choisir sa propre culture, qu’elle participe de l’épanouissement individuel et sociétal car elle permet de nouveaux regroupements et l’essor de nouvelles cultures.

 

Le 7ème piège, la culture et la femme

Promis, après j’arrête. On en arrive à un point vraiment paradoxal et crucial. Les 2/3 des participants étaient des femmes. Personne, à part votre serviteure, n’a parlé de l’incongruité de parler de la culture  ou de l’accès à la culture pour une très grande partie de la population, des femmes chefs de famille en sous-emploi, en chômage, disposant de budgets déjà insuffisants pour couvrir les besoins premiers d’alimentation et de santé des membres de la famille. Quand toute votre énergie est engagée dans la lutte pour la survie, comment pouvez-vous en plus penser en terme de "culture culturelle" ?

 

Pour suivre le chemin   

Cette réflexion sur la culture a été menée dans le cadre du développement durable qui a le mérite de lier toutes les grandes questions sociétales entre elles. Conceptuellement, il ne devrait plus être possible de parler de culture, qui relève du « vivre ensemble », sans connexion avec la dimension écologique et la dimension économique.   

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