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Le Blog d'Elisabeth Poulain

La bouteille et la rue > Le vin dans la ville > Le bar à Ixelles > BE

7 Septembre 2009, 08:18am

Publié par Elisabeth Poulain



La présence du vin dans la ville

C’est une photo dont je suis très fière : arriver à montrer la présence du vin dans la rue en une seule photo. Du vin à Ixelles et Saint-Gilles (Bruxelles), j’ai  tracé une piste du vin sur ma carte. Dessus il y a des signes passés telles que des feuilles de vigne sur les murs de maisons anciennes, un tonneau sur le trottoir pour indiquer la présence d’un caviste près de l’église de Saint-Gilles, des hampes de vigne qui dépassent d’un mur haut. La vendange a été maigre, jusqu'au moment où, rue Lesbroussard en descendant vers la Place Flagey sur le côté gauche, j'ai trouvé un bar à vins bien sympa. Il est situé au coin de l'intersection avec une petite rue en biais, avec une vitrine aussi de ce côté là.   


Un jeu de reflets à 3 plans 

Alors j’ai joué autrement la superposition des reflets sur trois plans :

-        le reflet de la façade de la rue Lesbroussard derrière moi sur la vitrine du bar,

-        les bouteilles du bar à vins à l’intérieur de l’autre côté de la rue devant moi,

-        la lumière d’une fenêtre située à gauche qui éclaire le bar.  

Pour suivre le chemin 
Voici une autre photo de ce bar à vins. On distingue bien la petite rue à l'angle de laquelle le bar est placé. Les bouteilles cette fois sont à droite.  
  

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Levez les yeux au ciel et cherchez les poteaux

3 Septembre 2009, 11:26am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Mon souci, présentement, comme dirait un ami du Mali, est de déterminer ex abrupto et d’emblée si je dois dire ‘du’ poteau’ ou viser ‘les’ poteaux. On en discutera tout à l’heure, l’important est d’aller voir le ou les poteaux de près.

 

L’approche du poteau. Le dictionnaire me dit que c’est une pièce de charpente. Je ne suis pas contre, bien sûr. Je dirais plus simplement qu’au départ c’est une grande tige de bois, solidement fichée en terre et dressée verticalement. L’idée la plus simple étant visualisée par un tronc d’arbre dépouillé de ses branches latérales que vous calez en terre suffisamment profondément pour qu’il tienne. Vous pourriez aussi bien parler d’un mât. Le dico, encore lui, d’une longue pièce plantée dans le sol au sommet duquel on hisse des drapeaux ou des signaux. C’est une mention intéressante parce que le poteau n’a d’utilité que parce qu’on peut accrocher quelque choses en haut. Ceux-là sont les poteaux qui m’intéressent.

 

Les autres poteaux. Je ne vous parlerai pas des petits poteaux de trottoir pour empêcher les voitures de se garer, ni des poteaux de vigne, les échalas comme on dit dans le métier. En ville, on en voit peu, sauf parfois dans des ronds points végétalisés. Je vous parlerai très peu des poteaux d’éclairages ou des poteaux porteurs des panneaux de signalétiques qui fleurissent dans nos villes, uniquement pour vous dire qu’à trop planter de poteaux, se crée de facto une guerre des poteaux, entre les poteaux, à savoir qui aura la prééminence.           

 

Des poteaux joyeux. Mais avant je tiens absolument à vous parler de poteaux à valeur positive. Au cours des siècles passés dans les villages, le poteau était synonyme de fêtes. Lors des fêtes villageoises, on y accrochait le drapeau français, des gerbes de blé en symbole d’abondance des moissons et on dansait sous les guirlandes qui y étaient accrochées le soir du 14 juillet. Le poteau donnait lieu aussi à des joutes sportives. Pour l’occasion, il prenait un autre nom, le mat de cocagne. L’homme, qui arrivait à décrocher l’objet fiché en haut du poteau rendu glissant avec de la cire ou du savon, était déclaré vainqueur pour l’année en cours. Il recevait en cadeau les lots accrochés au poteau, qu’on appelait alors un mât pour l’anoblir, comme on le voit sur la photo du Figaro au cours d'une fête qui se déroule en Indonésie .

 

Des poteaux facteurs de progrès . Plus tard au cours du XXè siècle, le poteau devient symbole de modernité. C’est grâce à lui que les campagnes purent recevoir l’électricité et le téléphone plus tard. On en voit encore sur les petites routes de campagne

 

Une véritable forêt de poteaux. Pour l’instant, je sais seulement, que des poteaux, il y en a plein, partout et tous différents, même si on peut déjà distinguer entre le poteau de ville et le poteau des champs, au fait, oui  les rats savent monter au poteau- mais ne nous égarons pas. Il y a bien aussi des poteaux anciens et les contemporains, les poteaux de base ou de style, il y a les solitaires ou les groupés, les bois ou les bétons...

 

Dans certaines rues seulement. Quand on commence à lever les yeux au ciel pour regarder les poteaux ou plutôt à chercher les poteaux, on en découvre dans certaines rues et pas dans d’autres. Seules les petites rues ont encore la joie d’avoir des poteaux. D’autres rues même passantes, ont parfois encore des tronçons avec poteaux bien visibles. La seule certitude, c’est que les rues du centre des villes, les rues représentatives de l’image de la ville ont toutes fait disparaître les poteaux. Par contre les petites rues situées près de l’extérieur des quartiers périphériques, sans construction d’un lotissement récent, ont le privilège très daté des années 50 de garder les leurs.   

 

Avec une très grande hétérogénéité. Surtout on s’aperçoit de la grande diversité de ces poteaux. Aujourd’hui, le passage de l’électricité  n’est plus visible. Mais les câbles de téléphone le sont encore en ville.  Des poteaux comme ceux-là, on croirait à juste titre ne plus en voir en ville, surtout dans une ville chic, comme Angers, très soucieuse d’élégance, surtout dans des quartiers où il n’est pas possible de construire sans l’avis de l’architecte en chef des monuments historiques.  La nostalgie a ses limites. Clairement, je n’ai rencontré personne se plaindre de la disparition des bons vieux poteaux d’antan et par contre j’en ai rencontré beaucoup  demander quand ‘on’ se décidera à supprimer enfin ces poteaux de fil de téléphone cinquante ans après la fin de l’après-guerre.

 

Mes poteaux préférés. Ce sont les poteaux en bois penchés avec un gros paquet de câbles en l’air. Ils sont si emblématiques d’une époque bien révolue que je propose de lancer un concours du plus beau poteau.   

 

Pour suivre le chemin

. Commencez par repérer sur une carte les quartiers susceptibles de trouver ces BPB (Beau Poteau en Bois), trouvez les rues en sélectionnant celles sans lotissement et sans construction récente, vous avez alors de bonnes chances d’en trouver.

. Munis de bonnes chaussures de marche, regardez d’abord à terre sur le trottoir puis levez lentement les yeux pour découvrir ces BPB.

. Faites une photo, puis marquez l’emplacement sur votre carte. Et attendez ce qui va se passer…
. Photos EP, sauf la photo d'un jeu qui se passe au cours d'une fête en Indonésie, parue sur le site du Figaro, sélection 'Photos', et que j'ai reprise en fond d'écran, avec mes remerciements.

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WBW38 > Les Habits des Vins d'Emotion > Le style de la graphie

1 Septembre 2009, 09:57am

Publié par Elisabeth Poulain

La graphie a pour fonction de confirmer et/ou de renforcer le sens et le style donnés à l’image d’un vin, en y ajoutant, si tel est le souhait du décideur, le ‘je ne sais qui fait la différence’. Comme nous l’avons vu dans le Signe de Papier, les lettres anglaises sont encore souvent fondées sur l’élégance à l’image de la Loire pour une majorité de vignerons. Mais la situation change.


Le panachage des typographies

Actuellement, la pratique courante consiste à panacher des écritures de façon subtile pour arriver à ajuster l’image projetée du vin à l’image du vigneron, quel qu’en soit l’ordre. L’objectif est de se distinguer de la concurrence souvent par l’exagération de la hampe ou du jambage d’une lettre afin de donner une impression élégante de mouvement. Comme celui de la plume d’autruche d’un mousquetaire qui ôte son couvre-chef devant sa dame de cœur.   

 

- Pour Frédéric Brochet, les lettres anglaises permettent de jouer à la fois sur un format d’étiquette très particulier, un papier épais, une encre noire-bleue, des caractères qui jouent la modernité tout en étant écrits en lettres penchées avec un jeu sur la majuscule du A d’Ampelidae, Le S, dénommé Vin contemporain.

 

- Pour son Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Nelly Marzelleau-Couprie structure son étiquette autour de l’appellation en caractères droits avec mise en valeur en caractères inclinés du nom du domaine Les Grands Presbytères, du millésime, de Vieilles Vignes et de la mise en bouteille à la propriété, les quatre informations les plus qualitatives.

 

- Claude Branger associe son nom et ses initiales à celui de son Muscadet Sèvre et Maine sur lie en lettres inclinées.

 

Une autre façon de faire est d’adopter son propre style d’écriture manuscrite, légèrement penchée, sans ostentation, de façon à avoir le meilleur des deux situations, la douceur de la main et la lisibilité des caractères droits.

 

- Pour son Saumur-Champigny ‘La Combe aux Fées’, Carnets de croquis, Lena Filliatreau accompagne les croquis de la combe et de la Loire d’une écriture que l’on dirait sortie d’un vrai carnet de dessin. 

Le jeu sur une lettre                  

Une façon de communiquer consiste à jouer sur les majuscules ou terminales de mots de façon à créer un effet graphique d’appel d’attention, qui se joue trois lettres le plus souvent, ou quatre plus rarement, pour donner de l’assise.

 

748. Une façon nouvelle consiste à mélanger la taille des caractères, en les déplaçant vers le bas pour donner l’idée de mouvement. C’est ce qu’a fait le Domaine de la Paleine pour un Saumur LA PALEINE en abaissant d’un cran le premier A ainsi que le E final et le second A de deux crans.

 

- le Menetou-Salon de la Busardière de J. van Remoortere pour le M, le S en majuscule et le n en minuscule,

- La Dame de Châtenoy du Domaine éponyme pour un Menetou-Salon s’écrit en petit mais avec des majuscules à grands jambages pour le L, le D et le C,

- Cuvée Majorum, un Pouilly-Fumé, de Michel Redde, La Moynerie, porte des jambages à volutes impressionnantes pour les majuscules C et M et aussi pour la terminaison ‘e’ de cuvée et une finition pour le ‘m’ de majorum. 

Les lettres droites                                    

La droiture des lettres romaines leur confère de la force et de la simplicité à l’information qu’elles véhiculent. Elles sont une marque de confiance en soi. Les majuscules sont simples. Ces lettres peuvent être difficiles à porter. Il faut donc que le vin et/ou le vigneron s’y prêtent. Ce sont les caractères internationaux par essence qui se marient bien avec la rigueur du style classique ou la volonté de s’exprimer. L’usage exclusif se développe en recherche d’un nouveau mode de communication plus directe. Dans le clan des  partisans des les lettres droites :

 

749. Florence Veilex et Eric Yung de La Chapinière de Châteauvieux pour leur Touraine, le Clos du Clos, Côt, Châteauvieux,

 

- Michel Gendrier pour un Cour-Cheverny Cuvée François Ier Vieilles Vignes,

- Philippe Tessier pour son Cheverny ‘Coganis’,

- Vincent Pinard, Bué, pour ses Sancerre et en particulier ‘Nuance’.  

La petite accroche visuelle

Cependant, il y a quasiment toujours une mention ou une lettre en lettres manuscrites, pour faire ressortir le nom de la parcelle, du domaine ou de l’appellation.              

- Le Saumur ‘La Roche aux Loups’ des Vignobles Louis Luneau ne comporte que le nom du domaine ou de la parcelle en lettres quasi manuscrites mais non penchées.

- Au Domaine des Matines, Le Saumur, Le Clos Riel, sélectionne les caractères manuscrits pour Saumur et les romains pour le Clos comme tout le reste de l’étiquette.                                   

Les lettres originales

Les lettres originales donnent un ton d’intimité avec la personne du vigneron comme si celui-ci avait dédicacé son œuvre. Elles marquent aussi la volonté du vigneron qui incarne ses vins de montrer sa différence que l’on veuille rester dans un grand classicisme, s’ancrer dans notre époque ou être soi tout simplement.

- Clos Baudoin, un Vouvray de François Chidaine, attire l’attention sur l’appellation avec un travail graphique sur le ‘V’ et l’ ‘y’ et le Clos par rapport au nom du vigneron, placé ici au bas de l’étiquette pour renforcer l’assise, comme il est placé en haut pour son Clos du Breuil, Montlouis pour donner de l’impulsion.

- ‘Première Vendange’ est signé de la main d’Henry Marionnet qui marque  la force des majuscules P et V tracées à la main, en signe d’affirmation de soi.

- Roc de Châteauvieux, Pinot noir ou Sauvignon blanc de Pierre Chainier, fait ressortir un R(air) de Roc(k) avec un ombrage léger de façon à donner plus de puissance à la lettre qui structure l’étiquette en vertical en se superposant au nom du village de Châteauvieux.

 

Un message de rondeur

C’est ce que font certains vignerons allergiques aux angles et au pointu :

750. Antoine Foucault choisit les lettres anglaises pour toutes les mentions de son Saumur Blanc, Domaine du Collier.

 

- Catherine Roussel et Didier Barouillet du Clos Roche Blanche jouent la rondeur de majuscules qui s’enroulent sur elles-mêmes pour leurs vins de Touraine.

 


751
. Gitton Père et Fils,                
pour le Sancerre Galinot
,
adoptent une graphie droite en rondeur, qui confère une grande lisibilité, avec une toute petite fantaisie sur le S et des coins arrondis pour l’étiquette rectangulaire.
 

Une graphie à soi

Et pour finir, seul un seul vigneron a créé une graphie originale pour un vin bien particulier. 

752
. Il s’agit de Jean Baumard pour Vert de l’Or, un vin de table issu du cépage Verdehlo originaire de Madère, qui a réalisé peinture et graphie (voir étiquette ci-dessus).
 

Pour suivre le chemin

. Faire la transition du Signe du Trait ( chapitre 7) vers le Signe du Je-u ( chapitre 8)

. Savoir que le Signe du Trait est le partenaire naturel du Signe de la Couleur. Ce qui ressort, c’est son emploi à titre premier et sa grande capacité à s’appliquer aux Signes classiques et fondamentaux que nous avons déjà découverts. Le Trait et la Couleur  sont ce qu’on leur fait dire avec une grande souplesse d’utilisation. Le design graphique n’en est réellement qu’à ses débuts en Loire, toujours très sensible à l’histoire et au château. La culture est encore fortement centrée les lettres anglaises, qui sont toujours de bons marqueurs d’élégance, et sur le sens des mots. Ces mots que nous allons retrouver dans le SIGNE du Je-u avec lesquels on joue beaucoup sur les bouteilles de vin.

. Retrouver toutes les étiquette du SIGNE du Trait dans l’album-photos sous le titre 7Labels.  

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Massalia, une bien belle bouteille de la Cave de Montlouis s/Loire

28 Août 2009, 16:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Au dernier Salon des Vins de Loire à Angers, sur le stand de la Cave de Montlouis, on n’a vu qu’elle. Elle va à l’encontre de la tendance actuelle qui tend à minimiser l’importance et surtout le poids de la bouteille, après certaines enflures des années passées. D’une façon générale, la bouteille de vin est devenue plus sobre en CO2 et plus légère.

 

Celle de la Cave de  Montlouis a tout d’une grande, sans copier qui que ce soit, ni la Bourguignonne, ni la Bordelaise, ni la Val de Loire. Elle est une vraie réussite à l’œil et qui la voit une fois, ne peut pas l’oublier. Elle, c’est une des dernières nées de Saverglass, le seul grand verrier qui officie encore en France.

 

Cette bien belle bouteille s’appelle une ‘Massalia  (avec une bague) plate’, du nom grec de Marseille, devenue ensuite Massilia pour les Romains. C’est un joli nom dont je vais demander l’origine à Saverglas, le créateur de cette bouteille appelée à devenir LA bouteille de tous les vins de la Cave, en remplacement de la bouteille à écusson qui incarnait la cave coopérative jusqu’alors.

 

Saverglass la range dans la catégorie des « nouveaux concepts vins à la silhouette innovante et atypique, résultat d’une pure démarche design et marketing…Il s’agit également d’attirer de nouveaux consommateurs au travers de propositions inattendues et de codes esthétiques à la fois épurés et sophistiqués qui reflètent ‘l’air du temps’ . » C’est avec un Montlouis élevé en fût de chêne à partir de raisins récoltés manuellement à La Touche un des terroirs les plus renommés de l’appellation, que la Cave a sauté le pas du changement de bouteille.

 

L’étiquette un peu mystérieuse choisie par Madame Cheval renforce la dimension qualitative du vin, vendue sous le nom de cuvée «  Accord confidentiel ». Ce millésime de vin tendre, 2007 titre 20 gr de sucre, vient d’obtenir la médaille d’argent à Mâcon 2009. « Chaque année, déclare Françoise Cheval, la responsable du Service d’administration des Ventes, nous essayerons de faire quelque chose d’exceptionnel pour avoir une tête de cuvée haute de gamme pour un Montlouis tranquille en nous adaptant évidemment au millésime. Le 2008 par exemple est un sec (moins de 7 gr) et porte en conséquence un nom différent « Accord des Anges ».

 
Pour suivre le chemin

. La Cave produit 900 000 bouteilles/an, à voir sur

http://www.cave-montlouis.com/pages/catalog_vins_tranquilles.php

. http://www.saverglass.com/v2/default.asp

. http://www.lexilogos.com/marseille_massalia.htm
Photos EP, la bouteille, le responsable de la cave et la responsable export.

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Bestiaire de la pub > Ce chameau de Camel

25 Août 2009, 11:09am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Oui, vraiment quel chameau, ce Camel. Entre le cheval du cow-boy de Malboro et le chameau de Camel, je n’hésite même pas un quart de seconde. C’est yes à Camel. Mais quel chameau quand même !

 

Généralement le chameau est réputé pour son mauvais caractère et sa propension être rancunier. C’est un teigneux, c’est au moins à ce que j’ai compris à lire Tintin à mes enfants quand ils étaient petits. Un vrai dur, capable d’attendre pour se venger d’une offense à lui faite un jour, alors que vous, l’auteur de l’offense, vous avez tout oublié. Vous oui, mais pas lui. A commencer par l’offense de l’appeler chameau (2 bosses) alors que c’est un dromadaire (une bosse). Déjà l’histoire commence mal. 

 

En plus, son histoire à lui débute il y a presque 100 ans, en 1913 aux Etats-Unis. C’est un vieux de la vieille. D’ailleurs, on l’appelle Old Joe. Il a fait toutes les guerres depuis. Il en a vu de toutes les couleurs ; maintenant il n’est même plus américain. La RY Reynolds Tobacco Company l’a revendu à la Japan Tobacco Cy. Ca fait dur quand vous êtes un emblème de la civilisation américaine. Etonnez-vous qu’on soit râleur dans ces conditions.

 

Et bien vous avez tout faux. Le chameau de Camel est le plus sympa qui soit, capable de faire de l’œil à une jolie fille, avec une grand sourire gueule fermée pour ne pas perdre son clope qui pend bien juste devant l’objectif, comme un vrai clopeur qui fait bien attention à ne pas prendre la fumée dans l’oeil. Sa présence est si forte qu’il en crève le papier du paquet ou du rideau de scène devant lequel des pin-ups défilent en maillot de bain une pièce. Pour l’occasion, Old Joe s’est fait faire une beauté pour ne pas porter préjudice aux Miss sur scène. Il s’est fait poser des faux cils abondamment recouverts de rimmel. Quel admirable Joe !

 

Il faut dire que les années 70/80 du siècle dernier ont été fastes pour lui, surtout en France grâce à l’agence Homsy Delafosse. Déjà présent sur les paquets de la marque partout dans le monde, avec le même dessin vu de profil, la tête impassible regardant vers la gauche, ce chameau de Camel a connu une nouvelle vie grâce à la campagne publicitaire de l’agence française que je viens de citer. Une campagne faite pour toucher la jeunesse de 1968, drôle, pleine d’humour un brin provocateur, multiforme, surfant sur le non-conformisme, au point de nous montrer qu’aujourd’hui nous sommes vraiment inhibés.  


Pour suivre le chemin
. En Asie, le chameau est symbole de prétention et non de mauvais caractère comme en Occident. Dans les deux cas, il est quand même celui qui permet la traversée du désert.

. L’agence Homsy-Delafosse n’existe plus, si ce n’est dans des ouvrages à acheter sur E’Bay

. Reynolds Tobacco à découvrir sur     http://www.rjrt.com/

. Japan Tobacco à voir  sur  http://www.jti.com/

 

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WBW36 > Les Habits des Vins d'Emotion > La contre-étiquette

24 Août 2009, 19:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ces informations sont le plus souvent portées sur ce qui s’appelle improprement la contre-étiquette qui est située à l’opposé de l’étiquette. Elle se présente le plus souvent comme une petite étiquette qui contient les informations sur le type de vin, le degré d’alcool, le volume, le nom, l’adresse et la qualité de l’embouteilleur, l’origine France, le n° de lot de la bouteille, l’indication de la présence de sulfites avec le logo FE (femme enceinte). Des informations supplémentaires peuvent y être portées sur la région, le Val de Loire, avec une carte de la France (rare), une présentation du terroir, du ou des cépages, de l’âge des vignes, avec des conseils de services et des accords mets-vins. Mais il est toujours possible de dire autrement, en y ajoutant de l’émotion.

 

A l’étranger tout dépend du degré de connaissance des vins français. Kermit Lynch par exemple, le plus célèbre et l’un des importateurs les plus connaisseurs de vins français aux États-Unis, appose la contre-étiquette réglementaire aux normes américaines avec en plus une citation de Jefferson.

 

747. Pour le Muscadet Sèvre et Maine sur lie d’André-Michel Brégeon, la contre-étiquette de Kermit Lynch, Berkeley California, porte un dessin de deux hommes en costume d’époque trinquant au vin, assis sur des barriques dans une barque, avec au-dessus cette citation « Good wine is a necessity of life for me » (en traduction littérale, le bon vin est une nécessité de vie pour moi). Une profession de foi en moins de dix mots de Thomas Jefferson (1743-1826), Président des Etats-Unis, qui acheta la Louisiane à la France.

 

La prise de conscience de l’existence d’une surface supplémentaire sur la bouteille est acquise. Toute l’évolution depuis plus d’une décade porte sur la perception d’un media qui ne demande qu’à être habité/habillé ou au contraire dénudé. La tentation est grande d’en dire beaucoup ou toujours plus, pour se démarquer de la concurrence. La difficulté consiste à trouver le bon équilibre entre le dit et la façon de le dire.

 

Plusieurs niveaux d’informations peuvent être distingués : 

. Le minimum 

Le niveau 1 est une exigence de la Grande Distribution qui exige le code barre. La gestion des stocks en temps réel oblige à coder chaque bouteille de façon à pouvoir en suivre la trace grâce au code barre.

 

. La confiance

Le niveau 2 indique que le vigneron croit en son vin sans fausse note :

- Pour ses Touraine Méthode traditionnelle, Intense ou Élégant, Marielle Henrion reproduit un dessin du château sur la contre-étiquette qui est aussi raffinée que l’étiquette.

 

. Le partage des connaissances

Le niveau 3 marque une avancée de partage de la connaissance, le vigneron en profite pour en dire plus à celui qui a la bouteille en main.

- C’est le cas de Serge et Pascal Bonnigal pour un Amboise Touraine demi-sec du Domaine de la Prévôté. Les deux frères indiquent le cépage avec quelques accords mets-vins et signent leur message. Pour leur ‘Cuvée François Ier’, ils donnent la parole au Grand Roi qui vécut à Amboise de 1494 à 1547 et qui favorisa l’implantation du cépage Côt dans la région.

- Frédéric Brochet d’Ampelidae, Marigny Brizay souligne la « parfaite maîtrise technique entièrement naturelle » sur la contre-étiquette. 

 

La hiérarchie de l’information

Le vigneron peut aussi structurer et coder l’information pour en dire plus à l’acheteur et faciliter sa lecture.

- Pour son Muscadet Coteaux de la Loire, Philippe Marchais, Domaine de La Bronnière, Le Loroux Bottereau, indique le terroir avec l’exposition, le cépage, la vinification, la saveur dominante, les conseils de dégustation (mets, température, garde). L’étiquette porte sur le côté gauche en vertical le nombre de fleurs de vigne qualitatives : ici trois, le maximum.

 

- Louis Luneau des Vignobles Louis Luneau, dont les vins sont mis en bouteilles par Donatien Bahuaud, soigne l’habillage d’une gamme de vins de Loire incluant un Saumur La Roche aux Loups. La contre-étiquette est éclairée sur le côté droit par une photographie estompée du vigneron avec sa signature dessous et son nom écrit en lettres d’imprimerie en dessous. Face à face, figurent deux parties d’un texte qui commence par « mes amis » et se termine par « ma femme » entre les deux, des mots tels que « vin gourmand… soyeux… savourer… délices ». Quelques accords mets-vins complètent ce texte très court. Du Colombo gastronome et gourmet.

 

-  Wilfrid Rousse a conçu pour son Chinon, Les Galuches, une contre-étiquette exceptionnelle à plusieurs titres : elle explique le dessin de la girouette, indique la date de plantation, la durée de l’élevage dans des caves de tuffeau et fournit une description développée du vin.

 

 

 

L’indispensable à dire

Le niveau 4 montre une profonde évolution, qui marque une rupture sur ce qui se fait usuellement, pour répondre ainsi à la demande des amateurs de vin et de la distribution traditionnelle. La contre-étiquette devient la partie la plus importante de l’habillage parce que c’est là que le vigneron peut dire quelles sont ses valeurs.

 

- C’est Nicolas Joly qui a ouvert la voie d’une façon très complète pour dire le plus avec le minimum de mots, comme nous l’avons vu dans le SIGNE de L’Homme (Chapitre 1).

 

- Marie-Annick Lemaire parle de sa démarche pour ‘L’Autre’, un Vouvray: « Ce vin est issu du cépage chenin. Mes vignes sont en conversion biologique depuis 2002. Je n’utilise donc aucun produit chimique de synthèse pour la culture de la vigne. Ensuite je prolonge ce travail à la cave en n’utilisant aucun produit œnologique et en utilisant des doses de souffre limitées. Ce vin est un produit naturel, il doit être conservé à une température maximale de 14° et peut présenter un léger pétillement à l’ouverture dû au gaz carbonique laissé volontairement pour protéger le vin. En vous souhaitant une très bonne dégustation. Marie-Annick Lemaire. »

 

La réaction

Le refus de la contre-étiquette a également de nombreux adeptes tant chez les vignerons que chez les amateurs. La situation, vue du côté de ces derniers est au moins aussi complexe. Beaucoup estiment qu’il appartient à chacun d’ouvrir sa voie dans les chemins du vin plutôt que de se laisser guider par d’autres. Les passionnés de vin appartiennent au genre ‘actif-défricheur’ et savent trouver l’adresse des vignerons, comme les Frères Foucault qui choisissent de ne dire que le strict nécessaire réglementaire. Les blogs dédiés aux vins ont profondément modifié la situation : ils rapprochent les amateurs des vignerons en donnant une information personnalisée n temps réel sur le vin dans la bouteille et le vigneron qui en est l’auteur.

 

Pour suivre le chemin 
. Le prochain billet sera consacré au style de la graphie utilisée dans le SIGNE du Trait (chapitre 7 et 2è chapitre des Vins d’Emotion qui appartiennent au CYCLE contemporain

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Le vigneron nouveau, entre jardinier et animateur du vignoble (2)

23 Août 2009, 11:50am

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est la nouvelle vision du vigneron dans le vent. Cet homme là a d’abord une forte légitimité de vigneron, sans laquelle il ne passe pas grand chose. Comme si cela ne suffisait pas - et cela ne suffit pas pour avoir une ‘vraie’ visibilité pour la presse et les acheteurs-, il lui faut impérativement d’autres cordes à son arc ou d’autres flèches attachées à son carcan. Il doit maintenant être en plus jardinier du vignoble et animateur du vignoble. Ce sont des nouveaux métiers socio-culturels à dimension pédagogique et ludique, accessibles en priorité à ceux qui exercent déjà leur métier de vigneron.

 

Pour les petits vignerons, il faut maintenant accrocher deux autres casquettes aux patères du local technique où sont entreposés les matériels de travail, celle de jardinier et en plus celle d’animateur culturelle et ludique, avec parfois une teinte de pédagogie pour la bonne conscience des parents qui emmènent leurs enfants. C’est une des conséquences de l’oeno-tourisme, qui balaie le vignoble comme le ferait une gigantesque vague rose ou à bulles.

 

Devenir jardinier du vignoble demande beaucoup de travail Il faut préserver, restaurer ou parfois inventer la beauté des paysages viticoles, celle que recherche des citadins qui rêvent d’une nature qui n’a bien souvent jamais existé. C’est un capital que tous revendiquent maintenant mais que seuls certains portent sur leurs épaules, physiquement et financièrement. Il est proprement admirable de voir des chercheurs éminents affirmer la beauté du paysage viticole, en revendiquant la découverte de ce concept.  L’exemple de la charte de Fontevraud (2003) est à ce titre riche d’enseignement. Certains n’ont jamais été travaillé dans les vignes, ni tenu une binette ou un sécateur dans la main …mais peu importe. Parler, ils savent faire.  

                                         

Muter un vigneron, dont le métier est quand même de faire du vin, en animateur culturel et festif de l’espace dédié à la vigne et au vin est encore plus délicat. Il s’agit là d’inventer et de créer du nouveau là où il n’existait rien. Au point qu’on se demande aujourd’hui ce qu’on faisait donc dans le vignoble avant, avant la découverte de l’oeno-tourisme. Maintenant, le vigneron assure, en plus de son métier qui l’occupe quand même quelques 12 h par jour, nourriture, boisson évidemment, musique, danse, exposition de peintures, ballades pour ouvrir l’appétit ou pour digérer. Certains fournissent également le gîte avec les chambres d’hôtes. Ils sont devenus décorateurs pour l’occasion et travaillent avec les antiquaires. J’ai certainement oublié des prestations mais c’est déjà tellement énorme que j’arrête là mon énumération.   

 

Si ces deux nouvelles facettes se limitaient à une deux après-midis ou soirées par ci par là, il n’y aurait rien à redire. Mais il arrive un moment où trop, c’est de trop. Le problème est que quand on investit dans le paysage, les abords ou dans l’animation, il faut bien à un moment trouver le retour sur investissement. Il n’est plus question alors de n’ouvrir qu’un week-end au printemps, à l’automne et pou les fêtes. Par ailleurs, par méconnaissance des exigences de la gestion d’entreprise, on en demande trop à la profession, sans toujours beaucoup de renvoi d’ascenseur. Trop souvent le vigneron anime gratuitement la sortie ou l’invitation chez lui alors que les organisateurs qui font appel à lui font payer la visite, pour couvrir leur frais. Oui et ceux du vigneron alors? Il est censé s’y retrouver par l’augmentation de sa notoriété  avec des incidences ultérieures positives sur les ventes de ses vins.

 

Quant à trop vanter la beauté des sites dédiés à la vigne et au vin, il est un autre inconvénient qui me semble grave. C’est la volonté de cacher la dimension du travail nécessaire pour arriver à obtenir du beau raisin et ensuite à transformer le jus de ce raisin en bon vin. Au nom de l’oeno-tourisme, on en vient à cacher comme quelque chose de laid, ce qui permet de faire ou d’alléger le travail. Un chai, des locaux techniques sont des lieux de travail qui ont une réelle utilité fonctionnelle. De même, il est des lieux d’entreposage de matériels qui n’ont pas à être beaux, mais utiles. Un tracteur aussi.

 

A trop vouloir ne montrer que la beauté attendue, conforme à la tradition ou à une vision idéalisée, on en arrive à devoir occulter le travail nécessaire et utile. Et ça, ça me paraît dangereux. Comme me l’a dit un jour un vigneron, qui venait d’avoir une discussion tendue avec sa femme, qui voulait mettre des géraniums partout pour les touristes : « on ne joue pas, quand on est vigneron, on n’est pas là, pour faire beau, pour ces gens de la ville, qui viennent nous voir, comme ils vont au ciné ». 

Pour suivre le chemin

. Il existe une licence professionnelle Oenotourisme et projets culturels, en particulier à Nimes, faite en particulier pour des BTS Viti-Oeno ou Technico-Commerciaux, boisson, vin et spiritueux. L’avantage est que ces jeunes reçoivent une formation spécialisée mais qu’elle est forcément normalisée avec le risque de standardiser l’accueil et l’animation. C’est un inconvénient prévisible possible mais ça empêche de faire des graves erreurs :

www.unimes.fr/.../licence_professionnelle_oeno_tourisme_et_projet_culturel.html -

. Sur ce sujet,  voir aussi sur ce bmog Des dangers de l'oeno-tourisme pour le petit vigneron (1) 
.
Photos EP, Rosier en Sancerrois, Pressoir de Montlouis, Cabane de vigne en Suamur-Champigny

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Tendances > L'évanescence de l'homme > Le constat > 1

22 Août 2009, 16:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Oui et ça fait peur. C’est ce que nous montrent des artistes à un même moment en des lieux différents.

 

Ce qu'on voit
Du premier homme, il reste une silhouette vue de dos, pour bien marquer la volonté de ne pas voir qu’il a un visage. Un homme qui date de la fin du double siècle passé, celui qui n’avait pas encore inventé le terme de guerre mondiale. Il est seul, loin de la ville à la regarder.

 

Pour la femme, on ne distingue plus qu’une forme extérieure, la blancheur de sa peau, ses cheveux noirs et la robe rouge. Tout le reste est comme mangé par le béton de la paroi. A la place de ce qui aurait du être un visage, son cou et le décolleté, une étrange lumière blanche dévoreuse accroche le regard.

 

Et puis il y a le troisième, vu de profil. Petit, il n’est que celui qui donne vie à la grande autruche qui est le véritable personnage central de ce décor de brume, mi-eau, mi-air, qui a mangé tout ce qui est autour. Où sommes-nous ? La question ne se pose même plus.

 

Qui sont-ils
L’Homme de dos
regarde la ville de Bruxelles à la tombée du jour, quand le soleil se couche. Il représente la ville de Bruxelles surréaliste pour cet été 2009 dans le guide de la cité offert aux touristes.


La Femme sans visage
incarne les visages de l’Etrange, Gezichten van het Vreemde, du Brigittines International Festival 09 de Bruxelles.


Celui qui est regardé par l’autruche
est le héros en mode mineur ou le miroir d’Estuaire 2007.2009.2011 qui va de Nantes à  Saint-Nazaire, avec pour thème, le paysage, l’art et le fleuve. La Loire bien sûr.

 

Pour suivre le chemin

. juin-juillet 2009, BRU XXL,

. 22.08 au 05.05.2009, www.brigittines.be

. 05.06 au 16.08.2009, www.estuaire.info

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Des dangers de l'oeno-tourisme pour le petit vigneron (1)

19 Août 2009, 14:37pm

Publié par Elisabeth Poulain














Des questions à se poser

A trop vanter les bienfaits de l’oeno-tourisme pour les professionnels du vin et des délices de l’OT pour les amateurs de vin, la question de savoir si l’OT n’est pas dangereux pour le vigneron ne peut être occultée. A l’exception de petits vignerons qui testent la formule, je n’entends pas grand monde parler de l’autre facette de ce tourisme dans les vignes joliment qualifié d’oeno-tourisme. Un tourisme un peu spécial, mais du tourisme quand même,  fait de vagabondage sans obligation particulière pour le touriste  pour ce qui est au fond, quand les grands mots sont partis, de la vente directe au public.  Ce consensus quasi général en faveur de l’OT me paraît d’autant plus préoccupant que le différentiel entre les attentes des deux partenaires va en croissant.

 

« L’exçès d’oeno-tourisme me saoule ».

C’est le joli titre que Jacques Berthommeau a trouvé sur ce sujet Sa position est plus que vraie. Il cite de belles réussites fondées sur la dimension touristique de l’offre par de grands noms, Hennessy, le Château de Jau, Miren et Nicolas de Lorgeril à Pennautier en Languedoc, le Cassisium de Nuits Saint-George… Il distingue bien cette offre touristique de la possibilité d’acheter les vins ou les spiritueux à la boutique après la visite. Ce que savent très bien faire, ici en Val de Loire, les grandes maisons comme Bouvet-Ladubay et Ackermann Rémy-Pannier à Saumur,  Couly-Dutheil à Chinon ou Paul Buisse   à Montrichard par exemple.

 

Les petits vignerons

Quant à moi, comme toujours, je suis beaucoup plus terrain et terrain de base. Je ne me préoccupe guère de la conversion à l’OT par les Bordelais, ni de la maîtrise de la visite des caves en Champagne et à Saumur pour qui n’a jamais mis le nez sous terre; je pense plutôt aux petits vignerons qui voient un acheteur en chaque visiteur ou dégustateur qui ouvre leur porte.

 

Ces petits vignerons se sont endettés et parfois lourdement pour installer des salles d’accueil et de dégustation, sur les conseils de leurs syndicats, tentés il est vrai par des subventions européennes.

Qui aurait le courage de refuser de l’argent qu’on vous donne, même si et surtout si malheureusement vous n’en avez pas (d’argent). Il y a toujours ce raisonnement clairement exprimé ou pas que c’est déjà ça de pris ; ce sont des dépenses qui auraient du être faites un jour dans l’avenir.

L’origine européenne agit également comme un aimant, comme si elle vous devait bien ça. Le collègue en plus l’a déjà obtenu et construit sa salle. A chaque fois qu’il vous voit, il vous parle de tous ses clients qui viennent chez lui, alors que vous…Et comme vous ne pouvez rien vérifier, vous le croyez un peu, un peu plus... Jusqu’au jour, où vous cédez aux pressions de toutes sortes qui vous agressent comme autant de fléchettes. 

 

La fascination de la belle salle d’accueil

Et, comme dans les chansons de Brel, il y a la femme, votre femme qui travaille avec vous, et beaucoup, comme vous ; elle se voit bien accueillir les clients dans une belle salle refaite à neuf ou construite pour l’occasion, avec un beau parking par devant pour accueillir les cars, nombreux et bourrés de clients descendre déguster et acheter en masse. Difficile dans ces conditions de savoir dire non quand on est un petit vigneron, non à cette alléchante suggestion de développer l’oeno-tourisme et de devenir des vrais pros de l’accueil à de futurs clients qui ne demandent que ça.

 

L’envers du décor

C’est simple comme un sourire ; il suffit d’aménager joliment un lieu d’accueil avec des toilettes, le fameux parking, de signaler et de faire connaître sa présence et les clients arrivent. Seulement, ce n’est pas vrai. Pour connaître la réalité, il faut aller écouter les femmes, celles qui vont accueillir les fameux clients. Voici ce qu’elles racontent :

. Bien sûr, il faut distinguer les clients fidèles des gens de passage.

. Parmi ceux-là, il y en a de formidables ; certains rejoindront le groupe des clients fidèles. Ils sont polis, souriants ; ils viennent aux bonnes heures et achètent bien (beaucoup), heureux de découvrir le nouveau millésime en amenant des amis. Ils forment la crème en un mot. 

. Il y a aussi les clients de ‘passage’ qui achètent peu et à qui il faudra expliquer beaucoup, sans grand espoir de les revoir. Les touristes étrangers forment une catégorie particulière. La réglementation européenne de TVA n’est pas des plus faciles à saisir pour qui ne fait que des ventes ponctuelles.   

. Dans ces ‘passages’, il y a aussi de véritables profiteurs-exploiteurs, qui arrivent chez le vigneron peu avant la fermeture de midi ou du soir pour prendre l’apéro en toute convivialité et gratuité: « l’accueil est bien au cœur de la culture du vin, n’est-ce pas ».  Ceux-là sont capables de goûter tous les vins sans acheter une seule bouteille, sachant que la première dégustation ne permet jamais, sauf miracle, de rentabiliser la dégustation. Quant à penser que la vente d’un carton de 6 couvre les frais, autant rêver, le pire étant évidemment de devoir tenir ouverte la salle de dégustation sans qu’il y ait un seul client.

 

Le vigneron, ce nouvel acteur du tourisme

Les horaires et la quantité à acheter sont parmi les plus grandes sources de difficultés. Que faire par exemple quand il faut aller chercher les enfants à l’école ? Mais il y a aussi tous ces investissements à faire en temps, démarches et argent pour espérer faire venir ces fameux touristes et se constituer un réseau qui permet de devenir enfin visible: mailing, brochures, site, panneaux indicateurs, référencement dans les guides et les magazines, contacts presse, accords avec les auto-caristes…Or ceci ne constitue que la première phase de la transformation d’un vigneron en un acteur et un promoteur du tourisme viti-vinicole dans sa région.

 

La grande ambiguïté de cette situation

C’est bien là où se situe l’ambiguïté de cet OE pour l’un et cette VD (vente directe) pour l’autre. En situation d’hyper concurrence entre vignerons d’un même lieu, tout cela ne suffit pas. Présenter ses vins et les faire  déguster ne constituent en aucun cas une offre touristique, même s’il est ajouté une ballade à pied ou en carriole dans les vignes ou la visite du chai. Il faut faire beaucoup plus et mettre encore d’autres compétences à son arc. On peut citer, lors de journées ‘Portes ouvertes’, la participation gratuite à un buffet ou repas, l’organisation d’expositions de peinture, de concert, un bal le soir, la présence de vignerons d’autres régions…Toutes ces opérations découlent de la politique de relations publiques de l’entreprise, qui est toujours coûteuse sans certitude aucune de rentrer dans ses fonds.

 

Savoir attirer, accueillir  et retenir les touristes pour leur faire acheter les vins du domaine ne s’improvise pas. C’est un métier de communication qui s’apprend et pour lequel il faut des compétences spécifiques, comme celui de vigneron, de vinificateur, de distributeur de vins ou de gestionnaire de l’entreprise.  La question se pose nécessairement de savoir si le petit vigneron a les capacités techniques et financières d’assumer cette charge en plus de ses autres métiers.

 

Pour un vigneron qui a des atouts particuliers dans sa manche,  combien sont-ils à ne pouvoir que dire qu’ils font un honnête travail du mieux qu’ils peuvent ? Je pense que le terme de danger n’est alors pas trop fort.  

 

Pour suivre le chemin

. Du côté des amateurs de vins, procurez les brochures spécialisées sur les routes des vins et les chais ouverts, en respectant les horaires et en achetant en fonction de temps passé et des dégustations que vous avez faites. Evitez de faire ouvrir des bouteilles chères, surtout si vous n’avez pas l’intention d’acheter. Les vignerons ne sont pas des distributeurs de vins gratuits.

. Du côté des professionnels du vin, c’est évidemment à vous de voir. Réfléchissez en terme d’atouts concurrentiels, de réseaux et d’échanges de bons procédés. 
. Voir l'article de Jacques B. sur http://www.berthomeau.com/article-34433910.html
. Photos EP, bouteilles et présentoir Salon des Vins d'Angers, cabane de vignes à Sancerre, bouteille ancienne 

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WBW36 > Les Habits des Vins d'Emotion > L'information volontaire

18 Août 2009, 10:06am

Publié par Elisabeth Poulain

La promesse d’un cadeau entraîne en réaction une autre façon de communiquer sur le vin, non plus en essayant d’attirer et de séduire mais en donnant des informations pour montrer sa différence grâce à une autre façon d’être et de faire. Il y a plusieurs façons de faire et de dire. Cette information volontairement ajoutée marque une rupture avec l’obligation réglementaire dont il faut évidemment tenir compte mais qui n’est en aucun cas suffisante. Quitte à s’exprimer, autant que ce soit ‘pour de vrai, pour du vrai’ comme me l’a dit un des vignerons cités dans cette 36è séquence des Habits du Vin. Cette information forte annonce également les vins d’Expression que nous avons déjà rencontrés dans le SIGNE de l’Homme et le SIGNE de Terre (chapitres 1 et 2 de cette recherche).  Elle s’inscrit directement en lien aussi avec le SIGNE du Temps, car toutes les étiquettes sont, sinon blanches, du moins très claires. La couleur pourrait alors être ressentie comme une gêne.    

 

Le nom de l’exploitation

Le changement commence parfois par le nom de l’exploitation sans que soit encore utilisé

. le terme de  domaine, beaucoup trop banalisé par son caractère patrimonial ,

. jamais celui d’entreprise d’ailleurs, une dénomination en référence à l’argent et à la gestion,

. ou d’exploitation qui a une dimension trop technique ou pire encore, fiscale. Cette volonté de dire autre chose autrement, en occultant le lien patrimonial, met l’accent soit sur la vigne, soit sur un élément du paysage, soit sur des bâtiments qui abritent le travail du vigneron, mais jamais le hangar technique quand même. Outre le nom du vigneron, on rencontre ainsi au fil des sentiers du vignoble :

- Ampelidae (la vigne en grec) de Frédéric Brochet pour ses vins du Haut-Poitou,

 

- Le Cellier de la Marigonnerie de Benoît Daridan pour des vins de Cheverny et Cour-Cheverny,

- La Chapinière de Chateauvieux de Florence Veilex et Eric Yung pour des vins de Touraine,

- Les Champs Vignons de Nicolas Réau pour des vins d’Anjou et de Chinon,

 

- La Ferme de la Sansonnière de Mark Angeli pour des vins d’Anjou parce que le vigneron revendique sa qualité de paysan solidaire, comme il l’indique fièrement sur ses étiquettes

 

- La grange aux belles (avec des petits caractères) de Marc Houtin pour des vins d’Anjou,

- La Grange Tiphaine de Damien Delecheneau pour des vins de Touraine Amboise et de Montlouis,

 

- Les Loges de la Folie de Valérie Mordelet et Jean-Daniel Knoecklé pour des vins de Montlouis,

 

- Le Moulin de Chauvigné de Sylvie Termeau pour un Coteaux du Layon,

- Moulin Touchais,

 

- Les Vignes Herbel pour Laurent et Nadège Herbel pour leurs vins, Le Blanc, Le Rouge, Rosé d’un jour,

- Vignobles des Bois Vaudons pour Jean-François Mériau pour des vins de Touraine,

- Vignobles Daviau de Christophe Daviau pour des vins d’Anjou,

- Vignobles Gelineau pour des vins d’Anjou…

                                                                                               

D’autres mentions        

Dire autre chose autrement est un positionnement fort face à la vigne, au vin, au travail du vigneron et  à son engagement philosophique.  Ces informations sur le travail du vigneron sont indispensables à l’amateur de vin, pour avoir un réel engagement de vérité qui va bien au-delà de la réglementation. Il s’agit de mettre fin à l’ambiguïté des mots, et de ne plus en employer certains tels que ‘bio’ par exemple en raison du flou qui existe et des dérives qui en sont une des conséquences. C’est la raison pour laquelle le chiffre est aussi souvent utilisé. Dire précisément ce qui est vaut mieux que laisser se développer le flou consensuel. Il s’agit de choisir son camp. Et quand le chiffrage n’est pas possible, des textes explicatifs viennent compléter l’information.

 

C’est ainsi qu’on peut trouver :

. l’âge des vignes est un élément qui fascine de plus en plus les amateurs, avec un effet quasiment magique pour les pieds de vignes qui commencent à devenir vieux à 30 ans:

- près de cent ans pour les vignes de Stéphane Bernaudeau ; 

 

. le mode de culture de la vigne :

- Cyril le Moing, qui précise que le vin est « cultivé sans désherbant, ni engrais, ni pesticides… » pour un Anjou, Les Gains de Maligné ;

 

. le rendement à l’hectare, qui est une indication du travail qualitatif du vigneron :

- 25 hl/ha pour le Savennières, Clos de la Coulée de Serrant, de Nicolas Joly,

 

743. 10 hl/ha pour Le Rouge, un Cabernet de Laurent et Nadège Herbel, Le Vaudelnay (voir étiquette ci-dessus);

 

. la composition du vin avec :

- Mark Angeli qui s’étonne à juste titre  que le vin soit le seul produit alimentaire qui ne donne aucune composition et précise pour son Rosé d’un Jour sur l’étiquette : « Jus de raisin fermenté- Vins sans sulfites ajoutés ». Il ajoute  « Attention ! Raisins vendangés en surmaturité les 4 et 5 octobre 2006 » ;

 

. l’indication de la quantité de sulfites par litre qui forme, toujours pour Mark Angeli, un des deux indicateurs importants à connaître par l’amateur de vin :

- « 20mg/l de SO2 volcanique pour l’Anjou ‘Vignes Françaises’ (sans porte-souche américain importé en France pour lutter contre le phylloxéra) de Mark Angeli »;

                                                          

744. 20mg/l aussi pour un Grolle noire, un vin de table de Cyril Le Moing, qui précise que cette dose représente 12% de la norme autorisée ;

 

. le nombre de tries successives pour sélectionner grain à grain les raisins arrivées à maturité optimale, huit dans ce cas. C’est le nombre maximal autorisé dans le cas des liquoreux du Layon :                                                                 

- Eddy et Mileine Oosterlinck-Bracke ont une communication particulièrement informative. Leur Quintessence de Juchepie, Récolte 2003 précise en français et anglais que  : « cette année, la récolte a été ramassée en six passages. La présente cuvée a été récoltée entre le 23


septembre et le 21 octobre, sur un terroir de schistes. C’est un vin naturel qui n’a été ni levuré ni chaptalisé. Il a fermenté et été élevé en barriques de chêne pendant 18 mois. Mis en bouteille au domaine ; » 

 

. la température de dégustation  pour un vin non filtré : 

745. Les Nourrissons, un Anjou d’Isabelle et Stéphane Bernaudeau, est un « vin non filtré, à conserver en dessous de 14° » ;

 

. des chiffres mystère :

746. comme la formule du nombre d’or pour un Coteaux de l’Aubance ‘l’Arcane à sucre’ de Didier Chaffardon.

 

Pour suivre le chemin

Le prochain billet portera sur la contre-étiquette.

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