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Le Blog d'Elisabeth Poulain

A Bruxelles, il y a Magritte, Magritte et encore Magritte

17 Août 2009, 09:01am

Publié par Elisabeth Poulain

   

 

 

 

En fait ils sont tellement nombreux à Bruxelles actuellement qu’on se demande si on les voit bien tous. Ils sont sur les murs d’abord, ceux du Musée Magritte au Musée des Beaux-Arts, Place Royale, ceux de la maison Magritte là où il a vécu 24 ans avec sa femme, Georgette,  rencontrée quand il avait 15 ans et retrouvée plus tard à Bruxelles, et les autres que vous allez découvrir au cours d’une ballade express.     

 

Sur les murs du musée, on trouve plus de 250 œuvres et archives de Magritte, des dessins, des croquis sur le vif, des peintures, des gouaches, des photographies, des sculptures, des objets,  mais aussi des bouteilles de vin de Bordeaux peintes en 1945, des affiches et autres objets publicitaires. Cette grande exposition, organisée par Michel Draguet, directeur des MbBAB* et sponsorisée en grande partie par GDF Suez/Belgique, est ouverte depuis le 2 mai. Avant, l’Hôtel Altenloh, dédié à l’exposition, rénové pour l’occasion  par la Régie des Bâtiments, a été recouvert pendant plusieurs mois d’une bâche géante peinte à la manière de Magritte pour annoncer l’événement.

 

Actuellement, ce sont aussi des dessins emblématiques du peintre qui vous interpellent aux fenêtres latérales du Musée en descendant vers la ville. On voit aussi sur les brochures

 

A l’intérieur du musée, ce sont des citations extraites des écrits de Magritte-écrivain cette fois-ci qui s’adressent à vous. Voici quelques-unes avec le numéro donné par les organisateurs dans le petit livret offert à l’entrée:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1898-1929, 3ème étage                        

3.2. Je déteste mon passé et celui des autres. Je déteste la résignation, la patience,  l’héroisme professionnel et tous les beaux sentiments obligatoires. Je déteste aussi les arts décoratifs, le folklore, la publicité… J’aime l’humour subversif…Je souhaite l’amour vivant, l’impossible et le chimérique. Je redoute de connaître mes limites.

3.3. Le progrès est une idée saugrenue.

3.4. L’art dit non figuratif n’a pas plus de sens que l’école non enseignante, que la cuisine non-alimentaire, etc.

 

1930-1950, 2ème étage

2.9. Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées par des images. 

2.11. Il ne faut pas craindre la lumière du soleil sous prétexte qu’elle n’a presque toujours servi qu’à éclairer un monde misérable.

2.13. L’idée de progrès est liée à la croyance que nous nous rapprochons du bien absolu, ce qui permet à beaucoup de mal actuel de se manifester. 

                                                                            Et comme une piqûre de rappel,  pour être bien sûr que vous n’allez pas oublier ce grand créateur qui a changé notre façon de voir, la locomotive qui vous ramène à Paris est, elle aussi  bleue ciel, revêtue des couleurs et des mouettes de Magritte. Il n’y manque même pas leurs cris, qu’on entend bien  dans la gare, en attendant le départ du train.

 

   

Pour suivre le chemin
. * MbBAB = Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

.muséemagrittemuseum, 3 rue de la Régence, 1 Place royale, 1000 Bruxelles

00 32 (0)2 508 32 11, www.musee-magritte-museum.be

.Fondation Magritte, à découvrir sur www.magritte.be
. www.gdfsuez.com/fr/actualites/communiques-de-presse/

qui vous montre l’importance des moyens mis en œuvre pour organiser cet événement culturel réalisé en moins d’un an par GDF-Suez (6,5 millions d’euros + 200 collaborateurs engagés dans l’opération) en relation avec les Musées royaux de Belgique des Beaux-Arts de Belgique, la Régie des Bâtiments et la Police scientifique fédérale de Belgique dans le cadre d’un ‘mécénat de compétences’ inédit en Belgique, sans oublier bien sûr la Fondation Magritte.  C’est la plus grande collection de Magritte au monde.                                                       

. Petite info à l’intention de Judith Benhamou-Huet, journaliste aux Echos, qui s’est plainte du bruit lors de sa visite de l’expo dans son article du 03.08.2009 : il n’y avait pas du tout de bruit malgré la foule présente au maximum autorisé par la réglementation. 

. Le suivi de ce maximum se fait à l’unité près. C’est la raison pour laquelle, je vous conseille de prendre votre ticket avant par Internet, en choisissant les heures creuses. Il n’y en a qu’une seule : c’est 13heures ! Si non, vous risquez d’attendre deux fois, une fois pour acheter votre ticket et une seconde en attendant votre tour de pouvoir entrer. 

 

. Il est étonnant de voir combien les idées mises en images par Magrittre, un homme qui détestait la publicité et qui pourtant à ses débuts a beaucoup travaillé pour la publicité, ont été et sont tous les jours reprises par les créateurs publicitaires. Regardez la dernière campagne de pub du Club Med !

. Ne pas oublier non plus de voir aussi la maison ou vécut Magritte qui s'appelle aussi le Magritte museum
http://www.magrittemuseum.be/

. Photos EP à partir de documents 'ouverts' puisqu'il est évidemment interdit de prendre des photos dans les musées:
n° 1, bâche GDFSuez/Belgique en annonce de l'ouverture
n° 2, peinture M dans le site de la Maison de M, voir adresse ci dessous
n° 3 et 4, reproductions exposées à la vue des passants devant l'Hôtel en descendant
n° 5, belle dame de M - je ne connais pas son titre- choisie par les Musées royaux des Beaux Arts pour vanter "un été passionant' dans leur brochure
n° 6, 'La Grande guerre', painture choisie par Judith Benhamou pour illustrer son article parue dans Les Echos du 3.8.2009
n° 7, locomotive en partance vers la France
n° 8, un des fameux oiseaux choisis par les Musées royaux
n° 9, troisième oeuvre  à la troisième fenêtre de l'Hôtel pour nous montrer le Maître en son univers, avec la clé, l'oiseau, la pipe et le verre à vin.

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WBW35 > Les Habits des Vins d'Emotion > L'effet millésime et la force du chiffre

15 Août 2009, 18:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

  

Le passage du temps

Le millésime est le troisième élément de l’étiquette, après l’appellation et le nom du vigneron ou du domaine, auquel les Français attachent le plus d’importance. Le millésime est un des piliers de la culture française du vin. Le vin est vivant, comme tel, il change chaque année et chaque année, le vigneron doit faire ses preuves. L’effet millésime peut s’exprimer de nombreuses façons :

                                              
739. en en faisant l’élément principal de étiquette d’un Moulin Touchais, Coteaux du Layon, 1959,

    

                                              
740. en haut et sur toute la largeur de l’étiquette en un geste de prise de possession et de confiance pour Ampelidae le S, un vin contemporain par Frédéric Brochet, un  vin de pays de la Vienne,

 

741. au-dessus de Saumur Blanc pour un vin d’appellation de Château Yvonne,

 
                                           

- pour structurer une étiquette très fine pour Tuffeau, un Rosé de Loire de la Cave de Saumur en un jeu or et bleu marine, le millésime formant le bas d’un arrondi constitué en haut par l’écu et au milieu par l’appellation,

 

- en signe d’équilibre et de force pour ce Chenin d’Ackerman en plaçant le millésime en bas d’un rectangle formé en haut, par Ackerman, puis Chenin occupant le même espace,

 

- dans un ovale qui forme la partie haute d’une étiquette pour indiquer à la fois le cépage et l’année pour ses vins de cépage de Sylvain Courtin du Domaine de la Grande Maison à Saint-Léger La Palu,

 

- sur une collerette pour un Sancerre de René Malleron pour encadrer l’écu en position centrale.

- au milieu de l’étiquette et en dessous de Sancerre par Roger et Didier Raimbault, ce qui donne une grande force à l’étiquette pour ce vin qui a reçu la médaille d’or au Concours Général de Paris,

 

L’entrée dans le troisième millénaire

Le passage de 1999 à 2000 a donné lieu à quelques étiquettes flamboyantes mais relativement peu. Nous sommes en Loire. Nos débordements sont presque toujours mesurés.

- Véronique Gunther Chéreau a édité une Cuvée du Millénaire pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Château du Coing de Saint Fiacre,

- Philippe Loquineau du Domaine de la Plante d’Or a conçu pour ses Cheverny et Cour-Cheverny un dessin de pied de vigne qui se transforme en verre et qui inclut à sa base un 2000 bien caché dans les nœuds du bois.

                                            

L’accent peut porter sur l’inscription du vin dans le temps en parlant de récolte au lieu de millésime pour mettre en valeur l’année où le raisin a été vendangé. Le temps de vinification et le temps d’élevage pouvant être très variable selon qu’il s’agit de vin primeur, de vin à boire dans l’année ou de vin de garde après un long élevage.

 

742. Clos Cristal, une propriété des Hospices de Saumur (ancienne dénomination de l’Hôpital de Saumur), a une démarche très informative pour toute la gamme de ses vins de Saumur-Champigny. Récolte 2002 est la troisième et dernière information de l’étiquette de petite taille.

 

L’écoulement du temps

Montrer le passage du temps peut aussi se montrer autrement que par le déroulement des chiffres. Pour se référer à un passé valorisant et accroître la légitimité du vigneron, il est possible d’évoquer le passé ou les générations qui nous ont précédées. Le caractère volontairement sibyllin de l’information n’empêche nullement les amateurs d’adhérer.

- Le Savennières, Clos du Papillon, du Domaine des Baumard porte chaque année un papillon d’une couleur différente, 1997 par exemple est orange et ocre.

- Pierre Soulez écrit en caractères rouges de petites tailles ‘Cuvée d’Avant’ sur son Savennières, Le Clos du Papillon.

- ‘L’Alliance des Générations’ est un Touraine Pineau d’Aunis de Jean-François Mérieau.

 

L’effet millésime peut être  accentué par le numérotage de la bouteille afin de montrer son caractère fini. Le vigneron communique sur le fait que, de même que le vin change tous les ans selon le millésime, de même il n’est pas extensible au contraire des vins au goût constant produits en série. Une variante consiste à indiquer le nombre total de bouteille composant les petites cuvées. L’intérêt est de susciter un effet de rareté plus facile à gérer en diminuant les risques d’erreurs.

- La seconde vendange de Sébastien David de Saint-Nicolas de Bourgueil lui a permis de produire 1775 bouteilles et 161 magnums, pour un 2001

- ‘Les Vingt Poinçons de Blois’ du Clos de la Briderie de Vincent Girault ont été produites à « cinq mille deux cent quatre vingt bouteilles.»

 

D’autres chiffres sur l’étiquette

Il en est  d’obligatoires et d’autres de volontaires. Parmis les obligatoires, citons la contenance de la bouteille et le volume d’alcool dont la présence est si usuelle qu’on ne les voit pas. Par contre le regard est plus attiré par les indications chiffrées que le vigneron ou le négociant ajoute volontairement pour donner du sens à sa démarche. Donner une date de référence dans le passé donne une légitimité sans pareille. On retrouve l’importance du SIGNE du Temps :

- 872 car c’est depuis cette date que la vigne est cultivée dans la Coulée de Serrant de Nicolas Joly dont le clos forme à lui seul un AOC, seul exemple en France de ce type,

928, sous le blason du Château de Passavant de David Lecomte pour ‘Les Greffiers’ un Coteaux du Layon,

- 1513 pour la famille Mellot indiqué en petit sur les étiquettes d’Alphonse Mellot du Domaine de la Moussière – 1513 à gauche de la gravure de Sancerre pour la Cuvée Pierre Etienne de Joseph Mellot face au millésime de l’autre côté, 

- 1811 pour Ackerman à Saumur,   

- 1851 pour la Maison Bouvet à Saumur...  

Pour suivre le chemin
Le prochain billet portera sur l’information ajoutée volontairement par le vigneron pour renseigner l’amateur et établir avec lui un lien de complicité.                   

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Tramway, levez les yeux au ciel et cherchez l'ouverture

14 Août 2009, 16:23pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une de mes manies pour apprécier la qualité de l’air. En fait les deux se font en même temps que je hume l’air pour savoir comment il est. Aujourd’hui, hier matin pour être plus précise, je peux vous dire qu’à Bruxelles, côté Ixelles, il y avait un peu d’air agréablement léger, que le ciel était uniformément bas, sans être plombé et le temps à la petite pluie fine intermittente, de celle qui rafraîchit l’air. Parfois vous avez du mal à voir le ciel entre les bâtiments. Dans certains quartiers d’affaires, la hauteur des immeubles en construction est telle qu’il faut casser son cou à 90° en arrière pour arriver à trouver un coin de ciel.

 

Le ciel est si évident qu’on ne le voit pas. Et pourtant, on en fait des efforts, nous les humains, pour l’encombrer et boucher l’accès à l’air, comme si cela n’avait pas d’incidence. Bien sûr que c’est important. D’aucuns, sous l’influence d’un ‘feng shui’ désormais mondialisé, vous conseillent de ne pas volontairement habiter sous des toits pointus, en arête sèche qui coupe un autre toit ou un mur. Il y a aussi tous ces poteaux que les hommes plantent pour célébrer je ne sais quelle victoire sur la technologie. A voir encore des poteaux électriques en bois dans nos rues en 2009, il est permis à juste titre de s’étonner de leur durée de vie.

 

C’est à un petit kaléidoscope avec des exemples choisis à Angers, à Bruxelles et sur le Brouwersdam aux Pays-Bas que je vous convie aujourd’hui : essayer de voir où commence le ciel  à travers tout ce qui heurte la vue ou au contraire quand le ciel est si vaste que le regard s’y noie.  

 

Mon histoire de ciel commence à Angers quand j’ai lu une brochure  du Centre démocrate humaniste de Bruxelles qui recommande en accompagnement du tramway, la gratuité des transports en commun, la plantation de 20% d’arbres en + et de 20% de voitures en – en nous montrant une belle photo d’un tramway, avec son gazon vert spécial tramway, avec des rangées de petits arbres plantées serrés à côté. Il manquait une chose dans la photo: ce qu’il y a au dessus du tram. On aurait dit que le tramway tirait son énergie de tout ce vert.

 

Quid en effet de l’encombrement du ciel des rues par un câblage dont personne ne parle?  L’exposition angevine officielle qui détaille à foison toutes les beautés du futur tramway ne souffle mot de son incidence sur le ciel. Rien ne nous est dit sur le formidable réseau de câbles qui va mailler les rues traversées par le tramway.

 

Du coup, j’ai commencé à regarder le ciel ici. J’ai découvert, véritablement fascinée, le côté 1950 de certains quartiers périphériques qu’on dirait comme oubliés par le temps. Le regard se surprend à suivre les câbles qui relient ces poteaux aux maisons, comme autant de marqueurs d’une époque apparemment si révolue.

 

D’un coup d’ailes, j’ai regardé ce qui se passe à Bruxelles, qui dans sa très grande vitalité, ne craint pas de gratter le ciel avec toutes sortes d’antennes, de câbles et de marteaux piqueurs. Ici, on travaille jour et nuit, le dimanche aussi pour les grosses opérations de voirie, le soir quand tombe la nuit pour finir un chantier pour un particulier. J’ai pris l’exemple de la Place Flagey, qui surprend par ses dimensions, son ‘vide’ et le succès populaire.

   

Aux Pays-Bas, ce qui m’a fasciné sur le Brouwersdam, c’est la dimension d’un ciel si dominant qu’il en absorbe tout, au point de noyer les frontières entre la route, la mer et l’air, entre le jour et la nuit, lors d’une forte pluie lors du passage sur la route, un jour de mai vers 16heures. Nous étions les jouets d’un autre univers, un ciel liquide, vert d’eau, en plein jour. Impossible de vous montrer en photo ce que ça donnait.  Par contre, vous verrez d’autres photos d’un ciel si bleu qu’il en domine le bleu de la mer.

 

1, 2 et 3 : regardez le ciel ; il s’y passe toujours quelque chose.

 

Pour suivre le chemin
. Photo 1, le tram selon le CDH,  suite 2 et 3 Angers -France- et 4 et 5 Place Flagey -Belgique-.

. Photos EP à voir aussi dans l’album photos ‘Air et Ciel’.    

 

 

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Bob de Moore > Une belle image de BD et de fidélité à Bruxelles

5 Août 2009, 15:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une image de BD et de fidélité

Imaginez qu’un jour il vous soit demandé de choisir de l’image que vous voulez donner d’une capitale internationale comme Bruxelles. Vous n’en dormiriez plus tellement le choix de possibilité est infini et par là-même paralysant. Et puis après avoir beaucoup parlé autour de vous, l’idée vous vient. Vous allez choisir la fidélité traduite en BD grâce à Bob de Moore.

Bob de Moore
Ce dessinateur n’est plus de ce monde, d’accord ;  mais son fils Johann est prêt à prendre la relève, en accord avec son frère Stephan, co-héritier avec son frère de l’œuvre de leur père. Johann va poursuivre les aventures du petit bonhomme créé par son père Bob bien des années avant. La fidélité, on connaît dans la famille de Moore. Mais aussi à Bruxelles toujours fidèle à la BD que la ville a véritablement élevé au rang des  vrais-arts, comme on le dit des beaux-arts.  

Bob de Moor a dessiné toute sa vie, avec des noms que nous connaissons tous même quand nous ne sommes pas des connaisseurs : Bob et Bobette, Conrad le Hardi, Tintin, Mortimer. Il a très longtemps travaillé pour les Studios Hergé. Né à Anvers en 1924, il est décédé à Bruxelles en 1992.

Johan de Moore


Quant à Johann, qui est né en 1953, il est entré lui aussi aux Studios Hergé ou il a notamment travaillé sur Quick et Flupke ; maintenant, il collabore à Spirou.

Belgopocket
 

C’est un petit livre de poche, d’où son nom, tiré à 600 000 exemplaires , dont le contenu est régulièrement mis à jour sur le site. Chacun des 12 chapitres est individualisé par son contenu thématique, un dessin de Bob et une couleur. Place aux 12 dessins, les voici :


A vous d'apprécier combien le petit homme à la houppette et à la moustache blanche sait faire face à toutes les situations, en gardant son sourire caché derrière sa moustache. Comme la Belgique en somme.

Pour suivre le chemin

. www.infoshop.be      . Exemplaire gratuit en de nombreuses langues à l’infoshop. 
. Les dessins ne sont pas présentés dans l'ordre: il y a eu parfois des problèmes de voisinage entre les photos!   

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WBW 33 > Les Habits des Vins d’Emotion > Le mot entre grand et petit

5 Août 2009, 14:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le mot et l’effet gamme

La nécessité de donner des indications sur le style de vin oblige à prêter une plus grande attention à la dénomination des vins les uns par aux autres que ce soit chez un négociant, une coopérative ou dans un domaine. C’est une des retombées de la vente directe qui permet d’affiner l’analyse de l’attente des clients. L’effet gamme peut être présent dès lors qu’il y a deux vins qui obligent le vigneron à les positionner l’un par rapport à l’autre. La hiérarchie entre les mots indiquera la hiérarchie des vins par le prix.

- C’est le cas pour les Chinon du Domaine de Noiré de Jean-Max Manceau  avec Caractère un vin de coteau plus concentré et Elégance un vin de gravier plus léger : le premier Chinon est associé à un jeu sur la typographie du mot pour donner un effet de mouvement et le second à des caractères plus sages.

 

- Au Domaine de L’Aulée, Marielle Henrion réserve Elégance pour un Touraine méthode traditionnelle brut en 100% Chenin et Intense pour un assemblage de 80% de Chenin pour la finesse complété par 20% de Chardonnay pour la puissance.

 

- Pour Jérôme et Patricia Sauvète,  Antea (auparavant en latin) est un Touraine Malbec, Oneiros (le rêve en grec) un Sauvignon et Passion un Gamay. Ce cas est un contre-exemple car le recours à trois mots issus de trois univers distincts ne permet pas de trouver une hiérarchie. Peut être est-ce justement l’objectif de ce non-positionnement. 

 

En franchissant d’autres frontières, il est possible d’entrer dans le monde très sensoriel des parfums pour évoquer les arômes des vins. Le vin sait être parfum dans l’univers des parfums :

 

- Yves et Annick Guégniard du Domaine de la Bergerie choisissent Fragance pour un Coteaux du Layon, Évanescence pour un Anjou-Village et Arrogance pour un Cabernet d’Anjou dans un flacon insolite haut. Une sonorité commune pour trois couleurs offre un point commun suffisamment fort sous trois étiquettes distinctes en utilisant deux types de bouteilles différentes.

 

L’usage du ‘grand’ prestigieux 

L’imaginaire français  est très marqué par le modèle de Versailles, avec le Grand Trianon pour le prestige et le Petit Trianon pour l’intimité. Quelques Grands dans les noms de domaine, de parcelles ou de cuvée :

- Grand Fief de la Cormeraie, Muscadet Sèvre et Maine sur lie,            

- Les Grands Presbytères, Gros Plant du pays nantais,

 

- Domaine Les Grands Houx, Muscadet Sèvre et Maine sur lie,

- Domaine de Grand Mouton, Muscadet Sèvre et Maine sur lie,

- Le Domaine de la Grande Maison, vins du Poitou.

 

- ‘Les Grands Champs’ un Touraine Cabernet de Jean-François Mériau,

 

729. ‘La Grande Châtelaine’ un Sancerre de Joseph Mellot,

- Grand Or pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Guilbaud Frères.

 

On trouve aussi le terme de haute par comparaison avec la Haute Couture :

- Haute Culture pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie de Sauvion. 

 

Le recours au 'petit' sympa 

L’adjectif est à prendre dans le sens d’un petit bistrot, d’un petit resto, d’un petit boucher chez qui on va parler, échanger et surtout se ressourcer. Cet attrait de la douceur de vivre en France n’a pas échappé à certains vignerons ou responsables de coopératives pour des noms de cuvée dans un esprit de gamme. Aucun vigneron n ‘aimerait être catalogué comme ‘un petit’ vigneron.

 

730. Michel Redde de Saint-Andelain édite ‘Petit Fumé’ écrit par une main enfantine qui s’applique pour faire ses majuscules pour un Pouilly-Fumé…

 

- Le Petit Clos pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Jo Landron,

- La Petite Cour en vin de pays du même vigneron,

 

- La P’tite Messe, un vin blanc sec de table (8,5°) de Philippe Marchais en assemblage Folle Blanche-Sauvignon-Melon,

 

- Cuvée petit m, M de la Fruitière, un Muscadet Sèvre et Maine sur lie, J. Douillard et J.M. Boussonnière,

- Le Petit Mont, un Bourgueil du Domaine du Petit BonDieu de Jean Marc Pichet et Thomas Pichet,

 

- Le p’tit sans Gêne pour un Touraine rouge de Lise et Bertrand Jousset,

 

- Le p’tit Zinc, un vin de table, produit de notre France, matérialisé par une aquarelle reproduisant un coin de zinc avec un verre et le torchon blanc et rouge pour essuyer le comptoir de la Cave de Sancerre,  

- Le p’tit Loire, un vin de pays de la Cave de Sancerre, comme on demandait un p’tit noir sur le zinc pour commencer sa journée dans un bistrot à Paris,

- Le Petit Bourgeois d’Henri Bourgeois pour un Cabernet…

 

Pour suivre le chemin

Prochain billet sur la fascination par le chiffre.  

 

 

 

 

 

 

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WBW34 > Les Habits des Vins d’Emotion > La fascination par le chiffre

5 Août 2009, 11:17am

Publié par Elisabeth Poulain

Le chiffre, le parfum et le vin

C’est Coco Chanel qui a lancé cette mode avec le 5 de Chanel, un parfum mythique qui date de l’été 1921 et qui n’a pas changé depuis. Cet attrait pour les chiffres est renforcé par l’influence américaine qui a une tendance naturelle à quantifier dans le cadre d’une communication explicite. En numérologie, le 5 par exemple correspondrait à la liberté, au changement et à la découverte.

 

En Loire, la mode récente du chiffre en choix du nom de cuvée commence à être utilisée, avec un précurseur :

 

731. One de Louis Métaireau du Domaine de Grand Mouton pour un Muscadet de Grand Mouton dont l’étiquette ressemble à un médaillon d’empereur romain entouré d’une guirlande de lauriers. Pour les Romains, le laurier était symbole d’éternité et de gloire.  Cette étiquette est collée à la main d’un seul point de colle sur une cravate passée autour du col de la bouteille de ce vin particulièrement apprécié sur le marché américain.

 

Les tendances actuelles

Il est toujours possible d’évoquer d’autres idées à partir d’un chiffre :

- une touche de poésie bien réfléchie pour Mark Angeli avec Rosé d’un jour,

- la compétition nautique avec Vendée One du nom de la course en mer pour un vin de pays de Vendée de la Maison Jard,

- Premium, un Saint-Nicolas de Bourgueil 1999 de Sébastien David,  un mot latin à prendre dans le sens de Premier avec un jeu de mot sur le fait que ce terme utilisé par les Américains désigne le prix du vin en fonction de sa qualité : premium, super premium, ultra premium.

- Première Vendange, un Touraine, qu’Henry Marionnet décrit comme étant l’expression bien réelle d’un vin totalement pur de tout apport souffré, un vin des premiers jours de l’humanité quand l’homme a découvert comment transformer le jus de fruit en vin.

 

732. l’humour avec ‘1 un grain’ de David Lecomte pour un vin à boire la nuit, au retour d’une danse,

- 2, un Saumur du Domaine de La Paleine qui se présente comme un second vin d’usage régulier par rapport au haut de gamme,

 

733. Les 3 Demoiselles, en Coteaux de L’Aubance du Domaine Richou avec effet de loupe sur le 3 inscrit dans un cercle, 



- 10,5 en nom de cuvée pour indiquer le degré d’alcool de ce Muscadet Grand Mouton Louis Métaireau de Marie Luce Métaireau, 

 

734. Le 20 pour un Coteaux du Layon 1998 pour les 20 ans du Domaine Philippe Delesveaux, « pour ce vin récolté grain à grain, botrytisés à 100%, fermentés et élevés en barrique pendant 18 mois mettant en valeur le formidable potentiel du Chenin. Trie du 10.10.1998-23,5° potentiel. Le tirage de cette bouteille est limitée à 900 bouteilles », 

 




735. Les Vingt Lieux-Dits, un Bourgueil du Domaine de Bel Air à Benais, parce que le vin est un assemblage de vingt parcelles du domaine, de Pierre, Catherine et Rodolphe Gauthier,

- sous le même nom de cuvée, un Saint-Nicolas de Bourgueil  du Domaine Olivier pour un Saint-Nicolas de Bourgueil avec un rameau d’olivier en or à chaud, 

 

736. Les Vingt Poinçons de Blois, un Touraine Mesland du Clos de la Briderie, Vincent Girault,

 

- 53 de Marc Houtin de La grange aux belles (sans majuscules) pour rendre

 hommage à l’âge de ses vignes,

 




737. 100 pour les initiales de Bruno Cormerais pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie,  car ses initiales stylisées dessinent le chiffre cent,

 



738. Cent visages pour un Touraine Côt de Jean-François Mériau dont l’étiquette est une œuvre de Madlen Herrstrom. 

Madlen Herrstrom, peintre, Paris, Seuilly, France, Suède

« J’aime les grands espaces, les grandes toiles où je peux m’exprimer. En ce moment je travaille sur le lien, celui qui sert à unir plus qu’à fermer d’ailleurs, que ce soit dans la matière comme la roche, le fleuve, le bois ou un serpent... J’aime aussi me surprendre, aller à la découverte. La vie est affaire de rencontres. C’est comme celle qui est intervenue avec Jean-François Mériau. Je connais bien la Touraine, sa Touraine. Il m’a fait confiance et moi j’ai avancé comme je le sens, comme on sent un vin. Ceux de Touraine peuvent être forts et fins. Ça m’intéresse.

 

Faire une étiquette, ça peut être un plaisir, comme pour ‘la Diablesse’, un Chinon de Pascale et Etienne de Bonnaventure de Beaumont en Véron. J’aime aussi les projets en profondeur quand on me donne carte blanche. C’est ce qui s’est passée avec Jean-François Mériau. Au début, rien n’était défini. Il a passé une partie d’une journée dans mon atelier, à l’écoute pour comprendre qui je suis. Moi, je suis venue au chai, j’ai senti, goûté et ça m’a plu. Et puis ensuite, j’ai avancé. Je propose et si cela ne plait pas, j’arrête. C’est la même chose de son côté. Parfois aussi j’ai travaillé le nom de la cuvée : Le Fleuve Blanc. (…) Quand ce n’est pas beau, ça me fait mal aux yeux, comme si j’avais du sable dedans. Il faut que les choses soient justes, précises, sans fioritures, fortes. Dans le vin, il y a en plus un côté magique qui oblige à encore plus de rigueur. Oui ça me fait plaisir de voir que les gens sont sensibles à ce que j’ai fait. C’est bien, surtout quand on pense que j’aime les grands espaces ».

 

Prochain billet

Le prochain billet sera consacré au passage du temps.

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Dimanche matin à l'Ile Saint-Aubin, Angers (49), France

4 Août 2009, 15:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une zone sensible préservée en basse vallée angevine

Cette balade en forme de découverte d’une île dans une île ou sur un île se fait forcement le dimanche ou le samedi. En effet, du dimanche soir au samedi matin suivant, l’île se repose, loin de ces prédateurs que sont les Angevins qui l’aiment beaucoup ou trop selon certains, en particulier les pêcheurs. Ce repos hebdomadaire est la façon qu’a trouvé la municipalité d’Angers pour préserver cet espace sensible classé au titre de Natura 2000 afin de lui rendre sa pleine capacité à préserver ses équilibres profonds. On s’y rend en bac manœuvré à la main par un câble par un seul homme. Les voitures restent au parking sur la rive de la Mayenne. La guinguette de l’autre côté du bac permet de se rafraîchir avant ou après l’effort.

 

L’eau

Des chemins sont tracés pour le plaisir de la promenade et de la découverte à pied ou à vélo. Le seul sentier droit part du bac la ferme situé au cœur de cette île. C’est le point le plus élevé qui n’a jamais été submergé depuis plus de 1 000 ans. Excusez du peu ; les inondations recouvrent la quasi-totalité des 600 hectares de l’île Saint-Aubin pendant plus de 100 jours par an. C’est dire si l’eau est toujours présente à Saint-Aubin.

 

Les trois rivières

En forme de triangle, l’île offre la particularité d’être bordée par trois rivières différentes, la Mayenne sur son flan gauche en face d’Avrillé, la Vieille Maine au nord près de Cantenay-Epinard et la Sarthe sur sa rive droite avec Ecouflant. Ces trois rivières offrent aussi la particularité de perdre leur singularité lors de leur jonction à la pointe de l’île toute proche d’Angers. Ensemble avec le Loir, un affluent de la Sarthe, elles forment la Maine, l’affluent de 11kms qui traverse Angers afin de rejoindre la Loire à Bouchemaine, au nom si parlant.

 

L’histoire

Elle est, avec la précieuse bio-diversité et l’eau, la 3ème caractéristique de l’Ile Saint Aubin. La ferme, le seul bâtiment qui figure au centre de l’île, est en fait est un prieuré et une abbaye qui furent édifiées par les Bénédictins à qui l’île fut donnée en 978. Leur premier travail fut de déboiser et d’aménager des canaux de drainage avec des portes à flots pour gérer le niveau de l’eau et des ponts pour pouvoir circuler plus aisément. Ensuite vinrent l’installation des bâtiments, qui ont été entièrement réhabilités récemment afin de les transformer en ferme pédagogique, sans rien renier de son passé. On a gardé sur l’île l’ancienne mesure en arpent qui vaut 2/3 d’hectare.  

 



Le mystère de l’arbre aux échelles

L’attribution de généreuses subventions européennes a

fortement accentué le caractère de vitrine pédagogique d’un espace naturel préservé très proche d’une grande ville. Le sentier qui mène à la ferme par exemple est jalonné de panneaux explicatifs ludiques, dont l’intérêt parfois m’échappe un peu. Il est vrai aussi que je n’ai pas l’âge de faire ces découvertes. Par contre, l’arbre mystère m’a fortement intéressé. Je l’ai ainsi appelé parce que l’édification des échelles entre les branches l’arbre de grâce à des brindilles simplement coincées par les promeneurs me semble relever de la volonté de créer un art éphémère visible seulement à ceux qui voient. Les autres sont passés à côté, trop occupés à comprendre les explications des panneaux et à admirer ce qui venait de leur être signalé.

 

L’arbre mystère se trouve en côté droit situé environ au 2/3 du sentier menant à la ferme.

Pour suivre le chemin


. Il est possible de boire un pot à la buvette de l'Ile, mais plus d'y manger. C'était possible mais il y a longtemps. Le plus simple est d'emporter un pic-nique, comme le font de nombreux randonneurs le dimanche.

 

. N'oubliez pas non plus d'avoir quelques euros en pièces dans votre poche. La traversée en bac tiré à la main par cable n'est pas tarifée, ce qui donne un air d'ouverture qui va bien avec le lieu. Mais ce n'est pas non plus pour ça qu'il faut être radin. J'ai pourtant pu constater le fait à plusieurs reprises, avec des excuses du genre "désolé, mais je n'ai pas de liquide'!  C'est tout juste si on n'entendait pas 'mon brave'.

 

. Il est possible de faire un tour partiel de l’île, sans pouvoir cheminer le long des trois rivières, pour cause de clôtures. L’île est en effet une propriété privée dont les prairies sont exploitées pour le foin ou directement pour le pâturage de la belle race bovine Anjou-Maine. Un bon reportage visible à la ferme vous explique les caractéristiques de cette race à viande. Les chasseurs sont propriétaires du tiers de l’île qui est un paradis pour la chasse au gibier d’eau.


. On peut aussi faire le tour de l’île en bateau. C’est un vrai plaisir de pouvoir avoir une vue d’ensemble extérieure de l’île.

. Photos EP                  

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WBW32 > Les Habits des Vins d'Emotion > La promesse d'un mot

3 Août 2009, 18:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Comme dans le jeu « Et si vous deviez être une plante, vous seriez… ? » qui consiste à résumer en un seul mot la caractéristique principale d’une personne ou d’un vin, la tendance est à nommer le vin. Le jeu consiste à sélectionner parmi toutes les caractéristiques du vin celle qui est première. Le mot devient alors une promesse immédiate de jouissance différée d’un plaisir réel.

 

- Prédilection (du latin dilectio, amour, plus guère usité maintenant) figure en encadré pour le Vouvray du Château de Moncontour avec la citation de Balzac.

- Quand Christophe Daviau du Domaine de Bablut communique sur ses Coteaux de l’Aubance 1998, il choisit d’abord de mettre en avant Sélection 1998 puis dans une deuxième étiquette, il fait ressortir Noble 1998 en créant une petite fleur Sélection de Grains nobles en haut à gauche.

 

L’innovation actuelle, sous influence américaine, vient de la communication directe avec effet flash, de l’usage plus fréquent qui en est fait, de la densité des mots choisis et de la référence à d’autres univers, comme celui du parfum et du luxe. C’est aussi, comme dans le signe de la couleur, un signe qui peut s’associer avec tous les autres. 

 

Les trois tendances

La promesse est incluse dans un message concentré en un seul mot tourné vers le vin, le vigneron, le négociant ou l’amateur ! L’étude des mots varie selon les trois tendances, selon le le vin se place dans

-        le Cycle classique des vins de Tradition (Signes de Pierre (3), de Papier (4) et du Temps (5),

-        le Cycle contemporain des vins d’Emotion (Signes de la Couleur du Trait et du Je-u),  

-        le Cycle fondamental des vins d’Expression (Signes de l’Homme (1), de Terre (2) et du Feu (9).

 

L’usage d’un mot pour attirer l’amateur appartient profondément à notre univers culturel du vin aujourd’hui mais hier aussi. La référence au château par exemple a exactement cet usage. Il n’y a pas de rupture entre les Cycles ou entre les Signes mais une évolution dont la vitesse est variable. Le changement actuel vient de l’univers de référence du mot et de la fréquence d’usage, avec une vitesse rapide d’usure, comme cela a été le cas pour le mot ‘plaisir’.  Le trait en forme de design montre en outre sa capacité à se superposer à tous les mots, tous les styles et toutes les tendances.

 

Le mot, un renforçateur de sens 

 

. En Cycle classique des vins de Tradition, avec les Signes de Pierre, de Papier et du Temps

Dans le monde classique des vins, les mots relèvent de la dimension du sacré, de l’élégance, de l’excellence, du prestige… pour inscrire le vin dans l’univers de la tradition. Pour désigner un vin digne des dieux ou un vin de Loire, citons :

 

- Exception pour un Sancerre rouge et un blanc, élevé sans barrique et mis en bouteille sans filtration, par Pascal Jolivet,

 


720. L’Excellence pour un Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Château de la Guipière,
 

 

721. L’Exceptionnel de Paul Buisse pour un Chinon, qui utilise aussi le terme L’Authentique,

 













722. La Jalousie, du nom du lieu-dit, pour un  Savennières du Domaine du Closel des Dames de Jessey,

 

- Privilège pour un Crémant de Loire numéroté d’Ackerman,

 

723. Trésor, le nom d’une gamme qui se décline en Saumur brut Cuvée Exceptionnelle, en Rosé d’Excellence Cuvée Exceptionnelle et qui s’appelle en plus Nonpareil.

 

. En Cycle contemporain des vins d’Emotion, avec les Signes de la Couleur, du Trait et du Je-u :

 

724. Le Charme pour un Vouvray, Cuvée du Domaine, d’Alexandre Monmousseau, pour représenter le charme des Vouvray par l’arbre du même nom.

 

- Essai n° 4 de Pierre et Chantal Lieubeau, L’Aulnay, Terroir de Nantes, avec cette précision « Essai : Épreuve que l’on fait d’une chose, pour voir si elle est apte à ce que l’on attend »,

 

- Intrigue pour un Sancerre de Roger et Didier Raimbault, dont l’étiquette de 6 cm x 3,5 cm est attaché par un brin de raphia glissé le long du col de la  bouteille,

 

- Quintessence pour un Touraine de Patricia et Bruno Denis du Domaine de la Renaudie 

pour montrer la concentration exceptionnelle en arôme,

 

D’autres termes utilisent le registre de l’émotion, en jouant d’ailleurs directement sur la sonorité ‘ion’ terminale pour viser des situations qui partent du vin pour aller à la rencontre de celui qui le goûte ou qui le fait :

 

725. Sensation pour un Muscadet Côtes de Grandlieu de Michel Malidain, Domaine du Demi-Bœuf,

 

- Passion, à cause de la couleur intense de cet Anjou rouge de Maryse Tugendhat, Château de Pimpéan,

- Improvisation pour un Saint-Nicolas de Bourgueil du Vignoble de la Jarnoterie.

 

 

En  Cycle fondamental ouvert sur l’Expression pour les Signes de l’Homme, de Terre et du Feu.

 


726. L’expression pour un Vouvray 2002 de Jean-Pierre Robinot pour L’Opéra des Vins,

 

















727. Intense pour un Touraine Méthode Traditionnelle Brut du Château de l’Aulée, de Marielle Henrion,

 

728. Respect pour un vin de table français de Bénédicte de Rycke à Marçon.

 

- Granit de Château-Thébaud pour un vin ni filtré, ni collé de Jérémie Huchet,

- L’Authentique pour un Sancerre de Claude et Florence Thomas-Labaille,

- L’Hurluberlu pour un Saint-Nicolas de Bourgueil 2006 de Sébastien David.

 Pour suivre le chemin
A découvrir pour le prochain billet portant sur les Vins d'Emotion et toujours dans le SIGNE du Trait, l’impact de la gamme, du grand et du petit, mais jamais du moyen!

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Le détournement de vin ou le verre en trouble (1)

31 Juillet 2009, 15:43pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Je parle de détournement de vin comme on le fait pour le détournement de fonds. Il s’agit dans ce billet de montrer comment chacun tire partie du vin présenté comme un capital commun pour se faire connaître. C’est donc un billet forcément iconoclaste sur les 1001 façons de tirer la nappe à soi en matière de pub.

 

Et je commence…je suis sûre que vous alliez dire par la bouteille ! Vous avez tout faux. Je commence par le verre, qui est beaucoup plus facile à détourner que la bouteille. Le 1er appartient au dégustateur ou buveur selon le cas positif ou négatif que l’on veut faire ressortir alors la bouteille est liée au vigneron, celui qui ‘fait  le vin’ selon mon dictionnaire.

     
Le verre en trouble

Je parle du trouble du verre comme on parle du vin en fête. Depuis quelques années maintenant, c’est plutôt le trouble qui s’est installé dans le verre. Non pas à cause d’un vin qui pourrait être trouble. Mais à cause de tout ce qu’on fait dire à ce pauvre verre de vin qui ne demande qu’une chose. Qu’on le laisse tranquille faire son boulot, remplir sa fonction de verre à vin. Simple quand même. Le verre vous lance un message : «  je suis verre à vin, remplissez-moi de vin à boire, lavez-moi, rangez-moi, c’est tout ce que je demande, jusqu’au prochain tour, avec un autre vin, jusqu’au jour où vous me casserez par votre maladresse.


La beauté technologique du verre

Oui, moi le verre qui déjà depuis plusieurs millers d’années, montre quelle beauté je peux atteindre, que je sois simple verre produit maintenant en millions d’exemplaires ou verre fin à vin, adapté à chaque type de vin, aujourd’hui, moi le verre, j’atteins des sommets technologiques  absolument remarquables. D’ailleurs voyez ce qu’ont fait pour moi  certaines très grandes sociétés innovantes dans le monde. Je suis émerveillé devant tant d’innovations : verre pour vin boisé ou fruité, pour vin jeune ou mature, verre sans pied très difficile à saisir pour amateur averti…

   
Les us et abus de l’emploi du verre

Mais il faut savoir aussi et les deux sont peut être ou certainement liés, que je suis victime d’un emploi peu respectueux de ma nature profonde qui est de mettre mes qualités au service du vin. On fait de moi tout et n’importe quoi. Jugez-en.

 
La grande complainte du verre             

Ne comptez pas sur moi pour vous faire une chronologie exacte et datée de qui a fait quoi en matière d’usage du verre à boire. Ce serait impossible pour cause de mondialisation et d’instantanéité de la diffusion des idées. Je me contenterai de prendre les exemples que j’ai sous les yeux, dont certains datent d’il y a quelques années pour ne pas être accusée de nuire au vin que la pub a pour objectif de promouvoir. On a tous encore ces images en tête. Voici un petit rappel. 


Une liste non exhaustive  

. le verre pas droit, qui danse pour montrer la gaîté et la convivialité, en raison de l’alcool qui est dedans quand même (Interloire, Jura, Corse...)  

. le verre à spiritueux pour dénoncer les méfaits de ce même alcool dans sa version de maladie alcoolique

 

. le verre de couleur

. le verre mal lavé avec du rouge à lèvres

 

. le verre qui sert à séduire et plus si affinités ; le pire a été atteint il y a plusieurs années par le cognac qui montrait un verre à cognac heurter un autre  pour vanter le cognac frappé. Et devinez, le verre qui était frappé portait des traces de rouge à lèvres. Quelle horreur ! 

 

. le verre rempli d’autre chose que de vin avec beaucoup d’exemples : 

. le verre à mots

. le verre à paysage, avec des variantes, le verre à tranche verticale de paysages, le verre plein d’eau pour vanter le vin, le verre à château 

. le verre à raisin, fruits et co

. le verre anti-botrytis

. le verre vin versé qui se transforme en corps de femme : quelle belle robe, cher ami ! (Côtes du Rhône)


. le verre-ville avec plein d'antennes (Nicolas),

. le verre échafaudage
. le verre sur pilotis (Interloire)
. le verre-terre 
(Bourgogne)

. le verre à pub de toutes sortes : voir ci dessus, ci-dessous, partout 

. le verre typo, pour souligner l’appartenance au monde du vin

. le verre salon international du vin, avec

. le verre déco

. le verre vase qui contient une bouteille de Chinon
 

. le "y-a-plus de verre", quand on boit son champagne POP à la paille ou qu’on sort sa boîte boisson

    . le "y-a-plus d’alcool", là ça va être dur pour vous persuader que vin rime avec santé

 

. le verre qui ne sait plus qui il est, un verre à whishy rouge on the rocks

. le verre plastique, que le service de restauration vous propose lors d’un colloque européen de chercheurs sur le vin. Le refus fut unanime : au service de restauration de se débrouiller avec le Salon organisateur pour trouver la vingtaine de verres INAO nécessaires, 

   
. le verre à dents de requin pour ceux qui portent atteinte à sa dignité, c'est un dessin de Tolmer dans Glougueule. Une façon pour l'artiste de montrer sa forme l'été.


Et avec tout ça, on voudrait que je sois content

Non, mais ça ne va pas la tête. Surtout si vous ajoutez le verre que porte dans la vigne tout vigneron ou vigneronne qui doit se faire tirer le portrait par le professionnel juste avant l’article. C’est d’un naturel fou mais comme c’est devenu un must dans la profession, personne ne s’y oppose. Rappelons que c’est Coca Cola qui a imposé ce diktat à ses salariés, à la suite de ce que faisaient les fabricants américains de cigarettes ».

 

Allez donc vous remplir un verre penché pour vous remettre la tête droite.


Pour suivre le chemin

. Prochain billet sur le mal être de ma copine, la bouteille, qui fait la tronche.A vous d'essayer de retrouver les bonnes photos. Tous les verres cités n'ont pas forcément leur photo. Il y en  a de trop!
   

. Voir d'autres verres dans l'album photo 'Bouteilles et verres' et un peu de patience svp pour les légendes! 

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WBW31 > Les Vins d'Emotion > Le Design graphique

31 Juillet 2009, 09:30am

Publié par Elisabeth Poulain

Le design graphique 
Le design couvre une large palette d’expressions. Il marque une progression dans la volonté de communiquer autrement, rejoignant par là la héraldique du Moyen-Age qui permettait grâce à un regard au blason de dire qui on était. En matière de vin, tout élément peut devenir un identifiant visuel, comme le montrent les exemples ci-dessous que l’on peut classer en fonction de leurs thèmes. 


La représentation animale
Elle est très fréquente dés lors que l’on parle d’histoire de France et de culture :
 

712. une tête de cheval, en or et en relief, ornée d’une bague rouge sur laquelle est inscrit Les Vignerons de Saumur, en haut de l’étiquette le Saumur Champigny Lieu-Dit : Clos du Pérou,

 

- la grue, symbole de longévité et de fidélité, au milieu d’une feuille et d’une grappe de raisin pour le Domaine du Haut Bourg, Muscadet Cotes de Grandlieu, 

- l’hippocampe pour un Savennières de Nicolas Joly de la Coulée de Serrant,

- la licorne pour Mark Angeli pour tous ses Vins de Table, comme en particulier ‘Vignes Françaises’ et ses vins d’Anjou, en raison de sa double dimension symbolique de force active et de pureté régénérative,

- le mouton en tête stylisé pour les vins du Domaine de Grand Mouton, sur la capsule en particulier de MLM, un Muscadet Sèvre et Maine sur lie issu de vignes plantées en 1933 par le grand-père de Marie-Luce Métaireau,

- le renard pour les Muscadet Sèvre et Maine sur lie du Domaine de la Roche Renard

 

 

En représentation humaine et en style contemporain
la créativité est plus rare. Parmi les exemples réussis  :

713. une sirène pour Wilfrid Rousse pour un Chinon ; elle est la reproduction d’un dessin de la girouette du 18ème siècle qui est fichée sur le faîte de sa maison à Savigny en Véron ;

714. deux masques de théâtre en profil d’hommes énigmatiques, que l’on retrouve sur tous les vins de Frédéric Mabileau, ici pour le Saint-Nicolas de Bourgueil ‘Les Rouillères’;  

715. un fou du roi (un bouffon) qui s’avance au-dessus du vide pour Les Loges de la Folie de Valérie Mordelet et Jean-Daniel Kloecklé pour un Montlouis Brut.

 

L’art graphique
Outre ces repères figuratifs, certains vignerons choisissent de s’adresser à un artiste capable d’apporter un supplément de sens dans le monde de l’art. 

716. Michel Tolmer a érigé une construction typographique pour un Saumur de Thierry Germain, Domaine des Roches Neuves. Il a ordonné le nom de la cuvée de façon à donner un sens au nouvel assemblage en forme d’une tour à quatre étages qui souligne le sens grâce à une couleur différente des premières lettres de chaque syllabe :

La MaR GI Na Le.

 

C’est également lui qui a dessiné toujours pour Thierry Germain un homme vu de dos dont l’ombre fait naître deux pieds de vigne en prolongement de ses jambes. Certains voient la force du lien qui unit l’Homme à la Terre dans le sens inversé Terre-Homme, sans qu’il soit possible de donner des pourcentages. Cet emblème graphique figure sur Terres Chaudes,  un Saumur-Champigny, Domaine des Roches Neuves.

 

Michel Tolmer, peintre, graphiste

J’aime les vins de Loire, ce sont même ceux que je préfère. La Loire offre cette particularité aussi d’avoir le plus de vignerons qui ont une vraie démarche de terroir. C’est ma région d’ancrage. J’ai une franche connivence avec le Cabernet Franc que j’ai découvert avec Charles Joguet. C’est en Loire que j’ai le plus d’amis vignerons. Mes préférés sont ceux qui n’ont pas besoin de moi. Ils savent ce qu’ils font et où ils vont. Et moi j’aime faire un bout de chemin avec ceux que je choisis autant qu’ils me choisissent. Le plus souvent, ils me donnent carte blanche. C’est un privilège que de travailler avec des gens comme eux ; ils racontent des histoires et moi je suis un relais de conviction pour le vigneron qui a besoin d’une personne qui a de l’intuition. Je traduis ce goût du vin en peinture ou dessin, avec un temps d’incubation variable. Le personnage pour Thierry Germain est venu comme ça, quand il a été mûr. Thierry est un homme en marche. Il va et vite et moi qui aime le mouvement, j’ai travaillé sur son immobilité, son arrêt d’un instant qui soudainement donne vie à un plant de vigne. Deux plants de vigne en réalité. J’aime aussi la suite de l’aventure, quand on débouche une bouteille et que le bruit des bulles qui éclatent est l’annonce d’un plaisir proche. J’ai traduit cette anticipation pour Elodie Brignot, vigneronne à Montlouis. J’aime aussi beaucoup jouer sur l’alliance entre le corps, le geste et le verre. C’est le thème de mon exposition de peintures à Paris en avril 2007 ; pour annoncer l’expo, j’ai fait un séquencier de huit positions corporelles d’un homme qui fait un salto arrière pour boire un verre de vin rouge. Je suis l’auteur aussi de L’Epaulé-Jeté qui décompose le geste d’effort de boire un verre en deux temps, parce qu’il faut bien faire rire les vignerons aussi.

 

 

                                                                                                           

717. Un lien qui boucle sur lui-même pour un Menetou-Salon de Philippe Gilbert à Menetou-Salon, suffit à évoquer un lien souple qui s’enroule sur lui-même et repart, poursuit son chemin vers la droite, le sens de la marche, dans une construction douce et résolue qui montre le mouvement de la vie. 

 





718. Une graphie épurée, calée et équilibrée dans une étiquette blanche de format carré et au style acéré pour ‘La Clémence’ un Sancerre de Vincent Pinard.

 







719. Une découpe originale, avec des coins évidés à l’intérieur, est associée à un papier métallisé, des couleurs recherchées et un jeu de lumière pour un Savennières ‘Le Bel Ouvrage’ de Damien Laureau.

 









- Grâce à une forme d’étiquette longue et basse particulière, il est possible de reconnaître  tout de suite les vins de Françoise et Philippe Gourdon du Château Tour Grise, associée à une capsule en tenue lézard avec une couleur de fond assortie à la couleur de l’étiquette, bleu grisé pour un Saumur blanc;

- un cube graphique avec les quatre éléments composant Alexandre MON MOUS SEAU pour Turonien, un Vouvray sec, évoque l’image du tampon que l’on appose avec force sur une barrique ;

- le bandeau ciel et nuages en haut de toutes les étiquettes de Marie-Annick Lemaire possède un style bien reconnaissable en particulier au Japon. Le dessin est précis, léger et fin à la fois.   

 

Pour suivre le chemin

Le prochain billet dans ce SIGNE du Trait des Vins d’Emotion portera sur le pouvoir d’un mot.

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